Zibeline n°23 octobre 2009
Zibeline n°23 octobre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de octobre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : la paix en Méditerranée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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48 MUSIQUE CONCERTS L’œuvre sous les ruines En clôture du Festival des Musiques Interdites, le Toursky recevait le prestigieux Wiener Concert-Verein le 18 septembre On retrouvait le décor unique de grilles noires évoquant l’univers carcéral inquiétant d’Athalie de Mendelssohn donnée en juillet, dispositif scénique sans doute moins adapté à un concert symphonique. Mais Cécile Auclert apportait sa voix grave et percutante aux textes de Benjamin Constant sur la liberté, juste avant la symphonie pour cordes de Mendelssohn : remarquable unité des pupitres, attaques précises, direction souple et tonique d’Errol Girldlestone. La récitante glaçait ensuite la salle par ces mots extraits du Nationale Zeitung : « la musique de Mendelssohn est certes géniale, mais elle n’est pas supportable pour un mouvement de culture raciste… » Le concerto pour violon, piano et orchestre du même Mendelssohn nous fit découvrir la violoniste Vera Novakova, sensuelle et dynamique et la pianiste Maki Miura-Belkin, au toucher clair et brillant : séries d’arpèges redoutables de l’allegro. Un extrait de La Ruine de Kasch de Robert Calasso, sur le pouvoir et la tyrannie, annonçait la création d’Helmut Schmidinger, symphonie en cinq phrases issues d’une lettre de Haydn à Maria Anna de Genzinger : œuvre de belle facture pour ce compositeur de quarante ans. Ses dissonances âpres rappellent les premières œuvres de Schönberg mais dans la dernière partie, l’écriture, carrément tonale, surprend. On attendait plus d’audace contemporaine dans une œuvre d’aujourd’hui ! La lettre émouvante de Haydn à son éditeur Breitkopf, demandant l’indulgence pour son chef-d’œuvre La Création, était une manière élégante d’annoncer sa symphonie n°49. Les cordes toujours homogènes et chaudes et les belles couleurs des vents résonnaient dans l’Andante plaintif et l’Allegro passionné. Un beau concert qui célébrait le bicentenaire du père de la symphonie. À travers son prolongement romantique et contemporain, un souffle de liberté. YVES BERGÉ Roquevaire les Orgues La 13 e édition du Festival International d’Orgue de Roquevaire bat son plein depuis mi septembre à travers la thématique bois, cuivres, et orgue naturellement. Retour sur le concert tout en couleurs du 3 octobre S’il existe un instrument complètement « timbré », c’est bien l’orgue ! Véritable orchestre à lui seul, surnommé roi des instruments, il offre une palette sonore dotée d’une richesse incroyable où l’organiste choisit ses « jeux » comme le peintre mélange ses couleurs. Si au demeurant vous vous approchez d’une console d’instrument vous pourrez y voir entre autres des timbres proposés : clarinette, trompette, hautbois, flute ou basson. Associer ces registres existants à un ensemble à vents est le pari audacieux et réussi de ce 13 e Festival International d’Orgue de Roquevaire, toujours sous la houlette de son président Jean-Robert Cain. Le public nombreux a pu apprécier l’alliage éclatant proposé par le Quintette à vent de Marseille et Brice Montagnoux aux claviers dans un répertoire essentiellement français allant de Daquin à Tomasi en passant par Widor, Roussel, Dupré et Alain. L’organiste, brillant soliste, a pu faire admirer sa technique et sa musicalité dans la 5 e symphonie de Widor et dans l’incroyable final de l’Evocation de Dupré. Les interprétations remarquables de Noëls de Daquin, des danses de Tomasi ou du trop rare divertissement de Roussel ont mis en évidence une association originale (ainsi que des opus peu donnés) qui varie des