Zibeline n°23 octobre 2009
Zibeline n°23 octobre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de octobre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : la paix en Méditerranée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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06 POLITIQUE CULTURELLE SAISON DE LA TURQUIE La Saison de la Turquie en France, qui devait durer une année puis dans la discrétion… le problème de l’entrée de la Turquie dans économique, a ralenti les ardeurs. Reste quelques manifestations La Turquie et l’Europe L’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne est au centre du débat sur l’Europe en France. On se souvient mal que ce pays, officiellement candidat depuis 1999, a demandé à participer à laC.E.E. dès 1959 et est membre associé depuis 1963. En fait ce débat en recoupe un autre : la Turquie estelle une composante de l’Europe, ou un corps étranger qu’il faut expurger ? De fait les relations entre les populations sont anciennes… C’est au cours du Moyen Âge que les Turcs font irruption dans cette histoire. Les Seldjoukides s’installent dans la région et forment le Sultanat de Roum après que le sac de Constantinople, organisé par les Vénitiens, a démembré pour un temps l’Empire et l’a durablement affaibli. C’est pourtant une autre tribu turque, les Ottomans, qui joue un rôle décisif dans la conquête de l’Empire Byzantin. Installé sur les rivages Est de la mer de Marmara et des Dardanelles, au milieu des terres impériales, Suleyman -qui a secouru Jean Cantacuzène et épousé sa filles’empare de la ville de Gallipoli, à l’ouest du Bosphore. Son fils, Murad I avance encore en Europe. Le 29 mai 1453, MehmedII prend Constantinople et met fin à l’Empire Romain d’Orient. L’apogée La splendeur de l’Empire Ottoman commence. Constantinople devient la nouvelle capitale (à la place d’Andrinople), en 1458. La conquête continue : Péloponnèse, Albanie, Bosnie et Moldavie tombent et les Vénitiens doivent payer un tribut. À l’Est, la Cilicie et Kurdistan sont gagnés en 1515. Au sud, l’Égypte. Avec Soliman le Magnifique (1520-1566) les pays arabes font allégeance, et un État organisé est mis sur pied : le Grand Vizir s’occupe du gouvernement central (le divan) et des bureaux (les ministères). L’armée et la marine sont performantes, les impôts bien gérés. Les sultans ottomans ont aussi protégé les minorités et, à Constantinople, devenue Istanbul, ils ont maintenu le caractère cosmopolite de la ville. Istanbul à midi Dans son éditorial, Thierry Fabre examine la nouvelle donne en Méditerranée et au Moyen-Orient consécutive à l’arrivée à la présidence des États-Unis Barack Obama. Ce qui nous rappelle qu’Istanbul est bien un des centres de la Méditerranée. Et une ville monde, chargée d’histoire… Mais la revue, comme à son habitude, veut voir au-delà des apparences. Elle réunit une somme de regards pour décrypter les réalités de la ville. Ainsi, Elif Safak propose un postulat : Istanbul n’existe pas ! En fait, ce sont quatre villes qui coexistent. Le passé, le présent et l’avenir s’acharnent à dessiner la diversité de la cité. Ce constat est prolongé lorsqu’on aborde la composition des populations de la ville. Cosmopolite, elle l’est ! Mais l’entrée dans la mondialisation a bousculé les constructions anciennes. Si un passé fantasmé de tolérance multiculturelle, supposé exister à l’époque ottomane, remplit les rêves de concorde de la bourgeoisie musulmane islamique, il permet surtout de nier la peur viscérale de l’autre, et l’intolérance qui l’accompagne : les minorités de toutes sortes sont donc bien mal loties. L’assassinat évoqué de Hrant Dink, intellectuel arménien, le confirme : la « turquicité » ne saurait être contestée dans un paysage politique gangrené par le nationalisme. Les bouleversements