Zibeline n°21 août 2009
Zibeline n°21 août 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de août 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,6 Mo

  • Dans ce numéro : la culture est-elle rentable ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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58 MUSIQUE DISQUES Entre soul et reggae Que vous soyez seul ou accompagné cet été, sur une île déserte (cela existe encore ?) ou sur les grands boulevards des capitales européennes, il vous faudra emporter dans votre MP3 ou vos bagages la voix de Jaqee, une jeune femme au parcours assez inhabituel : un premier opus R’n B et soul, puis une virée rock et blues pour ensuite se mettre dans la peau de Billie Holiday ! Nomade et sans valises, on la retrouve au sein du duo franco-allemand Koalas Desperadoes, leur projet « outernational » où participaient 15 pays différents… Teka, aussi patron du label Rootsdown, a entraîné cette Suédoise (d’origine Ougandaise) dans des courants plus chauds, à surfer ses interprétations musclées et gaies sur des rythmiques jamaïcaines appropriées… Restant elle-même, une Kokoo girl crémeuse et rayonnante (empruntant même un look à la Joséphine Baker), son talent indéniable la place au niveau de Ayo ou de la divine Grace Jones et sa jeunesse contagieuse (Take the train) nous rappelle même Amy Winehouse. La façon d’aborder différents univers musicaux est très enjouée, naïve parfois, jamais nunuche. Partenaire particulière pour regarder la lune briller ou danser dans un pays de Liberté, c’est à prendre ou à laisser ! Mais je sais déjà avec qui je vais faire un tour pendant ces vacances, ces quatre titres tournant déjà en boucle dans mes oreilles… X-RAY Charmés Le collectif Culture Musical Club enrichit la Culture mystérieuse et oubliée de ce royaume éloigné qu’est le Zanzibar et nous a fait connaître le taraab, vieux de plus d’un siècle. Constitué à partir d’instruments ramenés d’Egypte à la demande du Sultan, des instruments comme le qanum (cithare jouée sur les genoux empruntée à la culture arabe), les violons (entendus dans les films égyptiens et aussi les Bollywood indiens), le oud, l’accordéon et le nay charment par leur interprétation (le terme arabe tarabi signifie « être ému, charmé »). Souvent lancinante, leur musique est relevée par des rythmes kidumbak qui freinent la nostalgie et poussent au dépaysement, survolent les rivages des Comores, de l’Afrique du Sud, des Indes et du Yemen voisin, et même en fermant les yeux nous entraînent jusqu’en… Espagne. Ce sont surtout les voix qui font preuve d’originalité dans cette fusion, avec des femmes qui chantent comme des rossignols, et ce son de balloche qui fait penser à un mariage bien étrange. Aujourd’hui autonomes, ces quinze musiciens étaient au départ l’orchestre du pays (et de son seul parti). Ils sont maintenant devenus ambassadeurs, tout en jouant chez eux une fonction sociale importante pour se détendre, répéter et lier connaissance. L’orchestre nommé au départ Shime Kuokoana (qui signifie « préserve ce qui va se perdre ») signe avec ce nouvel album une de ses plus belles pages, cinquante années après sa création. X- RAY US Reggae Il y a longtemps que la Jamaïque n’est plus l’île aux trésors qu’elle était jadis, américanisée qu’elle est dans le look et les propos de ses artistes. Étrangement, et par effet de miroir, les yankees ont désormais saisi le flambeau, sans prendre pour autant des allures de piètres pirates copieurs. On reconnaît facilement un reggae US à ses intros et breaks inédits, à la réutilisation des cuivres dans ses arrangements et à son message éco-citoyen -protéger le Globe et ne plus l’user. Avec son look de sépharade à la longue barbiche, le chanteur a l’air d’un gourou mais se défend d’être leader de Groundation, engageant même pour leur dernier album un deuxième chorus féminin, qui