duos immuables dont le X-D.R public est pourtant friand… Soulignons l’ouverture vers le monde contemporain avec en point d’honneur la présence du compositeur Lucien Guerinel, donnant des explications sur ses Médiatissées, œuvre récente à l’humour corrosif (pièce dodécaféinée…). Thomas Saulet à la flute, Bernard Giraud au hautbois, Daniel Paloyan à la clarinette, Frédéric Baron au basson et Renaud Taupinard au cor ont su donner la réplique aux cinq claviers du gigantesque instrument, dans un concert au diapason d’un festival qui bouge ! FREDERIC ISOLETTA L'orchestre Wiener Concert-Verein X-D.R. Lieder enflammés Le cycle « Musique et Poésie », initié par le Consul Général d’Allemagne en collaboration avec la Cité de la Musique de Marseille, s’est ouvert le 9 oct sur un concert dédié à Robert Schumann. Le but étant ici de retrouver l’esprit romantique du Liederkreis opus 39, ses grands élans et l’omniprésence du sentiment amoureux, on ne fut pas étonné de voir le comédien Michael Zugowski faire le récit de la tentative de suicide du compositeur, avant de lire les lettres enflammées de Robert et Clara à la lueur d’un chandelier, les yeux perdus dans le vague. Parti pris plutôt pertinent : Schumannavait en effet composé ces Lieder entre 1839 et 1840, années qu’il passa séparé de sa fiancée, réduit à une correspondance illicite… Ses lettres, passionnées, témoignent de l’amour et de l’estime du compositeur envers sa muse, celle qui seule selon lui saura interpréter son œuvre avec assez de subtilité. Les lettres de Clara regorgent également de mots d’esprit et d’envolées lyriques maîtrisées. Rappelons que les œuvres et concerts de la talentueuse musicienne avaient également laissé Goethe, Liszt et Brahms sans voix. La mezzo colorature Christine Kattner, à l’origine de ce projet et habituée à ce répertoire, a su interpréter ces Lieder remarquablement, avec émotion et agilité. La finesse et la subtilité de sa voix ne s’accordaient malheureusement pas toujours avec le jeu plus en force de la pianiste Nina Uhari ; mais ces quelques décalages n’ont pas fait tiquer un public conquis. Le concert s’est achevé sur un Lied de Clara Schumann, Liebst duum Schönheit, éloge d’un amour tendre. Celui que les deux musiciens partagèrent jusqu’au bout. SUSAN BEL
Musique et patrimoine Les journées du patrimoine s’orchestrent de multiples façons laissant le choix de visites, de découvertes inédites, de retrouvailles aussi avec des lieux que l’on côtoie en oubliant parfois leur beauté. Il y a aussi des concerts qui renouent les fils de notre histoire, nous entraînent inlassablement dans des voyages où le temps s’abolit. C’est ce que s’efforce de promouvoir depuis plus de vingt ans l’ensemble Les Festes d’Orphée. Le 20 sept, en l’église du Saint-Esprit d’Aixen-Provence, les spectateurs étaient invités au voyage. Avec une chanson des Filles à marier de Gilles Binchois, riches entrelacs du chœur des hommes et de celui des femmes, canons, ruptures de rythmes, neuves au début du XVe, chant vigoureux et plein d’humour auquel des extraits plus sérieux de la messe L’homme armé de Guillaume Dufay, son contemporain, s’élèvent dans l’entêtante odeur des lys. Belles interprétations aussi de la Provence baroque de Jean Gilles, Campra, Vallière. Le XX e pour une fois était à la Feste, avec la fine et subtile interprétation des quatrains Valaisans (Rilke) de Darius Milhaud, par la voix tout en nuances de Laure Bonnaure, ou les Vingt Alléluias de Philip Tyack, en création : de larges vagues qui s’emportent, s’apaisent, permettent au chœur de donner toute sa mesure. Un concert original pour cet ensemble qui a fait la démonstration de sa qualité en osant aborder des œuvres qui ne constituent pas le fond de son répertoire. Une initiative à cultiver : sans création pas de patrimoine