politiques, plus ou moins récents, semblent, quant à eux, avoir abouti à la perte de l’identité stambouliote. Michel Péraldi aborde des réalités plus tangibles de la ville : Istanbul est une ville globale. Fouillant les ressorts économiques de la métropole, il conclut à l’établissement d’un « capitalisme de paria » bien différent du fonctionnement des autres villes globales qui dominent le monde. Cosmopolite, la ville l’est aux dires de Cenciz Atkar qui rappelle sa désignation comme capitale européenne de la culture pour 2010… Il en révèle les enjeux, dans son tissu urbain même, et nous ramène à cette lutte entre nationalisme, islamisme et ouverture aux autres. La production littéraire (voir p 8) de la capitale de la Turquie reflète ces diversités et ces combats. C’est donc une ville grouillante de vie, surprenante, attachante mais aussi ambiguë qui se dessine à la lecture de ce numéro de la revue. R.D. 1 1am aa MEN vuot.0 Istanbul, ville monde La pensée du Midi n°29 actes Sud, 12 euros L’homme malade de l’Europe Mais à partir de 1570 une longue période de déclin s’engage. Le pouvoir vacille devant les querelles de succession. Si la Crête est conquise en 1669, le siège de Vienne, en 1683, est un échec. Les provinces européennes commencent à s’émanciper. La Russie devient un adversaire farouche, désireux d’étendre son influence. Les réformes d’Adbdul-Medjib (égalité de tous les sujets au plan du droit, des impôts et de l’armée), ne changent rien. La Grèce est indépendante en 1830, et les Russes progressent. Devant cette ruée –Français et Anglais interviennent aussi-, le chancelier allemand Bismarck se penche sur celui que l’on appelle « l’homme malade de l’Europe ». Au congrès de Berlin (1878), Serbie et Roumanie deviennent indépendantes ; la Grèce annexe la Thessalie et une partie de l’Epire ; l’Autriche occupe la Bosnie et l’Herzégovine ; l’Angleterre obtient la Crête et les Russes quelques villes. Les convulsions se précipitent ! La Sublime Porte passe sous le contrôle économique des puissances étrangères. Les Balkans sont en ébullition. Une réaction panislamiste Turque émerge -elle conduit au massacre des Arméniens en 1894-1896. Les Jeunes-Turcs, eux, tentent d’imposer des réformes libérales en 1908 sans grand succès. Bulgares, Grecs et Serbes déclarent la guerre aux Turcs (guerres balkaniques 1911-1912). Affaiblis, les Ottomans font le choix de l’alliance allemande en 1914. Vaincus en 1918, ils perdent avec l’Empire, la rive européenne tandis que sont prévus des Etats arméniens et kurdes (Traité de Sèvres, 1920). La République Mustafa Kemal rassemble alors les forces turques et parvient notamment à récupérer la Thrace (traité de Lausanne, 1923). Considérant que l’islam dénaturé et rétrograde de l’Empire ottoman est responsable de la défaite, il abolit le Sultanat et prend des mesures antireligieuses. La proclamation de la République (29 octobre 1923) engage ainsi la Turquie dans la modernisation du pays, mais pas dans la démocratie… Les Turcs appartiennent donc indéniablement à l’histoire de l’Europe. Les relations tissées ont été faites de guerres, mais aussi d’échanges ! Tout comme les relations de la France avec l’Angleterre, puis l’Allemagne… RENÉ DIAZ
s’est réduite à quelques mois, se déroule l’Union Européenne, conjugué à la crise dans la région, à suivre absolument ! I Mon bel orient Pour la Saison de la Turquie en France, le musée Ziem se tourne vers Istanbul au XIX e siècle évoquée par des peintures, documents, photos et créations vidéos À l’évènement du Grand Palais, De Byzance à Istanbul, répond l’écho méditerranéen et martégal. C’est bien sûr l’œuvre de Félix Ziem qui sert de port d’attache à cette exposition ouverte aussi sur l’art contemporain avec deux vidéastes turques, Selda Asal et Inci Eviner grâce au partenariat avec