Zibeline n°22 septembre 2009
Zibeline n°22 septembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de septembre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : retour sur le Festival d'Aix.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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70 LIVRES LITTÉRATURE Ode à la nature Ni catalogue raisonné, ni monographie, À l’écoute des arbres se feuillette comme un livre de photographies à ciel ouvert. Un comble pour un ouvrage sur Marc Nucera qualifié par Christine Picasso de « sculpteur du vivant végétal » … Hier artisan et aujourd’hui land’artiste, Marc Nucera a préféré vivre au naturel dans sa Provence natale plutôt que s’enfermer dans les études, entretenant un rapport fusionnel avec la matière sous l’œil bienveillant de son père ébéniste et « copiste hors pair ». Aussi a-t-il appris humblement le nom et la taille des arbres avant qu’il ne croise sur son chemin le paysagiste Alain-David Idoux et la styliste Nicole de Vésian, auteur du célèbre carré Hermès. « Deux magnifiques guides », selon ses mots, auprès desquels il a acquis une grande liberté dans sa manière d’aborder la nature : c’est au contact de l’arbre vivant -cette muse éternellequ’il crée des tribus de marcheurs à partir d’enfourchements végétaux, creuse des salons d’extérieur dans Le tombeau du faussaire Hold-up littéraire la masse des troncs et sculpte des totems élancés en hommage aux colonnes sans fin de Brancusi. Dans À l’écoute des arbres, les photographies d’Aline Dautresme sont éloquentes, et les textes d’Anne Hauben aussi : écrits à la première personne du singulier, ils font entendre la voix de Marc Nucera qui, par petites touches sensibles, raconte son enfance, la naissance de ses œuvres, l’influence de ses maîtres, son amour absolu pour la nature. Il parle de structure, d’architecture, de mouvement et de formes libres, de graphisme et de géométrie comme un peintre évoquerait sa palette et ses outils. Mais dans un « je » limpide, presque enfantin. Naturel. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Le dernier roman de Minh Tran Huy repose sur un assemblage de textes a priori disparates, mais parfaitement concordants quand l’agencement de la lecture parvient à son terme. L’image d’Anna Song, pianiste, vietnamienne, amoureuse, se dessine, nette, d’emblée, dans la nécrologie qui ouvre le livre. Puis, peu à peu ou tout à coup, de révélations en supputations, elle s’efface, se contredit, se contrarie, laissant place à une mosaïque de portraits de l’artiste dont l’ensemble ne fait plus sens. Jusqu’à ce que… Bâti comme un policier le roman mérite qu’on laisse planer ce suspense. Tout en soulignant la complexité de sa construction : fondé sur l’alternance de critiques musicales et du récit de Paul Desroches, mari et mentor de l’interprète, ce récit d’une mystification travaille aussi profondément que Le Pêcheur et la Princesse – premier roman de Minh Tran Huy- sur les fables familiales. Sur ces histoires de filiation qu’on arrange un peu, juste pour donner un sens à sa vie. Le Vietnam qui fonde et nourrit le jeu de la pianiste et l’imaginaire de Paul Desroches se dissout dans l’épaisseur impitoyable de l’Histoire. Révèle son effilochage. La suite ne peut être que construction mensongère, imposture, ou renoncement. Heureusement le virtuel peut pallier les manquements de la réalité, qui trahit les photos, les souvenirs, les ambitions, les rêves. Même les critiques musicaux ont besoin qu’on leur raconte des histoires de Vietnam -ou de loups- pour écouter le jeu des virtuoses. Le numérique seul déjouera le virtuel… que les oreilles et l’entendement humain, son besoin de légende surtout, n’avaient pas permis de mettre en doute. Les littérateurs, au fond, font-ils autre chose que Paul Desroches ? L’histoire de Minh Tran Huy n’existe-t-elle pas justement parce qu’Anna Song quitte la scène ? AGNES FRESCHEL La double vie d’Anna Song Minh Tran Huy Actes Sud, 18 euros Minh Tran Huy sera présente à Mouans-Sartoux (voir p 64) Auteur, narrateur et héros fictionnel, Alberto Manguel n’a pas hésité à tripler la mise dans Tous les hommes sont menteurs. Par un procédé de récits enchassés, l’écrivain argentin invente une enquête mi-journalistique mipolicière sur AlejandroBevilacqua « retrouvé gisant au bas de son balcon, à Madrid, au milieu des années 1970. » Et choisit le témoignage de ses proches, vingt-cinq ans après, pour réhabiliter cet écrivain génial disparu prématurément et mystérieusement après avoir publié Éloge du mensonge. Biographie réelle ou truquée ? La question des faux vrais et des vrais faux traverse le roman jusqu’à en faire perdre le fil. De digression en supercherie et de circonvolution en voyages dans le temps et l’espace -Argentine, Cuba, Espagne, Chili- reconstituer les pièces du puzzle s’avère complexe ! Alberto Manguel, parmi ses nombreux subterfuges, nous demande la même aptitude que son héros à avoir une vision cohésive de la réalité. Bevilacqua, lui, était capable « à partir d’une foule d’éléments disparates, d’informations partielles, de construire un scénario cohérent et vraisemblable, une sorte d’argument logique avec ses personnages principaux et mineurs, ses intrigues et son dénouement. » Pas sûr qu’on y parvienne ! À tour de rôle, Alberto Manguel le confident, Andrea le premier amour, son compagnon de cellule dit Le Goret et son éditeur racontent dans un langage imagé, sensuel, incisif ou brutal, la naissance « d’un auteur authentique, un taureau de la mort », mais aussi sa fin tragique. Où l’on comprend, après l’avoir pressenti, que Bevilacqua n’était autre qu’un usurpateur et Tous les hommes sont menteursl’histoire d’une œuvre séquestrée. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Tous les hommes sont menteurs Alberto Manguel Traduction Alexandra Carrasco Actes Sud, 2009, 19 euros A l'écoute des arbres À l’écoute des arbres Anne Hauben (textes), Aline Dautresme (photographies), Louisa Jones (préface) Actes sud, 2009, 29 euros 42, Minh Tran Huy La double vie d'An na Song L ALBERTO MANGUEL Tous les hommes sont menteurs AlaLS.tiC4 !
