Zibeline n°20 juillet 2009
Zibeline n°20 juillet 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de juillet 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,6 Mo

  • Dans ce numéro : les festivals débutent... les saisons s'annoncent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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42 DANSE BNM PAVILLON NOIR Danses en création ! Le Ballet National de Marseille a offert du 27 mai au 6 juin un festival de création impressionnant : juste avant de reprendre Métamorphoses au festival d’Uzès et le programme Malandain/Kelemenis/Forsythe à Châteauvallon, ils ont créé en quelques jours quatre pièces très différentes… tandis que l’ENSDM proposait son spectacle de fin d’année (voir p 75) et que Dance reprenait Success Story au Palais de la Bourse. Cela commença durant la Nuit des musées : Katharina Christl, phénomène dont on retrouvera une création au Festival de Marseille (voir p 11), proposait Klaus T. dans l’aquarium du [Mac] ; derrière les parois de verres ses danseurs construisaient et déplaçaient des murs en mousse, enfermés dans un univers à la fois enfantin et claustrophobe… Le public pressé derrière les vitres durant les trois heures de la performance ne perdit pas un miette de cette danse contre l’espace, le rétrécissement, qui tentait des portés empêtrés au plafond, des déplacements restreints, encombrés, amusants ou angoissants… La soirée réunissant les trois créations fut plus discutable : InvӘrses d’Annabelle Lopez Ochoa voulait revisiter les rapports entre danses néoclassique et contemporaine. Katharina Christl, qui incarnait Success Story Agnes Mellon visiblement la chorégraphe, parcourait la scène en avec ce type de danse est qu’elle nécessite une tout sens, gâchant des trésors d’énergie à ramper, perfection technique pour donner sa mesure : on a tressauter, autour d’un groupe de danseurs impassibles et mécaniques qui se rétractaient à son surtout dans le mouvement rapide, surtout quand les besoin d’être emporté, épaté, et là sans cesse, approche… Dialectique intéressante mais mise en garçons dansent, on repère des unissons qui déclent, place sans évolution dramatique, avec des moyens des fautes de pied, de bras, et l’impression générale rudimentaires et une musique agaçante. d’une difficulté à sauter, à tourner, à suivre le Tempo Vicino de Lucinda Childs est d’une autre rythme… à maîtriser suffisamment la technique pour trempe. D’abord parce que la musique de John décoller un peu, oublier les pas, interpréter, plonger Adams est nettement plus émouvante ! Son of dans l’émotion. Les danseurs sont-ils fatigués ? On Chambers Symphony est une partition écrite, les a connus nettement meilleurs… structurée, interprétée, sur laquelle la chorégraphe a La création de Frédéric Flamand, Le trouble de pensé sa pièce en trois mouvements. Le problème Narcisse, ne pose pas ce type de problème : les Klaus T Agnes Mellon G m danseurs y sont employés pour ce qu’ils sont, avec leurs qualités propres, leur personnalité individuelle d’interprète contemporain. Autour du mythe de Narcisse Flamand interroge l’image, le reflet, qui comme dans les contes fantastiques se libère de l’emprise du sujet et affirme son indépendance. Les danseurs tour à tour puis ensemble, Narcisses et Echos, viennent se projeter en reflets rebelles qui décalent, s’affublent d’un ballon, se figent, se multiplient… Une allégorie de notre société où les images prennent plus de sens que les êtres qui les génèrent ? Dans la pièce sur Howard Hughes, Success story, le propos sur l’image est encore plus troublant. Le personnage du milliardaire aviateur compulsif, hanté de désir d’envol et de vitesse, d’absolu, mais obsédé par la pureté et l’argent, se diffracte en projections multipliées sur tous les murs, tous les espaces, captés en direct, réduits à la figure de l’hélice, de l’altimètre qui s’emballe, du corps que l’on lave et l’on habille comme s’il était déjà un cadavre impur. Les danseurs de Dance sont absolument épatants. Quatre d’entre eux rejoindront le BNM l’an prochain. Et renforceront l’air contemporain qui lui va bien. AGNÈS FRESCHEL Histoire de dindes Les derniers spectacles de saison, au Pavillon Noir, ont été donnés par les Affluents du 16 au 18 mai : comme chaque saison depuis 15 ans le Ballet Preljocaj produit les créations des danseurs, donnant l’occasion aux interprètes de devenir des chorégraphes. Trois danseuses cette fois ont saisi les commandes, pour une soirée d’un très bon niveau. La pièce de Caroline Finn, en particulier, était explosive ! Il est rare de voir de la danse comique. Dans Bernadette, une ménagère guidée par la voix d’un présentateur télé va faire une tarte aux pommes. Mais agitée de soubresauts -révolte du corps, hantise inconsciente, sursaut de l’esprit ? - elle envoie en l’air farine, œufs, pommes, dans une gestuelle à la fois virtuose et hilarante, et avec un talent de comédienne hors pair : chacun des mouvements insensés de son corps se traduit en mimiques d’incompréhension, de panique, de pudeur… comme si la femme qui apparaît peu à peu sous la ménagère grimée était décidément plus qu’incongrue ! Une pièce de danse burlesque, qui se conclut par la chute d’une dinde, et un éclat de rire général. A.F. (2)ei