Instants Vidéos. Un premier volet présente peintures, dessins, aquarelles, carnets de croquis d’artistes du XIX e siècle inspirés par un Orient si proche, réel et plus ou moins fantasmé. Manquent à ce florilège les Signac, convoités par les organisateurs mais qu’ils n’ont pu obtenir. Le second volet nous donne à voir divers documents d’époque, notamment des affiches de promotion touristique (Jules Chéret), des cartes postales et en particulier des visions d’Istanbul à travers un médium émergent et révolutionnaire : la photographie. L’occasion nous est donnée de saisir l’écart des représentations entre les peintures fabriquées par la main des artistes et les restitutions opto-chimiques photographiées à visée réaliste. Quelle est donc cette Constantinople traduite à travers les pochades atmosphériques de Ziem, les relevés crayonnés par Jules Laurens, le soin miniaturiste d’Auguste Mayer, ou bien enregistrée depuis la tour de Galata selon les vues panoramiques de Paul Sebah, l’Istanbul et le quartier du bazar sur papier albuminé des Frères Abdullah en 1865 ? Un bon siècle plus tard, la vidéaste turque Inci Eviner propose sa version du Harem. À partir d’une image fixe, une gravure d’I.A. Melling (1763-1831) représentant l’imposant intérieur d’un harem, l’artiste a intégré des personnages féminins en habits actuels, animés de gestes répétitifs et incongrus, évoquant une chorégraphie contemporaine. CLAUDE LORIN De Marseille à Istanbul l’Orient turc de Ziem et de ses contemporains jusqu’au 10 janvier Musée Ziem 04 42 41 39 60 Fabius Brest (1823-1900). Caravanserail à Trebizonde, huile sur toile, 113 x 167 cm Marseille, musée des Beaux-Arts 07 Anatolie en Provence En cette saison la mode est « a la turca » ! Mais les centres d’art européens se positionnent loin des turqueries, aux avant-postes musicaux et non en plein XVIII e siècle… Bazar Kumpanya Bruno Wagner La Turquie a été toujours été visitée par les artistes européens venus y puiser l’inspiration. Mais au carrefour des axes ou à cheval, les Turcs ne savent pas toujours sur quel pied danser ! Thrace (Europe) ou Anatolie (Asie) ? Leur musique a su tirer profit d’une telle mosaïque proche de l’orient ou de l’occident. Autre carrefour culturel, Marseille accueille cet automne quelques rendez-vous musicaux majeurs dans le cadre de la Saison turque. Tout d’abord la Fiesta des Suds qui n’oublie jamais nos voisins de la Méditerranée (et autres !) accueille les Derdiyoklar (23/10 à 19h). Performances scéniques époustouflantes et légendaires, dialecte d’Anatolie sur fond de discorock… Je ne parle même pas du look venu d’ailleurs et de la guitare à trois manches ! Oui vous avez bien lu, la Turquie se réveille… Continuons légèrement plus au nord… de la ville pour atteindre l’auditorium de la Cité de la Musique ; mais du calme, vous avez un mois pour y arriver (20/11 à 20h30). Mais quel métissage pour une création troubadour en Marseille et Istanbul ! Bijan Chemirani, Sam Karpienia et Ulas Özdemir exploreront le rapport au mysticisme et son rôle dans la création contemporaine travers les chants d’amour sacrés et profanes de l’Anatolie à la Provence, en passant par la grande bleue. Ethnologue, héritier du chant et de la poésie mystique anatolienne, Ulas Özemir est à découvrir tout comme son saz (luth à manche longue). Encore plus au nord en remontant la Durance pour atteindre le théâtre de Château-Arnoux/Saint-Auban vous pourrez découvrir une association qui vaut le détour : jazz et musique turque. Le Didier Labbé quartet invite la Bazar Kumpanya pour une rencontre festive et magistrale (27/11 à 21h). Saz, Kaba zurna, mais aussi accordéon, saxophone et tuba : le métissage se fait à tous les niveaux. De quoi se remettre au Turc ! FREDERIC ISOLETTA



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