Zibeline n°20 juillet 2009
Zibeline n°20 juillet 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de juillet 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,6 Mo

  • Dans ce numéro : les festivals débutent... les saisons s'annoncent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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38 CIRQUE DAKI LING SIRÉNES ET MIDI NET JEU DE PAUME Tendance à rire ! Pour sa quatrième édition, la principale mission de Tendance Clown fut de nous faire rire. Mais pas seulement ! Avec une conférence-spectacle sur l’histoire du clown, une très belle exposition photos de Clothilde Grandguillot et 17 spectacles (et oui !), le public est invité à réfléchir sur la place du clown dans notre société, et les sujets à aborder d’urgence ! Une faim qui débute En ouverture de soirée, La Slip Compagnie propose Une autre faim dans le monde. Il s’agit d’un clown, Friss Betonnac, un SDF, encore !, et de son rapport au monde à travers ses objets fétiches. Sont abordées la précarité, l’immobilité, la justice, la télévision qui assassine petit à petit le spectacle vivant. Le point de vue du clown est imposé avec une colère qui paradoxalement convainc peu. Les allusions érotiques sont pesantes alors que certains jeux de regard sont vraiment touchants. À suivre donc, d’autant que le personnage est magnifique dans son costume zébré. O Jackie ! Sous les sunlights du jardin des muses, Jackie Star. Ou Jackie Brown, la célèbre hôtesse de l’air, la killeuse du cinéaste Quentin Tarantino ? Sous prétexte d’une conférence sur l’élégance et la beauté, elle nous tue littéralement de rire ! Ravissante, dans son rôle de représentante de l’élégance chère aux personnels navigant ! C’est avec une obsession grandissante pour Mythes et chuchotements Le théâtre du Centaure a offert au public 12 minutes de rêves et d’utopie pour cette dernière Sirène de la saison. Camille, robe noire, debout sur Graal, son étalon frison noir, apparaît, en haut des escaliers de l’Opéra et sa descente parmi nous, pauvres humains, avait de quoi saisir ! Souverains, ils ont parcouru le parvis ; peu à peu une voix s’élève et parle en italien, mots susurrés qui évoquent les larmes, puis d’autres mots d’autres langues surviennent comme des vagues. Le texte est de Fabrice Melquiot, complice des Centaures depuis leur dernière création. Soudain des bruits de sabots résonnent Sirenes et midi net, Theatre du Centaure Vincent Lucas sa mission qu’elle va finir par perdre le contrôle : un crachat par-ci, une chute par-là. Elle chatouille dangereusement avec les limites du convenable pour nous embarquer au pays de l’absurde, de la démesure. Accrochée à sa fiole de kirsch, elle donne à voir d’autres codes de beauté comme celui d’une femme capable de vomir du chocolat avec une extrême délicatesse. Jackie Star pousse les murs en déployant un panel impressionnant de techniques clownesques pour finir dans une apothéose lyrique d’une merveilleuse démence. dans le dos des spectateurs : un troupeau de plus de 30 chevaux blancs surgit, mené par Manolo qui monte Yudishtira, l’étalon lusitanien ! Tous deux sont noirs aussi. Bas-relief saisissant en noir et blanc que ces deux cavaliers et leurs montures, les deux centaures noirs, et ce troupeau de pouliches camarguaises, poulains accrochés à leurs flans ! Une impression de premier matin du monde comme le disait Supervielle, né à Montevideo, lorsqu’il parlait des chevaux libres de la pampa qui ont accompagné son enfance. Cette performance s’inscrit dans le projet initié en 2006 de Flux, un spectacle présenté comme un parcours nocturne dans plusieurs villes européennes, qui change de forme en changeant de lieu devenant chaque fois oeuvre unique. CHRIS BOURGUE co m Flux Opéra a été créé par le Centaure le 3 