Zibeline n°19 juin 2009
Zibeline n°19 juin 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de juin 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 5,8 Mo

  • Dans ce numéro : derniers spectacles... premiers festivals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 52 - 53  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
52 53
52 ARTS VISUELS GALERIE OFMARSEILLE GRANDS BAINS DOUCHES L’aveu de Mathieu Briand À la galerieofmarseille, impossible de quitter la scène du crime en détournant les yeux, l’accrochage de Mathieu Briand nous l’interdit Une corde pour se pendre, une batterie de pinces rouillées, un porte-bouteilles aux pointes acérées, une dynamo dynamitée, un chalumeau encore chaud, un grille-pain usagé… L’inventaire de Prévert version trash ! Ce vocabulaire appartient au dernier Bad Trip de Mathieu Briand qui, après la galerie Roger Pailhas et les Ateliers d’artistes de la Ville de Marseille écume à présent la Tate Modern de Londres ou le Palais de Tokyo à Paris… Bad Trip, un titre sans espoir comme un aller sans retour. Et une expérience troublante, l’exposition ayant été pensée « comme un environnement plutôt que comme un accrochage. » Une rude épreuve encore car Mathieu Briand a pris les armes, au propre comme au figuré, pour dire le revers du rêve : le cauchemar. De ceux qui hantèrent Primo Levi jusqu’au suicide… Dans la salle tendue de bâche vert-de-gris et dans la cave exiguë, toutes sortes d’outils disent un interrogatoire musclé, des séances de torture à venir ; il flotte comme une odeur nauséabonde, celle des sombres heures de la Gestapo, du centre de Guantanamo ou des geôles du Rwanda. Peu importe l’hémisphère, la barbarie est la même partout. Le constat de l’artiste est simplement terrifiant, autant que son installation : « Nous sommes deux, écrit-il, victime et bourreau, bourreau et victime et nous jouons toujours la même scène. » Entre les Sweet and White Palace… Damien Berthier et Lionel Scoccimaro se connaissent bien, le premier a été l’assistant du second pour son exposition à l’École d’art d’Aix en 2004, et tous deux disposent d’un atelier à la Friche. Alors, quand Jean-Baptiste Audat a proposé à Damien Berthier d’exposer aux Grands bains douches de la Plaine, il n’a pas hésité à inviter Lionel Scoccimaro ! Pourtant le postulat de départ était contraignant : investir les espaces de la galerie en bousculant sa circulation et accepter d’inscrire leurs propositions dans le projet de balades architecturales, poétiques et historiques à travers la ville baptisé Pour mener… Aujourd’hui, avec Sweet Palace, ils ont relevé haut la main le défi, offrant une prestation subtile, intelligente et sans fioritures. Sweet Palace est la combinaison de deux univers plastiques habituellement différenciés qui, étrangement, ont ici une gémellité formelle, visuelle : ils ont conçu une exposition « blanc sur blanc », choisi des modèles sans valeur transcendés par l’idée de construction et d’accumulation, comme ces objets liés à l’alimentation : 400 kg de sucre en poudre répandu au sol et des centaines de sucre en morceaux pour Lionel Scoccimaro, 7650 gobelets de plastique blanc nacré pour Damien Berthier. Tous deux ayant à cœur de rompre avec la linéarité du lieu, de ne pas exposer d’images mais de surprendre avec des sculptures -pas des installations- et de prendre le contre-pied de l’autre ! L’un, Damien Berthier, a jeté son dévolu sur « le gobelet le plus beau et le plus harmonieux dans Bad Trip, oeuvre de Mathieu Briand ses proportions » pour élever sa citadelle, obstruer l’espace et sa pénétration, jouer avec les puits de lumière. La forme elliptique de ses contreforts optimisant les effets de vagues « les courbes sont la clef de voûte de l’échafaudage ») car, selon l’angle de vue, il semblerait qu’elle bouge… L’autre, Lionel Scoccimaro, a fermé le petit « Salon » à clef pour accroître l’effet de surprise : à ras du sol et fondu dans le décor, Snow Landscape est d’un minimalisme monacal. « C’est à la fois peu et finalement très présent » constate l’artiste qui joue a contrario de la présence monumentale de Damien Berthier. Virginales dans leur accouplement, leurs œuvres convoquent le silence, la murs de la galerieofmarseille, il y a des objets anodins que l’artiste (le fossoyeur de nos imaginaires ?) accumule qui ravivent de terribles mémoires. À moins que le détournement des objets participe du dialogue de Mathieu Briand avec Marcel Duchamp, figure tutélaire et omniprésente. À moins que la posture de Mathieu Briand consistant à témoigner (« Le témoignage n’est plus basé sur l’image mais sur l’expérience de ce qui a été vu et imaginé ») s’apparente à celle de Joseph Beuys qui défendit une « conception de l’art qui participe à toutes les situations de la vie. » Le cauchemar, cette porte ouverte sur la réalité, serait alors l’une des situations paroxystiques de la vie. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Mathieu Briand, Bad Trip Galerieofmarseille, Marseille (2 e) jusqu’au 13 juin 04 91 90 07 98 contemplation, à mille lieux de la ville furibarde : entre l’infini de la banquise et le vertige des cimes, il fait bon vivre dans ce « palace » blanc. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Sweet Palace Galerie des grands Bains douches de la Plaine, Marseille (1 er) jusqu’au 30 mai 04 91 47 87 92 Damien Berthier, Sweet landscape 2009. Polystyrène expansé Lionel Scoccimaro, Snow landscape 2009. Detail, serie Architecture of happiness
