Zibeline n°20 juillet 2009
Zibeline n°20 juillet 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de juillet 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,6 Mo

  • Dans ce numéro : les festivals débutent... les saisons s'annoncent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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44 MUSIQUE CONCERTS Les doigts dans la prise Dans la série des concerts Oneshot programmés par le Grim, les américains de Lightning Bolt ont électrifié la scène de Montévidéo le 27 mai Bien que déçu de l’annulation de Duracell pour cause de problème claviculaire -remplacé avec le concours de l’Embobineuse par les ravageurs XHOHK-, le duo déjanté des Lightning Bolt était là et s’est fait entendre ! Bien avant le début des hostilités, la terrasse de Montévidéo grouille de fidèles impatients tant la présence des représentants du noise rock expérimental outre atlantique déplacent les adeptes de ce type de performance artistique mais aussi physique. Brian Chippendale et sa batterie sont au centre des débats frénétiques dès le premier round de ce corps à corps impressionnant. Pour avoir un aperçu du déchaînement des biceps contractés du leader de Rhode Island, il suffit de voir planer les nombreuses baguettes brisées au contact violent de la caisse claire ! Affublé comme à chaque concert d’un (nouveau) masque tribal dont il a le secret, lui-même relié à Lithning Bolt Pirlouiiiit - Liveinmarseille.com un micro travaillant la voix, le bouillant percussionniste avale des tempi ultra rapides laissant peu de place à son acolyte guitariste Brian Gibson. L’état extatique du public proche de la transe païenne confirme que les fans déchaînés, munis pour quelques uns de bouchons d’oreilles distribués judicieusement, ne sont pas venus écouter religieusement quelques titres, mais participer activement à cette litanie viscérale obsessionnelle aux sonorités bruitistes et aux rythmes agressifs. Les Lightning Bolt ne rempliront pas l’Olympia ? Il est heureux de constater que le Grim s’attache à diffuser une musique barrée qui sort des ronrons habituels. FRÉDÉRIC ISOLETTA Hot days in Méjan D ti Pour sa 14 e édition, le festival Jazz in Arles au Méjan offrait cinq jours durant une programmation sans concession centrée sur le piano Affuté, c’est ce qui caractérisait le jeu de Giovanni Falzone, en symbiose totale avec son pianiste Marseillais Bruno Angelini et frisant le théâtre musical. Le trompettiste a offert un festival d’avant-garde mélangeant le jeu traditionnel et une exploitation détournée de son instrument digne d’une Sequenza de Berio. En réponse, le jeu du pianiste faisait parfois écho aux Sonates de Boulez vivifiées par le swing. Instant de grâce du festival : un langage moderne, méridional, mâtiné de musique afro-américaine sans tourner free. Autres soirs, autres styles : l’improvisation à la rythmique libérée liberté a parfois du mal à rompre avec le souvenir de Keith Jarret (Köln quand tu nous tiens...) et emmène dans des ostinatos obsédants… sur lesquels se plaçait heureusement la main droite inspirée de Guillaume de Chassy qui fait résonner les classiques détournés (Scriabine, Bartok, Prokofiev...) dans ses performances solo imprévues. David Liebman représente justement une valeur sûre, accompagné par Jean- Marie Machado pétrissant son clavier avec obstination et qui « décolle » brillamment en fin de concert, récompensé par sa recherche onirique du son dans des Fados réinventés. Seul doté d’une rythmique, Edouard Bineau Trio avait ouvert le festival avec bonheur et élégance. Et malgré quelques approximations harmoniques, les voix de David Linx et Maria Pia de Vito faisaient oublier leurs imprécisions passagères dans des unissons endiablés avec le pianiste Diderik Wissels. Ils fermaient cette cession en agrémentant leur scat de percussions vocales et corporelles aux accents de human beat box, avant de s’éteindre sur des sons filés aux harmonies blue notes intemporelles. P-A OH-YEAH ! Giovanni Falzone et Bruno Angelini Dario Villa Dix jazz-griots complètement dingues Cela débute par une invitation au voyage. Jean Pelle, grand militant du jazz à Marseille nous présente de façon très originale les musiciens de la soirée qui descendent un escalier vers la scène de ce très beau lieu qu’est la Station Alexandre. Nous sommes à bord de l’avion Africa Express, attachez vos oreilles ! Le set de ce soir a été préparé de longue date par Jacques Ponzio qui en a composé toutes les musiques. Un travail d’une dizaine d’années fait de rencontres et d’échanges entre musiciens. Un hommage aux jazzmen noirs, à leurs racines profondes. Clara’s Nocturne est une belle ballade à la flûte, du blues, des allusions aux divers jazz, au rock. Une musique où la relation à l’Afrique ne fait pas dans l’évidence, mais se construit plutôt comme un mélange d’influences. Exceptés les morceaux comme Adjame, ou Sahel dans lequel un duo rythmique contrebasse et guitare donne une couleur très kora. On aura entendu surtout des musiciens-amis qui ont plaisir à jouer complices. Et Thierry Maucci et Dominique Bouzon étaient là pour propulser l’ensemble encore plus haut ! DAN WARZY Ce concert a été donné à la Station Alexandre à Marseille le 6 juin
