Zibeline n°23 octobre 2009
Zibeline n°23 octobre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de octobre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : la paix en Méditerranée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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62 LIVRES Chères Correspondances,'ite5 Cat-t-e5pcpncianC,eZ, Bien sûr, il y a eu des aléas ; des rencontres, des lectures auxquelles on n’a pu se rendre, et même des spectacles ratés. Mais vous nous avez offert, une fois encore, cinq jours de fête. Après 10 ans, chères correspondances, vous continuez de faire de Manosque un carrefour essentiel de la littérature, dans une convivialité et une simplicité qui sont votre signature. Avec, en cette édition 2009, la clémente douceur de l’été indien… mien Sûr,i I y a eu des aléas des renCon&eS, des/eCZ`ures aukTue/%S on n a pu se rendre, ee mg/ne des SpeCfaCleS Nais Vous nous a✓e2 o-fÇe/-z, ane cois encore, Cinf jours de ee. 4p1-AS JO ans, Cheres Correspondances, Vous ConeinueZ de taire de ManoS,ue an carrefour eSSenr e/de/a li Zéra2`ure, dans une Con✓i✓ia/iZ`é ee ane Sinop/iCiz lui Sont` ✓oet-e Si'naz a1-e. 4VeC, en CeC e eV/Won 2009)/a Clémence douceur de/éZ`é indien... Tout un jour à Manosque Samedi midi, jour de marché. Beaucoup de monde dans les ruelles du centre. La place de l’Hôtel de Ville, accoutumée à recevoir les auteurs les plus en vue, est pour l’heure envahie par les étals. On se faufile jusqu’à la petite place de l’Hôtel d’Herbès, qui jouxte la médiathèque. Là se tiennent quotidiennement les apéros littéraires du comité de lecture de Manosque. Aujourd’hui on accueille Véronique Ovaldé et Thierry Hesse. Après la lecture d’extraits choisis de leurs deux derniers romans (voir p 66), les auteurs sont invités à monter sur les planches pour répondre à quelques questions. Et là, catastrophe, la sémillante Ovaldé, à peine installée, se fait piquer par un frelon et quitte précipitamment les lieux, au grand dam de l’auditoire venu pour elle (ils pourront retrouver l’écrivaine en décembre dans le cadre d’Ecrivains en dialogue aux ABD - l’hiver devrait nous prémunir contre les bestioles agressives !) Pendant que l’une se fait soigner, l’autre prend la parole. Thierry Hesse se dit « ému » d’avoir entendu lire son texte. « J’ai eu le sentiment que le livre était arrivé quelque part », ajoute-t-il. Il souligne l’importance pour un auteur de rencontrer son public et de pouvoir expliciter certains de ses choix. Ainsi, s’il réfute pour Démon l’appellation de « roman historique », il revient longuement sur le rôle du romancier dans le traitement des grands drames de XX e siècle. Selon lui, après le temps des témoignages, celui des historiens, voici venu celui des romanciers ; d’où l’actuelle tendance à « faire une histoire à partir de l’Histoire », pour une génération qui n’a pas connu la guerre mais en est héritière. Thierry Hesse clôt son intervention par la lecture d’une scène de son roman, puis discute longuement avec les lecteurs. 14h30, les lectures reprennent sur l’agréable place. Raphaël France-Kullmanndonne sa 3 e lecture MANOSQUE ENTRETIEN AVEC WENDY GUERRA d’extraits des Lettres de Louis Kremer (D’encre, de fer et de feu : lettres à Henry Charpentier (1914-1918) ; éd. de la Table Ronde). La guerre encore, cette fois la Grande, évoquée par le poète mort en 1918 au travers de sa correspondance. Humour, poésie et horreur pure s’y mêlent dans une prose à laquelle le comédienlecteur sait rendre toute sa flamboyance. Hélas, il faut filer, car à 15 h00 c’est dans la petite salle du théâtre qu’on a rendez-vous pour la lecture-performance de La borne SOS 77 (voir p.67). Arno Bertina et Ludovic Michaux lisent de larges extraits du texte tandis que certaines des photos sont projetées derrière eux. Alors le texte qu’on avait parcouru se met à claquer. Une grande gifle assénée avec douceur, qui donne envie de retourner au livre, d’y plonger. Bravo ! Petite pause, puis à 18 h00 LE grand entretien du jour ! Sur la place de l’Hôtel de Ville bondée, Pascal Quignard parle de son dernier ouvrage La barque silencieuse (Gallimard). L’écrivain (essayiste, romancier, poète ? il refuse de trancher) revient longuement sur la lecture et l’étude, « portes ouvertes sur l’extase de la découverte », auxquelles il continue de s’adonner car, dit-il, « j’apprends jour après jour les mots qui me fuient ». Abordant les thèmes majeurs de son œuvre, il fait une place particulière au retrait, à la solitude. Pourtant, cet homme raffiné et profond ne se retranche pas dans une tour d’ivoire ou de sel. Ainsi, jugeant « nécessaire de se défasciner, de se désidérer » de la religion, dont il craint le retour actuel, il plaide pour l’athéisme, condition sine qua non de la liberté intellectuelle. Amoureux des mots et des formules, ce grand auteur régale l’auditoire de son style et de l’acuité de ses propos. On serait fasciné, s’il ne nous avait mis en garde… F.R. Sans empathie Écrire vers l’intime a quelque chose à voir avec la danse. Le style est dans le corps, aussi, le souffle et le geste, la « petite danse des mots ». On est donc toujours curieux lorsqu’un danseur s’empare d’un texte, Preljocaj de Genet, Ikeda de Duras (voir p 61 et 27) ou même Saporta de Benameur. Pourquoi « même » direz-vous. Justement. Le texte de Jeanne Benameur aborde un sujet que l’on voit rarement sur les scènes, sinon dans les livres : la relation mère-fille. Le récit contient de belles pages, mais s’étire un peu sur ses images et ses redites, et Karine Saporta a décidé d’en éliminer le plus structurant : la relation amoureuse à Bruno. Ce n’est pas le seul mauvais choix. La belle danseuse parle mal (on sait combien jouer en dansant est difficile, surtout en incarnant), une autre danse hélas assez peu, le danseur est inexistant. Reste les vieilles dames -pas très vieilles d’ailleurs, et alertes, touchantes, impliquées- que Saporta a propulsées sur scène pour incarner le corps de la mère multiplié. Bonne idée ? Certainement : le théâtre est une entreprise trop importante pour être laissée aux mains des seuls professionnels. Encore faut-il, ces amateurs, les mener avec tact vers un endroit où se révèlera pour eux quelque chose, qui par ricochet touchera le public. Visiblement mal préparées, hésitantes, gênées, empruntées, les dames oubliaient leur texte, se cognaient au décor. Mal endimanchées, enrôlées dans des déplacements sans naturel, elles transpiraient le malaise, le mauvais trac, et non la joie nécessaire à la scène. À la fin il y eut cette idée catastrophique de leur faire dire leurs textes, pas assez travaillés, trop intimes, trop abrupts, sur leur relation à leur fille. Confessions déversées à contrecœur. On a vu le travail de Pina Bausch, Gallotta, ou Thierry Niang sur des corps vieillissants. Danseurs ou non. Rien n’est plus touchant. Mais sans un minimum d’empathie observer l’imperfection des corps devient indécent. A.F. Laver les ombres a été créé le 23 septembre au Théâtre Jean le Bleu, Manosque
La ferveur de lire Intéressante, la proposition de Carole Bouquet, de lire les lettres d’Artaud à Genica. Sa voix un peu masculine fait sonner les phrases tourmentées du poète, sa passion péremptoire et tyrannique, ses indélicatesses et sa souffrance. Le choix des lettres déroule en creux leur histoire, dont on sent que l’actrice roumaine a tenté de se protéger, tant était brûlant et étouffant le souffle de son amant. Car s’il invoque son « âme », son « ange », Artaud l’accable aussi de son mépris, de sa véhémence. Carole Bouquet, sobrement vêtue de gris sombre, les cheveux attachés, juchée sur un tabouret a donné, malgré quelques bredouillis, à entendre la « folie d’amour ». Mais on regrette que des extraits musicaux soient venus scander la lecture, pauses artificielles qui ont rompu le fil enfiévré de cette correspondance. En revanche, la comédienne a eu la bonne idée de