Zibeline n°20 juillet 2009
Zibeline n°20 juillet 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de juillet 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,6 Mo

  • Dans ce numéro : les festivals débutent... les saisons s'annoncent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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76 ÉDUCATION SAULT THÉÂTRE VITEZ Un festival pas paresseux ! Pour sa deuxième édition, Sons Dessus de Sault a envahi pendant deux jours le village vauclusien. À l’initiative d’un prof de musique bouillonnant, fondateur du collectif le Phare à Lucioles (labellisé Pôle de développement culturel départemental), ce festival a l’ambition d’apporter la culture en milieu rural. Le village est ainsi investi par 40 artistes pros et 100 amateurs, qui se rencontrent, se démènent, déambulent en fanfare pour apporter concerts, vidéos, performances et émotions aux spectateurs. Mélangeant musiciens confirmés (Volapük, The Pop en Stock, Minimal Orchestra, Alfred Spirli…), la programmation intègre une création pédagogique avec l’ensemble vocal Dunumba du collège de Sault. 70 élèves volontaires, dirigés par leur prof Loïc Guénin, à l’issue d’une année scolaire préparatoire, ont travaillé en résidence avec le collectif Inouï sur des courts métrages du collectif Dydlo. Ensemble, ils ont créé de véritables pièces musicales, sur un sujet audacieux et passionnant : la paresse ! Les films n’étaient pas à la hauteur, mais la création musicale originale, qui change des « academy » où il est si facile d’emmener des ados, laisse entrevoir l’intérêt du sujet. Car le propos articulé autour de o l’œuvre de Lafargue, Le Droit à la paresse, fait forcément grincer des dents : la paresse reste un pêché capital (capitaliste ?), et ce manifeste social raisonne sur notre société qui sacralise le travail. Les ados n’auraient-ils pas le droit d’y réfléchir ? Eux qui, à l’aube d’un avenir de productivité et de consommation, ont la chance de pouvoir encore cogiter sur l’appréciation du temps comme un luxe sans prix ! DELPHINE MICHELANGELI Sons dessus de Sault a eu lieu les 30 et 31 mai à Sault (Vaucluse) Minimal Orchestra pixbynot.com Bataille de mots Pied de nez à la publication de ses œuvres complètes dans la Pléiade, Nathalie Sarraute écrivait un nouveau recueil, Ouvrez. Quinze courtes histoires mettaient en scène les mots devenus des « êtres vivants parfaitement autonomes ». Les mots bannis derrière Nathalie Sarraute Jacques Sassier - editions Gallimard o une paroi transparente observent les conversations, le langage en train de se formuler et imaginent quelles auraient été leurs propres performances s’ils avaient été choisis. Ces mots vivants se sont incarnés tout naturellement sur la scène du théâtre Antoine Vitez les 19 et 20 mai, dans une lecture mise en espace par Sylvie Boutley, avec les étudiants des cursus de théâtre de l’université. Le « tu » s’agace des raccourcis qui l’élident et le transforment en « taka » lorsque le « n » de la négation s’oublie. Le vieillard « je vous aime » s’insurge face au fringant et juvénile « je t’aime ». Que faire des mots pauvres ? Quelle « substance indicible » emplit « la coque vide des mots » ? Le « me » volage abandonne son « je », s’attachant à l’autre sujet « il me fait une pneumonie » … Dans un décor qui se module avec un jeu de boîtes éparpillées négligemment ou élevées en rochers, les acteurs se retrouvent dans une salle de classe impromptue, ou dans une parodie de mine, à la rescousse du « tac ». Fous rires, lectures plus ou moins expressives, un ensemble extrêmement sympathique et frais, avec quelques jeunes acteurs qui déjà affirment une belle présence. La disparité s’expliquait par le choix de présenter le travail de tous les étudiants, de la première à la troisième année. Une belle occasion de découvrir pour eux celle qui explora les limites du langage, se livrant selon les termes de Françoise Asso à Une écriture de l’effraction. MARYVONNE COLOMBANI Prendre plaisir C’est le plaisir qui préside aux créations présentées lors du Festival du Jeune Théâtre Amateur du Théâtre Vitez : celui de l’expérience artistique et du risque. Depuis une quinzaine d’années ce festival présente des spectacles issus d’ateliers encadrés par des étudiants du Département Arts du spectacle, qui peuvent ainsi s’initier à l’adaptation, à la mise en scène, la scénographie, la direction d’acteurs, mais aussi à la régie, aux techniques du spectacle vivant, au travail d’équipe. Zibeline a vu deux des treize spectacles qui ont été proposés du 3 au 10 juin. L’Eden des mouches est une adaptation des Mouches de Sartre qui avait fait couler beaucoup d’encre lors de sa création en 1943. Entre soumission, remord et révolte, Oreste choisit la liberté et la vengeance et se libère de l’emprise de Jupiter qui n’est qu’un oppresseur. Le jeune metteur en scène, Cédric Pons, a d’ailleurs fait mourir le dieu -ce que n’avait pas fait Sartre-, allant jusqu’au bout de la révolte. C’est un texte de Fabrice Melquiot qui était proposé, Marcia Hesse, du nom de la fille décédée d’un des couples de cette célébration familiale. Nous sommes un 31 décembre ; très vite par la mise en scène, les propos gênés, certains silences, on comprend qu’un drame a eu lieu. La famille est réunie chez Yvonne, mère et grand-mère, personnage attachant magnifiquement interprété par Béatrice de Villars. La tempête souffle et les cœurs ne sont pas tranquilles. Un texte long et difficile, magnifique lorsqu’il est transcendé, mais dont la metteuse en scène Nathalie Dutour, malgré le très bon niveau de jeu de sa troupe, aurait dû couper quelques tunnels. CHRIS BOURGUE u o L’Eden des mouches Marine Escure
THÉÂTRE DES ATELIERS ERAC VAUVENARGUES ÉDUCATION 77 Ah ! o C’est comme un cri, celui de la naissance, de la mort, de la souffrance, de la joie, jubilation, étonnement, incertitude, interrogation, exclamation devant la vie, les autres, soi-même, l’autre, dans la surprise de sa propre existence et la difficulté à se définir. Autobiographie donc, dates, moments marquants, séparations, morts, naissances, amours, création, voyages, un ensemble de faits concrets pour rendre compte d’une existence. Il est mort depuis dix ans, il nous attend, nous, les spectateurs, adossé au mur noir de la salle du Théâtre des Ateliers. Ombre, lumière, « ça commence comme ça ». L’histoire de Ah, Naissance du Monde d’où les personnages jaillissent, cris de nouveaux nés. La jeune troupe des élèves comédiens de La compagnie d’entraînement s’en donne à cœur joie, explore les différentes techniques théâtrales, jeu muet, reflets, diffraction des personnages, passages hilarants de bande vidéo accélérée, danse, chant, percus-sion, marches aléatoires… Images réelles et virtuelles, création d’avatars de soi. Épopée rimbaldienne dans laquelle la justification de la vie, de son parcours est ce parcours lui-même. À la question « qu’être soi-même ? », une seule réponse, « j’avance ». Toute la vie X-D.R Le texte de Pascal Rambert, choisi par la jeune troupe, travaillé en collaboration avec l’auteur pendant un séminaire, est monté avec un enthousiasme jubilatoire. La mise en scène et le choix des acteurs, ont été dirigés avec un beau discernement par Alain Simon. Un très beau spectacle qui interroge avec humour les grands problèmes de notre époque, fanatismes, clonages, perte de l’autre, suicides, politique, condition des artistes… et nous renvoie à nous-mêmes. Toute une vie, c’est aussi nos vies. MARYVONNE COLOMBANI Le théâtre des Ateliers, Aix, dispense toute l’année une formation destinée aux jeunes comédiens en phase de professionnalisation Toute la vie X-D.R Phèdre en éclats Le Théâtre des Bernardines, partenaire depuis 10 ans de l’ERAC (École Régionale d’Acteurs de Cannes), a accueilli les étudiants de 3 e année pour la préparation du spectacle clôturant leur cursus de formation. 10 comédiens enthousiastes et fervents qui ont partagé 3 ans d’expériences enrichissantes entre Marseille, Cannes et Paris. Le metteur en scène Richard Sammut s’est attaqué au mythe de Phèdre en parcourant les textes que son personnage a inspirés depuis l’Antiquité, créant une sorte de kaléidoscope de cette histoire de passion et de mort : Euripide et Sénèque, Racine, le suédois Per Olov Enquist, le hongrois István Tasnádi, l’anglaise Sarah Kane... Traversant l’Histoire, les personnages et les situations se densifient, la sexualité s’exaspère, les écritures donnent des éclairages différents sur la politique ou le social. Les comédiens ont dû passer de la violence cathartique de la tragédie grecque à la déchéance cacophonique de notre siècle, s’interroger sur la dégradation ou la disparition du sacré. Le tout dans des costumes neutres et un décor de tissus sur lesquels circuleront des images video tournées par la troupe. Le parti-pris de modernité du spectacle et l’engagement artistique total des interprètes sur la voie d’un métier difficile ne manqueront certainement pas de séduire le spectateur ! CHRIS BOURGUE Phèdre(s) mes Richard Sammut du 19 au 25 juin 04 91 24 30 40- Théâtre des Bernardines www.theatre-bernardines ; org Edwige Lamy Quand deux amis se parlent Cela fait des années qu’ils font ensemble du théâtre. En amateurs, de plus en plus éclairés, de plus en plus ‘pros’. Et c’est en comédiens chevronnés qu’ils proposent ce duo au lycée Vauveznargues (Aix), qui leur ouvre son cloître. La pièce d’Eric Emmanuel Schmitt Variations Enigmatiques met en scène deux amis, justement, qui s’affrontent au sujet d’une femme. Enfin sans doute. Parce qu’il est question aussi d’amour de soi, et d’autres sortes de rivalités… A.F. Variations énigmatiques Eric Emmanuel Schmitt Du 28 juin au 4 juillet Avec Thierry Bloss et Jean-Claude Azoulay alteregaux.theatre@yahoo.fr



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