Zibeline n°20 juillet 2009
Zibeline n°20 juillet 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de juillet 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,6 Mo

  • Dans ce numéro : les festivals débutent... les saisons s'annoncent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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46 MUSIQUE CONCERTS Mistral gagnant L’adaptation musicale du Mirèio de Mistral par Gounod, mise en scène à Marseille par Robert Fortune, a révélé un couple de jeunes chanteurs : Hye Myung Kang et Sébastien Guèze Dès l’ouverture instrumentale on sent, à l’épreuve du chef-d’œuvre de Gounod, toute l’expérience engrangée par l’orchestre depuis une quinzaine. Les cordes regorgent de lumière et, sous une tenture où pèse le soleil méridional, les chœurs féminins des Magnanarelles enchantent l’auditoire. Plus loin, en négatif, sous la voûte étoilée d’un Val d’Enfer rocailleux, les sombres voix d’hommes annonceront le dénouement funèbre… La force de Mireille réside dans les contrastes, du bourdon populaire de la Farandole ou du tendre Duo de Magali, à la folie fantastique du Rhône bouillonnant et du désert de feu de la Crau… De fait, la série de tableaux dessinés par Robert Fortune fait merveille, comme pour la rougeoyante Malédiction de Taven ou la chapelle enluminée des Saintes-Marie… Loin de l’idée de transposition spatio-temporelle, sa Mireille est ancrée au pays d’Arles au XIX e siècle. Du coup, il faut juste se faire à l’idée que la coréenne Hye Myung Kang n’a pas vraiment le type méditerranéen ! Passé ce détail, la jeune soprano issue du CNIPAL est une révélation. Dans le rôle-titre sa voix est facile, colorée, égale sur tout le registre, ses aigus solides…et son sens dramatique aiguisé : une artiste à suivre ! Son partenaire Sébastien Guèze est un Vincent rêvé, jeune et beau, ténor léger idéal à l’articulation claire. Du reste, toute la distribution française participe à la réussite du spectacle, du puissant bouvier Ourrias de Lionel Lhote à la magistrale sorcière incarnée par Marie- Ange Todorovitch. Une saison lyrique qui, après une superbe Jenufa, s’achève en apothéose à l’Opéra de Marseille ! Cinq à Sept Quant à la musique de chambre, le dernier concert de la saison a débuté en fin d’après-midi le samedi du « pont » de l’Ascension devant une salle finalement assez pleine ! et au milieu des costumes de scène mis aux enchères au profit de l’association AIDES. Sept solistes de l’Orchestre ont joué l’Ouverture festive du Barbier de Séville et le Prélude hispanisant de l’acte IV de Carmen devant les créations portées jadis par Ryzanek ou Leo Nucci… Sylvie Niverd (violon), Cécile Florentin (alto), Véronique Gueirard (violoncelle), Jean-Bernard Rière (contrebasse), Frédéric Baron (basson), Didier Huot (cor) et Didier Gueirard (clarinette) ont également donné une belle interprétation du Septuor de Beethoven, œuvre à l’étrange forme en arche, comportant davantage de mouvements que la sonate classique, et tout encore empreinte du style mozartien. Dans l’Adagio cantabile ou les Variations Christian Dresse 2009 chères au compositeur germanique, chaque instrumentiste a eu l’occasion d’affirmer sa couleur propre, comme dans les tutti de l’Introduction lente ou le Final alerte, l’ensemble d’afficher une belle osmose. Quand le jazz est… En bis, tel un concertiste classique entamant une Partita de Bach, Didier Lockwood se lance à l’assaut d’un standard dont l’assistance fredonne les paroles : Le jazz et la java. Bientôt, jouant de ses pédales, enregistrant en boucle des cellules rythmiques, formule de basse et trémolos à la tsigane qui se superposent, ce n’est plus un violon seul que l’on entend, mais un orchestre entier. Le show man descend de scène, traverse la salle en trottinant, sans quitter l’archet, remonte d’un bond sur le plateau avant que l’accumulation sonore, tel un gigantesque feuilleté pyrotechnique ne déclenche les hourras du théâtre bondé. Ultime communion de cet Hommage à Nougaro le 5 juin à l’Opéra de Marseille ! Un peu plus tôt, sur le fameux thème de Sonny Rollins qui servit de souche à la chanson A tes seins, l’étonnant violoncelliste Guillaume Latil, dans un chorus rare à cet instrument, avait engagé le brillant Claude Egéa à se déchaîner sur sa trompette coudée façon Dizzy et poussé Lockwood vers des montagnes russes en arabesques sonores à couper le souffle… alors que dans Les Don Juan, on avait également découvert un jeune tromboniste au swing assuré : Bastien Ballaz. Coup de chapeau à l’initiative passionnée du dynamique directeur musical du Big band de l’Orchestre de l’Opéra de Marseille. Didier Huot, tel un feu-follet dansant sur scène, a chauffé la salle à la tête de sa vingtaine de musiciens, et donné de superbes arrangements d’Armstrong, Cécile, La Chanson, Tu verras… JACQUES FRESCHEL Didier Lockwood Marie-Lan Nguyen D
