Zibeline n°21 août 2009
Zibeline n°21 août 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de août 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,6 Mo

  • Dans ce numéro : la culture est-elle rentable ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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60 PATRIMOINE PRIEURÉ DE SALAGON ABBAYE DE VALSAINTES Entre lavandes et roses Réserve de lieux sauvages, la Haute-Provence constitue aussi un magnifique écrin pour des lieux de mémoire comme le Prieuré de Salagon et l’abbaye de Valsaintes Mémoire d’un mode de vie Dans la plaine de Mane, la construction du Prieuré de Notre Dame du Salagon a commencé au cours du XI e siècle. L’ensemble imposant comporte l’église à deux nefs et sa voûte en cul de four, le logis prieural et réfectoire du XIIIe, une superbe tour romane et des dépendances agricoles ; le tout ceint de grands murs de pierre et de deux calades en pas d’âne. Dès le XIIe, le domaine fut pris en charge par les bénédictins de Villeneuve-lès-Avignon, cédé à un seigneur fin XV e pour être vendu à la Révolution. Occupé à nouveau par des religieuses au XIXe, il resta exploitation agricole jusqu’en 1981. En 1953 les bénévoles de l’association Alpes de lumière ont commencé la restauration des lieux en même temps qu’ils recueillaient outils et objets, témoins du mode de vie des habitants. Grâce à leur travail et leur enthousiasme un musée s’est peu à peu développé, a mis en place un service éducatif et a finalement reçu le label ethnopôle du Ministère de la Culture en 1996. C’est le Conseil Général 04 qui en assure la gestion depuis 2000. Plus de 5000 ouvrages sont à la disposition du public, un Conseil scientifique suit des projets de recherche en accord avec l’Université. Des livres sont régulièrement publiés, rendant compte notamment des travaux des ethnologues et ethnobotanistes Danielle Musset et Pierre Lieutaghi qui organisent parallèlement de nombreuses expositions sur les activités paysannes oubliées. Prieuré de Salagon Madeleine Imbert De jardins en jardins Entre la Durance et la montagne de Lure poussent environ 1700 plantes qui, depuis l’Antiquité, ont nourri et soigné les hommes du pays. Cette relation est mise en évidence dans les jardins à thèmes : le Jardin médiéval, créé à partir du témoignage des enluminures, de la tapisserie de La dame à la licorne, de livres de comptes, de recueils médicaux, avec la garance, le poivre des moines (« vitex agnus castus » était chargé de calmer leurs ardeurs !), le chanvre, la potentille... Plus loin le Jardin des simples, qui abrite les végétaux utiles et accessibles à tous sur les chemins ou dans les prés pour laver, s’alimenter, mais recèle aussi quelques plantes magiques comme l’hellébore ou la mandragore, et toutes sortes d’herbes qu’on appelle trop vite « mauvaises » : ortie, pariétaire, bardane... ! Puis le Jardin des temps modernes propose un voyage dans la flore mondiale avec des végétaux des cinq continents, mettant l’accent sur les épices -que l’on ne connaît souvent qu’en poudre- et les couples céréales/légumineuses si importants pour l’équilibre nutritionnel. À l’occasion, vous apprendrez à supprimer les « gourmands » de vos plants de tomates et découvrirez que la « chichourle » est un petit jujube ! Le Jardin du chêne blanc présente la végétation collinéenne de la Haute-Provence et le Jardin des senteurs est en cours d’agrandissement : en plus des aromatiques locales il présentera des senteurs florales ou foliaires, n’hésitant pas à mêler les capiteuses aux nauséabondes ! Enfin la lavande règne en maître puisqu’une exposition permanente lui est consacrée. Le Prieuré est aussi ouvert à l’art contemporain et propose des expositions tout au long de l’année. Actuellement, une artiste -Paule Riché- expose des dessins à l’encre sur des kakemonos de papier de riz, réalisés lors d’une résidence dans le prieuré. Installation dans l’église d’une grande intensité. L’Abbaye inspirée L’Abbaye de Valsaintes est une abbaye cistercienne située au lieu-dit Boulinette, entre Ventoux et Luberon. Au bout d’un long chemin caillouteux s’épanouit un jardin autour d’une abbaye construite sur