Zibeline n°23 octobre 2009
Zibeline n°23 octobre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de octobre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : la paix en Méditerranée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 THÉÂTRE LE MAQUIS LE TOURSKY LES ATELIERS L’hérésie prend le maquis À l’époque où l’on se plaît à commémorer tant d’évènements avec un discernement parfois douteux, la compagnie du théâtre du maquis s’attache elle aussi à l’histoire et exhume une date dont bien peu se souviennent… Celle de la croisade contre les Albigeois, il y a précisément 800 ans, en 1209 ! Pendant intéres-sant aux manifestations qui entourent le 600 e anniversaire de la naissance du roi René ! Cabaret donc, avec des tables conviviales qui rythment les places des spectateurs, jus de fruits, bon vin, photo-phores… Les gens entrent, s’installent, grignotent, bavardent, musique occitane en fond sonore… Des volutes de fumée commencent à s’enrouler autour des instruments qui attendent sur scène, la foule doucement s’apaise, la fumée de plus en plus dense gagne les premiers rangs… le spectacle commence. « Laissez-vous aller à la folie cathartique ! ». Le jeu est lancé, parodies, paraboles, chants iconoclastes, mimes guignolesques, un brin d’Apollinaire et ses cosaques Zaporogues, émotion vraie sur le massacre de Béziers, fin’amor et garçons bouchers, inquisition et justice rendue sous le chêne de Saint-Louis, qui ne se prenait pas pour le fruit d’icelui… Un festival de rire et d’indignations, de récits d’exactions de cette terrible année 1209 qui trouveraient sans doute bien des échos dans nos années 2009… Occitan et Français se mêlent pour décrire une Occitanie brisée, par un pouvoir qui ne pourrait connaître d’équivalent au-jourd’hui. Vous en êtes bien sûr ? L’ironie est parfois grinçante, et numéros de cabaret toujours déjantés, pour un spectacle vivifiant. MARYVONNE COLOMBANI Le Cabaret des Hérétiques sera joué le 16 oct au Jeu de Paume (Aix), le 17 oct à Coudoux, le 13 nov au Tholonet, le 5 déc à Chateauneuf-le-Rouge. www.theatredumaquis.com Mon Golem, le spectacle d’une vie Au Toursky, auprès de Richard Martin « l’ami de toujours », Wladyslaw Znorko a réuni dans Mon Golem toute sa famille, les rencontres les plus récentes et les complices de la première heure. Habité depuis longtemps par ce conte fantastique, le metteur en scène en offre sa propre vision théâtrale comme « si nous étions dans une chambre d’enfant. » Entre rêves éveillés, songes, rires et chuchotements, glissant de l’éclat de rire à l’effroi, de l’allégresse à la détresse en une fraction de seconde. Mais ce n’est pas la vraie histoire de Golem, « ce personnage légendaire fabriqué de glaise, à qui le Grand Rabbi Löw donna vie sur les berges de la Vltala à Prague » : c’est celle réinventée de toutes pièces par un artiste au langage unique. Figure singulière par son habileté à conter tout autant qu’à montrer, fabricant d’histoires extraordinaires, passeur d’une langue inconnue et dessinateur d’images fortes. Sur le plateau : 3 cabanes, 2 orages, 1 guerre, 1 violoncelliste, 1 fanfare, 7 acteurs-musiciens, 1 canari, 3 poules, 1 marionnette, 1 remorque à roulettes. Un fourre-tout poétique qui le suit depuis ses premiers pas, sans oublier le train qui, quand on ne le voit pas, se fait entendre. Dans Mon Golem comme toujours, l’histoire devient tableau, la parole devient musique, et l’action -si action il y a- se déploie dans une temporalité incertaine. Car Znorko a le talent incontesté d’inventer un univers onirique à nul autre pareil (même si on pense à Nadj, parfois). Mais il est tellement elliptique, voire énigmatique, que certains lassés s’en éloignent vite… quand d’autres, visiblement, y plongent encore à corps perdu. