Zibeline n°24 novembre 2009
Zibeline n°24 novembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de novembre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : naissance du théâtre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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22 THÉÂTRE GYPTIS BEAUCAIRE TOURSKY MARTIGUES CAVAILLON Loin de la Huchette... m Cadavres exquis... Jean–Luc Lagarce est mort, Ionesco aussi… Mais la Cantatrice est toujours chauve et Jean-Luc Lagarce bien vivant ! Par le miracle profane de la mémoire aimante de François Berreur et de ses témoins du théâtre de la Roulotte, la mise en scène pétulante de la pièce emblématique de Ionesco, montée il y a plus de 15 ans, crève de nouveau l’écran ! Tout y est : la façade plate du cottage calée entre haies et pelouse de chez Lego (UK) ; les couples d’acteurs-re-acteurs jouant de leur symétrique dissymétrie burlesque (la grande Mireille Herbstmeyer et le petit Mr Smith/pareil et inversé chez les Martin) ; la mécanique impeccable des répliques dupliquées est telle que le rire a même du mal à suivre tant le rythme ne fourche pas : le clin d’œil frontal aux années acidulées du théâtre à la télé, les tailleurs Chanel (Channel ?), les rires hors de saison La vérité est en bas Il est étrange de constater, alors que le théâtre de Camus, terriblement didactique, a mal vieilli, combien ses essais et récits passent bien à la scène… Le pari de Raymond Vinciguerra était osé : la confession de Clamence n’est pas un monologue, et La Chute, malgré les appels à un interlocuteur imaginaire, n’est pas adressée. Pas théâtrale donc. Il s’agissait de ne pas tomber dans le piège d’une dramatisation, et la mise en scène les évite : le seul personnage présent, possible, autour de Clamence est bien cette jeune femme qu’il a laissé se noyer dans la Seine, et dont la chute physique a provoqué sa dégringolade sociale, et sa prise de conscience morale ; les seuls éléments de décor possibles sont bien ces images mentales projetées sur les écrans et qui suivent le trajet du narrateur, de la débauche à l’introspection, comme le tabouret, le transat puis le lit suivent son affaissement. Raymond Vinciguerra représente ces images intérieures discrètement, dans une abstraction très juste. Son comédien ne l’est pas moins : enregistrés chez Benny Hill, les cuts au noir à peine perceptibles qui dérèglent le temps comme cette lune là-haut tantôt pleine tantôt vide... L’inquiétude pointe et peut-être la terreur, trace certaine du subtil Lagarce : un peu égarée dans un récit Philippe Sejourné, avec une diction qui retrouve les accents bourgeois du Paris des années soixante, ou s’empâte dans la bière des bars d’Amsterdam, incarne toutes les facettes de Clamence, l’épave avocat des truands, le don juan méprisant et dominateur, le filou philosophe, jusqu’au lâche qui ne se pardonnera jamais d’avoir eu peur du froid… Et la colère, terrible, contre lui-même. L’occasion de (re)découvrir un très grand texte. A.F. La Chute jusqu’au 21 nov Théâtre Gyptis 04 91 11 00 91 www.theatregyptis.com le 27 nov Théâtre de Beaucaire 04 66 59 26 57 www.beaucaire.fr Les 11 et 12 déc Théâtre du Balcon, Avignon 04 90 85 00 80 www.theatredubalcon.org X-D.R Brigitte Enguerand Le cœur est un chasseur solitaire Deux tables de bar, un juke-box lumineux dans un coin, des consommateurs attablés aux flancs de la scène… Elle arrive dans une inénarrable robe à fleurs : « Je suis bien ? ». Complicité immédiate avec un public conquis d’avance : on est venu pour elle, sa faconde, ses bons mots, sa gouaille, son énergie, sa capacité extraordinaire à transmettre ses émotions, à les faire partager… Marguerite, enfant mal aimée par une mère qui ne s’est jamais remise de la mort de sa première fille, attend au juke-box café son rendez-vous (rencontré sur Internet, grâce à sa copine Georgette, une femme de 75 ans, seule elle aussi, avec laquelle elle bavarde et boit son whisky). Serat-il le compagnon souhaité ? Ne serait-ce que pour partager un verre, un spectacle… S’ensuit une galerie truculente de messieurs, du fou d’escalade et de rafting au chasseur « sans son chien » en passant par l’érudit d’égyptologie, le masochiste poilu, le radin, le beau Marcello (Marcel en fait, « mais en italien, c’est plus beau » !) si aimé mais marié, qui se réduit progressivement à dos fuyant… Évocations qui tordent de rire la salle… Ce sens du détail juste, de l’anecdote, est tout un art ! Rire, autodérision, émotion sensible aussi, lorsque son cœur devient « une écharpe de soie qui se déchire » ou que Patouf, le bon chien fidèle aux yeux profonds comme de grands lacs, meurt. Les animaux valent où parler ne veut pas dire, Mrs Martin montre sa culotte, pressée par l’excitation univoque de son mari ; les écarts par rapport à la mise en scène canonique et muséale de Nicolas Bataille sont signalés par Mary-La-Bonne jusqu’à l’effondrement du décor… et dans une des fins inédites (à faire) les spectateurs prompts à bondir sur scène à la moindre sollicitation brechtienne sont fusillés raides-morts sur ordre du directeur de salle ! Avez-vous remarqué qu’Hitchcock et Ionesco avaient la même calvitie ? MARIE-JO DHO La Cantatrice Chauve, mise en scène de Lagarce remontée par François Berreur, a été montrée à Cavaillon le 19 oct et aux Salins les 22 et 23 oct D Max Minniti mieux que les êtres dits « humains » dans cette histoire, où la solitude se vit, se combat. Les chansons de Cocciante à Marc Lavoine tissent une trame sur laquelle le spectacle se brode, s’achève et s’emballe. Un cocktail « coup de foudre » réclame Marguerite ! Il n’arrive pas, pas plus que le prince charmant. Mais l’espoir est une source intarissable d’énergie. Est-ce là qu’Edmonde Franchi puise sa verve ? MARYVONNE COLOMBANI Coeur @ prendre, d’Edmonde Franchi, a été joué au Toursky les 13 et 14 nov