47 Tout en subtilité, ou pas Histoire d’ouvrir très en avance, ou de donner un avant-goût du Festival d’Aix-en-Provence (du 3 au 31 juillet), le GTP a proposé un concert rassemblant deux grands classiques. Tout d’abord le Quatuor en fa majeur de Ravel, œuvre de jeunesse pourtant saisissante, le compositeur ayant su malgré son jeune âge (27 ans) déjouer les difficultés de la musique de chambre. Et faire de son tout premier quatuor à cordes une référence ! Armé du fameux Quatuor des Evangélistes, datant de 1863 et inutilisé depuis maintenant 35 ans, le Quatuor Modigliani a su en donner une interprétation forte, inspirée et subtile, donnant la part belle aux parties d’alto et de violoncelle, manié avec une habileté rare par François Kieffer. Ensuite, le fameux Carnaval des animaux de Camille Saint Saëns, partition ludique aux mélodies si connues des oreilles enfantines… mais dont l’interprétation fut plus inégale, et a notamment souffert de la difficulté de jouer à dix, sans chef d’orchestre, sur une si grande scène… On retiendra cependant l’intensité de certains passages, notamment les « affrontements » entre Claire-Marie Le Guay et Denis Pascal aux pianos, ou la prestation remarquée de Magali Mosnier à la flûte. Intensité malheureusement mise à mal par le texte pourtant amusant de Francis Blanche, mais récité avec monotonie et inexactitude par Julie Depardieu, apparemment peu à ce qu’elle faisait ce soir-là, et qui semblait cachetonner. C’est le problème avec les stars, qui remplissent les salles 0 et satisfont notre appétence à voir en vrai les gens connus… qui sont parfois très peu à ce qu’ils font ! On le regretta d’autant plus que le Carnaval s’acheva sur un finale impeccable, plein d’entrain et aux phrasés soignés ; une interprétation pleine de panache, concluant ce concert avec enthousiasme ! SUSAN BEL Toutes les mêmes ? La saison lyrique de l’opéra de Toulon se clôturait en beauté le 2 juin avec une représentation de Cosi fan tutte de Mozart 0 L’histoire, dont le sujet fut imaginé par l’Empereur autrichien Joseph II, commanditaire de l’œuvre, sert de prétexte à une farce misogyne sur les tourments de l’amour, où l’honneur des femmes est mis à rude épreuve. En effet, poussés par un vieux célibataire cynique, deux jeunes officiers amoureux parient sur la fidélité de leur promise respective. L’une et l’autre tomberont dans le piège, mais contre toute attente, l’épilogue de cette supercherie est bien plus amer qu’il n’y paraît. Mozart, en habile humoriste, doublé de son librettiste da Ponte, parvient à épingler sans ménagement la nature humaine. Dans cette partition où le compositeur déploie tout son génie, les caractères des personnages sont mis en valeur par l’orchestration qui est un modèle du genre et les musiciens de l’orchestre de l’opéra sous la direction efficace de Thomas Rösner en ont restitué toutes les subtiles richesses. La distribution vocale était tout aussi éclatante, Quatuor Modigliani Adriana da Silva et, à l’instar de l’air de Fiordiligi, Ei parte, per pietà dans le deuxième acte, superbement interprété par Evelina Dobracheva, les rôles féminins de la partition étaient dignes d’éloges : à la coquetterie frivole de Dorabella interprétée par Carine Séchaye s’ajoutait la fraîcheur naïve de la servante Despina chantée avec ferveur par la soprano Gabrielle Philiponet. Les rôles masculins étaient tout aussi bons dans leurs airs ou récitatifs respectifs, même si un léger manque de puissance ne leur ait pas permis d’égaler les femmes dans les tutti. La mise en scène dynamique, magnifiquement servie par les décors (Didier Payen), les lumières et les costumes (Jorge Jara) d’une beauté rare, offrait aux chanteurs un écrin idéal pour mettre en valeur un parti pris comique et loufoque parfois caricatural en forme d’hommage au compositeur, mais qui rendait aussi à l’ouvrage toute sa verdeur et son acidité ! EMILIEN MOREAU Thomas Roesner Carole Parodi



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