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Mon Golem a été créé les 9 et 10 octobre au Toursky b À venir au Toursky Après la dernière création de Quartiers Nord, une autre encore : Cœur @ prendre, le dernier solo d’Edmonde Franchi, toujours attachée dans son écriture intimiste et drôle à parler de solitude, et de condition féminine. Les 13 nov est complet, mais le Toursky a rajouté une date… le 14 nov, avec priorité aux abonnés ! www.toursky.org Dessin de Znorko Le cabaret des hérétiques X-D.R. Les Ateliers au travail La saison du Théâtre des ateliers commence fort, avec l’accueil du petit bijou qu’est Vice-Versa, un délire d’après Will Self sur une histoire de plaie ambiguë qui apparaît sur la cuisse d’un jeune homme (du 19 au 21 oct). Puis le 13 nov une Veille théâtrale consacrée à Picasso, star de l’année aixoise : des textes théoriques et plus intimes, des poèmes surtout, par le peintre de génie qui déclara pourtant « je suis un poète qui a mal tourné » ! Lus par Alain Simon et Jean-Marie Broucaret, à partir de 19h. Entretemps des lectures, Les Questions du Prince, dans le cadre de Momaix (voir p V), autour de Contes des Balkans, tous les mercredis d’oct et nov à 15h, mais aussi le jeudi 29 oct et le mardi 3 déc : un début de saison actif, littéraire et impliqué, dans un théâtre où le public semble toujours heureux de s’asseoir, avide de découvertes… A.F. Théâtre des Ateliers, Aix 04 42 38 10 45 www.theatre-des-ateliers-aix.com
VITEZ JEU DE PAUME MIRAMAS THÉÂTRE DURANCE THÉÂTRE 19 Plus d’avant-garde ? Le théâtre qu’on appelle de l’absurde, et que ses auteurs préféraient nommer d’avant-garde, se trouve aujourd’hui dans une position paradoxale : alors qu’il a à son époque, dans une Europe en ruines, bouleversé les règles du théâtre littéraire (Camus, Sartre) et surtout du théâtre bourgeois qui tenait encore le haut des scènes, il acquiert aujourd’hui un statut et une reconnaissance qui le font mettre au programme des lycéens (Fin de partie est cette année au programme des Terminales Littéraires) et lui permettent d’être mis en scène par des héritiers d’un théâtre réaliste. Ce qu’il n’est pas. Les résultats sont contrastés… Ionesco a Les Chaises mis en scène par la Comédie française au Jeu de Paume relèvent du contresens. La pièce ne supporte pas la lenteur et le lyrisme : on ne peut, semble-t-il, que la jouer sec, vite, rythmée qu’elle est par l’envahissement progressif de l’espace scénique et sonore, et par le surgissement de personnages fantasmés, et presque matérialisés (par le son si ce n’est par la présence physique). Difficile donc de la faire interpréter par des acteurs âgés, même s’ils sont très alertes, et surtout par des comédiens qui jouent « mimétique », c’est-à-dire sans prendre en compte la mécanique désagrégée des mots, en s’accrochant plutôt aux bribes émotionnelles qui surgissent de la relation entre les deux Vieux, ou entre eux et leurs fantasmes. L’émotion chez Ionesco naît de la déconstruction du langage et du réel, de la course folle, de l’absurdité justement, et pas des sentiments exprimés. Les chaises suspendues qui descendent des cintres, les rideaux qui se soulèvent pour laisser passer la lumière font un effet joli… qui n’a pas sa place dans cet univers. La mise en scène de la Cantatrice Chauve par Jean-Luc Lagarce, que l’on pourra voir ces prochains jours aux Salins et à Cavaillon, joue sur cette mécanique sans la forcer à aller vite, mais en faisant crisser ses saturations sans les dissimuler… Il faut dire que la première pièce de Ionesco est un bijou de drôlerie, et que les suivantes (Rhinocéros, Le Roi se meurt) ont plongé plus avant dans la symbolisation politique. Les