Zibeline n°21 août 2009
Zibeline n°21 août 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de août 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,6 Mo

  • Dans ce numéro : la culture est-elle rentable ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 52 - 53  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
52 53
52 LIVRES I §L.A « Comme les générations passées d’intellectuels anglais se mettaient à l’italien pour lire Dante dans le texte, c’est pour pouvoir lire Los Angeles dans le texte que j’ai appris à conduire. » Dans le monde de l’architecture, Reyner Banham est un personnage respectable et respecté, un auteur et critique prolifique qui a arpenté la seconde moitié du XX e siècle, version Brutaliste et Archigram. La réédition de Los Angeles (1971) traduit de l’anglais par Luc Baboulet est à considérer avec tous les égards ! Initialement sous-titré l’Architecture des quatre écologies, cette expérience Angéline de 1965 invite le lecteur, aussi profane qu’il soit, à une visite en quatre temps du côté deL.A. De la plage aux collines et des plaines aux freeways sont analysés avec humour l’évolution pas toujours rose et logique de ce simple pueblo devenu gigantesque mégapole. Les illustrations offrent un témoignage du décor architectural remarquable ARTS Écoutez les parler ! Gounod monumental Quel gigantesque et précieux travail accompli par Gérard Condé dans ce livre sur Charles Gounod (1818-1893) ! Un ouvrage indispensable sur le romantisme musical français. À la lumière de découvertes de pièces inédites, l’ouvrage propose une biographie du compositeur phare du Second Empire et de la 3 e République, des témoignages de ses contemporains ainsi qu’une étude fouillée de ses œuvres, un catalogue de près de 600 opus. Que connaît véritablement le grand public de l’œuvre de Gounod ? Son célèbre Ave Maria d’après Bach et son brelan majeur d’opéras au rang duquel trône Faust… inoxydable ! Mais aussi le « mistralien » Mireille qui, après Marseille en mai dernier, connaîtra les feux de l’Opéra de Paris à la rentrée et ceux d’Orange à l’été Jérôme Bloch est président et fondateur du festival de Musique à l’Empéri à Salon (voir p10). L’homme, l’historien, le conseiller au ministère de la Culture s’interroge sur la place de la musique en France, souvent négligée sur le plan de la pratique, et finalement peu accessible au plus grand nombre. Par manque d’une éducation solide, en dehors des fidèles des salles de concerts. Si la musique est présente partout -lieux publics, télévision-, fêtée le 21 juin… on ne peut s’empêcher de se poser la question : « Quelle éducation musicale pour nos enfants ? ». L’auteur propose des pistes pour les bambins, en appelle à l’héritage de Kodaly, s’interroge aussi sur les rapports de l’ouïe et de la vue, chez l’auditeur/spectateur en récital, et rêve aussi d’une réponse culturelle de la musique à la crise… Mais surtout, l’auteur donne longuement la parole aux musiciens ; cinquante artistes internationaux, compositeurs et interprètes de toutes générations : Chamayou, Capuçon Jaroussky, Herreweghe, Christie, Engerer, Mantovani, Chiche, Canat de Chizy, Rousset, Braley… et ils en ont des choses à dire ! JACQUES FRESCHEL 2010… Roméo et Juliette enfin, perle shakespearienne d’une rare beauté ! Si l’on joue quelque pan de son immense production religieuse, on néglige injustement ses très nombreuses mélodies chantées, oubliant qu’il fut le créateur d’un genre qui fera les beaux jours de Fauré ou Debussy. Qu’en est-il également de sa douzaine d’autres ouvrages lyriques, de sa musique instrumentale ? Ce pavé est un hommage à celui qui, avec Berlioz et Massenet, constitue le cœur du romantisme hexagonal ! J. F. qu’abrite la cité des anges : F. L Wright, R. Neutra, R. Schindler… FRÉDÉRIC ISOLETTA Los Angeles Reyner Banham Ed. Parenthèses, 22 euros La Cause des Musiciens Jérôme Bloch Éditions Res Publica, 19 euros SALON. Conférences/débats les 29 juillet à la librairie La Portée des Mots et 31 juillet à l’Abbaye de Sainte Croix, 18h Charles Gounod Gérard Condé Éditions Fayard, 992 p., 45 euros Don Manuel Xavier Lacavalerie livre un des ces ouvrages qu’on aime avoir en rayonnage, instructif synthétique et surtout bien écrit. Il y a de la poésie dans ce portrait de Manuel de Falla (1876- 1946), lyrique et austère, lumineux et sec comme la terre d’Espagne, malade, ascète, mystique et souffrant… Ce 27 e ouvrage de la collection Classica (née en 2004), enrichi d’un index, de repères bibliographiques, d’une discographie, est la deuxième contribution (après Wagner) que le journaliste de Télérama consacre à la série. Si la musique espagnole porte en elle une puissance charnelle brute, elle est souvent dévalorisée, méconnue. Falla porte en lui ce paradoxe : auteur aux affinités francophiles, parvenu à Paris dans la foulée d’Albéniz, Vines et Granados, son écriture est marquée par « l’impressionniste » (Nuits dans les jardins d’Espagne) de Debussy ou Ravel, puis le néo-classicisme parisien (Concerto pour clavecin)… Mais l’Espagne, avec laquelle il fut longtemps en désamour, demeure omniprésente. Elle coule dans la veine populaire andalouse de La vida breve, le « cante jondo » de L’Amor brujo, Le Tricorne, ou Le Retable de Maître Pierre… Un livre qui donne envie d’écouter l’œuvre ! JACQUES FRESCHEL Manuel de Falla AWL, Xavier Lacavalerie Éditions Actes Sud, 17 euros