l’emplacement d’une grotte. Le domaine est situé sur un promontoire rocheux, lieu cultuel depuis la préhistoire. Un sanctuaire y était consacré à la fertilité, en raison sans doute des caractéristiques géologiques du sol : les roches sédimentaires en se détachant forment des sortes d’œufs, d’où le nom de l’endroit. Le lieu a été marqué par ses différents habitants : celtes, gallo-romains, moines cisterciens. Mais il fut pillé au XV e siècle, et ses derniers occupants avaient construit une chape en béton au milieu de l’église pour aménager des logements ! L’ultime désastre a été évité en 1995 grâce à un couple qui cherchait un logement dans la région : tombés sous le charme ils ont convaincu parents et amis de les aider à sauver les bâtiments. Ils ont créé l’association ATHRE qui travaille à la valorisation de l’Abbaye et la protection de la biodiversité. Ils ont aménagé des logements, se livrant à un long travail de débroussaillage qui a mis à jour des terrasses de pierres sèches… Peu à peu l’idée est venue de vivre sur et par ce lieu. Un jardin écologique Il fallait aménager un jardin et l’ouvrir aux visites. En 1998 les premières pépinières étaient installées ; les 8000 m² de terrain ont nécessité des aménagements ingénieux de récupération des eaux de pluie, de drainage. L’eau est rare, il n’y a ni source, ni nappe phréatique. Un peu d’arrosage est accordé aux plantes tous les 10 jours en période sèche. Jean-Yves Meignen parle de son jardin avec ferveur : Abbaye de Valsaintes Madeleine Imbert « Je n’utilise aucun engrais, le sol s’est enrichi peu à peu grâce au paillage, les insectes participent à l’équilibre. Je laisse pousser la flore sauvage au milieu du jardin d’ornement. » Il a créé une rose nommée Belle de l’Abbaye et anime des émissions journalières de jardinage sur France Bleu Vaucluse. Il fait faire le tour du propriétaire au milieu des rosiers en fin de floraison, des absinthes, des lys ; au passage on mâchouille une feuille de stevia, dont les feuilles peuvent avantageusement remplacer le sucre ! Il poursuit : « Depuis 2000 on ouvre du 1er mars au 11 novembre, et les 20 au 24 décembre où l’on fête le solstice d’hiver : ce jour-là le soleil se trouve dans l’axe de l’église, un rayon entre par l’oculus de la façade sud et plonge jusqu’à l’autel. » Alors, amoureux des jardins et des lieux habités, programmez une escapade en Haute-Provence : vous reviendrez avec un brin de lavande à l’oreille et une rose entre les dents, les mains pleines encore du contact avec la terre, et avec l’histoire. CHRIS BOURGUE Prieuré et Musée ethnologique de Salagon Mane (04) Exposition Vanneries d’ici, vanneries d’ailleurs jusqu’au 30 septembre 2010 Installation Paule Riché jusqu’au 27 septembre 2009 04 92 75 70 58 www.musee-de-salagon.com Abbaye de Valsaintes Simiane-la-Rotonde (04) Visites ornotologiques, historiques et botaniques 04 92 75 94 19 www.valsaintes.org
SALON-DE-PROVENCE PATRIMOINE 61 Sous un double ciel trompeur… Calamité des clichés ! Telle ville est symbolisée par des calissons, telle autre par ses montres, telle autre encore par son nougat… aucune n’y échappe ! Pour Salon, c’est Nostradamus et la Patrouille de France… Tout se place dans le ciel, pourtant la terre est belle ! Richesse historique Il suffit de se rendre à Salon pour se rendre compte de la richesse de la ville et du dynamisme de la vie culturelle. Les bâtiments historiques sont rénovés. Le beffroi est excentré afin qu’on l’entende dans les quartiers nord les jours de mistral. La silhouette légèrement ocre de la Collégiale Saint-Laurent abrite toujours le mystère des restes de Nostradamus et l’église Saint-Michel recèle quelques merveilles baroques. Et quelles collections ! Celle de Jean Brunon qui, jusqu’au cœur de la guerre (14-18), envoie encore de nouvelles pièces, aujourd’hui au Château de l’Emperi, au musée de la guerre qui par un parcours historique au travers des armes et des costumes, nous livre une véritable analyse de l’évolution politique de notre pays et de ses relations internationales. À la maison de Crousillat une exposition est consacrée au peintre salonais Théodore Jourdan, qui, par ses toiles, marque un