Zibeline n°21 août 2009
Zibeline n°21 août 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de août 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,6 Mo

  • Dans ce numéro : la culture est-elle rentable ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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46 LIVRES MARE NOSTRUM Nous sommes tous méditerranéens Les participants au cinquième forum Mare Nostrum l’ont déclaré unanimement : est méditerranéen celui qui se sent tel ! Méditerranéen donc Daniel Rondeau, venu relater son itinéraire de la forêt champenoise aux rivages maltais. Ambassadeur à Malte, l’écrivain diplomate se plaît sur cette île « au cœur de la mer et du temps ». Son grand œuvre en cours est un projet de navigation littéraire en Méditerranée, à bord d’une frégate de l’armée, de Malte à Beyrouth, en passant par Tanger, Alger et La Goulette. À bord un café littéraire, et à chaque escale un événement autour d’une figure emblématique du lieu. Seront ainsi célébrés Ibn Arabi, Saint Paul, Abdelkader, Camus… Méditerranéen également Alain Mabanckou, même s’il est congolais d’origine et professeur de littérature francophone aux USA. Sa conférence, drôlissime, intitulée : Comment être à la fois écrivain japonais, algérien et franco congolais ? a brillamment clôturé le colloque. Entre les deux des tables rondes avaient réuni des auteurs de toute l’Europe autour des notions de traduction, de multilinguisme et de certains thèmes récurrents de la littérature méditerranéenne. L’une, consacrée à l’influence de la géographie sur le roman policier, a réuni la Française Dominique Manotti, l’Italien Loriano Macchiavelli et son traducteur Laurent Lombard et la Turque Mine Kirikkanat. Chez ces trois auteurs les villes, les quartiers composent une topographie fondamentale au cœur de laquelle inscrire la fiction ; lieux de tension souvent, microcosmes, révélateurs des réalités urbaines et sociales. Le roman noir remplacerait-il Alain Mabanckou Hermance aujourd’hui un journalisme d’investigation en perte de vitesse ? Face au glissement de la presse française vers une dangereuse uniformisation, Dominique Manotti a souligné le rôle du roman policier : « On fait des choses que les journalistes ne font plus », souvent parce qu’ils ne peuvent plus le faire d’ailleurs. Macchiavelli a évoqué le contrôle permanent des articles en Italie ; quant à Mine Kirikkanat, journaliste souvent menacée (elle en plaisante avec un beau courage !), elle a évoqué la « chape de plomb » qui s’est abattue sur la Turquie où l’opposition est désormais inexistante ; pour elle, la littérature reste « le seul espace pour l’imagination », le seul lieu de liberté. Bien loin du sujet de départ, ce dialogue sur la censure et la presse a mesuré l’ampleur des dérives actuelles… Si le roman noir a, selon Loriano Macchiavelli, « construit l’union européenne culturelle », la notion d’exil semble aussi un dénominateur commun. Étaient invités à réfléchir au statut d’exilé, le Marocain vivant à Amsterdam Fouad Laroui, la « Libanaise de Paris » Hoda Barakat, et l’Anglo-soudanais installé en Espagne Jamal Mahjoub. Quelles qu’aient été les raisons de leur exil, les trois invités ont insisté sur la sensation de liberté qu’il procure, sur le plaisir, au début du moins, de vivre « dans l’étrangeté radicale » et sur le fait qu’il est « plus facile d’être un étranger à l’étranger », car l’isolement est plus douloureux dans son propre pays. Tous néanmoins ont du mal à accepter l’étiquette d’« étranger de service » et préfèrent qu’on se réfère à eux comme écrivains tout court. Quant à leur statut actuel d’exilé, Hoda Barakat a rappelé avec pertinence qu’il n’était pas si inconfortable : ceux qui sont exclus de la langue, de l’économie, sont les vrais étrangers. L’exilé volontaire, dont Alain Mabanckou est une figure marquante, ne l’est pas. Avec une douzaine de nationalités présentes, des interventions polyglottes, de l’érudition, de l’humour et de l’engagement, Mare Nostrum a montré que la littérature est le lieu d’une parole libre, non convenue. Et la Méditerranée celui d’échanges féconds entre les hommes et les idées, à travers l’écrit, comme depuis l’aube de l’histoire. FRED ROBERT a a Mare Nostrum s’est tenu à Marseille les 19 et 20 juin, sous l’égide de l’European Writers’s Council (EWC-FAEE) et en partenariat avec la Société des Gens de Lettres (SGDL). Alain Mabanckou : Black Bazar (récemment chroniqué dans Zib’) ; Dominique Manotti : Nos fantastiques années fric et Lorraine connection (Rivages/noir) ; Loriano Macchiavelli : Derrière le paravent (Métailié noir) ; Mine Kirikkanat : La malédiction de Constantin (Métailié). Troubadour jazzy Mare Nostrum s’est clôturé avec un drôle de concert. YannApperry y disait/chantait un de ses textes, avec une bande de musiciens dont l’épatant Claude Barthélémy, et une belle chanteuse de jazz qui vibrait juste comme il fallait... La forme était des plus intéressantes, parce que cette volonté d’associer un texte narratif et une musique continue pourrait à terme fabriquer un répertoire de troubadour moderne. Ce soir-là on a entendu une sorte d’oratorio jazzy dans ses rythmiques, ses harmonies et ses instruments, mais libre dans son déroulement temporel, sans les rituels habituels, à part dans quelques solos et chorus rares. Le texte, quête œcuménique et médiévale d’une femme au temps des croisades, laissait entendre son lyrisme, ses anachronismes ironiques, sa jolie confiance en l’amour. Dommage que YannApperry ne chante pas très bien… et que la musique manque un peu d’épaisseur ! A.F.
