Zibeline n°21 août 2009
Zibeline n°21 août 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de août 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,6 Mo

  • Dans ce numéro : la culture est-elle rentable ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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44 ARTS VISUELS ARLES Sécession exposée ? Les Rencontres s’annoncent-elles sous le signe de la Rupture ou d’une certaine continuité ? Mais clivage il y a pour la Nuit de l’Année, traditionnellement vécue à la Roquette… Ouh ! quelle chaleur, mon dieu ! Mais j’ai tout fait, j’ai tout vu (menteur) mais je ne sais plus trop quoi finalement… Il en est ainsi dans ces grands évènements. La question de la rupture thématique des Rencontres Internationales de la Photographie 2009 aurait-t-elle été rendue illisible ? Un colloque tentait d’en circonscrire les tenants et aboutissants alors qu’en parallèle les expositions donnent à voir -hors qualités intrinsèques- des postures connues… fussent-elles choquantes pour certaines images. Les anciens insoumis aux dogmes de leur époque seraient-ils devenus des classiques, institutionnalisés, absorbés dans un système évènementiel plutôt mainstream ? La majorité des pièces consistent en des tirages sur papier encadrés, avec peu de travaux hybrides, d’installations, des dispositifs singuliers. La rupture ne se décrète pas, évidemment. Mais est-elle exposable ? Le sujet nécessite de se poser au moins un instant… Or guère d’occasions (ni de sièges) dans tous ces lieux pour reposer le corps et l’esprit ! On pourra se tourner vers la présentation du sujet dans le catalogue. Lui-même un peu cher (44 euros !) (1), auxquels s’ajou-tent les divers coûts d’entrée, puis pour le parking aux Ateliers (4 euros/jour) et la Nuit de l’Année cette fois-ci déplacée de La Roquette et payante (2 euros). Dans ce dernier cas il s’agit bien d’une rupture. (2) Pourtant, effervescence il y a dans tout le centre ville arlésien grâce à de nombreuses initiatives collectives et individuelles, souvent festives et singulières. À la galerie Voies Off, les panoramas de Joël Tettamanti ; à la Boucherie, Stein pose des nus sombres et baroques ; L’Atelier du Midi expose entre autres Proche(s) de Lionel Pralus et Lucie Pastureau qui sort son livre Le grand saut ; ailleurs c’est Trash&Sexy selon Florian Fromentin au Coffee Socks, Laura Jonneskindt dans son Archipel… CLAUDE LORIN (1) Les artistes ont-ils cédé leurs droits en échange d’une publicité Acompte d’auteur Les images sont faites pour être vues mais il faut se battre pour exposer ou être édité. L’implication du créateur peut donc aller jusqu’à investir personnellement et lourdement afin de concrétiser ses projets. Publier à compte d’auteur est un de ces paris… Gérard Fraissenet a accompagné les six premières années des rencontres avec le bonheur de saisir en noir et blanc des artistes désormais au panthéon de la photo. Il sort à ses frais un livre mémoire émouvant de plus de trois cent clichés sur la période 1970 à 1976, préfacé par les deux cofondateurs des rencontres Lucien Clergue et Jean-Maurice Rouquette. Gérard Fraissenet, Mes plus belles années photo, 30 euros 04 42 56 28 75/fraissenet.gerard@wanadoo.fr. a.k.a., vue partielle de l'installation de Roni Horn a la Grande HalleC. Lorin (2) Les habitants du quartier (visibilité dit-on aujourd’hui) et les artistes ont cependant internationale ? maintenu leurs festivités Toujours entre deux voyages, Serge Assier expose jusqu’au 25 juillet à la Maison des Associations, Instants de Chine une belle et très cohérente série comme il aime les faire avec un regard humaniste. Il commet lui aussi un bel ouvrage sur ses propres deniers (ajoutez seulement un euro au prix du catalogue des Rip), avec en prime les textes de ses amis réguliers Arrabal, Jean Kéhayan, Michel Butor auxquels s’est jointe son hôte chinoise Zhu Jing. Serge Assier, Instants de Chine, 55pp, 54 photos N&B, 45 euros. 06 19 924 924/www.sergeassier.com Cabinets de curiosité Chambres d’écho inaugure un musée Réattu rénové. Une expo sobre, élégante et questionnante entre photo et objet, avec Brassaï et Picasso en point d’orgue L’exposition s’appuie sur une des plus importantes et la première collection photographique créée dans un musée de province, en 1965. Près de 400 des 4500 sont exposées en vingt-cinq sections appelées Chambre. Elles se trouvent confrontées à des objets tridimensionnels, sculptures et installations. Que se trame-t-il entre les œuvres ? Évitant le dispositif didactique (panonceaux, fiches, audio guide…), une grande liberté est donnée au visiteur d’établir les relations évoquées selon sa sensibilité et les œuvres. Certaines apparaissent évidentes : les courbes des nus d’Edward Weston évoquent les sculptures de Hans Arp ; d’autres moins, comme dans l’Antichambre entre l’autoportrait du peintre Jacques Réattu et les œuvres de Jean Charles Blais et Sun