Zibeline n°20 juillet 2009
Zibeline n°20 juillet 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de juillet 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,6 Mo

  • Dans ce numéro : les festivals débutent... les saisons s'annoncent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 64 - 65  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
64 65
64 CINÉMA CINÉCOLE LA QUINZAINE À MARSEILLE I am not a teacher, I am a spectator ! Comme chaque année, les 350 « marathoniens » de Cinécole, enseignants, étudiants et lycéens venus de toute la France ont rempli la salle du Miramar, à Cannes Durant 27 heures ils ont vu douze films, sélectionnés par six enseignants de l’Académie de Nice, venus de tous les écrans du Festival et de dix pays. Cette manifestation, née de la collaboration de Cannes Cinéma et du Rectorat de Nice, a proposé pour sa vingt-septième édition une programmation moins noire qu’en 2008. Enfance et adolescence C’est pas moi, je le jure !, le film du Canadien Philippe Falardeau, a obtenu le prix Ecrans Juniors : un film centré sur les souffrances des enfants dont les parents se séparent, comme Léon Doré, superbement interprété par le jeune Antoine l’Ecuyer. Parents qui divorcent, ce qui bouleverse la petite franco-japonaise et son amie, Yuki et Nina, prêtes à tout pour que Yuki reste à Paris, dans le film de Nobuhiro Suwa et Hippolyte Girardot, peut-être le maillon faible de la programmation. Adolescence abîmée, exclue, perdue de Mia, jouée par Katie Jarvis, (qui pouvait prétendre au prix d’interprétation), qui se débat entre sa mère (Kierston Wareing) et son nouvel amant (Michael Fassbender) dans Fish Tank d’Andréa Arnold, qui a obtenu, à juste titre, le Prix du Jury. Adolescence en danger de Gunther Strobbe qui arrivera peut-être à se sortir de la Merditude des choses (voir ci-contre). Adolescente mal dans sa peau comme la Roumaine Délia qui, transformée en actrice de clip publicitaire, parvient à s’opposer à ses parents, prêts à revendre « son » automobile et devenir La Fille la plus heureuse de monde dans le premier long métrage de Radu June. Les jeunes ne sont pas les seuls à souffrir. Bien des personnages subissent les coups du sort, sociaux, politiques, affectifs : la Mother de Bong Joon Ho, véritable « Mama Roma » de Corée, prête à tout pour sauver son fils accusé d’un crime. Ou encore les cadres de la société Muller, pris au jeu de massacre du monde de l’entreprise dans le film de Mathias Gokalp, Rien de personnel, servi par un travail intéressant sur le point de vue et une très bonne distribution : Jean-Pierre Darroussin, Pascal Grégory, Mélanie Doutay, Denis Podalydès… Fluides La vie n’étant pas un long fleuve tranquille, le malaise des petits et des grands se répand en fluides divers jusqu’à la nausée parfois. Sang dans Mother, dans Polytechnique du Canadien Denis Villeneuve, ou dans Sirta la gal ba de Shahram Alidi : en suivant la camionnette du postier, Mam Baldar, découvre les villages de montagne du Kurdistan massacrés par l’armée irakienne. Écoulements d’urine sur des endroits aussi inattendus que la moquette salie par Mia dans la maison de celui qui l’a trahie ou que la penderie d’une famille trop conventionnelle, souillée par le jeune Léon Doré qui n’accepte pas le départ de sa mère pour la Grèce. Sans oublier les litres de bière ingurgités par la famille Strobbe jusqu’à l’écœurement, ou l’alcool qui conduit aux projets artistiques les plus fous comme celui qu’imaginent les deux amis d’adolescence, Ben et Andrew, une des trois comédies de la sélection, dans Humpday de LynnShelton. Le public de Cinécole, fatigué mais heureux après cette longue traversée cinématographique, a donné Fish Tank de Andrea Arnold deux « Coups de cœur » : l’un au film de Falardeau, C’est pas moi, je le jure !, et l’autre au film kurd, Sirta la gal ba, sensible à la beauté de ses images. Quant au prix de l’Éducation Nationale, présidé cette année par la comédienne Anne Alvaro, il a été décerné (avant la Palme d’Or !) au film de Michael Haneke, le Ruban blanc. ANNIE GAVA À propos de Mother La première scène est saisissante de beauté et d’étrangeté : plan d’ensemble, un champ d’herbes hautes et dorées, une lisière de forêt, une femme au loin marche et s’approche lentement. Le mouvement lent de la caméra accueille cette lente avancée. Au centre de l’écran, cette femme, âgée déjà, est comme ivre, près de tomber, elle tangue, puis se balance et danse. Coupure. Plan sur un hachoir, dont le bruit au moment de la coupe, résonne puissamment. La main qui l’utilise est celle de la femme qui dansait. Tout en travaillant dans sa boutique, elle regarde un adolescent et son camarade jouer dans la rue avec un chien. Avec régularité et application, le geste du travail est répété. Alternance du geste de hacher et du regard de la femme sur la rue et le jeune homme. Forte tension de cette scène : la femme est moins à son travail qu’elle n’est par son regard dans la rue. Mother. Cette femme est la mère, une mère folle d’amour pour son enfant. Le film du Coréen Bong Joon-ho est d’abord le film d’un amour éperdu d’une mère pour son fils. Mais c’est aussi un film policier, film dont l’enjeu pour le spectateur est pourtant moins la résolution d’un crime que le dévoilement de la passion destructrice d’une mère pour son fils. Avec l’enquête, nous pourrions retrouver tous les éléments classiques du polar. Ils sont là, mais nous sommes aussi bien au-delà. L’essentiel est ailleurs, là où le film ne cesse de porter le spectateur. Tout est dans le titre. Par la médiation du film de genre, Bong Joonho va où le film « familial » ne conduit pas toujours. L’intrigue policière devient révélation progressive d’un amour fou : c’est ainsi de bout en bout que le cinéaste coréen Bong Joon-ho maintient le mystère et la profondeur de son personnage, dans l’un des films les plus maîtrisés de la sélection Cinécole 2009. FRANCK ROBERT Mother de Bong Joon Ho
