Zibeline n°23 octobre 2009
Zibeline n°23 octobre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de octobre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : la paix en Méditerranée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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54 MUSIQUE CONCERTS Der… Die… Das ? D’une écriture dense et savante, mais sachant nouer avec une veine à valeur universelle, Le Chevalier à la rose puise à la source de Beaumarchais. L’intrigue cette comédie burlesque s’ancre dans une Vienne toute rococo et, sans que cela déroute, des décors feuillus à la Fragonard ou du Watteau des « fêtes galantes ». Sa musique regorge de clins d’œils : du coït orchestral de l’Ouverture aux valses chamarrées qui jalonnent un scénario aux allures de Nozze mozartiennes, mâtiné d’un pastiche d’aria italienne, de symphonies puisant ses couleurs chez Mahler ou du grotesque Falstaff de Verdi… son flot instrumental voluptueux foisonne de zébrures qui dardent la toile d’épais coups de pinceaux expressionnistes d’où émergent des récifs d’un dépouillement impérieux. a Ne nous fions pas à l’apparente légèreté du Chevalier à la Rose : peu avant le cataclysme de 1914, Richard Strauss et Hofmannsthal ont réalisé un pur chef-d’œuvre ! Dynasty Les Bach sont une lignée impressionnante ! Leur réputation venait d’un talent immense et d’une énergie débordante : sept générations de compositeurs ! Pierre Cao Sebastien Boulard La farce selon Verdi En 1889, à 76 ans, Giuseppe Verdi revenait au métier de compositeur pour écrire son 28 e et ultime chef-d’œuvre : Falstaff. En se renouvelant, il venait tordre le cou aux idées reçues concernant son prétendu conservatisme en matière de lyrisme. Dans cet opéra, délaissant à dessein la grandiloquence habituelle de ses chœurs populaires antérieurs au profit d’une finesse d’écriture relevant davantage d’un travail de coloriste que de mélodiste, il crée une sorte de déclamation continue à l’image de Wagner, son rival de l’époque, et cisèle l’orchestration. Auréolé de son précédent succès, Otello, pour lequel il avait déjà eu recours au librettiste Boïto, il livre alors une comédie lyrique profondément ambiguë dans sa signification mais magistrale dans sa musicalité. Ce sont dans ces suspensions d’une lourde charge émotive que La Maréchale de Gabriele Fontana a fait basculer le public du « rose » un rien kitch au « gris » mélancolique. Son personnage de femme au seuil du déclin physique est unique dans l’histoire de l’opéra. Sans elle, l’opus ne serait qu’un oeuvrette sans profondeur… On y lit, cependant, outre une réflexion sur la fuite d’un temps, la fin d’un monde qui, du côté du Danube (aussi bleu soit-il), ne se relèvera plus. On ne sait pas au bout du compte (du conte ?) quel est le rôle principal de l’opus. Le Baron Ochs du grand Manfred Hemm (inoubliable Papageno, davantage ici Falstaff qu’oiseleur) a traversé la scène en homme « primaire », gouailleur et antipathique à souhait. Véritable opéra de femmesei (le magnifique trio final en est peutêtre la clé), Der Rosenkavalier doit beaucoup aux aigus cristallins de la jeune Sophie incarnée par Margareta Klobucar. Mais les représentations marseillaises, mises en scène par Dieter Kaegi et dirigées par Philippe Auguin, ont surtout révélé un grand « Chevalier ». Kate Aldrich (superbe Salammbô il y a un an) trouve dans ce noble travesti C’est grâce aux Amis de Saint Victor qu’on a pu entendre, le 8 oct, six compositeurs de cette lignée : JohannChristoph Friedrich, Johann, JohannChristoph, JohannMichaël, CarlPhilippEmanuel et bien sûr l’immense Jean-Sébastien. Pierre Cao, le Chœur Arsys Bourgogne et Le Concert Lorrain ont proposé un concert de Motets avec récitant. Savoureux mélange de styles : du noble choral luthérien de JohannChristoph aux fugues étourdissantes de Jesu meine Freude de Jean-Sébastien. Le