Zibeline n°22 septembre 2009
Zibeline n°22 septembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de septembre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : retour sur le Festival d'Aix.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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58 ARTS VISUELS GALERIE SABINE PUGET BEAUCAIRE L’art devant elle Quelques années après avoir quitté sa galerie parisienne pour le Var, Sabine Puget dit ne rien regretter. Et pour cause : elle attrape dans ses filets une belle moisson d’artistes Elle a choisi de poser ses valises au pied du vieux village de Fox-Amphoux. C’était en 2004. Quatre étés plus tard, elle réunit artistes, amis, collectionneurs pour fêter « 12 années de rencontres autour d’une galerie, 1996-2008 », conçoit l’exposition collective L’art devant soi et édite un livre qui témoigne de ses compagnonnages. Des regrets ? Aucun, son nouvel espace au cœur des vignobles varois attire de nouveaux collectionneurs d’Aix-en-Provence, de Marseille et des alentours tandis que les souscripteurs du temps de la rue Jacob se réjouissent de cette halte provençale. Quant aux artistes de la première heure, si Sabine Puget leur est fidèle (en 2004, son exposition en forme de manifeste Le silence aussi se regarde donnait à voir 11 œuvres de 11 artistes), elle poursuit néanmoins sa démarche de découvreur. La preuve avec cette formule novatrice qui, sous l’appellation générique Abstractions faites, réunit « l’électron libre » Didier Demozay et ses toutes dernières « fulgurances de la couleur », et Evelyn Ortlieb dont l’œuvre posthume est d’une incroyable contemporanéité, fruit d’une matière aux tonalités sombres et sourdes, qui a vécu avant d’être tressée, nouée, collée. Autour d’eux, trois accrochages successifs ont rythmé l’été. Le premier consacré aux structures et encres de Francis Limerat, le second à l’artiste suisse allemand récemment disparu Martin Müller-Reinhart et enfin Marcel Robelin, « une rencontre extraordinaire », qui travaille essentiellement le papier et la cendre, auteur notamment d’une série de Livres muets… Profitant d’un climat méditerranéen propice, Sabine Puget a transformé son jardin en écrin naturel pour accueillir les œuvres en bois de l’artiste franco-suisse Mireille Fulpius. Elles trouvent ici une résonance particulière, leur légèreté se frottant à la robustesse des sculptures en pierre de Thierry Lancereau, « un virtuose de la tronçonneuse » … S’il fait bon goûter à la plénitude de la nature, celle-ci laisse peu de temps mort, car, comme l’écrit l’artiste Philippe Ségéral, « Sabine Puget désormais, doublement jardine. De la même main invisible qui assemble d’improbables sociétés de Depuis la galerie, vue sur la construction extérieure du designer et scénographe Jean-Pierre Schneider plantes, d’arbustes et de fleurs qui ravissent, elle jardine l’œuvre de quelques artistes qu’elle a su faire se joindre ». De là à passer commande au designer et scénographe Jean-Pierre Schneider d’une construction éphémère, vite devenue permanente, afin de doubler la surface des cimaises ; de là à produire une série de DVD de photos de Josseline Minet Dans l’atelier des artistes de la galerie. De là encore à confier à Francis Limérat et Jean-Pierre Schneider le soin de redonner un sens à la chapelle de Barras, sur sa propriété, pour abriter à l’occasion quelques concerts intimes. Tout cela avec le sentiment, simple, d’être un passeur, « celui qui trace un chemin de l’atelier vers le regard de l’autre. » MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Galerie Sabine Puget Fos Amphoux (83) Expositions jusqu’au 20 septembre 04 94 77 05 39 www.galeriesabinepuget.com Une chapelle à Château Barras, livre-DVD textes Sabine Puget, Bernard Chambaz, photographies Josseline Minet, éd Galerie Sabine Puget et Le temps qu’il fait (Cognac), 2008 Atelier de Marcel Robelin La culture de la