Objets précieux Le Miistère De La Culture-galerie Le Garage à Lorgues a le goût pour les explorations inédites et exigeantes. En témoigne sa collection éditoriale Bab- Ili démarrée à l’origine sous la forme d’un label discographique, et qui opère aujourd’hui une nouvelle orientation avec une collection d’objets d’artistes. À parution aléatoire s’entend, car le MDLC est à l’écoute des créateurs, loin du merchandising… Deux nouveaux ouvrages ont été présentés à l’occasion de deux expositions-lectures à ZIP 22 à Barjols et aux Chantiers de la lune à La Seyne-sur-Mer : L’Enneigement (texte de Lionel Bourg, trois impressions numériques de gravures et de peintures d’Anne-France Frère, trois impressions numériques de photographies de Thierry Azam, 30 euros) et Toi mon aède (texte d’Edith Azam, quatre impressions numériques de gravures et de peintures d’Anne-France Frère, quatre impressions numériques de photographies de Thierry Azam, 30 euros). Deux éditions originales tirées à 100 exemplaires numérotés, dont la qualité est exceptionnelle, tant dans l’épure de la maquette qui ne connaît pas l’esbroufe, que dans la correspondance entre les textes poétiques et les œuvres graphiques. « Jusque dans les lignes tracées », que l’on emprunte à Lionel Bourg, on se brûle aux mots, on effleure les images, on traverse les paysages mentaux, le regard sans cesse happé par le vers à venir ou la ligne noire en lisière du tableau. Avec précaution, la main va et vient d’une page à l’autre de ces objets d’artistes, avec l’envie d’entendre encore un peu de leur léger bruissement. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI L’art de l’ondulation Du plus petit objet démultiplié (limonadier, clef à molette, char d’assaut…) à la sculpture scénographiée (Le Tribunal, Le Bar, Stock Exchange), Sylvie Réno a jeté son dévolu sur le carton ondulé et le carton d’emballage au point que l’on oublie, parfois, l’amplitude de son travail. L’intérêt de cette monographie est, justement, de faire la lumière sur son œuvre kaléidoscopique et son parcours intense depuis les années 85. Certes les galeries de Marseille, fidèles, permettent de suivre son évolution (elle était dernièrement l’invitée de la librairie-galerie Le Lièvre de mars), mais les textes de Brice Matthieussent, Les Fantômes de la sculpture, et de Jean-Marc Huitorel, L’Invitation du carton, éclairent d’un regard neuf ce que l’on croyait savoir d’elle. Ce dernier met en avant la prépondérance de la sculpture sur l’intervention in situ et souligne « les questions du rapport au réel et de la représentation [qui] hantent toute l’œuvre de Sylvie Réno et se fondent sur la triangulaire : objets réels/répliques en carton/peinture. » Il cerne l’enjeu esthétique de son univers marqué au sceau d’un matériau souple et solide, biodégradable, dur et malléable à la fois… Car Sylvie Réno, dans ses obsessions, outre sa représentation ludique du réel -et foncièrement pathétique- n’en finit pas de décrypter les méandres complexes de l’hyper production et de l’hyper consommation. Armes à revendre (folie et barbarie), symboles du travail (répétition, abnégation, soumission), objets de récupération « trouvés dans la rue et tentative de revalorisation du monde » font désormais partie de notre alphabet collectif. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Bab-Ilie.v.08 et Bab-Ilie.v.09 MDLC, Le Miistère De La Culture Lorgues (Var) Sylvie Réno Co-édition [S]extant et Plus (Marseille), Monografik éditions (Blou), 30 euros 53 Électronifiant Comment en est-on arrivé là ? La plupart des musiques acoustiques, savantes ou traditionnelles, intègrent aujourd’hui le son électronique dans leur processus de création… fait récemment constaté sur les scènes du Bab El Med, ou du festival les Musiques. Pour comprendre ce fait, l’auteur n’hésite pas à en refaire le cheminement, en partant de Beethoven !, et à passer en revue tous les courants, aux antipodes de la techno et la house, sans qui ces bruits n’auraient pu naître et se propager… Ceux qui baignent dans le bon vieux rock à Papa devront se résoudre à l’écouter d’une autre oreille. De la résonance d’une Les Paul au psychédélisme d’Amon Duul II, en passant par le minimalisme de SteveReich et l’influence des Pink Floyd, il n’y a que quelques nappes synthétiques, samplers ou boucles à ajouter pour suivre ces expériences jusque dans les Clubs d’Ibiza… Mais Guillaume Kosmicki ne s’attarde pas sur la piste de danse et remet certaines pendules à l’heure, notamment sur le titre de grand-père de la techno attribué à Pierre Henry. Il insiste surtout sur l’origine du style (bien avant que les artistes plongés dans la jet set ne poussent le vinyl sur les plages de Goa), la mixité et la marginalité de son public, qui rejette toute forme de disco… tout en suivant son rythme ! Ce mouvement basé sur le DIY (Do it yourself) a secoué l’Europe, et ses implications sociologiques sont évoquées ici, depuis le déroulement chaotique des rave parties jusqu’aux difficultés de copyright. Ainsi, avec ce parfait manuel, vous saurez discerner les nuances entre le chill out, le doom-core et le speed garage, même si vous ne possédez rien de tout cela dans votre discothèque ! X-RAY Musiques électroniques des avant-gardes aux Dancefloors Guillaume Kosmicki Editions le Mot et le reste, 23 euros



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :