Zibeline n°21 août 2009
Zibeline n°21 août 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de août 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,6 Mo

  • Dans ce numéro : la culture est-elle rentable ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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26 FESTIVALS FESTIVAL DE MARSEILLE Croquant Paris-Dresde L’une est née à Dresde, l’autre à Paris, rien ne destinait Katharina Christl et Simon Courchel à se rencontrer, sauf que Frédéric Flamand les a nommés solistes au Ballet National de Marseille. Get ready, I’m done raconte l’histoire d’un couple qui s’apprivoise et danse avec « l’énergie du désespoir » … Mais tout n’est pas noir dans le ciel de ce duo qui distille des pointes d’humour et quelques moments Agnes Mellon magiques. Le premier tableau est marqué d’une danse robotique, répétitive, portée par des silhouettes asexuées et encapuchonnées : les oscillations futuristes des danseurs ne convainquent personne, le sens des images diffusées sur les corps écrans par le truchement de capteurs thermiques n’étant pas maîtrisé… Mais très vite ils entrevoient la vie en rose lorsque le paysage urbain fait place à un espace bucolique : alors, quand la danse s’ébouriffe et se libère à la lisière de l’érotisme, quand l’homme roucoule, parade et joue de ses biceps, Get ready, I’m done provoque un frisson de joie. Mais cette séduction n’a qu’un temps et la belle n’est qu’un songe, la danse s’assèche à nouveau… En 50 minutes chrono, le duo emprunte au combat amoureux tout son vocabulaire pour offrir une danse piquante. Leur première pièce est un roman-photo chorégraphique dans l’air du temps, léger comme de l’eau de rose ! MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Cendre froide Get ready, I’m done a été créé le 23 juin à la Friche Être déçus par les BalletsC. de la B. n’est pas véniel : on les a tant aimés ! Mais là, franchement, on se demande ce qui suscite l’enthousiasme de la salle. Le propos, pauvre, tourne-t-il autour de l’écroulement ? D’une nostalgie évoquée par la musique ? Les arrangements de tubes baroques pour accordéon, théorbe et deux cordes sont très beaux, mais la soprano sonorisée maîtrise mal les aigus… et on ne comprend pas le rapport de cette musique avec la danse. Ni le décor, et ses bicoques blanches d’opérette : la verticalité permet de caser les instrumentistes, et de faire faire quelques figures à un danseur qui s’improvise trampoliniste -pas trop mal pour un danseur, mais les circassiens volent tellement plus haut ! … On assiste ainsi à une série de saynètes, un jeu de grosses fesses amusant, un je te mène par le souffle plutôt joli, un mouvement d’ensemble au sol… Le tout manque singulièrement de sens, et d’invention chorégraphique : tous les mouvements partent du même élan naturel, rotatif : pas de sauts, pas de portés, pas de combinaisons de corps, pas de positions étonnantes, et beaucoup beaucoup de solos hystériques… Bref la danse n’est pas intéressante. Ce qui ne serait rien si le propos était fort. Mais quel est-il ? A.F. Ashes d’Augustijnen a été dansé le 1er et 2 juillet à l’Opéra Jo) ; Agnes Mellon Long ! Certains chorégraphes devraient sérieusement se poser la question du format : la nouvelle, le court métrage, la pièce musicale ont montré depuis Agnes Mellon longtemps qu’une belle idée forte peut produire de merveilleux formats courts. Faire trembler en direct deux danseurs encapuchonnés, emprisonnés dans un décor envahi par un dessinateur PAO, et un espace sonore strié, lui aussi en direct, par un violon retraité et quelques sons de synthèse, aurait pu produire une très belle petite œuvre. 15 minutes qui auraient décliné les trois ambiances sonores, les quatre successions graphiques et les deux ou trois idées des danseurs transformés en étranges pingouins ou lutins numériques... Mais durant plus d’une heure, l’absence de progression dramatique, de variation ou de danse était d’un ennui mortel ! A.F. Is you me a été dansé au Pavillon Noir les 4 et 5 juillet Canebière en coulisse Agnes Mellon L’annulation du Hangar 15 a du bon ! Tango toilet est à sa place exacte sur la Canebière, dans la vitrine exposée de l’Espace Culture, face à tant de passants… Tous s’arrêtent, appellent leurs enfants, applaudissent à cette performance à peine décalée. L’espace public populaire se prend au jeu de l’art. La performance, proposée 4 fois par jour pendant 5 jours, avait dès le samedi ses fidèles qui la voyaient pour la troisième fois… Il faut dire que c’est un petit bijou de simplicité : Rodrigo l’hidalgo se costume et se gomine dans les toilettes blanches d’un dancing, torero en habit de lumière… noir. Une danseuse surgit, scintillante, et ils exécutent un magnifique tango en prenant leurs appuis sur les murs étroits, le lavabo, en sautant dans la baignoire, en se renversant sur les toilettes. La contrainte et le décalage du décor transcendent la danse : ils sont beaux ! Puis se réajustent et sortent. Vers la piste ? Le double décalage du décor et du lieu public donne un joli ton léger à la démonstration virtuose… A.F. Tango Toilet a été dansé par Cristina Cortés and Rodrigo Pardo du 3 au 7 juillet dans la vitrine de l’Espace Culture
Violence Jamais les corps chez Vandekeybus ne sont tranquilles. Dans NieuwZwart ils subissent et exercent une violence extrême. Constante. Qu’ils soient à terre, nus, couverts, seuls, en groupes, en couples, ils se battent, s’humilient, se tordent, explosent. Un comédien dit un texte banal, en anglais, qui raconte une quête dans une obscure forêt. Trois musiciens assènent, forcément fort, des sons trop amplifiés qui déchirent l’air, batterie sèche qui claque, guitares qui trouent l’espace de leurs déchirures. Les images sont belles, le batteur impressionnant, les La danse du Maître Teshigawara seul en scène danse. Sans autre apprêt qu’un costume simple, quelques effets de lumière sur les trois murs dressés, une musique qui superpose des trames sonores qui rapent ou coulent, des signals qui ponctuent. Lumière et musiques sont deux flots continus, et évolutifs, qui accompagnent les mouvements de son corps et le trajet opaque de sa danse. Flots qu’il écoute, ressent et transmet simplement, comme si tout l’univers vibrait en son corps, chambre d’écho du monde. Pas de démonstration virtuose dans sa danse, pas de saut, d’exploit, de transe. Juste une maîtrise extrême de tout ce qui compose le mouvement : l’espace dans toutes ses dimensions, la vitesse dans ses variations d’impulsion, ses arrêts, ses accélérations, ses lenteurs, et tout ce qu’un corps peut faire de rotations, translations, décoordinations, glissements, torsions… En dehors un peu, en parallèle plutôt, et en dedans, ployé, beaucoup : il est Japonais, le Bûto n’est pas loin. À deux moments, soudain, de la douleur. De celle qui étreint dans l’obscurité presque totale, sous des fenêtres de lumière dessinées, l’être qui ploie, se tord, subit. Puis la danse reprend possession du corps qui n’exprime plus que les abstractions qui l’entourent, et la plasticité de sa chair. A.F. 27 danseurs exceptionnels. Mais quel est le sens de cette violence faite aux corps ? Ni le texte mièvre, ni la musique banale à force d’être extrême, ni l’absence de progression des tableaux ne parviennent à dessiner l’ombre d’un propos… A.F. nieuwZwart a été dansé au Merlan du 18 au 20 juin Agnes Mellon Beautiful Portraits Une soirée musique et cinéma. Miroku a été dansé les 9 et 10 juillet au Parc Chanot Rêvez/Réveillez-vous ! Pierre Droulers semble faire de cette injonction, contradictoire en sa profération, le fondement secret de son dernier spectacle dont les initiales W(alk) T(alk) C(halk) renvoient immanquablement à l’invention du cauchemar en boucle. Entre minimalisme chic des images vidéo -une craie trace inlassablement sa ligne claire, des grains de riz pleuvent sur les cordes d’une guitare- et bordel délirant d’un plateau en chantier, le chorégraphe nous offre une vitrine de ses choix esthétiques plutôt qu’un spectacle. Dans une demiebrume punko-gothique se trame une cérémonie non sans charme d’ailleurs : les corps lancés traversent et arpentent, poussés par la scansion de la belle prose de la Religieuse Portugaise... qui s’ensable dans les reflux sonores et la répétition. Avant ou après et surtout avant et après, sur une scène mise à nue et violemment éclairée, les danseurs saturent l’espace de rencontres et de fuite, d’élans et de frustrations qui renvoient davantage au concept de « contact improvisation » qu’à une invitation à déchiffrer ; un entrelacs de câbles blancs comme un cerveau aplati plane à mi-hauteur, métaphysique au ras des cintres qui laisse sur sa faim même le plus « gourmand de ciel » interpellé par la voix de John Giorno ! ! MARIE-JO DHÔ W(alk) T(alk) C(halk) a été joué les 30 juin et 1er juillet au Merlan Agnès Mellon Agnès Mellon L’image : commandés par le Musée Warhol et le Pittsburgh Cultural Trust, 13 portraits de quatre minutes, en gros plans fixes, noir et blanc, choisis parmi les centaines que l’ambassadeur du pop art a tournés entre 1964 et 1966 dans sa Factory. Des gens célèbres ou inconnus. Le son : Dean Wareham et Britta Phillips, anciens membres du groupe Luna, fondé en 1992 par Dean, rejoint par Britta en 1999, ont composé pour « habiller » ces portraits muets une musique originale. « C’est comme coloriser de merveilleux films noirs et blancs », précise le guitariste. Et c’est une belle « colorisation » ! Un voyage chargé d’émotion dans les années 60, où on voit défiler Dennis Hopper qui médite sur la musique lancinante de The Enabler, la superbe Nico qui semble vouloir fuir notre regard sur I’ll Keep It With Mine que lui avait offert Dylan ; Lou Reed, derrière ses lunettes noires, boit nonchalamment sa bouteille de coca, sur I’m Not A Young Man Anymore du Velvet Underground. La belle AnnBuchanan pleure sur une mélodie douceamère et Paul America mâche son chewing-gum au rythme du Teenage Lightning de Luna… Un beau voyage musical et cinématographique. ANNIE GAVA 13 Most Beautiful… Songs for Andy Warhol’s Screen Tests ont été projetés/joués le 6 juillet au Gymnase



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