Zibeline n°23 octobre 2009
Zibeline n°23 octobre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de octobre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : la paix en Méditerranée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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50 MUSIQUE CONCERTS Deux fois, pour mémoire X-D.R Deux œuvres majeures du Baroque tardif, le Salve regina de Scarlatti et le très célèbre Stabat Mater de Pergolèse, contrepointées par la Symphonie du Saint-Sépulcre de Vivaldi, furent données le 12 sept (17h et 21h) à la Chapelle des Oblats à Aix : un double concert un peu exceptionnel car sujet à un enregistrement en direct qui débouchera sur la sortie d’un CD commercialisé en décembre. L’ensemble Parnassie du Marais, au nom quelque peu énigmatique et suranné dirigé par la claveciniste Brigitte Tramier, mit son talent au service de la soprano Catherine Padaut et du contre-ténor Michel Géraud. Aux antipodes des interprétations empreintes d’un pathos ostentatoire, cet ensemble de poche mit l’accent sur une palette de sentiments nuancés avec une sobriété et une humilité exemplaires. Ce choix, gageure tant il implique d’attirer l’auditoire dans un univers confiné sans tomber dans la monotonie, fut en partie réussi grâce à l’équilibre trouvé entre les deux chanteurs. À la clarté, l’assurance, la précision technique de la soprano répondit la souplesse et la chaleur de la voix du contre-ténor patinée par une musicalité exceptionnelle. À l’unisson de ses chanteurs les deux violons et le continuo soulignaient les volutes de la mélodie. Excès de précision ? Inhibition due à l’enregistrement ? Le motet de Scarlatti donné en ouverture manquait d’un peu de brillance et de relief. La petite pièce de Vivaldi, exempte de virtuosité mais à l’expression très forte, libéra l’ensemble qui finit par une superbe interprétation du Stabat Mater. La pitié douloureuse du texte illustrée par une large gamme de sentiments fut magnifiée par l’ensemble. Ce concert tout en nuances laisse augurer de la qualité du disque à venir, attendu avec une impatience non dissimulée… CHRISTOPHE FLOQUET Musiques au Château.4.41 Uchaux est une commune située à la limite du Vaucluse et de la Drôme. Elle a la chance (et la charge !) de posséder un trésor qu’une association tente de valoriser. Sur ses hauteurs, surplombant la vallée du Rhône, au nord d’Orange, émerge un antique château, vestige d’un moyen âge loin d’avoir révélé tous ses mystères. Lors des Journées du Patrimoine, l’équipe de bénévoles a accueilli de nombreux visiteurs sur l’enceinte fortifiée du Castellas et sa chapelle romane attenante. Mais l’idée de son Président Paul Reymond, architecte de métier (converti pour l’occasion en guide de luxe), a été d’agrémenter la visite des salles, terrasse ou nef romane de musiques d’agrément. L’ensemble Baroques-Graffiti, dirigé par le claveciniste Jean-Paul Serra, bien connu des amateurs de musique ancienne en région, Caroline Gerber et Sharman Plesner (viole d’amour, violon), Tarek Abdallah (oud) et Jean Christophe Deleforge (violone) ont présenté leur instrument avec à propos. Les sonorités de Bach, les improvisations choisies sont entrées en harmonies avec les vieilles pierres de tailles ornées d’énigmatiques marques de tâcherons. En soirée, toute la troupe est descendu dans la vallée pour découvrir, dans l’adorable église de la Galle, cinq superbes Sonates, tout en allegros polyphoniques et nuances subtiles, adagios profonds ou danses panachées, gavotte, gigue ou sarabande… signées JohannPachelbel. JACQUES FRESCHEL Baroques-Graffiti s’est produit durant les Journées du Patrimoine le 20 sept. à Uchaux X-D.R X-D.R Avignon sous le soleil ! D C’est avec le Chanteur de Mexico de Francis Lopez que s’est ouverte la saison lyrique de l’Opéra-théâtre d’Avignon Créée en 1951 avec Luis Mariano dans le rôle de Vincent (le chanteur et danseur de fandango), cette œuvre connut immédiatement un grand succès : plus de deux millions de personnes applaudirent le Chanteur à sa création, et les vingt tableaux des deux actes furent tous somptueux ! Le Chanteur de Mexico marque l’apogée de la notoriété de Lopez qui a composé ici la plupart de ses meilleures mélodies et plusieurs d’entre elles, dont Mexico, Acapulco ou encore Quand on voit Paris d’en haut sont encore sur beaucoup de lèvres. En Avignon aussi, près de 60 ans après, le succès est grand ! L’opérette est chaudement applaudie, car dès le début s’est installé sur scène une énergie et un enthousiasme contagieux qui ont perduré jusqu’au final. La chanson Mexico a bien sûr été reprise plusieurs fois par les artistes et les spectateurs. Un spectacle pétillant d’un bout à l’autre, mis en scène dans un esprit de fête par Jacques Duparc. CHRISTINE REY