prend le lead (So Blind) et insuffle une expression soul rarement de mise dans les studios de Kingston. Leur première véritable prouesse instrumentale (Walkupright), la longueur des morceaux elle-même, illustre bien le feeling jazzy, à la limite de l’improvisation, qui les distinguent de leurs pairs jamaïcains. Là où le résultat est magique, c’est quand ils les invitent à se joindre à eux ! Time has come suit comme une ombre la plainte des Congos, instillant l’idée qu’eux n’ont plus de chansons à chanter, un vide artistique comblé par l’Occident. C’est quand même un comble… X-RAY L’hiver au Brésil Marcos Sacramento, peu connu ici après 25 ans de carrière, a mûri une idée qui lui est passée par la tête, Na cabeça. Sur ce disque, il a pour la première fois renoncé aux percussions pour s’accompagner uniquement à la guitare, tout en s’adaptant parfaitement aux jeux rythmiques et au son de la Samba comme de la M.P.B (musique populaire brésilienne). « Cela me gène un peu quand je suis identifié comme Sambiste, c’est un énorme poids. C’est un milieu assez fermé, je ne suis pas dans ce métier. » La samba se joue donc à sa manière et de fort belle façon, les guitares devenant plus classiques dans Rosa de Chico Buarque et Bossa dans un Prisioneiro do mar qui sied à Baden Powell. Le chanteur cite sans hésitation comme père spirituel Caetano Veloso, comme mère Elis Regina, avec des petits frères comme Lenine. « À la grande époque, le Tropicalia attirait les foules dans les festivals. », mais les artistes brésiliens manquaient de reconnaissance. Et le passage de Gilberto Gil à la Culture « n’a rien changé ! ». Face à la nouvelle mode de l’Axé (prononcez ashé), seul Internet et l’engouement de la musique brésilienne à l’étranger aident les artistes : « C’est un travail de fourmi, je ne tiens pas à devenir une star, je ne cherche pas à passer sur les radios, ou faire du featuring sur les bandes sons de Télé-novelas du Brésil ! Mais je fais partie de la scène contemporaine du Brésil. » Lors d’un showcase avant son concert à Marseille, Marcos Sacramento a survolé Na cabeça et donné l’envie d’en écouter plus, faisant ressortir l’originale simplicité de cet album. Quand vous l’aurez dans la « cabeça », vous n’aurez plus qu’une idée en tête… passer l’hiver au Brésil ! X–RAY Kokoo girl Jaqee Rootsdown records Shime Culture Musical Club World village, Harmonia Mundi Here I(eye) Am Groundation Distribution Naïve Na cabeça Marcos Sacramento Biscoito fino
L’EAU SCIENCES ET TECHNOLOGIES 59 Eco l’eau ? Entre Quand le vert tue, tu meurs « Nous ne voulons pas faire peur aux gens », déclare, le 23 juin, David Servan-Schreiber dans une interview au Parisien à propos de sa nouvelle campagne sur la nocivité de l’eau du robinet. Propos repris dans Le Monde, puis réaffirmés à la télé, publique et privée… Mais, bien sûr ! Monsieur le savant Schreiber, ce n’est pas pour faire peur, c’est sûrement Contrex les actionnaires d’Evian que vous développez durablement cette alarme ! Prudent, le savant psy Servan-Schreiber nuance son anathème puisque dans le même temps il reconnaît que l’eau du robinet est « globalement bonne en France. » Le savant psy a écrit un « best-seller (sic), Anticancer », mais il ne faudrait point faire d’ombre aux Saigneurs du robinet Véolia (ex Vivendi-Générale des eaux) ou GDF-Suez-Environnement (Ex-Lyonnaise des eaux) ! Vous reprendrez bien un petit best seller pour la route ? Tout le monde le sait, en matière de santé publique, il n’y a qu’un impératif, c’est… mieux vendre. Car ma foi ! Le cancer, les maladies orphelines, H1N1… ça innove, donc ça vend. Et pour l’industrie pharmaceutique, en ce moment, ça baigne. Là où les temps sont plus secs, c’est dans la flotte sous plastique. On peut logique financière et écologique, l’économie de l’eau gît turbide. Le « développement durable » nage souvent en eau trouble… vivre