Zibeline n°20 juillet 2009
Zibeline n°20 juillet 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de juillet 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,6 Mo

  • Dans ce numéro : les festivals débutent... les saisons s'annoncent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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58 ARTS VISUELS SECONDE NATURE SMART Ondes de choc pour Seconde Nature ! Délogé in extremis de la Cité du Livre à Aix, le festival musical des 5 et 6 juin Seconde nature s’était déjà vu contraint de déménager à la Fondation Vasarely en raison des nuisances sonores… Un contretemps déstabilisant pour l’équipe, malheureusement suivi d’un deuxième plus grave encore : l’annulation pure et simple du festival pour cause d’occupation des pelouses de la Fondation Vasarely par des gens du voyage. Si une aire d’accueil leur est destinée entre Aix et Vitrolles, celle-ci est occupée de manière quasi permanente par d’autres communautés : les familles se sont donc installées sans autorisation deux semaines avant le festival… pour n’en partir que le 7 juin ! Bref, de dialogues impossibles en actions en justice, l’équipe a dû annuler son festival. « Une décision douloureuse à prendre qui ne devrait pas avoir de conséquences financières grâce aux assurances, souligne Pierre-Emmanuel Reviron, mais un immense gâchis. » D’autant que ce n’est pas la première fois que les pelouses sont ainsi prises d’assaut, à la même période de surcroît ! Qu’aucune sonnette d’alarme n’ait été tirée en étonne plus d’un… Soucieux de ne pas polémiquer, Pierre-Emmanuel Reviron, encouragé par de nombreux messages de soutien, espère que ce « scénario catastrophe ne se reproduira pas l’an prochain. » Heureusement, cette série de faux-pas, n’a aucune incidence sur les propositions visuelles prévues à la Fondation Vasarely, à l’Institut de l’image et à la Scène numérique, ni à la Friche Belle de Mai où le Zinc est leur « alter ego marseillais sur les questions du multimédia. » La programmation tentaculaire de Dessine-moi. ser un mutant est placée sous le signe des métamorphoses liées aux outils, au développement technologique et aux problématiques écologiques et environnementales. Un sujet ambitieux qui devrait se développer sur deux ans avec différents partenaires régionaux et internationaux… Aujourd’hui, les artistes questionnent les mutations humaine, technologique, identitaire et territoriale à travers des installations, des films et des performances qui vont au-delà des préoccupations artistiques stricto sensu, Seconde nature ayant « privilégié la force des projets. » Avec une entrée en matière de Matthew Barney dédiée à Picasso (films expérimentaux sur les transformations sexuelles et corporelles), l’édition 2009 est riche de productions, notamment Le Bestiaire numérique que l’on découvre derrière des miroirs, commandes audiovisuelles originales réalisées par des binômes composés d’artistes numériques et de musiciens. Ainsi en est-il du projet d’Adelin Schweitzer et redSugar, qui « interroge l’être humain sur ses perceptions du réel » et de l’installation de Vincent Elka qui, en résidence de création à Aix, a travaillé avec un danseur du Ballet Preljocaj. Jean-Michel Bruyère et le groupe LFKs sont aussi de la partie, comme Mathias Poisson et Manolie Soysouvanh qui guident les visiteurs dans des promenades inédites et sensorielles. Une nouveauté pour Seconde nature qui souhaite « faire sortir les œuvres de l’espace urbain sur des formes originales et des propositions singulières. » Dont acte ! MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Dessine-moi un mutant jusqu’au 1er août à Aix www.secondenature.org Vincent Elka Sho(u)t X-D.R. Pas trop morose ! Malgré un contexte de crise peu favorable, le Sm’art 2009 vient de se terminer. Un premier bilan plutôt positif, pour rebondir en 2010 Cette satanée crise mondiale n’affecte pas seulement les entreprises industrielles et bancaires. L’économie