Zibeline n°22 septembre 2009
Zibeline n°22 septembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de septembre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : retour sur le Festival d'Aix.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
10 FESTIVALS AVIGNON OFF Puis quelques souvenirs du off, à la programmation plus abondante que jamais… et qui comme toujours (mieux que toujours ?) recelait de véritables trésors… Un festival de corps, d’âmes, de jeunesse… de tomatesei À la Manufacture, la Cie Fraction et les Ephémères Réunis ont présenté un Baal de Brecht remarqué. En choisissant la 1 re version du texte, traduite par Laurent Mulheisen, et de jeunes acteurs, le metteur en scène Jean- François Matignon rallie avec évidence la fougue et l’énergie de la jeunesse, encore libre des censures et des retenues. Si l’on mesure dès la 1 re scène le talent et le potentiel de l’acteur principal, le sanguin et physique Alexis Schweitzer, on regrette que certains « seconds rôles » n’aient pas été portés par des comédiens pouvant lui faire face. Ce Baal est un prédateur cannibale, immoral, un poète rimbaldien vénéneux, un ogre portant sa croix et son sexe. Il use et se fait abuser par son pouvoir et sa soif de lyrisme. Il épate la galerie mais reste un enfant face à une mère déçue (« tu ne m’as pas procuré un seul moment de bonheur depuis que tu es né »). La bande son grinçante est renforcée par des lumières impeccablement justes. Ce spectacle, un peu long, rend le texte parfois fatigant -il perd sa dimension poétique en oubliant la magie de la suggestion- mais il mériterait réellement d’autres moyens. Ceux du In ? Il résonne étrangement avec la proposition de Jan Fabre qui cet été, dans l’Orgie de la Tolérance, dénonçait avec humour la surconsommation, en l’occurrence de sexe. Alors que les corps se déploient et les âmes se blessent dans Baal, le Théâtre du Mouvement dans Je pense donc ça se voit cherche et dévoile par le geste ce que le cerveau pense et ne dit pas. Emmenés par Yves Marc, les trois danseurs-comédiens, délicieusement espiègles, tiennent un spectacle conférence hilarant qui glisse vers le burlesque poétique, sur les bases de connaissances scientifiques rigoureuses et de dérapages inconscients. Et surtout, avec une maîtrise du corps qui nous démontre la formidable machinerie dans laquelle nous vivons. « Même si ça se voit quand on pense, nous ne savons rien… ou si peu ! » concluront ces trois trublions sur la scène du Théâtre Golovine. Au Théâtre du Ring, Le Bonheur de la tomate de Bernard da Costa a continué son chemin, entamé l’été dernier avec succès. Cette rencontre improbable entre une vieille dame incarnée par l’attachante Marie Pagès, également metteur en scène, et un jeune délinquant que porte subtilement (et physiquement) Karim Hammiche, relève de la fausse légèreté du conte philosophique, genre qui dénote agréablement dans les propositions actuelles. Prétexte métaphorique, la culture des tomates de Clémentine aidera Karim à s’élever et à croire en la nature humaine. Et, en premier lieu, en lui. Dans une scénographie ingénieuse et surprenante, ils tenteront de démontrer que « le jardin se fait déjà dans sa tête ». Les protagonistes se prouvent mutuellement, en évitant la démagogie facile, que la vie comporte des trajectoires heureusement inattendues. En équilibre certes mais jamais définitives. Autre fable, autre contexte. La réalité sauve le virtuel dans l’incisif et inquiétant Chatroom écrit par Enda Walsh présenté au Théâtre des Doms (qui offre une programmation toujours étonnante). Le théâtre de Poche de Bruxelles a touché également un large public avec une cyber-version troublante de Sa Majesté des Mouches. Six adolescents livrés à eux-mêmes sur la toile créent un acte ultime de rébellion organisée. Vissés à leurs chaises et leur monde d’ados, les comédiens, tous excellents -notamment le jeune Jim interprété par Julien Vargas-, balancent à toute vitesse leurs propres règles sur des sites douteux, débarrassés de la société des adultes. « On est des jeunes, c’est maintenant qu’il faut faire chier, se rebeller, faire la révolution ». L’auteur recrée l’escalade procurée par l’isolement du web, et l’odieuse machine infernale dans laquelle le manque de repères peut entraîner. Douloureux de