ARTS LIVRES 71 Florentz l’Africain Disparu en 2004, le compositeur français Jean-Louis Florentz, qui composa pour tous les dispositifs de chambre et d’orchestre, reste particulièrement reconnu dans le milieu de l’orgue. Il fut aussi un insatiable voyageur. Cet élève d’Olivier Messiaen et professeur d’ethnomusicologie s’inscrit dans une quête perpétuelle de régénérescence de la culture musicale occidentale : recherche des plus anciennes civilisations chrétiennes, mais surtout fascination pour le continent africain. « Je dois et je veux intégrer à ma matière musicale propre, une autre matière, et cela sans la coloniser, mais au contraire en l’accueillant… » Par ces quelques mots, le monde imaginaire du compositeur amoureux de l’orgue, qui s’asseyait au fond des avions afin de pouvoir écouter le bruit des réacteurs, trouve logiquement sa place dans un XX e siècle musical soucieux d’ouvrir ses yeux et ses oreilles au monde qui l’entoure. Ouvrage complet, riche en documentations et photos, le livre disque de Marie-Louise Langlais (épouse du compositeur organiste Jean Langlais) paru chez Symétrie s’avère indispensable à la découverte de son œuvre pour orgue. Savamment illustré et foisonnant de précieux témoignages, il en décrypte les couleurs inouïes (enregistrement intégral) et nous plonge dans l’univers métaphysique de l’auteur, livrant les clefs des multiples préoccupations dont se nourrit sa musique. FREDERIC ISOLETTA Jean-Louis Florentz l’œuvre d’orgue Marie-Louise Langlais Éditions Symétrie/216 p 29 euros Science paternelle mais éternelle Carlo Rovelli est professeur à l’Université de la Méditerranée à Marseille. Chercheur en Physique Théorique. Anaximandre de Milet ou la naissance de la pensée scientifique est une recherche en paternité théorique de la physique. Qui prend en compte le temps, à la recherche d’un conte. Dans les traces de Jean-Pierre Vernant jusqu’aux dédales des oscillations périodiques entre Newton et Einstein, Carlo Rovelli interroge l’histoire helléniste pour trouver un père et un pair à sa rationalité. « Entre mythe et politique » l’écrit naturaliste d’Anaximandre, ou plutôt ce qui fut écrit par ses successeurs de ce qu’ils en perçurent, apparaît comme la source critique d’une raison pure. Ce livre érudit revendique l’hésitation comme principe - démocratique et immuable- du mélange ainsi que du métissage des savoirs et des cultures. Il constitue une analyse critique originale de l’édification de la connaissance rationnelle. Il montre comment le passage des savoirs s’élabore autour de la construction écrite et de sa genèse logique : depuis l’écriture phénicienne basée sur une cryptographie jalousement gardée par l’ordre divin des scribes, jusqu’à la démocratisation de la lecture par l’écriture phonétique grecque s’échafaude le débat critique de la connaissance. Anaximandre de Milet ou la naissance de la pensée scientifique est donc un livre libre livré à la sagacité critique du lecteur. Un ouvrage incontournable pour ceux qui s’interrogent sur la certitude scientifique d’un savoir positiviste. Les multiples « figures » qui illustrent ce travail lui donnent cette empreinte particulière de la publication académique, dans laquelle on reconnaît le chercheur en physique errant dans les sous-bois inconnus et parfums-aimés de l’épistémologie, tout en s’éclairant de la lanterne de son savoir écrire. Ainsi il interroge la mouvance permanente de la pensée rationnelle. YVES BERCHADSKY Anaximandre de Milet ou la naissance de la pensée scientifique Carlo Rovelli traduit de l’italien par Matteo Smerlak ; Collection Universciences, Coédité par Dunod et La Recherche, 19 euros IIIC riroorr crorpe ig.lic+Ars WW1. Rand ! Anaximandre de Milet ou la naissance de la pensée scientifique D67101) Construire la fluidité Résidents ou de passage à Marseille vous l’avez forcément adoptée. Elle dialogue avec Notre Dame et fait désormais partie du paysage urbain phocéen avec ses 148 m de haut et ses deux arcs qui se redressent pour former une verticale. Vous ne savez peut être pas que la tour CMA CGM est l’œuvre de l’architecte irakienne Zaha Hadid, et que ce nom résonne depuis ces trente dernières années dans le monde de l’architecture. Fluide comme l’enveloppe de l’emblème érectile de Marseille, l’œuvre de la première femme lauréate du prestigieux Pritzker Prize est dense, inventive et s’inscrit dans une modernité douce bouleversant les notions d’espace. Les éditions Parenthèses publient le premier ouvrage en français sur l’intégralité de l’œuvre de l’artiste. Riche de près de 200 opus-projets et réalisations commentés par l’auteur, agrémenté de très belles reproductions couleurs. Tours, musées, gares, opéras, mosquée, plans d’urbanisme, œuvres peintes, mais aussi design d’objets, de mobiliers et d’articles de mode, l’œuvre de l’architecte est énorme et singulière. Elle lui a valu une rétrospective de ses œuvres au Guggenheim de New York, la seule de l’histoire du musée concernant un architecte après Franck Gerhy. FREDERIC ISOLETTA Zaha Hadid l’Intégrale Editions Parenthèses, 39 euros



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