de la culture -publique comme privée- en subit gravement les conséquences. Pouvait-on attendre une progression positive pour cette quatrième édition ? Lors de l’élaboration du projet 2009, la perte de plusieurs sponsors annonçait des projections pessimistes. Un manque qu’une grande marque de voitures outre rhénane est venue compenser entre temps : « …malheureusement plusieurs entreprises qui travaillaient avec nous n’ont pas voulu ou pu prolonger le partenariat, mais Bmw s’est joint à nous heureusement. Cela fait plaisir car on se sent compris et soutenu ! » déclarait Christiane Michel peu avant l’ouverture officielle. Contre toute attente les premiers retours apparaissent positifs. Les décompte des entrées (+9% par rapport à 2008) et des ventes sont en légère progression « alors que tout le monde s’attendait plutôt à une forte baisse compte tenu de l’ambiance générale sur les salons d’art. Trois artistes (Fleerackers, De Johantho, Valdès,ndlr) ont vendu la totalité de leur stand ! » La conférence de Ricardo Arcos- Oeuvre de Sidné le fou Palma, directeur du Musée d’Art de l’Université Nationale de Colombie, L’art contemporain en Colombie et Amérique latine, a ouvert de nouveaux horizons internationaux vers un projet fin 2009. Et si la nouveauté de ce salon était une vente aux enchères avec la maison Leclère, celle-ci a fait salle comble… mais a trouvé peu d’acheteurs. Par ailleurs, le Sm’art est associé depuis sa création à l’établissement de soins palliatifs La Maison à Gardanne. Son directeur s’est vu remettre 3600 € pour l’amélioration de leur atelier créatif « …persuadé que l’art soutient nos efforts pour aider nos patients vers, sinon la guérison, du moins dans l’amélioration de leurs difficultés en fin de vie. » Quant aux œuvres présentées, si certaines restent en deçà des exigences d’un salon d’art contemporain, on relève des propositions sortant du lot (Rose, Bastoni, Paoli) offrant des démarches authentiquement artistiques. Signe que la progression n’est pas seulement quantitative ! www.salonsmart-aix.com
FRAC MUSÉE DE LA MODE VILLA TAMARIS ARTS VISUELS 59 Fred Sathal, une sacrée créature ! Aussi incongrue soit-elle, la présence de la créatrice de mode Fred Sathal au Frac est une véritable réussite. D’autant qu’elle fait coup double avec le musée de la Mode Sylvie Richoux, conservateur du musée de la Mode en avait rêvé si souvent qu’elle n’y croyait plus. Mais le projet est devenu une réalité : l’œuvre de Fred Sathal, « une artiste protéiforme dont le travail de plasticienne s’incarne en diverses identités », fait l’objet d’une double présentation à « la hauteur de son talent et de sa reconnaissance internationale. » Déjà, en 1998, Sylvie Richoux avait acquis une de ses pièces pour la collection du musée, croyant dur comme fer à son travail, aussi « décousu » soit-il… C’est que depuis ses premiers pas en 1989, Fred Sathal a tout fait pour brouiller les pistes, flirtant avec l’univers de la mode, de la haute couture, de la photographie et du spectacle vivant, passant d’un côté à l’autre de la rive sans l’ombre d’un remords. Du coup, Sylvie Richoux n’eut aucun mal à convaincre Pascal Neveux, directeur du Frac, d’accueillir la face cachée de l’artiste, son côté pile, loin des podiums des défilés, là où elle réalise photographies de voyages, vidéos, lianes de verre et autres sculptures-objets. Comme son monumental Arbre de vie, exploit technique à fort potentiel poétique réalisé in situ. Scénographiée par l’artiste elle-même qui plonge son exposition dans un bain sonore évoquant le frottement, Mon antre s’attache aux éléments constitutifs du vêtement, aux objets formels, à ses outils et à son vocabulaire, inscrivant ainsi sa démarche dans le champ de l’art contemporain. Une posture toute personnelle qui a déjà séduit le Palais de Tokyo… Rien de tel au musée de la Mode qui privilégie une ambiance boudoir, noir obscur et lumières tamisées, pour ses modèles de prêt-à-porter et de haute couture. Soit