Zibeline n°20 juillet 2009
Zibeline n°20 juillet 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de juillet 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,6 Mo

  • Dans ce numéro : les festivals débutent... les saisons s'annoncent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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72 LIVRES ÉCRIVAINS EN DIALOGUE AGGLOPOLE PROVENCE Lettres portugaises aux ABD Le 12 mai Ecrivains en dialogue a proposé une rencontre avec deux femmes littéraires remarquables, en partenariat avec Libraires à Marseille et la librairie Prado-Paradis Lidia Jorge, est reconnue dans son pays et dans le monde entier ; on la présente volontiers comme l’écrivaine « qui a fait découvrir le Portugal aux Portugais » (aux autres aussi). Adriana Lisboa commence à l’être, et pas seulement sur sa terre natale du Brésil. Invitées à Paris par leur éditeur Métailié, elles ont fait un crochet pour rencontrer le public marseillais et s’entretenir de leurs ouvrages récemment (et excellemment !) traduits en français. Leur dialogue très naturel, en français, a mis en évidence leur esthétique. Nous combattrons l’ombre de Jorge et Des roses rouge vif de Lisboa ont à voir avec le thème du secret, du « grand scandale qui est caché », du « monstre qui grogne à voix basse », comme l’a déclaré Lidia Jorge à propos du roman de sa jeune consœur. Qu’il s’agisse d’un secret de famille honteux ou de nondits historiques, les deux romans visent à briser le silence, à « faire parler ce qui est caché » : d’ailleurs le personnage central de Nous combattrons l’ombre est psychanalyste, un métier d’accoucheur de mots que la romancière portugaise assimile à celui de l’écrivain. Les voix des deux romans sont singulières, mais la révélation y suit une Sinfonia em branco, le titre original fait allusion à un tableau de Whistler, motif récurrent du roman. Symphonie, c’est-àdire harmonie d’ensemble, en blanc pour signifier les non dits, les attentes silencieuses et les secrets qui pèsent sur les personnages et les lieux de cette histoire. Le titre français, Des roses rouge vif, est lui aussi un écho du livre. Référence à un objet fétiche, à un épisode dramatique, la couleur de ces roses évoque la violence des passions de ce récit peuplé de symboles, de peinture et de musique. Tous les éléments du « roman de gare » sont réunis ici : drame passionnel fondateur, secrets de famille, amour non partagé, couples malheureux, tentative de suicide, enfant adultérin… Adriana Lisboa jongle avec les topoï des telenovelas, avec certains ingrédients des intrigues policières également. Pourtant, son roman est tout sauf stéréotypé. La composition en est remarquablement maîtrisée. Dans une fazenda isolée de l’état de Rio, deux personnages, Clarice et Tomas, attendent la venue d’un troisième, Maria Inès. Durant cette attente de la sœur, de l’ancienne amante, le temps se déplie : retours en arrière, focalisations diverses, peu à peu le voile se déchire, les silences se mettent à bruire, dans une symphonie savamment fragmentée, jusqu’aux révélations finales. La jeune romancière excelle à créer des atmosphères voie similaire, qui va tout sauf droit au but : multiplication des histoires et des points de vue, motifs récurrents, variations sur les thèmes… Les deux romancières disent leurs prédécesseurs, Virginia Woolf en tête, leur volonté de plonger le lecteur dans le « courant de conscience » des personnages, d’atteindre leur intimité ; d’« entrer dans les chambres », précise Lisboa. D’écrire comme la mémoire procède, par fragments, arrêts sur objets insolites ou triviaux, reprises et retours, selon une circularité à laquelle s’ajoute toujours un détail neuf, à la façon de Shéhérazade. Une histoire qui se dit et se redit, toujours et jamais la même, afin de « parler de ce dont aucune autre discipline ne peut parler. » Les deux romancières se font une haute idée du métier d’écrivain, et l’illustrent dans des œuvres contemporaines d’une grande puissance poétique, dont la lecture apéritive de J-C Nieto a donné un bel aperçu. On a donc regretté que ce stimulant dialogue se soit déroulé en petit comité, et que le public soit appelé souvent à chiner les livres plutôt qu’à écouter celles qui les écrivent… FRED ROBERT Symphonie en rouge et blanc Adriana Lisboa ❑es roses rouge vif co b Adriana Lisboa Carlos Luz À lire Lidia Jorge : La Couverture du soldat ; Le Vent qui siffle