toile Les visiteurs d’Arles ont été séduits cette année par la qualité des affiches de la feria de Pâques, un œuf dans lequel les symboles de la fête se retrouvent, arches des arènes, torsion du taureau. Mark Alsterlind (voir Zib 21), né en Californie, a choisi de vivre en Provence, à Beaucaire : une dose de hasard, de rencontres, de fascination pour la lumière, un cadre exceptionnel… S’il a gardé un atelier parisien et expose à la Madeleine, il passe l’essentiel de sa vie à l’étage des anciens abattoirs, construits dans la belle pierre de Beaucaire, espace clair ouvert sur la campagne environnante. Les murs sont recouverts d’esquisses, de toiles, le sol aussi ! « Marchez dessus ! Ce n’est pas grave, cela participe de la vie de la toile ! ». On hésite un peu, on avance précautionneusement, puis on franchit la barrière de nos interdits, la toile souple sous les pas colle un peu aux semelles, c’est si facile ! L’art n’est plus sacré, la peinture devient une émanation de la vie, elle participe à la musique du monde, comme ces arbres qui s’agitent au loin, comme cette petite brise qui vient nous rafraîchir, mêlée au quotidien, sans prétention aucune. Le vent, la pluie, les pas, les feuilles mortes qui s’agglutinent lorsque la toile se fait chemin marquent leurs passages, auxiliaires bienveillants du peintre. Si la toile débute toujours par un dessin aux lignes sobres et sombres, elle n’en conserve au fil des mois de maturation que l’architecture. Que l’épure des êtres et des choses, au cœur de couleurs qui se fondent et les mêlent. Périodes ocres, rouges, bleues… sans représentation, tout en étant sculptées du monde qui l’entoure. Et se donne aussi à dévorer, en une œuvre qui sait aussi céder à la gourmandise avec les désormais célèbres Eat the paint, « 80% de cacao, 20% de sucre, 100% de magie » ! MARYVONNE COLOMBANI Atelier de Mark Alsterlind Beaucaire (30) 06 10 78 50 03
De retour de Russie On connaissait de Françoise Huguier sa passion pour l’Afrique depuis qu’elle a publié chez Maeght en 1990 Sur les traces de l’Afrique fantôme avec l’écrivain reporter Michel Cressole, et créé la première Biennale de photographie africaine de Bamako en 1994. On découvre à présent son goût pour Saint-Pétersbourg où « [elle] loue une chambre dans un appartement communautaire (Kommunalka en russe), et photographie ses habitants. Les années passent, hantée par ses voisins, [elle] décide de revenir filmer leur vie quotidienne » De cette vie partagée, de ces portes entrouvertes sur le quotidien et l’intimité de quelques « personnages de roman » naissent un témoignage de premier plan sur le communisme d’hier et la Russie d’aujourd’hui qui superpose les ors patinés des tsars aux vestiges communautaires de Leningrad. De ces huis clos étouffants, dégoulinants de tristesse, de misère, de souvenirs, Françoise Huguier rapporte des clichés baignés d’ombres et de lumières où transpire la désillusion. Celle de Natacha et de tous les autres, pareils à des fleurs fanées… Ni documentaire ni reportage, Françoise Huguier défend une phographie du réel perméable à ses sentiments, à son empathie pour la ville, ses habitants et ses fantômes. Au point de leur consacrer une exposition (Maison de la photographie à Toulon dont l’éclairage est pénalisant), un ouvrage (Kommunalki chez Actes sud), des vidéos (galerie des Musées à Toulon) et un film de 97 minutes sorti en salle en juin dernier (Kommunalka produit par les Films d’ici). MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Maison de la photographie et galerie des Musées Toulon (83) jusqu’au 26 septembre 04 94 36 33 30 Francoise Huguier - kommunalka - Eyedea presse - Rapho TOULON ART-O-RAMA ARTS VISUELS 59 Accord parfait à la Tour royale En trois ans seulement, le salon d’art contemporain Art-O-Rama est devenu un centre de gravité où convergent de multiples météores. À la Cartonnerie se déploie un Show Room aussi efficace