Politique spectacle De l’empire napoléonien à l’empire politico médiatique il n’y a qu’un pas… NÎMES OUEST PCE PORT-DE-BOUC THÉÂTRE 23 que le collectif Superamas franchit allégrement dans Empire (Art & Politics). D’une super production sous forme de reconstitution historique de la bataille d’Essling/Aspern à une réception mondaine clinquante et ridicule chez l’ambassadeur de France, l’analogie illusoire est parfaite. Illusion d’une réalité qui défile sous nos yeux et dont la perception est constamment brouillée. Si les scènes de reconstitution historique paraissent bizarres et surjouées, c’est qu’elles sont en fait des bouts de film, lequel film, après projection, servira de support et de prétexte à la soirée caricaturale de l’ambassadeur qui rassemble politiques et artistes. Les discours se mélangent, on ne s’écoute pas parler, caricature et Ados en crise Le cri de Murdoch (remarquable interprétation de Benoit Landry) résonne encore, longtemps après la fin de la pièce. Le cri du cœur d’un adolescent qui cherche un sens à sa vie, entre des « pourquoi » et des « je ne sais pas » répétés comme une litanie lancinante et un brin dérangeante, saupoudrant ses savoureux monologues. C’est qu’il s’adresse aux adultes, Murdoch, qui ont apparemment du mal à lui répondre, et préféreraient le faire taire. Il ne se taira que lorsqu’il disparaîtra, avec Norvège, son pendant silencieux, adolescente pétrifiée par la laideur qu’elle découvre au fond de son ventre, pieuvre envahissante, métaphore d’une société qu’ils refusent tous deux. Entre les deux, Boon, anthropologue judiciaire un rien ahuri, va remonter l’histoire des ces deux-là -leurs corps ont été retrouvés enlacés réalité prennent le dessus à tour de rôle. Et puis c’est la projection d’un court documentaire -vrai ou faux ?, là encore la perception vacille- dans lequel les Superamas partent en Afghanistan à la recherche de la cinéaste Samira Makhmalbaf pour l’interviewer sur son rôle de conscience politique, jusqu’à l’attaque aussi subite que foutraque de Talibans qu’ils tuent aussi sec. Le mécanisme du spectacle fonctionne chaque fois, surprenant le spectateur par des insertions brutales de réalité noyées dans des artifices. Bien sûr que tout est faux, comme pour mieux démonter l’image. Pensez-vous que tout ce que vous voyez, ce que vous entendez est réel ? DOMINIQUE MARÇON o Empire (Art & Politics) a été joué au théâtre de Nîmes les 21 et 22 oct au fond du fleuve Saint-Laurent, début de l’énigme-, entre fiction et réalité. Et raconter sa propre histoire, celle de la beauté, qu’il avait imaginée virtuelle et qui prend corps. La mise en scène de Benoît Vermeulen, codirecteur du Théâtre Québécois Le Clou, contribue à créer ce monde intriguant imaginé par Wajdi Mouawad, mais se perd de temps en temps dans une scénographie lourde d’allégories inutiles. Hormis le mur de vidéos, qui nous promène ingénieusement d’un monde à l’autre. DO.M. Assoiffés a été joué au Théâtre de l’Olivier, Istres, le 10 nov X-D.R. Empire (Art & Politics Giannina Urmeneta Ottiker Fabulateur à facettes o 7 e collaboration complice de Serge Valletti et Christian Mazzuchini, Mythomane se présente comme un florilège de textes brefs. Le comédien en fait son miel, au milieu d’une scène encombrée de lits de camp qui servent autant de paravents que de sièges, de cartons vides ou regorgeant de petits riens… avec pour décor sonore une radio facétieuse qui ponctue les saynètes avec de faux horoscopes délirants. Ça n’aurait pu être qu’une succession de situations, une galerie de personnages loufoques ; mais Mazzuchini a une telle facilité à les lier tous, il endosse si simplement ces habits bigarrés que son inventaire recrée une micro société des plus réjouissantes. Mythomanes ils ne le sont pas tous, et certains plus que d’autres : entre un réparateur de cerveaux lents, un tranquillisateur pour gens inquiets ou un paranoïaque (hilarant) lié au suicide de Bérégovoy, la voix de Balkany se glisse, expliquant que les pauvres vivent très bien en France… Mythomane ou menteur ? Peut-être que la meilleure place où s’installer c’est dans sa tête, bien au chaud, pour continuer à fabuler… DO.M. Mythomane a été joué au Sémaphore (Port de Bouc) les 12 et 13 nov. Il est programmé au Comœdia, à Aubagne, le 16 janv, et à la Minoterie du 19 au 23 janv



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