Zibeline n°22 septembre 2009
Zibeline n°22 septembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de septembre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : retour sur le Festival d'Aix.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 60 - 61  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
60 61
60 POÉSIE ENTRETIEN AVEC JULIEN BLAINE Zigzags dans les mots en action Alors qu’au [mac] son Tri se prolonge jusqu’au 20 octobre, Julien Blaine fait pour Zibeline un tour d’horizon sur son travail et la poésie contemporaine Zibeline : Qu’en est-il de la poésie aujourd’hui ? Julien Blaine : Ce qui se passe dans la poésie aujourd’hui est absolument incompréhensible et inattendu. Je parle de la poésie en France, en Italie, dans les anciens pays de l’Est et dans toute l’Asie. Le premier phénomène qui concerne ma génération, c’est que le marché, essentiellement italien, s’est intéressé à une poésie qui n’est pas que dans les livres mais aussi dans l’action, la performance voire les cimaises. De grands collectionneurs italiens, suivis par quelques américains et de très rares français, se sont intéressés, à ce qu’ils appellent en Italie la « poésie visive » que l’on appelle ici la « poésie visuelle », « élémentaire », « concrète » des années 50. Le deuxième phénomène est l’arrivée d’une autre génération qui a maintenant autour de 40 ans avec une ribambelle de femmes comme Nathalie Quintane, Laure Limongi, Claudie Lenzi, Frédérique Guétat-Liviani, qui ont été suivies par la génération d’après comme Marina Mars avec de très nombreuses poétesses ou performeuses. Et en même temps, paradoxalement, les gros éditeurs de poésie, P.O.L entre autres, ne se sont pas intéressés à cette poésie là hormis à celle de Nathalie Quintane et de Christophe Tarkos. Ce qui fait que certains des poètes de ma génération, ou un peu plus vieux comme Pierre Garnier, sont passés inaperçus. Ça a laissé une place importante à de petits et moyens éditeurs comme Trident Neuf ou Al/Dante qui se sont alors multipliés. J’aimerais que tu reviennes sur la « poésie élémentaire » dont tu es à l’origine À la fin des années 50, je suis en train d’écrire ce type de poésie. Il y en a d’autres mais je ne le sais pas encore, donc je suis obligé de rebâtir ma propre histoire, de m’inventer des antécédents avec Cummings, Mallarmé, Apollinaire, les avantgardes historiques. Et je m’aperçois qu’il y a un mouvement mondial, la « poésie concrète » née en Suisse avec Gomringer, au Brésil avec les frères De Campos et Pignatari, en Allemagne autour de Max Bense. Je découvre un autre mouvement, la « poésie visive » qui détourne des messages publicitaires et les slogans politiques autour d’Eugenio Miccini et Sarenco en Italie. Bien que je sois dans les anthologies de poésie concrète avec mes amis Jean-François Bory ou Adriano Spatola, aucun de ces mouvements ne me satisfait. Et je trouve ce mot « élémentaire » qui me permet de jouer sur les éléments, les apprentissages comme sur les ritualités premières. Ma poésie élémentaire dès 62 est très impliquée par le corps, la voix, la gestualité. Tu ménages des passages entre tes pratiques de poésie concrète, visuelle, performance… On le voit dans l’exposition avec Chut ? Chute typographiée Avec La Chute, c’est l’acte physique qui devient aussi un mot : « chut ! », une métaphore incarnée, transformée par la suite en poème visuel où les escaliers deviennent les lignes d’une page. À partir de là, tu peux recommencer l’histoire sans te contenter du spectaculaire. Ce qui m’intéresse ce sont les résidus. Le côté théâtral et chorégraphique de la performance ne m’intéresse pas, à l’inverse du travail des jeunes artistes issus de la rE5ig 1,Ti_3 fi 11'C.'iIl est encore temps de revenir...sap sov rus Claude Lorin poésie et des arts plastiques. Et à Marseille ? Y’avait un jeune mec génial, Nicolas Primat. Il y a aussi Marina Mars, Frédérique Guétat-Liviani, Claudie Lenzi, Edwige Mandrou, des gens qui sont repartis d’ici comme Nathalie Thibat. À Marseille, c’est un art essentiellement féminin. C’est un art d’exhibition et si tu remets ça dans la culture gréco-latine ou judéo-chrétienne, ce n’est pas si facile. Il y a aussi une dimension politique dans ton travail… Toujours. Pourquoi sommes-nous dans une telle barbarie à la fin du XX e siècle ? Il faut dire les La Pythie, [mac], Marseille 2009, vue partielle Claude Lorin choses même si elles sont simples. Ca fait 6000 ans que les monothéistes nous font chier et qu’ils massacrent des peuples au nom de leur dieu ! C’est pour ça que l’exposition fait par exemple référence à Reagan, Bush ou Poutine. Le cri est aussi essentiel pour toi Là on atteint la même force universelle que pour la musique. Je parle en français mais la plupart du temps ce n’est pas traduisible. Alors comment je dois procéder avec ce noir Bamiléké, cet indien d’Amazonie ou du Québec avec lesquels je travaille ? Je ne connais pas leur langue, ils ne connaissent pas ma langue. Mais si je crie, alors… Ainsi les gens me disent toujours : « Mais qu’estce que vous avez à être toujours en colère ? » Je suis en colère, mais quand tu vois comment est le monde ! Ton travail mélange l’originel et les nouvelles technologies… Je suis le traducteur en 62 de la langue éléphantine avec un magnétophone ! Puis est arrivé l’offset qui a ouvert de nouvelles possibilités d’écritures. Mais dans notre travail, tu ne peux pas rester dans ton coin. Aujourd’hui le réseau international, à la suite du mail art, c’est Internet ! On s’est tous mis sur la toile. Les plus grandes archives sont là, avec le Hongrois Gyorgy Galantai d’Artpool ou feu Ray Johnson et le réseau postal international. Avec l’ordinateur, je travaille sur XPress avec des possibilités incroyables de jouer avec les polices, les copier-coller, les dérapages des correcteurs d’orthographe, les traductions inouïes d’un programme à l’autre, etc. PROPOS RECUEILLIS PAR SANDRA RAGUENET ET CLAUDE LORIN Finissage le 20 octobre à partir de 20h, avec Jerome Rothenberg, Seiji Seimoda et Joachim Montessuis aux platines.
MARSEILLE PROVENCE.011111116 CHAMBRE COMMERCE ET INDUSTRIE Venez découvrir l'exposition des oeuvres sélectionnées dans le cadre du A partir du Vendredi www.ccimp.com Iln Eau ! numéru, [eulma lea iéponses'r CCI Marseille Provence, Palois de la bourse 13001 Marseille.. 1 i



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 1Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 2-3Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 4-5Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 6-7Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 8-9Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 10-11Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 12-13Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 14-15Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 16-17Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 18-19Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 20-21Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 22-23Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 24-25Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 26-27Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 28-29Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 30-31Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 32-33Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 34-35Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 36-37Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 38-39Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 40-41Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 42-43Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 44-45Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 46-47Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 48-49Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 50-51Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 52-53Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 54-55Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 56-57Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 58-59Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 60-61Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 62-63Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 64-65Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 66-67Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 68-69Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 70-71Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 72-73Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 74-75Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 76-77Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 78-79Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 80