juin à midi net L'oiseau bleu Nicolas Lartigue Bleu, l’oiseau, bleu Autre lieu, autre folie, aux Abattoirs : un drôle de personnage tout de bleu vêtu virevolte sous le chapiteau Gardens. Il vient raconter un conte pour adultes, les péripéties d’un oiseau bleu dans la forêt noire, embauché comme coucou dans une usine d’horloge à coucou, qui se fait ensuite kidnapper par des maliens carnivores, puis récupérer par d’autres qui le confrontent à l’invasion de la Suisse par des chômeurs. Comment négocier ? Comment sauver le monde entier ? L’oiseau bleu, intrépide et bienveillant, ne renonce jamais même si des questions existentielles le taraudent. Il est tenace, habité par une vaillance indestructible. Mais avec sa pensée politiquement correcte, ne finit-il pas par aller au delà des limites et participer à sa perte ? L’abattage du conteur, incroyable, ne laisse aucune chance au spectateur de se reposer entre deux rires. La ligne directrice du récit, souvent loufoque, est constamment contrariée par des lapsus, des interférences qui appartiennent à d’autres histoires, à des pubs, à une actualité bien réelle. Mais de cette apparente dichotomie ressort un discours savamment orchestré et très critique sur notre société contemporaine. Et ça, ça fait vraiment rire ! Un moment exceptionnel et un nom à retenir : Arnaud Aymard. CLARISSE GUICHARD Ces trois spectacles ont été vu lors du Festival Tendance Clown organisé par le Daki Ling du 15 au 30 mai Culbutes et mythologies Un double chapiteau se dresse dans le grand parc de la Bastide du Jas de Bouffan, le premier, sorte de sas entre le monde extérieur et la scène, buvette, mais surtout jeux disséminés sur les tables, affiches de cirque qui jalonnent les « murs » du grand cirque Zircus, énig-me proposée en dessous de table, « mystère des disparitions » … Un pas de plus et vous vous retrouvez sous le chapiteau du cirque. Les numéros construisent une dramaturgie autour du quotidien et de ses héros anonymes : la serveuse se livre à un numéro Laurent Bellet es el remar-quable d’équilibre avec des portés d’une impressionnante rigueur, l’adepte d’escalade acrobatique est époustouflant, un chirurgien esthétique surgit, un couple qui se dispute, une gagne au loto… Entrées acrobatiques, voltiges, présentateurs parodiques des animateurs télé, musiciens, des artistes complets, qui dansent, chantent, jouent, bondissent, effectuent des numéros acrobatiques, tandis que la mise en scène fait presque oublier la difficulté de leur travail. Ainsi, le très beau numéro de trapèze volant, inséré dans une bataille insolite contre des ninjas… « Bienvenue à la parade des désirs ! » invitait le meneur de jeu. Comme les massues qui volent, lors d’un duo complice, le spectacle proposé par le Cirque Désaccordé nous entraîne dans un monde quotidien dont nous apprenons à disséquer les apparences. Comme les Mythologies barthésiennes ? MARYVONNE COLOMBANI Petites Mythologies Populaires est joué au Jas de Bouffan dans le cadre de la programmation du Gymnase/jeu de Paume jusqu’au 20 juin
JEU DE PAUME AIX EN MUSIQUE THÉÂTRE ET CHANSONS MUSIQUE 39 Une musique bien peignée ! Gracias a la vida C’est par ce chant que tout commence, que tout s’achève. Entre les deux, une vie, une crise profonde de doute mais surtout d’appétit du monde, inextinguible, déclaration d’amour à tout ce qui vibre. Chants poèmes ou satires, rire, témoignages, le spectacle d’Isabelle Bloch-Delahaie explore la chanson, ses capacités à transmettre. La communion avec le public n’est pas un vain mot, la chanteuse a une présence aux effets sobres, un regard qui s’adresse à chacun, elle dialogue, intime, par le biais des textes et des musiques, « songes écartelés » dans une « Athènes bâillonnée par la neige », « lente hyperbole d’un amour silencieux ». Et