65 Douze à la Quinzaine Douze des vingt-quatre films sélectionnés à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes ont été présentés au public marseillais, à l’Alhambra Ciné Marseille, du 26 mai au 1er juin La soirée d’ouverture a été consacrée à Luc Moullet et à son dernier film, La Terre de la folie, après la projection du court métrage Nice réalisé par Maud Alpi, dont on peut préférer le précédent, Lucas sur terre. Luc Moullet, ancien rédacteur aux Cahiers du Cinéma, est un cinéaste original. Présent à l’Alhambra, il a répondu aux questions que n’a pas manqué de susciter ce documentaire singulier dont le point de départ est un fait précis : le meurtre à coups de pioche du maire d’un village qui avait déplacé de deux mètres sa chèvre, meurtre commis par un de ses aïeuls. De là, l’idée de dresser une cartographie de la folie dans les Alpes de Haute- Provence et de tracer le « pentagone de la folie » dont le centre serait… Digne ! À l’intérieur du Pentagone, Luc Moullet va recueillir des témoignages, commentés par le réalisateur lui-même, d’une voix monocorde et montrant un visage impassible. Les faits ont beau être tragiques, on rit beaucoup durant le film, sans doute à cause du contraste entre les faits exposés et le ton décalé du commentaire. Ne nous étonnons pas : le modèle du cinéaste n’est autre que… Charlie Chaplin ! Autre personnage étonnant, Patrizia, aux cheveux rouge vif, qui, cherchant Hercule, son chien, trouve une fillette de deux ans sur une balançoire. Aia va partager avec une communauté de saltimbanques quelques jours de bonheur. C’est la Pivellina de Tizza Covi et Rainer Frimmel, un film généreux qui a reçu le soutien du réseau Europa Cinéma pour la distribution. Primé à Sundance, Humpday de LynnShelton, dont le titre fait référence à un festival de vidéo amateur… porno, est une comédie légère où deux amis, Ben et Andrew, projettent de tourner un film gay, dont ils seraient les héros. Non seulement ils sont hétéro, mais Ben est marié. La séquence où il essaye d’exposer son projet à sa femme est très drôle ! Dans Polytechnique, en revanche, on ne rit pas du tout. Fondé sur les témoignages des survivants, le film raconte le massacre de l’Ecole Polytechnique à Montréal, en décembre 1989, à travers les yeux de deux étudiants. C’est la première fois qu’un film aborde ce sujet et Denis Villeneuve le traite en noir et blanc qui, dit-il, donne « une distance poétique au film » et lui permet d’être dans l’émotion. Difficile de ne pas penser à Elephant de Gus Van Sant, même si le film est assez différent. Le cinéaste a voulu faire là un « geste de consolation », mais pour le spectateur le tableau est rude ! Remercions encore l’Alhambra ciné Marseille et la région PACA de permettre à tous ceux qui ne peuvent se déplacer à Cannes de voir en avant-première les films de la Quinzaine. ANNIE GAVA La Pivellina de Tizza Covi et Rainer Frimmel Comédie trash Dans La Merditude des choses du Flamand Felix van Groeningen, le jeune Gunther Strobbe, devenu père, s’essaie à l’écriture, racontant son enfance pour mieux briser son schéma familial. Les Strobbe sont très unis mais il n’est pas aisé de grandir chez sa mémé, aussi bonne soit-elle, entre un père et trois oncles qui, pour passer le temps, s’alcoolisent, relèvent des défis farfelus ou cognent. Gunther choisira finalement d’être un oncle pour son fils. Une peinture sociale, vulgaire et drôle ! ARMELLE MARIÉ La Merditude des choses de Felix Van Groeningen SOUTH BAY OAIV 20"" FESTIVAL INTERNATIONAL DU DOCUMENTAIRE DE MARSEILLLE 20"" FESTIVAL INTERNATIONAL DU DOCUMENTAIRE DE MARSEILLE MARSEILLE DU 8 AU 13 JUILLET 2009 THÉÂTRE DU GYMNASE/CRDP/LES VARIÉTÉS/BMVR ALCAZAR/CRID THÉÂTRE DU GYMNASE/CRDP/LES VARIÉTÉS/BMVR ALCAZAR/CRID www.fidmarseille.org www.fidmarseille.org



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 1Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 2-3Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 4-5Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 6-7Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 8-9Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 10-11Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 12-13Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 14-15Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 16-17Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 18-19Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 20-21Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 22-23Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 24-25Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 26-27Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 28-29Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 30-31Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 32-33Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 34-35Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 36-37Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 38-39Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 40-41Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 42-43Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 44-45Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 46-47Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 48-49Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 50-51Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 52-53Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 54-55Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 56-57Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 58-59Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 60-61Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 62-63Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 64-65Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 66-67Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 68-69Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 70-71Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 72-73Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 74-75Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 76-77Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 78-79Zibeline numéro 20 juillet 2009 Page 80