pour demain ! MARYVONNE COLOMBANI Choeur des Festes d'Orphee Les Festes d'Orphee - 2009 Galliano come Bach ! Ses concerts sont des événements attendus avec impatience par les amateurs de jazz et de tango argentin, surtout quand le programme porte le titre alléchant de From Piazzola to Galliano ! Dans une enceinte qui vibrait encore du souvenir des deux symphonies (5 et 9) de Beethoven programmées peu de jours auparavant, le Grand Théâtre de Provence, fidèle à son éclectisme, accueillait donc l’icône du « new jazz musette » français. Un quintette à cordes aux allures schubertiennes allait servir de partenaire à l’accordéoniste, qui débutait avec brio le concert par le très célèbre Libertango de Piazzola ; le face à face s’annonçait sulfureux ! Le tango qui suivit allait rapidement calmer nos ardeurs. Le jeu de l’ensemble à cordes, au phrasé millimétrique, les contours mélodiques subtils mais sans chair rendirent le superbe Vuelvo al sur presque anémié : l’équilibre entre les jeux opposés du soliste et du quintette avait du mal à se faire. Cette dichotomie fut plus marquée encore dans l’œuvre suivante : le concerto en la mineur pour violon de Bach ! Certes il s’agissait d’une première en direct, dans une salle à l’acoustique impitoyable… Mais un problème musicologique se pose, lié à l’interprétation de l’œuvre : on peut sans doute jouer Bach debout à l’accordéon, dans un phrasé oscillant entre jazz et classique… mais avec un quintette au jeu académique et confiné ? Le from Piazzola via Bach… était un détour de trop. La deuxième partie du concert fut de meilleure facture, et atteignit même des sommets lorsque Galliano fit du Galliano (Concerto pour accordéon, Suite française), avec un quintette qui commençait enfin à le suivre. Mais le troisième mouvement du concerto pour hautbois de Bach, qui clôtura la soirée en guise de bis, confirme le virage actuel pris par l’accordéoniste français. Les nostalgiques du Richard au cœur de lion le pleurent déjà ! CHRISTOPHE FLOQUET Son et sens Les Acousmonautes Jose Assa Les Acousmonautes, collectif de compositeurs de musique électroacoustique créé en 2008, proposent depuis le 25 sept (jusqu’au 21 oct) une exposition à la Fondation Vasarely : L’opus à l’oreille rassemble diverses installations photos, vidéos et « mises en son » des salles de la Fondation. Une conférence et un concert y ont eu lieu le 10 oct : l’occasion pour un public malheureusement peu nombreux d’en apprendre plus sur la musique acousmatique. Ce souci des compositeurs de rendre accessible leur travail méconnu, difficile à appréhender, en rapprochant leurs œuvres de photos et de textes, n’est pas toujours efficient. Ainsi le descriptif attribué aux Pullulants d’Hugues Delbergue, travail pourtant plutôt abouti, fait sourire : ce grouillement savamment orchestré 49 serait une allusion à l’émergence d’une élite réduisant les humains à la haine et à la misère ? On se demande également si une installation audio de Lucie Prod’homme et quelques clichés passés de Christophe Moidica remplissent leur ambition de dénoncer les travers de l’urbanisme… Mais si ces justifications et rapprochements desservent certaines œuvres, plusieurs pièces sont tout à fait dignes d’intérêt ! On retiendra notamment une création de Lucie Prod’homme, Derrière les murs, travail sur les cris, chuchotements, inspirations de sursaut, traduisant à merveille l’angoisse et les prémisses de la folie inhérents à l’isolement. Ainsi que la création de Fabrice Martin, ou le Puzzle 96 de Michel Pascal, assemblage brillant de divers enregistrements musicaux réarrangés : cette musiquelà n’a aucun besoin de paratextes pour signifier… SUSAN BEL L’Opus à l’Oreille Fondation Vasarely, Aix jusqu’au 21 oct Richard Gallliano X-D.R.



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