GMEM I MUSIQUE 43 Les Musiques dansent Agnes Mellon o VTE, le duo dansé par Caroline Blanc et Michel Kelemenis -Marianne Descamps s’étant blesséeest une belle pièce abstraite, fondée sur des phrases chorégraphiques sporadiques, des segments exécutés à toute allure, des flots de gestes soudainement arrêtés, comme captivés sous des lumières alternatives. Cela pose des questions au regard : que se passe-t-il entre les éclairs de lumière, dans les intervalles entre les phrases ? La continuité du flux porte notre attention non sur le mouvement mais sur les instants d’immobilité où les regards se croisent, où les corps se touchent lentement. Est-il question d’une relation interrompue par des secousses ? La ponctuation, les blancs, les suspens semblent détenir un sens qui échappe dès que le mouvement surgit… Tout autre est le quintet masculin créé à l’occasion de ces Musiques. Cela commence par l’émotion déferlante de Tchaïkovski et les corps habités semblent détruire une harmonie intime… puis les nappes de Christian Zanési viennent proposer d’autres séquences auxquelles les cinq corps répondent par des trajets individuels qui se croisent en unissons partielles, organisent l’espace en des La voix surhumaine Dans Ismène, « opéra pour voix seule » de Georges Aperghis sur un texte de Yannis Ritsos, Marianne Pousseur accomplit une performance exceptionnelle. La mise en scène fascinante d’Enrico Bagnoli participe au succès d’un spectacle qui clôt, aux Bernardines, le Festival Les Musiques. C’est au fil de la représentation qu’on découvre qui parle et ce qu’Ismène veut nous dire, comme l’étonnant dispositif visuel, sonore, technique qui entoure Marianne Pousseur. Seule en scène, déjà là, assise, comme si elle attendait son heure depuis les origines, la sœur discrète d’Antigone sort de l’ombre, au terme de sa vie. Elle dit sa vérité, comme pour gagner sa propre postérité, évoque son enfance, les odeurs, les vendanges, l’insoumission de sa sœur, se remémore le corps inerte d’Hémon et son père Œdipe qui se creva les yeux… Il y a quelque chose dans ce monologue de Ismene Michel Boermans La voix humaine de Cocteau/Poulenc, Erwartung de Schoenberg, Oh les beaux jours ! de Beckett, Elektra de Strauss... L’actrice-chanteuse est entièrement nue et va le rester jusqu’au bout… Elle se meut les pieds dans l’eau d’une mare-miroir, matrice générant des effets visuels surprenants. Des lampes rouges saignent en pluie dans l’onde dont les frissons se reflètent sur les parois géantes de la chapelle… Le corps fantomatique d’Ismène se projette dans l’espace en vidéo, en ombres chinoises, dans quelque rai de lumière rasant… alors que les éléments qui l’entourent s’inscrivent sur son corps sans âge. Rien d’indécent dans cette nudité crue ! Visage de plâtre, blafard, le corps souillé comme surgi de la terre, badigeonné, elle est même belle Marianne Pousseur, actrice à la diction juste, chanteuse à l’intonation précise. Georges Aperghis trouve dans un récitatif schizophrénique, alternant voix parlée et chantée, en français et en grec, une expression à la fois héritée du théâtre musical (que le compositeur pratique depuis des lustres) et d’un « classicisme » à l’antique dont se nourrit le texte de son compatriote Yannis Ritsos. Le tout se double de trames et d’effets sonores enregistrés, qui se superposent en échos ou contrepoints à ceux émis en trompe-oreille par l’artiste. Une performance vocale et scénique brillante ! JACQUES FRESCHEL tentatives de reconstruction de ce qui, d’emblée, a été détruit. La grâce ? Et voilà qu’ils l’atteignent à nouveau, un instant, au bout de cette Disgrâce habitée… Entre les deux pièces chorégraphiques une création sonore d’Eryck Abecassis. Pour violoncelle et ordinateur. Les musiciens en noir, mal éclairés, mettent 10 minutes à s’installer, puis dispensent une musique qui va de la fusion entre les deux instruments -l’un reprenant l’autre qui le retraite ou le prolonge- vers un moment plus différencié, le timbre du violoncelle s’identifiant, et les cordes vibrant enfin. Cela s’appelle Wolkenloch (Percée de nuages) et ressemble à bien des pièces de musique mixte écrites depuis 30 ans… AGNÈS FRESCHEL Disgrâce a été créé le 18 mai dans le cadre du Festival Les Musiques Erewhon à Sarmeille o Le 20 mai, le Festival Les Musiques a mis à l’honneur le compositeur Hugues Dufourt. Les Percussions de Strasbourg résonnent encore à la Friche ! Erewhon Peter Brenkus Œuvre monumentale quant à la nomenclature -six percussionnistes et cent cinquante instruments- et à la durée -soixante-dix minutes-, Erewhon, anagramme de « Nowhere » a trouvé son lieu à la Cartonnerie sous les baguettes des Percussions de Strasbourg et la direction millimétrique de Lorraine Vaillancourt. Quatre mouvements tissent un univers syncrétique dans lequel les percussions des peaux répondent à un essai de stéréodynamique fondé sur les métallophones, où les instruments à claviers croisent les résonances des gongs et des cloches. Dans cette véritable sinfonia au sens premier du terme, écrite en 1977, Hugues Dufourt a investi avec brio un monde sonore lointain et inouï, qui scintille encore « somewhere » d’un envoûtement majuscule. CHRISTOPHE FLOQUET



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