Young Ha, ou encore la Chambre du voyage intérieur présentant une terre cuite de Françoise Vergier. La place d’honneur est à mi-parcours, six salles consacrées aux deux amis Brassaï et Picasso. En solo, Jocelyne Alloucherie bénéficie d’une Chambre individuelle fort réussie. Et si les tentatives de dialogue ne réussissent pas toujours, l’équipe des médiateurs du musée saura suggérer quelques pistes pertinentes. Knud Viktor signe la mise en espace sonore… plusieurs rencontres et conférences sont programmées… et un catalogue est à paraître, chez Actes Sud.C.L. Chambres d’écho jusqu’au 29 novembre Musée Réattu www.museereattu.arles.fr Musee Reattu, Chambres d'echo - Chambre Georges Rousse, avec une oeuvre de Toni Grand (vue partielle)C. Lorin 5
ARLES ABBAYE DU THORONET ARTS VISUELS 45 L’été au jardin Pour la 4 e édition des Sculptures d’été, la ville d’Arles accueille sept créations d’Alain Vuillemet : tout inox, de la sculpture sans intox Comment sculpter le métal ? Pour Alain Vuillemet la réponse est sans équivoque : par pliage essentiellement. Des tôles d’acier inoxydable de plusieurs millimètres, embouties à la presse de plusieurs tonnes, découpées et soudées. Paradoxalement, ce traitement de choc confère au matériau réputé incorruptible des courbes souples et dynamiques. Les formes suggèrent des drapés, un vocabulaire fait de plis, de creux d’ombres, de reflets. Un peu baroque. La matière polie capte l’espace, les couleurs, la lumière, les mouvements passagers alentour et reçoit aussi des sortes de scarifications par les attaques de la soudure à l’arc, des La leçon de Snozzi Après John Pawson et Alvaro Siza, le Centre des monuments nationaux offre sa troisième carte blanche à l’architecte suisse Luigi Snozzi qui, à l’abbaye du Thoronet dans le Var, a réalisé Le mur oublié L’architecture sacrée, Luigi Snozzi la connaît bien pour être intervenu dans la restauration de l’église paroissiale de Brissago et du couvent de Madonna del Sasso, et dans la réhabilitation du monastère de Monte Carasso en école élémentaire. Avec toujours la même idée pénétrante de maintenir le lien entre architecture ancienne et moderne, et la même volonté de prendre en compte l’environnement naturel. Réputé depuis 1957 pour ses projets et bâtiments « au langage clair, essentiel et percutant », dans la droite ligne du Bauhaus et de Le Corbusier, Luigi Snozzi s’est laissé pénétrer par l’une des architectures les plus remarquables de la pensée cistercienne, avant d’y laisser sa trace. En béton brut, Le mur oublié est une réalisation quasi sculpturale, « à la fois forme et structure, masse et surface », qui longe le mur d’enceinte, rythmant à l’horizontale, comme un chemin sans fin, toute la verticalité de l’édifice fondé en 1146, et symbole de l’élévation de l’âme vers Dieu. Le mur oublié redonne ainsi, dans toute la radicalité caractéristique de son vocabulaire, « la force et la légitimité » à des murs d’enceinte qui ne sont pas seulement Alain Vuillemet, Etendarts flamboyants, inox, 2009C. Lorin coups de meule, des éléments rajoutés soudés. Monumentales pour certaines, elles conjuguent la pérennité et l’éphémère. Sculptures d’été constitue un des volets du projet L’art dans l’espace public mené par le service culturel de la ville d’Arles, qui veut « sortir les œuvres des lieux d’exposition habituellement clos comme le musée ou la galerie, vers le public arlésien, et d’accès gratuit. » Alain Vuillemet s’inscrit dans ce projet d’un art de proximité. Le badaud a droit à autre chose que des panneaux publicitaires. Certains y croient encore ! C.L. Luigi Snozzi MAV PACA des vestiges en ruine… L’intervention d’Alvaro Siza porte sur le début du circuit de promenade avec la réalisation du portique d’entrée et le fléchage, alors que l’architecte du Tessin s’attache à clore le chemin avec une œuvre qui s’adapte à la topographie du lieu (élément essentiel de ses recherches) et joue avec les variations du ciel méditerranéen. Sculptures d’été Alain Vuillemet jusqu’au 25 septembre Jardin d’été, Espace Van Gogh, Le Boatel www.arles-agenda.fr Entre ombre et lumière, une nouvelle rythmique naturelle ? Le mur oublié est un signe minimaliste fort qui, malheureusement, risque de passer inaperçu auprès de promeneurs… malgré l’exposition pédagogique et l’ouvrage qui complètent cette Leçon du Thoronet. Mieux vaut donc être accompagné d’un guide pour saisir toutes les subtilités de ce dialogue architectural et spirituel né, pour ce qui concerne Luigi Snozzi, « d’une rencontre bouleversante et magique » avec un chef-d’œuvre. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Leçons du Thoronet : Luigi Snozzi, Le mur oublié Jusqu’au 31 octobre Le Thoronet (Var) 04 94 60 43 90 A1 111 ro re irterautioncie 011Dr. AaV ; terfl 1:10rdn 111130 Li:crW IL rx. MILcis, IXI Yeininaim Show Ruogi : Y2 :..1,1er-1:tape -Rarrz.1 - entr Ibre mnEaignernents



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