renouveau de la culture provençale au temps des félibres : la Provence, nouvelle Rome, y renoue avec le thème antique du berger, vision idéalisée dans la lumière crue qui coupe les reliefs, écrase les perspectives. L’histoire provençale est résumée en tableaux, véritable légende dorée, au musée Grévin ; la maison de Nostradamus évoque la vie de ce savant dans son époque ; un jardin médiéval lui est consacré au Château de l’Emperi : y croissent la rue, l’hysope, la mélisse officinale, le laurier… plus de 50 espèces pour la découverte sensorielle de ce « jardin des simples » … Et vous arrivez à la fontaine moussue sur laquelle des pierres du château atterrirent bien malgré elles en 1909… Rendez-vous à Salon pour l’explication ! L’écurie des Trapadelles L’Office de Tourisme de Salon, pour faire connaître ces richesses historiques mais aussi un autre patrimoine, organise des visites en vieilles voitures. Nouvelle manière d’aller à la rencontre des lieux, qui vous plonge matériellement dans l’histoire : les moteurs jouent différentes partitions, les TR3, la Chevrolet, et tant d’autres, la Bugatti bleue de Pierre Delliere, le passionné fondateur du Musée de l’automobile à Orgon. Imaginez ce rassemblement sur les routes, la convivialité qui l’accompagne… On passe par le croisement du Merle… D’un côté nous partons pour le circuit Fontange, de l’autre pour l’école de la transhumance… Circuit privé Michelin, le Circuit Fontage est avant tout un circuit d’essais, qui répond à deux axes de travail, la recherche et le développement industriel : son anneau de vitesse, ses « bankings », ses zones de grande et de basse vitesse (sachant que la basse vitesse c’est juste en dessous de 250 km/h !), sa piste arrosée, sa piste de déjantage pour les essais industriels ; et le « Michelin Engineering & Services » qui s’inscrit dans une perspective de « mobilité durable » avec des stages sur voitures hybrides : Michelin investit par exemple dans un nouveau pneu qui diminue de 20% l’émission de CO2, et l’étude menée pour le gouvernement sur les accidents de la route. Berger sans opérette De l’autre côté du rond point du Merle, autre type d’activité ! Non, on ne se transforme pas en berger comme à un bal costumé ! Il faut une véritable formation, des aptitudes, une manière d’aborder la vie particulières : un respect de la nature, la science de celle-ci. Le directeur du Domaine du Merle, communique sa passion, évoque les missions du domaine, formation au métier de berger transhumant, (SupAgro) exploitation et production du foin AOC de la Crau, étude sur les gènes d’hyperprolificité, saisonnalité #,.+ I_'- II... - 134.,41 Salon-de-Provence Jj Petite des ovins, essais sur leur alimentation, identification électronique et automatisation d’un parc de tri… L’écosystème est préservé par ces activités, les populations de rapaces se fixent, toute une partie de la Crau sèche constitue une vaste réserve. La Crau humide se sert d’un système d’irrigation gravitaire qui sert de modèle référent. Vous pouvez visiter… Dans la ville d’Adam de Craponne Est-ce parce que son prénom est celui des fondateurs ? C’est par lui que Salon est entièrement irriguée par un savant système de martelières. Et même si vous faites un détour gourmand par le Mas des Bories, avec ses 1400 oliviers, sa récolte familiale, qui produit une huile primée internationalement et si vous goûtez aux saveurs, artichaut, herbe, banane, poivre… vous ne pourrez ignorer le passé industriel de la ville, comme le témoigne la superbe salle du Cercle des arts et Métiers, Modern style, gypseries évoquant la riches-se de Salon, thème de l’olivier et des produits gras, qui rappellent l’industrialisation de 1870 en cascade de Marseille jusque dans les années 20… Salon assume ce passé, et s’efforce de promouvoir un accueil chaleureux et intéressant, qui mérite plus qu’un enthousiasme saisonnier… MARYVONNE COLOMBANI Salon de Provence Office de Tourisme 04 90 56 27 60 www.visitsalondeprovence.com PRÉPAREZÂEôRupSôûsR AVEC COO OTE UR EN WWW.DE000ŸÉRT EPACA ZFR Îii, i Ïrslir aY, {Pdat Întq I Rro41d:Cf:t} d'Azur lIl IG ; ri.il ir I.. i}ii



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