Au pied de la lettre L’illustration ne se résume pas à la seule littérature jeunesse : la preuve par l’image avec les troisièmes Rencontres de l’illustration et leur chapelet d’expositions Il y a quelques années, hors de la littérature jeunesse, les pratiques rattachées au dessin, à la création visuelle et à l’édition restaient confidentielles. Mais depuis trois ans, l’association Sur la Place œuvre à la reconnaissance de cet « espace d’expression où les artistes s’aventurent à la frontière de l’art et de l’illustration » à travers des rencontres, des expositions et le Concours jeune illustrateur en région Paca. Une manière d’éclairer le lecteur sur les métiers qui se cachent derrière la création d’un livre, entre art, image fixe, film, écriture. Alors, que réservent l’Alcazar et La Baleine qui dit « vagues » après les rencontres ? Des ouvrages, des planches, des dessins, des pop-up exposés sous l’appellation Images de lettre, miroir de l’extrême vitalité de la création nationale et internationale, de l’évolution des pratiques, du croisement des genres et des regards entre générations. Le meilleur exemple étant celui de Roger Excoffon, typographe marseillais dont la police de caractère le Banco a été étudiée par Alice Walter qui dévoile ici sa collection d’objets et de photographies. Au-delà de nos frontières, l’auteur et illustratrice Kveta Pacovska a quitté Prague pour participer aux SUR LA PLACE GROUPE DUNES rencontres et inaugurer l’exposition Un livre pour toi du nom de son album paru aux éditions Seuil jeunesse. Véritable prouesse éditoriale, ce livre en forme d’accordéon de 12 mètres déplié s’accompagne d’affiches, de séri-graphies, de CD-Roms et courts métrages qui en disent long sur cette œuvre « où lettres et graphismes entrent en résonance avec une architecture de papier. » L’intérêt de l’association pour l’audace éditoriale se confirme avec deux vitrines de l’édition actuelle, en écho à deux « événements éditoriaux » : Abécédaires et pop-up, livres animés provenant du fonds de conservation de l’Ile aux livres de l’Alcazar, dont le spectaculaire Alphabet de Kveta Pacovska et le best-seller Op-up de Marion Bataille. Et Abécédaire de l’Édune, collection de vingt imagiers réalisés par vingt et un dessinateurs sous la houlette de Régis Lejonc. Et ces quelques rendez-vous ne sont que l’écume des pages, Images de lettre réservant d’autres temps forts à découvrir entre les lignes… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI B, Marion Bataille, 2008 ARTS VISUELS 53C, Kveta Pacovska, 2008 Rencontres les 15 et 16 mai à l’Alcazar Expositions du 13 mai au 6 juin à l’Alcazar Dédicaces, stand et film le 15 mai à la baleine qui dit « vagues » http://surlaplace.free.fr Traversée sonore et aquatique Cela sonne comme des retrouvailles ! La nouvelle installation du Groupe Dunes (voir Zib 14), D’ici là un point zéro, investit le toit terrasse de la Friche dix ans après Vous êtes ici ! Mais l’eau a coulé sur les toits, les technologies ont évolué et leurs préoccupations aussi : la création de Bernard Misrachi et Madeleine Chiche, conçue avec le réalisateur sonore Olivier Renouf et le paysagiste Rémi Duthoit, pose la question du temps, de l’espace et de l’environnement à partir d’une réflexion « musicale » sur l’eau et le végétal. Sur cette page blanche de 8000 m² à ciel ouvert, Dunes a tordu le cou aux difficultés -notamment le problème de la spatialisation du son- pour faire entendre au mieux son travail. Un travail qu’ils abordent toujours comme « un processus en marche » et dont D’ici là un point zéro n’est qu’une étape de monstration avant 2013… Sur les hauteurs de la Friche donc, des bacs de récupération d’eau de pluie, des espaces circonscrits de déambulation, vingt Le toit de la Friche la Belle de Mai Madeleine Chiche haut-parleurs, un système d’irrigation solaire, des plantes glanées sur le site et peut-être sauvées d’un futur incertain ? Le tout dans une scénographie végétale et aquatique. Le promeneur prend toute la mesure de l’étirement du temps, l’oreille tendue vers des séquences sonores diffuses, aléatoires ou syncopées, « des phénomènes non figés » nés d’un mélange de sons naturels et électroniques. Une traversée inédite à vivre tout au long du festival Les Musiques (voir p 39). MARIE GODFRIN-GUIDICELLI D’ici là un point zéro Jusqu’au 26 mai, ouverture le 24 mai pendant la Fête de la Friche 04 91 50 00 19



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 1Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 2-3Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 4-5Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 6-7Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 8-9Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 10-11Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 12-13Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 14-15Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 16-17Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 18-19Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 20-21Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 22-23Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 24-25Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 26-27Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 28-29Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 30-31Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 32-33Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 34-35Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 36-37Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 38-39Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 40-41Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 42-43Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 44-45Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 46-47Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 48-49Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 50-51Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 52-53Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 54-55Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 56-57Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 58-59Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 60-61Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 62-63Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 64-65Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 66-67Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 68-69Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 70-71Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 72-73Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 74-75Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 76-77Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 78-79Zibeline numéro 19 juin 2009 Page 80