dans les grues ; Nous combattrons l’ombre. envoûtantes. Les leitmotive plongent le lecteur dans un monde étrange et concret à la fois, dans la conscience des personnages aussi. L’omniprésence de la végétation et du paysage, l’ambiance gorgée de chaleur ou d’humidité, la prégnance des objets quotidiens donnent du corps à cet univers, sensuel et ardent comme Maria Inès, la clef de voûte de cette poétique histoire de famille et d’amour. F.R. Des roses rouge vif Adriana Lisboa Métailié, 17 euros Histoires de femmes Pendant une quinzaine de jours, la manifestation Lire ensemble a essaimé ses propositions artistiques sur le territoire d’Agglopole Provence autour du thème Femmes et Méditerranée. Dans toutes les communes ont eu lieu des lectures, des rencontres, des ateliers… Et parmi tous ces choix, le 26 mai, à Salon, le Forum Femmes Méditerranée de Marseille (FFM) présentait les meilleures nouvelles du concours réservé aux femmes d’Agglopole Provence, qui avait pour thème La rue. Avant de proposer une conférence réunissant deux écrivaines, Fadéla M’rabet et Michèle Juan Cortada, ainsi que Esther Fouchier, fondatrice du FFM, sur le thème Femmes, écritures et engagement. Le mot dignité est certainement celui qui revenait le plus dans la bouche des intervenantes : « parler et laisser trace de sa parole », « passer d’un être/objet à un être/sujet », « prouver sa capacité de résistance, son potentiel de création », « refuser l’oppression », « aller de la pensée vers l’action » … L’une comme l’autre, témoin sur le papier de ces combats de femmes de tous ordres, et des leurs, esquissèrent (trop rapidement, hélas !), en partant de leurs écrits, des vies de luttes, de fiertés, encore et toujours renouvelées… En Espagne durant la guerre civile pour Michèle Juan Cortada (Tres de Mayo, éd. Chèvre Feuille Etoilée), en Algérie pour Fadéla M’rabet (La Femme Algérienne, Maspero, et Algériennes, Maspéro). Le 29 mai, c’est la conteuse Praline Gay- Para qui venait raconter l’ogresse dans les contes, et plus particulièrement dans les traditions du Moyen Orient et du Maghreb. De quoi désarçonner quelque peu les occidentaux que nous sommes, plus habitués à côtoyer des sorcières que des ogresses… Car au contraire des sorcières fourchues, crochues et vieilles, les ogresses, mères protectrices -bien que dévorantes et immatures-, sont plus féminines, et pas forcément négatives. Le discours devint passionnant lorsqu’il s’agrémenta de récits, Praline Gay-Para captant son auditoire en l’emmenant sur quelques chemins obscurs où les héros s’en sortent toujours bien, détournant la bêtise des ogres et ogresses… À lire : Aïcha et l’ogre (Didier Jeunesse), Contes curieux, des quatre coins du monde (Actes Sud), L’ogre gentleman (Syros Jeunesse), contes populaires de Palestine (Magnard…). o DOMINIQUE MARÇON Lire ensemble a eu lieu sur le territoire d’Agglopole Provence (Salon) du 15 au 30 mai
PETIT MATIN PEUPLE ET CULTURE ÉCRITURES CROISÉES LIVRES 73 Le partage des mots Comme chaque année, les lundi de juin à 19h30, la troupe du Théâtre du Petit Matin, sous la houlette de sa directrice Nicole Yanni, sort prendre l’air du large, à la découverte de petits ports, de calanques ou d’anses, dans lesquels il fasse bon lire des textes drôles, ludiques et poétiques. « Mettre nos corps à l’épreuve, faire sentir les éléments de la nature, se laisser inspirer par le vent, l’air, l’eau, le bruit des vagues… », telle est la proposition de Nicole Yanni et de ses complices en lecture pour ces Mots à l’air, qui donnent à entendre les textes de poètes contemporains peu connus du grand public, Edith Azam pour la présente édition. Le 8 juin, première escale au Fort St Jean. Il y a du vent dans les robes, les châles tintinnabulent, les cheveux battent. Pas facile de donner de la voix par ce temps et au milieu de badauds pas toujours réceptifs ! Mais les acteurs luttent, résistent aux éléments. Au final, les 45 minutes de poésie passent à la vitesse des nuages bas sur la mer, dans une belle énergie et des rires communicatifs. Après les mots, c’est l’apéro que tous partagent avec ce qu’ils ont sorti du sac. On savait déjà que l’ouverture et la convivialité étaient de mise au Petit Matin ; on a eu l’occasion de le vérifier. En Chine Les Ecritures Croisées, à Aix, reçoivent un écrivain prestigieux : Mo Yan. Avec près de quatre-vingt essais, nouvelles et romans, dont une dizaine ont été traduits en français (Le Clan du sorgho, Actes Sud, 1990 -porté à l’écran par Zhang Yimou sous le titre Le Sorgho rouge ; Le Pays de l’alcool, Seuil, 2000 ; Beaux seins belles fesses, Seuil, 2004 ; La Mo Yan Cannarsa Basso 6dith aseam co Reste à espérer que les divinités marines et météorologiques soient plus clémentes lors des prochains rendez-vous, afin que les acteurs puissent faire vibrer les poèmes dans une tiédeur estivale plus propice à l’envol des mots à l’air ! FRED ROBERT Les mots à l’air, lectures poétiques au bord de l’eau ; prochain R.-V. : lundi 22 juin à 19h30 à l’Anse de la Fausse Monnaie. Les textes lus étaient extraits de Tiphasme est Phasme (Inventaire/Invention, 2007) et de Rupture (Dernier télégramme, 2008), d’Edith Azam. Joie, Philippe Picquier, 2007 ; Quarante et un coups de canon, Seuil, 2008), Mo Yan est considéré comme l’un des auteurs les plus important de la Chine d’aujourd’hui. Après une présentation sous forme de dialogue menée par Noël Dutrait (et la traduction de Philippe Che), Alain Simon lira les « bonnes feuilles » de son nouveau roman, La Dure loi du karma, à paraître au Seuil. « Cinquante années du destin d’une communauté de paysans, de la libération maoïste à notre époque marchande, an passant par la Révolution culturelle » … Rencontre avec Mo Yan Le 25 juin à 18h30 Amphithéâtre de la Verrière Cité du Livre Tél 04 42 91 98 88 www.citedulivre-aix.com Rencontre au jardin b m Le 13 juin, l’association Peuple et Culture Marseille a clôturé son cycle annuel de rencontres en invitant l’écrivain d’origine marocaine Kebir Mustapha Ammi à l’occasion de la publication de son dernier roman (et 11 e livre), Les vertus immorales. Pour l’occasion, la librairie L’Histoire de l’œil avait ouvert grand ses portes… et son jardin. Pierre Guéry avait confié l’organisation de cet aprèsmidi littéraire à Marion de Dominicis, lectrice experte et passionnée de l’œuvre d’Ammi. Celle-ci a d’abord animé un atelier d’écriture, qui a accueilli une douzaine de personnes, autour d’extraits choisis de l’écrivain. Et plus tard, le jardin s’est rempli du public venu l’écouter présenter cet auteur original. Insistant sur la notion de langue, puisqu’Ammi écrit en français et commence à peine à être traduit et lu en arabe, sa langue familiale, elle a souligné l’importance des noms, propres en particulier, celle des livres et du passage à l’écriture, omniprésentes dans les œuvres romanesques de l’écrivain. Cette rencontre a aussi été l’occasion pour Ammi de revenir plus particulièrement sur son dernier opus. Point de départ de la fiction : la mention d’un Maure présent sur le navire, dans le récit de voyage d’un explorateur du seizième siècle. L’histoire débute donc à Salé, au Maroc, en 1602, et peut se lire comme un roman picaresque. Mais quand on sait que ce siècle fut celui de l’Inquisition, des guerres de religion et aussi l’âge d’or de la Kabbale, on peut se douter, et l’auteur confirme, que ce n’est pas par hasard qu’il a choisi ce cadre et cette trame narrative. De ce roman très construit, mémoires d’un jeune Marocain parti vers le Nouveau- Monde et revenu, on peut faire plusieurs lectures, allégorique, philosophique, eHn, LES VERTUS IMMORALES Rencontres littéraires radiophoniques en public La Caravelle 34 quai du Port 13002 Marseille — 17 h 30 entrée libre Jeudi 2 juillet mystique. Ammi confesse également les nombreux éléments autobiographiques de son texte, dont il ne révèle d’ailleurs rien, laissant au lecteur le choix de sa lecture et de ses interrogations. Car, pour lui un roman est un questionnement du monde et du réel, et reste plein de paradoxes et de contradictions. Ce que le héros ambigu du roman incarne et que l’oxymore du titre révèle. À lire donc entre les lignes, et à méditer… FRED ROBERT Rencontre en partenariat avec le FIS Marseille 2009, autour du thème de l'Ecran Parallèle Les spectres de l'histoire : comment le cinéma choisit d'agiter, pF Les vertus immorales Kebir Mustapha Ammi Gallimard, 17,50 euros de faire revivre, d'inquiéter les fantômes historiques ? Europeana, une brève histoire du XX e siècle, lecture/action par le Collectif d’Ecriture et de Lecture Active, d’après le texte de Patrick Ourednik, mise en espace Stéphanie Lemonnier et Pierre Guéry, les 23 et 24 juin à La Cité, Marseille. 04 91 53 95 61 www.maisondetheatre.com. Marseille Renseignements : 04 96 12 43 42



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