Zibeline n°23 octobre 2009
Zibeline n°23 octobre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de octobre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : la paix en Méditerranée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 THÉÂTRE GYMNASE GYPTIS BANCS PUBLICS L’homme vertical Pour ouvrir sa saison théâtrale après la danse (voir pVIII), le Gyptis programme la création de La Chute de Camus par Raymond Vinciguerra Zibeline : Pourquoi le choix de ce texte ? Raymond Vinciguerra : C’est un texte qui m’a toujours accompagné. Il n’y a pas beaucoup d’œuvres comme cela, que l’on découvre à 20 ans, puis qui vous poursuivent, qu’on n’arrête pas de retrouver et de redécouvrir au fil de la vie et des blessures. Le personnage de Clamence produit un effet de miroir multiple : ce juge pénitent accusé de tous les maux entraîne chacun à commencer sa propre confession. Il nous révèle que la liberté nécessite un combat, une lutte contre la facilité du jeu social, de la séduction, contre la lassitude des corps aussi. La Chute est un dépouillement pied à pied, car choisir la lucidité est définitif, total, le renoncement à être un animal social est définitif… et c’est ce qui crée le vertige, et l’espérance. L’espérance ? Oui. Pas une espérance mièvre ou religieuse, une espérance lucide, sans aliénation. Je monte ce texte à ce moment là de ma vie, alors que je ne suis plus très jeune, parce qu’il n’y a pas de chute sans espérance d’envol, sans verticalité de la conscience. L’homme en quête de liberté se brûle, tombe, mais peut espérer l’envol. Et comment montez-vous cela ? Avec une grande humilité ! ! Il s’agit de faire entendre ce texte, sans démonstration d’adresse, d’accompagner le discours, la charge mentale du verbe. De l’éclairer. Philippe Sejourné sera Clamence, sur un plateau épuré, avec la musique répétitive de Phil Glass qui reprend la circularité du texte, et deux écrans vidéo pour décor. Ils démultiplieront le personnage, et illustreront quelques thèmes de l’œuvre, Forcément ardante Quand vous allez voir sur les planches une actrice qui vous a fait rêver sur les écrans, la peur vous tenaille d’être déçu, que le mythe de son sourire s’effondre. Et s’il s’agit de Fanny Ardant, et qu’elle se permet, guidée par Lambert Wilson, de jouer du Lagarce, de s’emparer de cette écriture contemporaine ciselée et de camper La Fille dans Music Hall, vous doutez du bien fondé de l’entreprise… Mais dès les premiers mots toute réticence, toute appréhension disparaît. C’est elle, ça ne peut être qu’elle, ce personnage de fausse chanteuse vieillissante et ratée, Dalida de pacotille qui court de salles minables et arrière-couloirs, avec son tabouret et ses deux boys, dont l’un chante et l’autre pas. Et c’est elle magnifiquement, parce que l’égérie de Truffaut parvient à faire oublier sa réussite de star, pour être cette obsédée d’autres éblouissements, provinciaux, décatis, déchus avant même d’avoir atteint un peu de gloire. Lambert Wilson a mis Fanny Ardant en danger : décontenançant le public venu la voir être éclatante elle doit crier de douleur, pleurer de renoncement, Raymond Vinciguerra et Philippe Sejourné A. Grisoni l’eau, l’enfance. Il y aura aussi une incarnation du double de Clamence, qui hantera la scène et incarnera le doute qui sous-tend le récit : Clamence parle-t-il à quelqu’un ou à lui-même ? Selon les âges de la vie, La Chute est perçue comme un long discours, ou un soliloque… Je ne veux pas lever cette ambiguïté, mais faire partager à tous la complicité intellectuelle, la fraternité ressentie à entendre ces paroles rares qui font que, parfois, on ne se sent plus seul… ENTRETIEN REALISE PAR AGNES FRESCHEL La Chute Du 17 au 21 nov 04 91 11 00 91 www.theatregyptis.com Théâtre de Beaucaire le 27 nov Théâtre du Balcon, Avignon, les 11 et 12 déc Projetons ensemble Les Rencontres à l’Echelle organisées par le théâtre des Bancs publics ont pris cette année une ampleur inattendue… En se tournant vers l’Algérie, le petit « lieu d’expérimentations » s’ouvre paradoxalement sur la ville, collabore avec son voisin le Gyptis et avec AFLAM pour l’accueil du film de Tariq Teguia, Inland (voir p 11), avec les Rencontres d’Averroès pour l’accueil et la lecture de Mustapha Benfodil (voir p 5), avec le MuCEM pour l’accueil d’une exposition de photographies de Pierre Bourdieu (Image d’Algérie - Pierre Bourdieu, un photographe de circonstance du 5 nov au 6 déc), avec La Friche, Radio Grenouille, la Bibliothèque Départementale… Ces Rencontres deviennent ainsi un véritable festival, soutenu par Marseille 2013. Ce qui donnera l’occasion aux marseillais, outre les projections et les rencontres, d’assister à nombre de créations : un « projet » de Thomas Gonzales à La Friche les 18 et 19 nov, plusieurs « projets » de danse - Balkis Moultashar du 12 au 14 nov, Aurélien Desclozeaux les 19 et 20 nov, Thierry Thieu Niang les 21 et 22 nov- « croisés » avec des artistes ou écrivains algériens. Et le « projet croisé » des directeurs du lieu, Julie Kretzschmar et Guillaume Quiquerez les 5 et 7 nov : une création en forme