s’il y a des « amours finies », « tant pis ! », il y o a des présences d’enfants « sans (lesquels) la vie serait décolorée ». Accompagnée par Philippe Coromp au piano et Jean-François Merlin ou Hubert Rousselet à la contrebasse, Isabelle devient une Malvina passionnée vivante et amoureuse. Karine Boucherie et Tamara Nicot chantent les chœurs avec humour et brio, et la petite scène de Théâtre et Chanson séduit une fois encore par cette création drôle, émouvante et sensible qui nous invite à « laisser dériver les nuages ». MARYVONNE COLOMBANI Malvina chante avec les Loups a été crée du 15 au 17 mai à Théâtre et chansons, Aix Le 15 mai au Jeu de Paume, devant une salle comble et comblée, le fameux Quatuor se livrait à un spectacle hilarant et oh ! combien musical ! La virtuosité de ces musiciens se marie avec bonheur à une lecture qui tient de la commedia dellarte, qui nous mène dans une promenade loufoque et poétique à la fois dans le monde de la musique, la « grande » et la « petite » … Si le spectacle naît dans une forêt stylisée, où les premières ébauches musicales sont constituées de chants d’oiseaux, la parodie s’installe avec la « danse des sylphides » au cours de laquelle le violon objet adopte comme première fonction celle de ballon de rugby, et c’est avec les dents que s’arrachent les premiers sons. À la phase dévoratrice succède un violon phallique (le violoncelle est doté d’un énorme avantage…), caricature de l’envolée lyrique. Dans l’exploration des possibilités de ces objets nés des bois, le violon devient archet, puis emprunte à la mandoline ses accents par la grâce de peignes qui font office d’archet : au Sole mio bien peigné, manque à peine la gomina ! Les tableaux s’enchaînent avec une Le Quatuor X-D.R. vivacité réjouissante, Summertime se fond dans la musique tzigane, qui laisse la place à un Back in USSR dans lequel le violoncelle se transforme en basse rock. Écho de Lorca, A la cinquo de la tarde conduit un public enthousiaste vers l’Espagne « dans sa petite auto ». Car le quatuor nous emporte où il veut, des steppes russes au paysages d’Andalousie, de l’Allemagne et ses méthodes d’apprentissage à la corde (à sauter !) à un œcuménisme musical par lequel derviches tourneurs et moines franciscains servent la cause de la musique. Et que dire du karaoké délirant aux inénarrables sous titres, de la parodie de Mikaël Jackson, du Boléro de Ravel, des tubes de Brassens Trenet, Bourvil ? Impossible d’épuiser en quelques mots ce spectacle jubilatoire… MARYVONNE COLOMBANI D Le Fado et les Rolling Stones Aix en musique, nous amène régulièrement à découvrir des artistes de talent. Le 13 mai, elle nous conviait encore à un spectacle d’une grande qualité à la Cité du Livre d’Aix, avec Ana Moura. Un chant la précède, porté par la voix de la mer. Le décor musical est planté, elle s’avance dans sa robe de sirène. Un sourire, et une voix pleine et grave s’élève, douce et railleuse, triste et enveloppante. La magie opère, nous partons en voyage entre fado traditionnel et moderne, nous suivons cette jeune fille inquiète qui se rend chez la diseuse de bonne aventure. Les o coquillages de la mer roulent, le sort se scelle d’écume. Les trois guitares tissent une trame subtile et brillante, le public frappe dans les mains, chante. La sirène se raconte, joue sur les mots, glisse quelques paroles en français, livre les deux chansons enregistrées avec les Rolling Stones. Le fado se glisse dans les modulations du célèbre groupe, mais ne perd pas son âme, sa force d’évocation. Ana Moura danse, captive les spectateurs, navigue entre les registres, livre ses interprétations du chant du « destin ». Une tradition qui n’en finit pas d’être moderne ! M.C. Ana Moura Paulo Sagadaes



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