vingt années de collections aux titres enfiévrés : Cabane céleste, Épées aiguilles, Territoires mentaux, inspirés de ses quêtes au bout du monde, de ses lectures et de ses rencontres. Un ensemble éclectique et cohérent qui constitue « sa garde-robe de magicienne », baroque et volontiers spectaculaire par le foisonnement des matières : récupération de tissus superposés, rideaux Exposition Fred Sathal - Mon antre, FRAC Provence-Alpes-Cote d'Azur Jean-Christophe Lett déchirés, broderies de fils de soie, de paillettes, plumes, dentelles, galons de passementerie. La liste est longue de ces matériaux qu’elle teint à la vapeur de manière artisanale, qu’elle customise et découpe comme l’artiste dessine sur la toile ou sculpte le bois. Pour preuve le manteau de sa collection 2006, Incandescence chamanique, œuvre d’art total dessinée à main levée au crayon bille et à la gouache sur toile de coton. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Mon antre jusqu’au 29 août, FRAC 04 91 91 27 55 Sathal créatures jusqu’au 31 octobre, musée de la Mode 04 96 17 06 00 Exposition Fred Sathal - Mon antre, FRAC Provence-Alpes-Cote d'Azur Jean-Christophe Lett Le Roman de Favier L’homme pressé détournera ses pas de la Villa Tamaris Pacha car l’œuvre de Philippe Favier requiert patience, attention, concentration. Depuis les années 80, l’artiste plasticien déroule son fil d’Ariane à la manière d’un chasseur de papillon en quête d’une espèce rare, en silence et jamais à découvert. Avec une précision d’horloger et une rigueur d’entomologiste, Philippe Favier entreprend toujours d’étonnantes explorations, comme au Musée d’art contemporain de Lyon pour sa Géographie à l’usage des gauchers et au Château de Villeneuve à Vence pour une dépaysante Vie de château. Sur les hauteurs de Tamaris, il endosse les habits d’égyptologue pour ouvrir les pages de son Grand livre qui, tel un immense papyrus, raconte une épopée pharaonique peuplée de « corps vidés », de cartes imaginaires, de hiéroglyphes, de personnages facétieux au long corpsallique, de lilliputiens, de satyres et autres représentations dantesques. Dans ce travail obsessionnel, où la méticulosité du trait égale la richesse de l’imaginaire, Philippe Favier contrefait la réalité, défait les apparences, et en poète prestidigitateur, fait apparaître et disparaître le monde des vivants. Stylo à bille d’une main, encre de chine de l’autre, il écrit sans discontinuer à l’endroit et à l’envers, invente des graphies, inverse des signes, biffe, rature, nous obligeant à décoder son message. À tenter de le décoder, plutôt ! On pense aux planches des botanistes qui, sur le terrain, répertorient avec rigueur le fruit de leurs évaluations, ou plus prosaïquement aux cahiers de l’écolier rêveur entachés de croquis dans les marges… Sur verre, sur bois ou sur papier, Philippe Favier taille, grave, creuse son sillon, dessine comme un écrivain écrit quand il aime « les petits gestes de l’écriture, ces gestes minimum, mes dessins n’exigent pas plus de mouvement qu’un coup de dés. » Car Philippe Favier est adepte de l’économie de moyens : sans tapage ni effets de manche, il oscille entre l’univers d’Allan Poe et celui de la bande dessinée, les enluminures médiévales et les planisphères scientifiques. De la même manière qu’il redessine sa propre cartographie du sensible, il invente plans et coupes architecturaux (Écrevisses et architectes en 2009), met en scène des vanités cousues de fil rouge (Lucky One en 2006/2007) et marie l’humour de la langue et de l’esprit (Sans titre aux landaus vides, Comas Soutra). Tout son travail converge vers la naissance d’une liturgie profane dont les codes, les cérémonies ou les usages sont accessibles aux seuls esprits contemplatifs. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Philippe Favier jusqu’au 28 juin Villa Tamaris centre d’art, La Seyne sur Mer (83) 04 94 06 84 00 Philippe Favier, Feu 2



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