de quatuor (deux hommes/deux femmes, deux Algériens/deux Français) où il sera question d’une terre (in)connue, de ceux qui sont Français, veulent être Français, refusent de l’être ; la question de l’immigration algérienne est repensée dans son histoire, occultée, mal transmise, inconnue… D’autres propositions encore, et « projet », qui semblent bien en voie de se réaliser ! A.F. Les Rencontres à l’échelle du 5 nov au 6 déc les Bancs Publics 04 91 64 60 00 http://lesrencontresalechelle.com lever sa perruque pour laisser apparaître ses cheveux blancs, son visage baigné de larmes, son rimmel dégoulinant. Dans son corps et sa voix, et sa diction si reconnaissable, La Fille prend vie, le texte s’oriente vers un réalisme qui n’aplatit jamais ses boucles, retours en arrière et mises en abyme, mais offre au contraire à La Fille une émotion nouvelle, incarnée. La rencontre entre l’icône du cinéma et cette écriture difficile devient évidente et sublime : parce qu’il y est question d’illusion, de l’amour inconsidéré de la scène, du fait d’offrir de soi, et de se heurter à la triviale brutalité du monde. AGNES FRESCHEL Music Hall s’est joué au Gymnase du 29 sept au 2 oct à venir au gymnase : Le Diable Rouge, mise en scène de Christophe Lidon, du 13 au 24 octobre Michel Lebrun
LA MINOTERIE LE LENCHE LE MERLAN THÉÂTRE 17 Créations sinon rien ! La Minoterie poursuit sa politique d’accueil et de soutien de ses compagnies de prédilection, en restant particulièrement attentive à soutenir la création régionale. Avec ce mois-ci, outre Massilia force (voir p 26), deux pièces de Grand Magasin, suivies de celle du théâtre de l’Ajmer (Franck Dimech). Grand Magasin investit à la fois les murs pour Les déplacements du problème, une pièce de théâtre musical composée avec l’IRCAM, et le restaurant de la joliette Dock of the Bay pour Panorama commenté, une pièce de 20 mns à raison de deux séances par jour. La création de Franck Dimech s’intitule Jumel, et repose sur le duo de deux comédiennes taiwanaises, et un texte de Fabrice Dupuy. Un échange, logorrhée ininterrompue entre deux sœurs semblables dans leur repli et leurs souvenirs violents et leurs désirs refoulés, malgré la parole. AGNES FRESCHEL Les déplacements du Problème. Panorama commenté Du 19 au 24 oct Jumel Du 12 au 19 nov Théâtre de la Minoterie 04 91 90 07 94 www.minoterie.org Il y a de la truie en toi Projet cochon Elizabeth Saint Jalmes Camping final Grand Magasin Vers l’Est Tandis que les saisons marseillaises s’affichent de plus en plus méditerranéennes, le théâtre de Lenche va prendre son premier air d’automne en Europe de l’est. En poursuivant son cycle Tchekhov, qui se veut exhaustif et passera en revue toutes les pièces… mais aussi les écrits moins monumentaux, nouvelles, lettres, aphorismes… Les Cabarets Tchekhov du Lenche sont des moments fort conviviaux où l’on boit du vin en mangeant des chips et en se régalant de beaux textes murmurés à la russe. C’est-à-dire avec emphase, même dans les lieux intimes ! Le deuxième spectacle de la saison nous emmène à Prague, sur les traces de Franz Werfel, juif pragois de langue allemande mort en 1945. Une pièce programmée dans le cadre d’une manifestation l’Europe intellectuelle en fuite durant la seconde guerre mondiale, et qui permettra de voir également à l’Alcazar des documentaires sur Arthur Koestler, Varian Fry et le Camp des Milles (le 12 nov), ainsi que le film de René Allio adapté du bouleversant roman d’Anna Seghers Transit (les 13 et 14 nov), et un documentaire sur Thomas Mann. Si l’histoire de la seconde guerre mondiale est abondamment explorée, la mise à sac de l’Europe intellectuelle par les nazis, puis par les régimes communistes, n’est pas toujours mesurée. Franz Werfel, juif et hongrois et pourtant nationaliste allemand, est sans doute le symbole à même de faire comprendre cette histoire. AGNES FRESCHEL Il n’a été heureux qu’une fois, sous un parapluie Du 13 au 25 oct Alma et Franz Du 33 au 15 nov Theâtre de Lenche 04 91 91 52 22 www.theatredelenche.info Mathilde Monfreux est une jeune artiste, installée à Marseille, qui vient du cirque. Mais côté rural, rustique même. Le Merlan vous propose de venir découvrir son travail, qu’il coproduit, autour du cochon. L’animal symbolise bien des perversions, depuis la saleté de la fange jusqu’à la bestialité assumée ou une appétence sexuelle déviante… Rose aussi, jeune, il est mignon, tire-bouchon, victime innocente des loups, et se dévore volontiers, de la côte au jambon et du museau au sabot… À travers cette imagerie liée au cochon, Mathilde Monfreux a conçu un spectacle qui parle d’elle, de son animalité qui la mène à confectionner des boudins coagulés dans ses bas de jeune fille. Une régression tapageuse vers un ça étrange, que l’on partage pourtant… et qui vous conduira à suivre, juste après, les miroirs envolés de Mélissa Von Vépy (voir p 29). A.F. Projet cochon Du 12 au 14 nov à 19h Le Merlan 04 91 11 19 20 www.merlan.org Il n'a été heureux qu'une fois, sous un parapluie Catherine Rocchi



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