penser qu’à 15 ans les ados sont aussi pertinents et amers. Le malaise gagne peu à peu. Comme une poussée de fièvre, qui se termine heureusement. Le Théâtre du Balcon a affiché complet pour la dernière …de passion… ep Au départ une pièce est portée à l’écran par John Greyson en 1996. Les prix et les récompenses pleuvent. Il s’agit d’une œuvre phare au Canada, Les Feluettes (titre original Lilies) de Michel Marc Bouchard. La cie Naceo s’en est emparée, en donnant une interprétation magistrale et sensible. Cette répétition d’un drame romantique instaure une esthétique de théâtre dans le théâtre dans la grande tradition baroque, laissant le romantisme apparaître dans le jeu vibrant de l’amour et de la mort, l’écroulement d’un univers, l’exacerbation des sentiments, la fragilité d’êtres trop sensibles, leur inadéquation au monde, la tragique impossibilité de vivre. Le spectateur entre dans une salle quasi obscure, croise des prisonniers énigmatiques. Décor nu, un crucifix seul domine le mur de fond. Une pièce est donnée par des prisonniers à l’évêque Bilodeau, qui évoque les amours adolescentes tenues secrètes de deux jeunes gens Simon et Vallier. Comment Vallier est-il mort tragiquement ? Quel a été le rôle de l’évêque ? Pourquoi Simon s’est-il retrouvé en prison ? Les acteurs, dirigés Le bonheur de la tomate X-D.R. création de Serge Barbuscia, La disgrâce de Jean Sébastien Bach. Retraçant l’épisode de l’incarcération pendant près d’un mois de JS Bach par le Prince de Weimar, le texte de Sophie Deschamps et Jean-François Robin traite du combat de Bach contre l’obscurantisme et sa lutte pour une création sans contraintes. Un huis-clos historique, à la distribution méritante -mais pas toujours inspirée- et la réalisation très classique - mais pas toujours inspirante. Mais qui rappelle, par analogie, les difficiles relations -actuelles- entre l’artiste et le pouvoir : la création ne peut être soumise à la volonté d’un prince. Une mention pour la soprano Aurélie Barbuscia, incarnant l’épouse du compositeur indomptable, qui illumine le spectacle lors de ses apparitions. DELPHINE MICHELANGELI par Olivier Sanquer, jouent tout en pudeur, en passion contenue. Troupe entièrement masculine, tradition élisabéthaine ? Il y a du Shakespeare là-dedans, avec ces Roméo et Juliette des temps modernes. Un spectacle dense, un moment de théâtre exceptionnel ! MARYVONNE COLOMBANI Les Feluettes ont été jouées à L’Atelier 44
…et de maîtrise Il n’est pas si fréquent de se faire gifler par un spectacle. Dans la petite salle du Ring chacun retenait sa respiration. Poupée anale nationale est un spectacle violent, dérangeant, inquiétant, cru. L’adaptation du texte d’Alina Reyes est ici magistrale -la forme du cabaret-rock permet une distance salutaire avec le texte-, la comédienne Heidi Brouzeng époustouflante, et l’on digère comme on peut cette histoire éprouvante de Poupée qui se raconte : femme d’un chef de parti d’extrême droite, qui aimerait prendre sa place, elle est, sous ses faux airs de douce idiote, l’incarnation de l’esprit fascisant, et du terme « nettoyage » dans des propos hygiénistes hallucinants. Elle finira d’ailleurs par appliquer ses principes exorbitants sur elle-même -notamment lors d’une terrible scène d’avortement-, jusqu’à sombrer dans une folie qui ne libère en rien le propos. Tout ici est intelligent, la musique de Denis Jarosinsky -qui accompagne Heidi Brouzeng sur scène-, les lumières qui soulignent et suggèrent les espaces imaginaires d’où l’on frissonne encore en ressortant… Il faut qu'une porte soit ouverte... BM Palazon 2008 Adaptation toujours, celle du roman de Jean-Paul Dubois, Vous plaisantez, monsieur Tanner au théâtre Buffon, qui est une petite merveille d’inventivité scénographique. L’histoire -un personnage aux prises avec les différents ouvriers, branques ou fantasques, qui défilent dans la maison dont il a hérité et qu’il retapeest portée par un comédien épatant, Roch-Antoine Albaladéjo, qui joue seul la pléiade de personnages en question. Avec, comme pour souligner sa lente dégradation mentale, un décor surréaliste fait de tuyauterie enchevêtrée non raccordée, d’échafaudages instables, de W.C. oublié en hauteur, d’interrupteurs autonomes qu’il parcourt en tous sens… L’absurdité des situations crée une