narrateur YohannAlbaladejo prenait un plaisir malin à ces histoires d’admiration entre pères, frères, oncles, cousins, histoires d’ascension, de transmission du savoir : une voix ferme et enthousiaste, qui se délecte à la lecture des ancêtres musiciens de Jean-Sébastien. Le continuo est assuré brillamment, et le chœur étonne par la qualité des attaques, l’articulation, le Reprendre un tel ouvrage n’est donc pas chose aisée d’autant que nombreuses sont les différentes versions enregistrées de ce monument. C’est ce défi qu’ont relevé l’orchestre et les chœurs de l’opéra de Toulon aidés par une distribution vocale de premier plan et placés sous la direction efficace de l’excellent Giuliano Carella. En effet, sur une mise en scène et des décors classiques, la part belle était donnée aux chanteurs, tous convaincants tant vocalement que par leur présence scénique : Alberto Mastromarino dans le rôle titre était parfait, sans parler des remarquables Adina Aaron (Alice) et Gianpero Ruggeri (Ford) qui ont su enchanter les amateurs d’opéra, venus en masse goûter aux délices du lyrisme à l’italienne. EMILIEN MOREAU de quoi donner la pleine mesure de ses talents théâtral et vocal. Brava (ou bravo ?) ! JACQUES FRESCHEL Le Chevalier à la Rose a été représenté du 30 sept. au 7 oct à l’Opéra de Marseille phrasé, le détaché : Pierre Cao, à la direction ferme et nuancée, scrute le son pour en faire ressortir la moindre vibration. Dans Fürchte dich nicht (N’aie pas peur) le dialogue entre les deux chœurs est si parfait qu’on entend parfaitement le contrepoint à huit voix, dont les effets spatiaux auraient ravi JohannChristoph : il avait lui-même conçu deux tribunes à Eisenach ! Jesu meine Freude (Jésus, ma joie) de Jean-Sébastien est un sommet musical. Béatitude céleste, sons tenus, tuilages, dix minutes suspendues en pianissimo dans la fugue : l’entrée des ténors (Ihr aber seid nicht fleischlich, sonder geistlich -vous n’êtes pas de chair, mais d’esprit) suivis des soprani puis ténors et basses est sublime ! L’Abbaye bondée gardera longtemps les résonances de ce moment enthousiasmant. YVES BERGÉ Falstaff a été joué à l’opéra de Toulon du 9 au 13 oct Le Chevalier à la rose Christian Dresse 2009 Falstaff Frédeŕic Desmesure
Manon à l’italienne Manon Lescaut est le premier chefd’œuvre de Puccini, avant la Bohème, Tosca et Butterfly. Huit jours après sa création le 1er février 1893 à Turin, c’est à Milan que l’autre grand Italien de l’opéra dévoile son ultime ouvrage lyrique avec un euphorique Falstaff. Comme si, cette année-là, le témoin passait symboliquement d’un génie à l’autre, de Verdi à Puccini. C’est sans doute le succès du Manon de Massenet (1884) qui a donné l’idée à Puccini de puiser à la source de l’abbé Prévost. Mais à la différence du Français qui colore l’ouvrage de menuets et autres références au XVIII e siècle, décrit une idylle plutôt naïve que la réalité du monde finit par détruire, c’est principalement à la description tout italienne d’une passion désespérée que s’attache Puccini. Le succès est également au rendez-vous et, depuis, les voix les plus éminentes (Freni, Callas, Caballé, Domingo, Di Stefano..) se sont penchées sur le destin tragique de la jeune Manon et de son fougueux amant Des Grieux. Sur la scène phocéenne, pour une toute nouvelle production mise en scène par Yves Coudray, on attend la soprano Catherine Naglestad et le ténor Andrew Richards entourés d’une pléiade d’artistes. La direction musicale est assurée par Luciano Acocella (les 12, 14, 17, 19 nov à 20h et le 22 nov à 14h30). L’Opéra offre également des concerts de Musique de Chambre à des tarifs défiant toute concurrence. On entend des pièces pour quatuor à cordes de Lucien Niverd, Albert Roussel et André Caplet par Sylvie Niverd & Marie-Judith de Bucy (violons), Cécile Florentin (alto), Véronique Gueirard (violoncelle) et l’ensemble vocal féminin Hymis dirigé par Bénédicte Pereira (le 24 oct à 17h). JACQUES FRESCHEL Opéra de Marseille 04 91 55 11 10 www.marseille.fr Psyché-délices et « Voyage » rossinien Il Viaggio a Rheims Alain Julien La belle princesse Psyché rend jalouse Vénus qui mandate son fils Eros pour l’humilier. Mais ce dernier tombe amoureux et finira, après de multiples épreuves, par se joindre à elle et la rendre immortelle. Le sujet mythologique a inspiré Molière, Pierre Corneille et Quinault pour une « Tragi-comédie ballet » mise en musique par Lully pour le Roi Soleil en 1671. Elle fut adaptée avec une intrigue différente en « Tragédie-lyrique » en 1678 sur un livret de Thomas Corneille et Fontenelle. Servante maîtresse 1752 : une troupe italienne présente à Paris La Serva Padrona de Pergolèse. La critique s’émeut et déclenche la « Querelle des Bouffons » opposant Italiens et Français. Le débat musical prend une tournure caricaturale et « Tout Paris se divisa en deux partis plus échauffés que s’il se fût agi d’une affaire d’État ou de religion » écrit Rousseau. Derrière ce point d’histoire se cache une œuvre fort subversive puisqu’elle consacre, bien avant Beaumarchais (elle fut créée en 1733), l’ascension d’une servante au rang de « patronne ». Et Pergolèse excelle dans ce genre comique aux accents populaires qui emprunte ses thèmes à la commedia dell’arte. On attend donc cette production des Paladins dirigés par Jérôme Correas dans une mise en scène de Vincent Vittoz ! J.F La Serva Padrone Le 18 oct à 15h Théâtre de l’Olivier, Istres 04 42 55 24 77 www.scenesetcines.fr De cet imbroglio historique la Compagnie du Griffon (Julien Palajas) et les Bijoux indiscrets (Claire Bodin) proposent une relecture pour huit comédiens, quatre chanteurs, une danseuse et quatorze musiciens sur instruments anciens (le 23 oct à 14h scolaire et à 20h, le 25 oct à 15h). Le « Dramma Giocoso » Il Viaggio a Reims devrait faire le bonheur des amateurs de bel canto rossinien (après Avignon… et avant Marseille). Cet opus à la distribution foisonnante, composé à l’occasion du sacre de Charles X (1825), est réactualisé par Nicola Berloffa dans un contexte « années 30 ». Mise au placard, la partition du Voyage (remaniée pour Le Comte Ory en 1828)) fut retrouvée dans les années 70 et connaît depuis 1984 (recréation par Abbado) un succès indéniable. C’est qu’elle offre la possibilité de nombreux jeux scéniques fantaisistes et peut donner sa chance à de jeunes artistes : il s’y trouve quasiment 14 premiers rôles. Les acteurs/chanteurs défilent sur une intrigue légère, certes, mais au service d’un chant souverain (le 6 nov à 20h et le 8 nov à 15h). Flûte alors ? Catherine Naglestad Christina Feuser 55 La troupe Comédiens et Compagnie revisite le chef-d’œuvre universel de Mozart La Flûte enchantée pour neuf comédiens/chanteurs, deux sopranos et un quatuor à vent. On annonce une fantaisie jubilatoire en forme de « commedia dell’arte in musica » entre opéra et théâtre de tréteaux avec marionnettes, danse et pantomime… À découvrir donc, dans une mise en scène de Jean Hervé Appéré et une adaptation musicale de Vincent Manac’h (dir. Samuel Muller). J.F La Flûte enchantée Théâtre Durance, Château Arnoux (04) Le 16 oct 04 92 64 27 34 www.theatredurance.com Carré Léon Gaumont, Sainte Maxime (83) Le 14 nov 04 94 56 77 77 www.carreleongaumont.com Les « ciné-musicophiles » ne manquent pas le « ciné-concert » réalisé à l’occasion de la projection du chef-d’œuvre muet de Chaplin Les Lumières de la Ville (1931) avec, dans la fosse et en direct, l’Orchestre de Toulon dirigé par Timothy Brock (le 7 nov à 20h)… ni la traditionnelle Heure Exquise des jeunes chanteurs du Cnipal (13 nov. à 19h). J.F Opéra de Toulon 04 94 92 70 78 www.operadetoulon.fr La Flute enchantée X-D.R



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