d’amour et d’eau fraîche, peace and love, et boire simple. Alors pour vendre, il faut mettre ses soins à ce que rien n’aille bien. Tonkin Prod. Donc Zibelins et Zibelines inquiétezvous, l’insécurité nous guette : savez-vous où se niche l’ennemi intérieur tel un aqueux al qaïda ? WWF l’affirme avec le best-sellant Savant- Shreiber, l’auteur de tous nos maux, la fauteuse de troubles, c’est… l’eau du robinet. Moi, petit savant honnête de Marseille, pour nettoyer tout ça, je propose à WWF, Véolia, Vittel (groupe Nestlé), Aventis-Pharma… la synthèse d’une eau innovante, pure, anticancéreuse, anti-insécurité, anti-chienlit, une eau qui lave plus blanc, qui rend « plus belle la vie ». En fait, je propose l’invention de l’eau de vie sans alcool, 100% naturelle… l’eau bénite, quoi ! Je brevète l’eau bénite… Qui achète ?... Qui dit mieux ? … Qui dit Dieu ? À moins que vous ne préférassiez le retour à l’asepsie amniotique d’avant la Perte (des eaux bien sûr) ? YVES BERCHADSKY Le vert vend tout à l’envers Au grand marché d’été du tout écologique, vous trouverez en bonne place sur nos éventaires ensoleillés, déventés, déjantés, et sans aqueux ni tête… … entièrement repensée et rénovée, la Maison des Énergies, créée en 2003, et qui devient « La Maison de l’Eau et des Énergies » à partir du 1er juillet 2009. Située sur la commune de Rousset, au pied du barrage de Serre-Ponçon, la Maison de l’Eau et des Énergies est un espace découverte, attractif et pédagogique, dédié à l’énergie et à l’environnement. Désormais ouverte toute l’année, elle a vocation à sensibiliser le grand public, les scolaires et les jeunes sur les enjeux de l’énergie, la production hydraulique et le respect de l’environnement. Ce nouvel espace, labellisé par le pôle de compétitivité CAPENERGIES, est situé au pied de la plus grande retenue d’eau de France et s’inscrit au cœur de la Vallée de la Durance « future Vallée des Énergies nouvelles ». Et puis, une information pour les chauvins des environs : Le Conseil mondial de l’eau a retenu la candidature de Marseille pour organiser et accueillir le 6 e Forum mondial de l’eau en 2012. La France suivra donc le Maroc, les Pays-Bas, le Japon, le Mexique et la Turquie qui ont tous organisé et accueilli les précédents forums mondiaux de l’eau. Plus de 33 000 personnes issues de 192 pays ont pris part au dernier Forum mondial de l’eau à Istanbul, le plus grand rassemblement jamais réalisé pour l’eau. Et puis, je suis sûr que cela ravira nos Zibelecteurs : le ministère du Développement durable et la ville de Marseille se disent « fiers » d’avoir l’occasion d’organiser le 6 e Forum mondial de l’eau, et sont « déterminés à donner le meilleur [d’eux-mêmes] pour faire avancer la cause de l’eau » à travers le monde. Après la cause de la culture, la mairie de Marseille épouse donc la « cause de l’eau ». Attention à la polygamie des causes ! Enfin, pour ne plus faire le pied de grue allez donc faire quelques ronds dans l’eau du Marais du Vigueirat, histoire de porter votre soutien au Conservatoire du Littoral qui participe avec efficacité à la préservation de sites naturels si beaux, si précieux et surtout si indispensables. Trop d’animation, trop de manifestations intéressantes pour que l’on puisse les détailler ici, mais allez donc voir page 18. Ou avant de surfer sur les marais camarguais allez tirer quelques bords sur leur site, ça vaut le coup de wishbone. Marais du Vigueirat, Les Cabanes de l’Étourneau, Mas-Thibert 04 90 98 70 91 www.marais-vigueirat.reserves-naturelles.fr www.conservatoire-du-littoral.fr Entrée libre, du lundi au vendredi de 9h30 à 17h30. 04 92 54 58 11 www.ot-serreponcon.com/serre-poncon/visites.php www.developpementdurable.com Bonnes vacances bien environnées à tous les Zibulsavants et surtout… bullez bien sans aqueuse inquiétude ! Y.B.



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