Chaises, entre les deux en ce sens là, est sans doute moins intéressante… Beckett el Fin de partie, en revanche, est indéniablement un chef-d’œuvre. Charles Berling la monte avec intelligence, tout en voulant visiblement la rendre abordable à un public assez large : le décor, imposant, mime un intérieur déglingué sans aller jusqu’à représenter la ruine de bric et de broc où vivent Hamm et Clov, et les deux parents enfermés dans les poubelles. Le metteur en scène se méfie du décor bourgeois et construit une perspective tordue, brunâtre, faite de faux-semblants, où seul Clov se meut claudiquant… Les acteurs, qui jouaient un peu trop intimes dans la grande salle de la Colonne, se laissaient parfois aller à faire sentir l’ennui par le silence, ou la lenteur. Alors que l’ennui métaphysique, existentiel, se signifie beaucoup mieux par le vertige, et les changements de rythme. Mais enfin Dominique Fin de partie Cosimo Mirco Magliocca Pinon est un Hamm formidable de présence physique, privé qu’il est pourtant de mouvement et de regard. Charles Berling en valet effacé est d’une modestie étonnante, puis d’une drôlerie subtile quand il se met en colère, et devient burlesque. Tous deux pourtant sont comme effacés, dépassés dès que les deux vieux ouvrent leur poubelle et leurs cœurs affaiblis : Gilles Seagal, pitoyable et geignard, et Dominique Marcas, d’une justesse, d’une ampleur, d’une présence exceptionnelles (seules son visage et le bout de ses doigts dépassent pourtant du bord de sa poubelle !). Tout est fait pour que l’on sente la langue s’effilocher, l’espace partir à vau-l’eau, et l’ennui s’installer au point de rendre la mort désirable. Charles Berling voulait monter ce grand texte avec modestie : pari réussi. AGNES FRESCHEL Les chaises a été créé au Jeu de Paume du 2 au 10 oct. Fin de Partie a été joué au Théâtre Durance le 6 oct et à La colonne, Miramas, le 10 oct. Il sera au Jeu de Paume du 17 au 21 nov. Théâtre du Jeu de Paume 0 820 000 422 Les Chaises Cosimo Mirco Magliocca Contemporain, médiéval, pédagogique ! Au théâtre Vitez aussi la saison commence un peu tard -rentrée universitaire oblige-, mais très fort, avec un nombre de spectacles impressionnant, et toujours le même souci esthétique de produire un théâtre qui interroge représentations et pratiques. Le 19 oct un monologue dont Sabine Tamisier avait présenté des extraits à Cavaillon et aux Bernardines : Cosa Nostra, flot de paroles d’un personnage désaxé qui se heurte au monde, passe d’une chaise à l’autre, ne sait comment s’habiller, être, pour devenir visible, voire désirable : une belle recherche de langue, comme prise directement dans la conscience, dite par un corps qui est sur scène sans artifice, comme dérangé par nos regards… Le lendemain, pour ouvrir officiellement la saison, un spectacle musical de Jeanne Béziers sur une nouvelle d’Amado : Les deux morts de Quinquin la Flotte (le 20 oct). Puis le 22 Marcia Hesse de Melquiot, et le 29 une lecture de Jusqu’à ce que la mort nous sépare de Rémi de Vos, qui donneront l’occasion de découvrir deux écritures contemporaines très différentes, et aussi fortes. À partir du 3 nov, place à Mômaix ! Le théâtre universitaire dirige ses ambitions pédagogiques vers les plus jeunes… en programmant l’essentiel des formes théâtrales du festival jeune public qui agite Aix (voir page V). Avec le Théâtre de cuisine le 3 nov, puis une création de Danielle Bré le 24. Et en laissant place, du 18 au 20 nov, à l’atelier de création de l’université de Provence qui montera la Farce de Maître Pathelin, dirigée par Agnès Regolo. A.F. Théâtre Vitez, Aix 04 42 59 94 37 http://theatre-vitez.com mi.r, 1..,-Y.



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