galerie de portraits touchants et drôles d’où se dégage beaucoup d’humanité. Une bonne surprise enfin, comme le Off en procure au détour d’une programmation pléthorique : Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée de Musset au Théâtre de la Luna, mise en scène (et jouée) par Isabelle Andréani à qui l’on doit aussi le délicieux lever de rideau, La clef du grenier d’Alfred. Un préambule qui met en situation la servante et le cocher de Musset (Xavier Lemaire) se retrouvant dans le grenier à la recherche d’un harnais et découvrant là des fragments de pièces, des lettres, des manuscrits… Enivrés par leurs lectures ils décident alors de jouer Il faut qu’une porte…, deviennent marquise et comte se déclarant leur amour jusqu’à confondre sentiments joués et réels. C’est brillant, talentueux, jubilatoire. DOMINIQUE MARÇON [CRÉATION] (CRÉATION J Artoy'z LIE SUN 0F SHANE ! HIP HOP DAVID LLARI L CRÉATION La Chute ALBERT CA MU RAYMUND VINCIGUERRA Les Caprices de Marianne ALFRED DE MUM FRANÇOISE [HAM La Belle et La Bête THÉÂTRE DE L'ÉTREINTE WILLIAM MESGUICH CHARLOTTE ESCAMEZ Hypatie ou la mémoire des hommes PAN BODYOUCAS AHDONISYOUYOUCAS Le véritable Inspecteur Whaff TOM STOPPARD IEAN-LUC REVOL L'Entretien de M. Descartes avec M. Pascal le Jeune JEAN-CLAUDE GRISAILLE DANIEL M EGO 1(Il WILLIAM MESGUICH t CRÉATION] Quartierlsl d'isolement THEATRE OFF SCÈNE DES ÉCRITURES URGENTES ANNE-MARIE n FRÉDÉRIC ORTIO Le Médecin malgré lui MOLIERE ANDONIS VOI YOUCAS Le Flâneur D'APRES EDGAR ALLAN POE JEAN-LOUIS CLOT. GMEM Mozart/Salieri Le Directeur de théâtre CIE INTERLUDE JULIEN DI TOMMASO saison 2009 2010 CHATOT - VCLJYOIJCAS théâtre musiqu danse 1 I CREATION] Artoyz GYPTIS CHATOT - VOVYOLJCAS CIE SUN OF SHADE 1 HIP HOP/DAVID LLARI 13 > 17 OCTOBRE 2009.—-.— Poupée anale nationale X-D.R. ABONNEMENTS > RÉSERVATIONS 04 91 11 004 i= www.theatregyptis.coni > 136 RUE LOUBON 13003 MARSEILLE'



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 1Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 2-3Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 4-5Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 6-7Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 8-9Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 10-11Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 12-13Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 14-15Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 16-17Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 18-19Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 20-21Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 22-23Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 24-25Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 26-27Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 28-29Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 30-31Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 32-33Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 34-35Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 36-37Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 38-39Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 40-41Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 42-43Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 44-45Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 46-47Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 48-49Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 50-51Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 52-53Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 54-55Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 56-57Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 58-59Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 60-61Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 62-63Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 64-65Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 66-67Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 68-69Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 70-71Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 72-73Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 74-75Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 76-77Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 78-79Zibeline numéro 22 septembre 2009 Page 80