PEUPLE ET CULTURE ÉCRITURES CROISÉES AGENDA LIVRES 47 Le petit livre rouge d’Ourednik Les 24 et 25 juin le CELA, Collectif d’Ecriture et de Lecture Active, a présenté l’aboutissement d’un travail de 6 mois autour d’Europeana, une brève histoire du XX e siècle, de Patrik Ourednik. Cet atelier de pratique artistique, mis en place par Peuple et Culture Marseille en partenariat avec La Cité,arassemblé des amateurs qui ont lu le texte choisi par le poète-performeur Pierre Guéry, en ont sélectionné et travaillé des extraits aux marges desquels se sont écrits leurs propres mots, puis l’ont expérimenté dans leurs corps et l’espace sous la direction de la danseuse Stéphanie Lemonnier. C’est au résultat de cette expérience mixte, entre atelier de lecture-écriture et jeu théâtral, que le public était convié. Les sept amateurs sur scène sont des amatrices : tant mieux ! l’inventaire des inventions et croyances du vingtième siècle que dresse Ourednik pourrait très bien être pris en charge par une sorte de chœur féminin, seul rescapé des horreurs du siècle dernier. Écrit dans une veine absurde, surréaliste, à l’humour très noir, très proche des auteurs français qu’il a traduits en tchèque (Jarry, Michaux, Beckett…), ce passage en revue est loufoque, et terrible à la fois. Elles sont donc sept en scène, alternant les lectures en solo et les effets choraux, les passages criés, murmurés ou fredonnés, les extraits d’Ourednik et les leurs, dans une atmosphère de joyeuse fin du monde. Car la lucidité, voire le cynisme, n’excluent pas le rire. Ni l’émotion, palpable entre les mots d’Europeana. Quelques maladresses subsistent çà et là, mais le don l’emporte : don de soi, de son corps et de ses mots, malgré le trac et le manque d’expérience. Don aussi au public d’un ouvrage corrosif et savoureux, que les extraits proposés invitent à découvrir dans son entier. C’était sans doute le but de ce jeu généreux. FRED ROBERTei La lecture/action a été présentée par Peuple et Culture Marseille à La Cité Maison de Théâtre. Europeana, une brève histoire du XX e siècle Patrik Ourednik Livre de l’année 2001 en Tchéquie éditions Allia Au Programme MANOSQUE, APT, AVIGNON, CAVAILLON, FORCALQUIER, MARSEILLE Libraires du Sud/Libraires à Marseille – 04 96 12 43 42 La librairie Au Poivre d’Âne, à Manosque, reçoit : Andrée Maureau pour Recettes en Provence, Tians et petits farcis (Edisud) et Epluchures, bavardages et recettes (éd. Equinoxe), le 18 juillet de 10h30 à 12h30 ; Chantal Dupuy-Dunier pour Ephéméride (éd. Flammarion) et Denis Langlois pour Le Défi bolvien (éd. Athéna) le 24 juillet à 18h ; Michèle Barrière pour Meurtre au potager du roy (éd. Vienot) et Henri Coupon pour Le Grand fléau de la peste (éd. Auberon) le 26 juillet à 18h ; Michel Embarek pour La Mort fait mal (éd. L’Ecailler du Sud), Philippe Carrese pour Le Jardin des délices (éd. Syros) et Pierre Meige pour 18 Extrême rock (éd. L’Ecailler du Sud) le 27 juillet à 18h ; François Herbaux pour Puisque la terre est ronde, enquête sur l’incroyable aventure de Pythéas le Marseillais (éd. Vuibert), Guiseppe Conte pour Villa Hanbury et autres poèmes (éd. l’Escampette) et Gilles Lapouge pour La Maison des lettres (éd. Phébus) le 29 juillet à 18h30. Exposition des œuvres de Laurence Jeannest liées au livre Où chaque soleil qui vient est un soleil rieur (éd. Cheyne), jusqu’au 27 juillet. La librairie Eveils, à Apt, reçoit : Elizabeth Karlhuber pour Seasons of love (éd. du Lys) le 18 juillet de 9h30 à 12h ; AhmedKalouaz pour Avec tes mains (éd. du Rouergue) le 25 juillet de 9h30 à 12h. La librairie Mémoire du monde, à Avignon, organise une rencontre autour des éditions de la revue Conférence, le 21 juillet à 19h. À la librairie Le Lézard amoureux, à Cavaillon, lectures d’extraits de Meurtre chez Tante Léonie et Meurtre à Isla Negra (éd. Viviane Hamy) en présence de leur auteur Estelle Monbrun, le 24 juillet à 18h. À Marseille, à la librairie Saint-Paul, Lis-moi une histoire a lieu tous les mercredis de juillet pour les enfants de 4 à 8 ans (04 91 15 77 77). MANOSQUE Appel d’art – 04 92 87 07 48 7 e édition du Festival Blues & Polar, sur le thème du mensonge : lectures, rencontres, dédicaces, concerts… sont au programme, du 24 au 29 août à Gréoux-les-Bains et Manosque. MARSEILLE BMVR Alcazar – 04 91 55 56 34 Alcajazz, manifestation organisée dans le cadre du Festival Jazz des cinq continents : - Exposition Blue Note : 70 ans de jazz, pochettes vinyles d’albums originaux. Jusqu’au 28 août. - Conférence La trompette dans le jazz par François Billard. Le 22 juillet à 17h à la salle de conférence. - exposition de Stephan Muntaner, No main’s land. Huit portrait atypiques de Ron Carter, Dee Dee Bridgwater, China Moses, Dianne Reeves, Archie Shepp, Marcus Miller, Janick Top et Sandra Nkake au travers de scans de la paume de leur main… Jusqu’au 21 août. Le sans parole 0 La venue de l’écrivain chinois Mo Yan (« celui qui ne parle pas ») est un événement. Sa présence à la Cité du Livre à l’invitation des Écritures Croisées était de ces moments rares qui permettent d’approcher l’œuvre et l’auteur de manière privilégiée. Aux côtés de Noël Dutrait -professeur de langue et littératures chinoises à l’Université de Provence et traducteur de Mo Yan-, l’écrivain a pu éclairer le public sur son œuvre, à partir notamment du dernier roman paru, et traduit par Liliane et Noël Dutrait, Quarante et un coups de canon (Seuil, 2008) et du prochain annoncé, La dure loi du karma, à paraître fin août au Seuil. Après une brève présentation -depuis son enfance pauvre dans la province du Shandong, bercé par les histoires que lui racontait sa grand-mère, jusqu’à son recrutement dans l’armée, qui lui permettra de se former et d’aller à l’université-, Mo Yan démontre ses talents de raconteur d’histoires. Répondant aux questions de Noël Dutrait il est captivant de bout en bout : lorsqu’il aborde les dons du romancier qui « fait croire que la fiction ressemble à la réalité » ; lorsqu’il décrit sa façon compulsive d’écrire, d’un jet et à la main, en réduisant son temps de sommeil et de repas ; lorsqu’il parle du statut de l’écrivain, lui qui « aime passer par la littérature pour critique la société » mais qui « trouve vulgaire de s’exprimer directement sur un problème à travers la littérature. » L’écrivain, dit-il, « se doit de conserver une position indépendante, […] de ne pas hurler avec les loups », tout en produisant « des œuvres d’art ». Gageons que La dure loi du karma en sera une, grâce au regard si particulier de Mo Yan, posé ici sur la réforme agraire et le refus de la collectivisation, exprimé par… la réincarnation dans des animaux de toutes sortes… DO.M. Mo Yan était à Aix à la Cité du Livre le 25 juin Mo Yan c Cannarsa Basso



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