que talentueux, dédié à promouvoir le travail de jeunes artistes de la scène Marseille-Provence : Frédéric Clavère, Pascal Martinez, Monsieur Moo. Et Pierre Beloüin qui, avec sa Dreamachine Room produite par la Fondation Vacances bleues, réussit le pari d’intégrer son œuvre au décor d’une chambre d’hôtel en offrant une expérience visuelle et sonore totale. Dreamachine Room, « une boîte à rêves plus efficace qu’une télévision » ! L’un de ces quatre artistes sera l’invité de l’édition 2010, à l’instar d’Émilie Perotto dont les sculptures et installations en bois bénéficient cette année d’une vitrine imprenable. Au Salon toujours, parmi les sept galeries internationales présentes, les duos Hannes Vanseveren et Fien Muller (Hoet-Bekaert Gallery, Gand), Clea Coudsi et Éric Herbin (galerie Schirman & de Beaucé, Paris) tirent leur épingle du jeu grâce à des dialogues formels, sonores, graphiques ou visuels pertinents. Même exigence du côté de Sextant et Plus qui présente, à la Friche, la première exposition personnelle en France de l’artiste américaine Norma Jeane. Entre autres réalisations liées à l’objet industriel, Potlatch 4.2 a fait grand bruit, nécessitant l’intervention d’une vingtaine de spectateurs-acteurs pour une mise Deux bonnes raisons de courir à l’exposition de sculptures contemporaines à Toulon ! Parce que face au Fort de l’Aiguillette et à la Tour Balaguier, ce bâtiment emblématique du passé maritime et militaire de Toulon offre un point de vue unique sur la Petite rade et la presqu’île de Saint-Mandrier. Ensuite parce que les sculptures monumentales de Jean Amado, Vincent Barré, Raoul Hébréard, Tony Long, Jean-Noël Laszlo et Alain Pontarelli s’adaptent parfaitement à cette fortification du XVI e siècle, jusqu’à en épouser les circonvolutions et s’y fondre presque, trop peut-être ? Une telle initiative de la Ville, du Conseil général et de La Valette-du-Var est à saluer car elle sensibilise le public, dans un même mouvement, au patrimoine toulonnais et à la création contemporaine, l’exposition réunissant des œuvres issues des collections muséales et de prêts d’artistes de la région à la réputation internationale. Six pièces suffisent ainsi à présenter un bref aperçu de la sculpture actuelle à travers ses multiples médiums, techniques, inspirations et réflexions, depuis les vaisseaux fantômes de Jean Amado aux assemblages de formes pures de Tony Long, en passant par l’imposante jarre zinguée de Raoul Hébréard ou la correspondance contrariée par Laszlo-Pontarelli entre les galets polis du mot « culture » et l’expression « nature » emprisonnée dans une cage vide et anguleuse… Consensuel ? L’an prochain, c’est sûr, le choix sera moins attendu, au risque de faire souffler un brin d’agacement au sommet de la Tour royale ! MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Tour royale, le Mourillon (83) jusqu’au 27 septembre 04 94 36 33 30 Une édition riche de promesses accomplies Dreamachine de Pierre Beloüin, objet sculptural à géometrie lumineuse, Fondation Vacances bleues Jean-Louis Aubert en scène tirée au cordeau. Le satisfecit est quasi unanime, en écho au galeriste parisien Olivier Robert qui fait mouche avec une combinaison audacieuse de deux nouvelles installations de David Ancelin et Élodie Lesourd. Dans cette constellation gravitent également le Frac, qui transporte le spectateur dans un doux Voyage sentimental, le Bauhaus Lab, la galerieofmarseille, partenaire de la performance lecture de Philippe Petit et Hervé Paraponaris, et Triangle France, grand ordonnateur d’une soirée tombola… Si jeune, et pourtant Art-O-Rama a déjà pris corps et sens, aiguisant l’appétit des collectionneurs et captant l’intérêt des galeries ! MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Exposition jusqu’au 20 septembre à La Cartonnerie www.art-o-rama.fr Sculpture de Jean Amado



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