Musicadouze b Amputés d’un de leurs membres dans le pupitre des basses, les chanteurs de Musicatreize étaient réunis le 12 mai en l’église Saint Louis à Toulon, et ont interprété un programme remanié pour l’occasion… Le concert débuta par l’interprétation des Tre canti sacri de Scelsi et la sonorité du lieu fit merveille pour mettre en valeur les subtiles harmoniques de la partition, émanant des oscillations vocales et des tempéraments inégaux. Malheureusement ce ne fut pas le cas pour Les Cris de Paris : l’acoustique tournante mettait en péril l’intelligibilité du texte et compliquait la perception du jeu sonore sur les onomatopées, propre à l’écriture polyphonique de Janequin dans ses chansons descriptives. Mais, paradoxalement et sans doute grâce à la langue anglaise, l’hommage rendu par Berio aux polyphonistes britanniques du XVII e siècle, dans une écriture typique du XXe, fut ensuite interprété avec une théâtralité toute en finesse. L’absence d’un chanteur conduisit ensuite l’ensemble à n’interpréter que la partie centrale des Cris de Ohana, ce qui était évidemment frustrant, l’extrait ne reflétant qu’une infime partie des recherches du compositeur sur les possibilités de la voix humaine. Avec ses Cris de Marseille, Régis Campo a su transcrire, non sans humour, toute la musicalité du vocabulaire local. Faisant référence à ses origines, tout en relevant le défi d’égaler ses prédécesseurs par une écriture polyphonique renouvelée Singuliers pluriel b L’ensemble Télémaque a le chic pour donner à ses performances des formes sortant du commun des concerts ! De fait, le 9 juin au Théâtre des Bernardines, le programme Les Subjectifs a été bâti autour d’une œuvre de Prokofiev au dispositif instrumental rare. C’est qu’on connaît peu son Quintette op.39 pour violon, alto, contrebasse, clarinette et hautbois ! Destiné à l’origine aux Ballets russes de Berlin en 1924, l’opus est composé de six numéros colorés et expressifs, puisant leur langage dans l’univers du cirque. L’auteur y allie classicisme et modernité, poésie et sarcasme, contrepoint et trémolos subtils, tension et pointillisme, mixe finement les timbres instrumentaux pour illustrer ici un orgue de barbarie, là une danse d’acrobates ou les arabesques souples d’une ballerine... Entre les mouvements de cet opus génial (comme une grande part de l’œuvre du Russe), les musiciens ont offert de magnifiques solos de compositeurs qui, tel Prokofiev, demeurent assez difficilement « classables » dans les courants de l’histoire de la musique, privilégient l’expressivité sensuelle et l’émotion, s’appuient sur une tradition « classique » ou populaire sans pour autant fuir les nouvelles techniques d’expression, ni la virtuosité. Jean-Bernard Rière et sa contrebasse rugissante ou plaintive (Melancholia d’Hersant), Blandine Bacqué et son hautbois mélismatique, multi-phonique et lointainement pastoral (Sarc d’Ohana), Pascale Guérin et son alto furioso développant en éventail des motifs hallucinatoires (Sonate op.25 n°1 d’Hindemith), Linda Amrani ses Regis CampoC. Daguet - Editions Henry Lemoine où mélodies et harmonies évoquent chaleureusement le sud, il a offert un bijou vocal sur mesure à l’ensemble qui l’interpréta à merveille pour clôturer ce concert. EMILIEN MOREAU voltiges et autres soufflets ou tremblements à la clarinette (Sonate de Denisov), Jean-Christophe Selmi ses volutes acrobatiques au violon tout en tension et résolution apaisante (Cadenza de Penderecki)… ont offert au public une prestation de haut-vol, ponctuée par un duo « échangiste » de Tristan Murail où clarinette et violon n’ont eu de cesse de s’éperonner leurs notes respectives (Les ruines circulaires). JACQUES FRESCHEL Ensemble Telemaque Agnes Mellon 45 Voix expertes Le Temps et la Nuit, Dieu, la Mémoire et la Mort ont été les thèmes chantés le 12 juin au temple Grignan par l’ensemble Musicatreize et le Chœur Contemporain Si l’invocation divine extraite de Fontaines d’Israël (1623), madrigaux allemands du baroque primitif à cinq voix de JohannHermannSchein, mérite d’être mûrie par Musicatreize des points de vue des nuances, du style, des couleurs vocales, il n’en va pas de même avec le reste du somptueux programme dirigé par Roland Hayrabedian. Les trames doucement mouvantes, se référant à la luminescence des néons d’une œuvre plastique de Martial Raysse, ont fait vibrer l’assemblée. Et le nouveau « tempérament » (découpage inégal de l’échelle des fréquences) imaginé par François Paris a été appréhendé avec une expertise confondante par les douze voix solistes de Musicatreize. L’hymne à la vie imaginé, en turc, par Annette Mengel dans Mazal a été esquissé avec de jolis pigments par le Chœur Contemporain dont les 32 voix ont su également mettre en exergue toutes les scansions, la puissance ténébreuse des frottements harmoniques de Suite de la Nuit d’Edith Canat de Chizy. Quant aux deux dernier opus, ils sont entrés en résonance ! Au langage choral « classique » hérité de Debussy du Tombeau de Louise Labé de Maurice Ohana ont naturellement répondu les cris de révolte et d’espérance d’Oroïpen, sorte de « memoriam » en basque composé par Félix Ibarrondo en souvenir sensible et douloureux de son maître. Deux œuvres au répertoire de Musicatreize depuis 1991-95, chantées ici avec une grande aisance. JACQUES FRESCHEL 0



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