Seicento et cantates profanes Les escales italiennes ont d’entrée séduit le public les 4 et 6 oct lors des premiers concerts de l’Automne Baroque Il est des ensembles qui n’évitent pas la redondance de programmes entendus mille fois, parfois même par les mêmes interprètes… Au demeurant les opus de maitres peuvent échapper et gagnent à être réentendues mais hélas ce ne sont pas toujours ces derniers qui sont servis à toutes les sauces au public ! Heureusement, le Concerto Soave issu du Centre Régional d’Art Baroque s’évertue à allier qualité et rareté des œuvres. En ressuscitant les Vêpres à la Vierge comme elles étaient données dans les églises vénitiennes au milieu du XVII e siècle, Jean-Marc Aymes offrait de ses claviers (clavecin et orgue) une musique incroyablement colorée à un auditoire comble. La littérature proposée (avec psalmodie de l’antifona) nous a plongés au cœur de la cité des doges au temps de Monteverdi, brossant un tableau d’art sacré où le nouveau style concertato devient l’écho des représentations du Tintoret ou de Véronèse. Grossi, Merula, Rigatti, Donati, Grandi, Rovetta, Mazzochi et Mattioli sont des noms qui ne vous disent rien ? Peu importe, leurs belles partitions témoignent de l’intense activité qui régnait à San Marco et ailleurs. Il faut dire qu’avec la spécialiste du chant baroque Marie-Christine Kiehr les notes ne peuvent qu’être magnifiées tant le timbre si suave de sa voix correspond à ce répertoire. Le trio vocal composé également du ténor Valério Contaldo et du baryton-basse Stephan Macleod se révélait harmonieusement équilibré, soutenu avec sensibilité (dans une musique qui en demande énormément) par l’archiluth de Diego Salamanca, la basse de violon d’Etienne Mangot et les deux violons d’Alba Roca et Béatrice Linon. Un très beau moment. FREDERIC ISOLETTA Sandrine Piau Antoine Le Grand-Naive D Ensemble Concerto Soave Marie-Eve Brouet Deux jours plus tard le CRAB nous emmenait à Rome à travers Lamenti e Trionfi d’Amore chantés par Sandrine Piau, auréolée des Victoires de la musique 2009. Jean-Marc Aymes, dynamisé par le succès de l’intégrale Frescobaldi, surprenait à nouveau par son élégance et sa science du continuo. Dans la sonate en ré de Haendel, il peint les plus beaux contrastes : une Allemande pulsée et terrienne suivie d’un Presto brillant et magique. Etienne Mangot, violoncelle et viole de gambe, suit avec intelligence le discours harmonique et détaille avec un timbre soigné les mouvements lents et vifs de la Sonate de Geminiani. La mozartienne Sandrine Piau affronte les redoutables vocalises. Le combat est féroce et rappelle la symbolique de l’amour baroque, conquête insaisissable… Elle jongle avec les phrases étourdissantes de Storace, Cesti, Bononcini, Rossi, Gasparini, comme le faisaient les castrats de l’époque. Les figuralismes langoureux (lagrime dove sete, Rossi) contrastent avec l’explosion des récitatifs dramatiques : crudellissimo arciero, Bononcini). En bis, le sublime credete almen dolore de Haendel, compositeur allemand naturalisé anglais qui a importé à Londres l’opéra italien ! Des pianissimi aériens, un soutien parfait de la basse de viole et du clavecin, aria suspendu sur un fil, celui du partage entre les styles divinement empruntés. Et la très espiègle Canzonetta de Monteverdi quel sguardo sdegnosetto où Sandrine Piau se révèle mutine à souhait. Un très beau voyage romain, escale baroque et profane. YVES BERGÉ 51 L’Histoire à rebours Les programmes symphoniques de cette année avignonnaise ont décidé de faire entendre, à chaque concert, une œuvre contemporaine. Et c’est à un parcours à rebours que le concert d’ouverture conviait l’auditoire le 9 oct… Avec Incanto tout d’abord, du français Eric Tanguy. Sacré Compositeur de l’année aux Victoires de la musique classique 2008 (et 2004), Eric Tanguy est né en 1968 et sa notoriété a dépassé depuis longtemps nos frontières. Incanto a été commandée par l’orchestre de Bretagne, créée le 28 janvier 2002 au Lincoln Center de New York, et plusieurs fois enregistrée. Courte œuvre symphonique, elle présente une richesse de timbres impressionnante, et une vigueur orchestrale considérable, qui ne recule pas devant l’expressivité et s’empare de l’héritage symphonique légué par ses pères. Cent ans avant la naissance d’Eric Tanguy, Edvard Grieg, alors âgé de 25 ans, composa son Concerto pour piano et orchestre en la mineur : la première audition eut lieu en avril 1870, et reçut immédiatement l’approbation de Franz Liszt. Ce concerto, œuvre clé du répertoire pianistique, allie lyrisme et virtuosité. L’immense pianiste russe Mikhail Rudy, spécialiste de cette œuvre, l’a interprété à Avignon avec toute la passion et la magie qu’on lui connaît. La seconde partie de soirée fut consacrée à la troisième symphonie de Beethoven, l’héroïque et Napoléonienne. Elle a obtenu un succès prévisible, grâce à l’implication de l’orchestre emmené par Jonathan Schiffman. CHRISTINE REY



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