lire, lors du rappel, un extrait prophétique de l’essai majeur Le théâtre et son double. Paris n’est pas une fête. En tous cas, pas pour l’héroïne de Bonjour, minuit dont Dominique Reymond a lu des passages, debout devant un lutrin, avec une maîtrise de la voix et un sens du jeu remarquables. Jean Rhys évoque, dans le Paris des années swing, l’effondrement d’une femme, sa solitude et son acharnement pitoyable à « avoir un plan et s’y tenir. » L’excellente Dominique Reymond a incarné avec brio cette étrangère en lutte, avec un mélange de goguenardise et d’émotion qui a rendu sa lecture passionnante. Une ovation a justement salué sa performance. F.R. Lettres à Guenica et Bonjour Minuit ont été lus au Théâtre Jean le Bleu les 25 et 26 sept Au départ, c’était l’idée de Jean-Claude Izzo : accueillir des auteurs étrangers et leur « faire goûter Marseille ». Depuis quatre ans, en hommage au romancier disparu, La Friche et ses partenaires, L’Écrit du Sud, l’Ecailler et l’ADAAL, organisent des résidences d’auteurs. Didier Daeninckx, Noël Simsolo et l’Allemande Doris Gercke se sont déjà succédé. L’écrivain de romans noirs Carofiglio, de Bari, est pressenti pour 2010. Mais pour l’instant, c’est la Cubaine Wendy Guerra qui a posé ses valises, à la demande de son éditeur français Stock. Elle projette en effet d’écrire un roman qui aurait pour cadre La Havane, Cienfuegos mais aussi Marseille, trois cités portuaires et métissées. Rien de défini pour l’heure, mais des pistes qui se précisent au fil de son immersion dans la ville. Et la certitude que son personnage principal sera, à nouveau, une femme, cubaine et noire, et son histoire un subtil mélange d’intime et de social. Zibeline : Wendy Guerra, comment vous sentez-vous ici ? Wendy Guerra : Très bien ; j’ai rencontré beaucoup de monde, les personnalités, les lecteurs lors de séances de signatures, mais aussi des gens dans la rue, au hasard. Quelle vision avez-vous de Marseille ? La vision d’une cité très vivante, mixte. Durant cette phase d’investigations je bouge. Je me suis installée dans différents quartiers, Malmousque, le Vieux-Port, Saint-Barnabé… afin d’avoir une approche diversifiée de Marseille. J’irai aussi passer quelques 63 Prendre l’air de Marseille jours à Manosque où j’étais dimanche dernier. L’essentiel, pour moi, est de ne pas avoir d’idées préconçues. On a tellement de clichés sur Cuba que je voudrais, moi, éviter ça ! En France, on a des idées toutes faites sur Cuba ? Pas seulement en France ! La femme cubaine, par exemple, est forcément métisse, pauvre, de gauche, danseuse de salsa ! ! Ce n’est vraiment pas ainsi que je me définirais. Je suis petite-fille d’Espagnols, j’ai du sang japonais et pas noir ; et en ce qui concerne la politique, je n’ai aucun discours ; je suis artiste avant tout. Si je fais bouger les choses dans mon pays, ce sera par mes œuvres, pas par une quelconque action politique. Votre roman, Mère Cuba, révèle pourtant un engagement certain ; il n’a d’ailleurs pas été édité à Cuba… Si mes romans ne sont pas édités dans mon pays, ce sont pour des raisons politiques qui m’échappent totalement. Et votre héroïne ? Elle porte le même patronyme que vous. Votre récit est-il autobiographique ? Aucune œuvre n’est autobiographique pour moi. Et puis, elle s’appelle Guerra comme moi, mais son prénom, Nadia, fait penser à « nadie » (personne, en espagnol) ; alors, c’est moi, ce n’est personne, c’est une femme cubaine parmi d’autres. Je laisse le lecteur croire ce qu’il veut… C’est sa liberté. PROPOS RECUEILLIS PAR FRED ROBERT À lire : Tout le monde s’en va (coll. De poche) et Mère Cuba (voir Zib’22) Wendy GuerraC. Lorin Merci, chères Correspondances, pour ces journées de découverte et de plaisir, et à l’année prochaine ! 4et-Cj Ci ? éte5 Con-esPondanCes)) our cesJoGlt-nées decou✓etee eZ` de P/45i1') à/'année 121-or-bane ! MEiQUE eo23E4-r FREDERIQUE ROBERT



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