Zibeline n°19 juin 2009
Zibeline n°19 juin 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de juin 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 5,8 Mo

  • Dans ce numéro : derniers spectacles... premiers festivals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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40 MUSIQUE DISQUES Haendel est mort en 1759, Haydn en 1809, année même de la naissance de Mendelssohn… En 2009 on célèbre ces trois monuments de l’histoire de la musique. Voici donc, parmi les nombreuses sorties discographiques qui leur sont consacrées, une triade d’enregistrements originaux. Mendelssohn au pianoforte Cyril Huvé est un spécialiste du pianoforte du XIX e siècle auquel il consacre de nombreux enregistrements. C’est sur un Broadwood de 1840 qu’il livre des compositions de Félix Mendelssohn écrites entre 1827 et 1841. Si l’on connaît l’œuvre pianistique de ses contemporains Chopin, Liszt et Schumann, celle de Mendelssohn s’avère moins « populaire », peut-être parce que moins brillante, moins immédiatement « accessible » … et surtout moins jouée (on a tendance à aimer ce que l’on entend souvent). Il faut écouter les Barcarolle, Sonate, Prélude et Fugue, Variations et Etudes de celui qui était considéré par Schumanncomme « le premier musicien de notre époque ». On entend également, dans ce bel enregistrement, Erinerrrung 4 XI de Schumannjustement, composé à la mémoire de son ami mort en 1847. J.F. Haydn : Trios avec piano On dit que Joseph Haydn est l’inventeur Trio avec piano. Si le Viennois est réputé pour ses nombreux Quatuors à cordes, on n’oublie pas le reste de sa musique de chambre : en particulier justement ses quelques 45 Trios avec piano, fondateurs certes, mais d’une grande variété. C’est sans doute pour affirmer leur penchant pour Haydn, qu’en 2003 Renaud Déjardin (violoncelle), Saskia Lethiec (violon) et Jérôme Granjon (piano) ont choisi pour nom Hoboken en référence au musicologue qui a classé l’œuvre du compositeur. Après un disque consacré à Dvorak et Smetana ou des complicités exogames avec Richard Galliano, les trois jeunes musiciens gravent donc Haydn et quatre opus de la période londonienne : leur élégance naturelle, leur goût de la belle phrase chantée et leur entente perceptible réjouissent l’auditeur. J.F. CD PARATY 208.106 DISTR. INTÉGRAL y - CD LYRINX LYR 263 DISTR. COADEX y La Bartoli dans Haendel Semele est à l’origine un oratorio, c’est-à-dire une œuvre non représentée, détail dont on fait fi aujourd’hui, arguant que ce type d’ouvrage n’a souvent ni plus ni moins d’intérêt dramatique que les opéras pur jus. L’argument est tiré d’Ovide : Jupiter prend forme humaine et séduit Sémélé (à moins que ce ne soit l’inverse ?) avant ses noces, provoquant la colère de Junon. L’ambitieuse aspire à l’immortalité, exige de Jupiter qu’il se montre sous sa forme divine… et périt foudroyée ! En 2007 en Suisse, William Christie dirigeait l’orchestre baroque La Scintilla, tandis que les chœurs de l’Opernhaus et les solistes se mouvaient dans un décor épuré (Patrick Kinmonth), paré d’un grand lit ou de chaises rangées, au gré de la mise en scène sensuelle et soft, sorte de farce olympienne déplacée à la cour d’Angleterre, signée Robert Carsen (arrangée d’Aix 1996). L’atout principal de ce DVD, attendu depuis deux ans, réside dans l’interprétation de la diva romaine. Cecilia Bartoli apporte de fait une profondeur, une hardiesse flamboyante, une sensibilité naïve, fascinante, aux mille couleurs. Son jeu d’actrice la fait passer de l’appréhension à l’étonnement, de l’enthousiasme au courroux et son chant magnétique transcende ses partenaires. Il pétille dans Myself I shalladore, éclate en typhon dans No, no ! I’ll take no less, tout en espièglerie dans Endless pleasure… Et que les pianissimi de O sleep s’avèrent lascifs et inquiétants ! Les trilles crépitent dans With fond desiring : l’imagination fait force de loi dans chaque trait… Si bien que les superlatifs manquent pour qualifier son incarnation ! JACQUES FRESCHEL 2DVD DECCA 074 3323 Musiciens Académies « Comment donner à comprendre par le seul travail ? … Afin de mieux encore entendre la musique et ses musiciens… » voici comment Marie-Claude Treilhou définit la problématique mise en œuvre dans ses trois films documentaires. On s’y trouve bien loin de l’idée suggérant qu’on peut, à coup de baguette magique (d’un stage au « château » ?), réussir à toucher à l’art… Lorsqu’on assiste à un récital de piano, un concert choral ou symphonique, on n’envisage pas toujours le travail entrepris, souvent depuis l’enfance. « Répétition » est bien le terme qui convient au travail du musicien, amateur ou professionnel : car tout y est question de persévérance et de soin apporté au détail. Peu à peu, à force de contrôle et d’acquisitions techniques, l’émotion aura une chance de surgir… Certains se reconnaîtront peut-être dans les cours enthousiastes donnés par Edouard Exerjean (pianiste bien connu à Marseille où il joue régulièrement) dans la petite salle du conservatoire du 13 e arrondissement de Paris. D’autres, dans le long travail de justesse, de soins apportés aux dynamiques, aux sonorités de la chorale amateur de cette même école, qui sous la direction de Claire Marchand est conduite des premières auditions au concert final. Conçu comme une forme en excroissance, en crescendo, du b-a-ba ânonné sur un piano d’étude aux formations larges, chœurs d’enfants et d’adultes, le triptyque s’achève avec les « pros » de l’Orchestre de Paris. Là, les difficultés et les enjeux se déplacent de la « technique » vers une vision plus « artistique », mais demeurent au centre des préoccupations du musicien : un métier décidément difficile… mais admirable ! JACQUES FRESCHEL Coffret 3 DVD En cours de musique, Les Métamorphoses du chœur et Couleurs d’orchestre Les Films du Paradoxe
Deuxième coup de semonce Aux Djembés d’or de Conakry, Takana Zion a vu récemment ses efforts récompensés chez lui, et ce à juste titre : l’album « Reggae de l’année » est le deuxième essai de cette jeune pousse de 23 ans, qui a su s’entourer d’artistes « Makasound » comme Victor Demé ou Winston Mc Anuff, sous les ordres de Manjul. Ce sorcier du son a laissé de coté sa griffe dub pour peaufiner ici un reggae plus terre à terre (Reggae Donkili ou « Anawafe ») fait de substances charnelles moins aériennes, qui supporte la diversité étonnante de cet artiste. En élève brillant, il sait transfigurer les styles, du Blues le plus touchant au Ragga Dancehall le plus enlevé, se Doigt devant ! Les infatigables voyageurs des Doigts de l’Homme sont de retour avec leur troisième album intitulé sobrement Les doigts dans la prise, et du monde ils en déplacent dans leurs shows virevoltés et électriques. Le trio manouche est devenu quartet et s’enrichit d’une palette aux influences larges et bienvenues : tzigane bien sur, humour toujours, rock swing et un brin de nostalgie des fameux regrettés VRP. Rythmique et pompe à la Django relèvent ce condensé de folie qui réunit quatorze titres à découvrir. Doigts agiles Le cas Canté Qu’est donc cet objet sonore non identifié ? Une installation vivante autour d’un piano. Un piano pas comme les autres, préparé électroniquement et soumis à l’inspiration de l’Human Robot Nicolas Cante. À l’heure où la composition s’est enrichie de « bruits », travaillés ou pas, et où l’électronique fait partie du matériau compositionnel, Mekanik Kantatik illustre la symbiose entre un instrument utilisé comme matière (cordes, bois, fers) et une technologie partenaire de la création. Jazz, pop, démarquant des produits estampillés « reggae africain » qui se ressemblent un peu tous… Avec 5000 exemplaires de Zion Prophet vendus, il a conquis un large public et dévoilé ses multiples visages, sans pour autant se camoufler derrière eux. Quand il soutient son équipe de foot (la Guinée est en phase éliminatoire de la coupe du Monde), ce Sizzla africain devient sauvage (Mama Africa), mais sait aussi se fondre dans le moule FM pour toucher une autre génération (dans Jeune fille). Cernant tous les sujets, du parcours politique de Sékou Touré à sa volonté de Liberté, il vise juste. S’il a des artifices en réserve, on sur les frettes des guitares et banjos, doigts de velours à la contrebasse et tissu métissé d’un oud forcement orientalisant annoncent la couleur, ou plutôt une mosaïque chromatique pleine de vie. Du rock manouche avec des improvisations débridées à vivre et à danser, du jazz insolite loin d’être monochrome où l’agilité des instrumentistes se fait virtuose. Pas d’artifices réducteurs dans cette nouvelle galette, mais une authenticité inventive. FRÉDÉRIC ISOLETTA Divan amoureux Le Marseillais Richard Lesage est un romantique comme on n’en croise plus beaucoup dans notre paysage musical, type chanteur de charme dont l’invitation posée délicatement Sur un Divan ne peut se refuser. Nostalgique du musichall sans pour autant tomber dans les clichés sempiternels, le crooner poète nous emmène dans une balade poétique, sensuelle et sensible. Aux confins du jazz, du tango ou de la bossa-nova, ce nouvel album plein de douceur s’installe confortablement dans les contrées d’un music-hall nourri de textes amoureux. L’auteur compositeur interprète allie un sentimentalisme raffiné à un swing orchestral bien charpenté. Rythmique veloutée au balancement feutré, un nouvel opus soyeux à savourer bien installé sur un divan. Rouge le divan, comme l’amour que chante l’esthète passionné. F.I. techno et musique expérimentale alimentent sonorités mécaniques et organiques de ce projet au doux nom de Sounds… from my piano. Reich est passé par là mais l’aixois fondu l’a simplement intégré dans son processus fantasque et n’en fait pas une maladie. Le résultat sonore est surprenant. Seul à son clavier trafiqué, le cas Canté mérite une audience à la hauteur de son talent lors du prochain festival Mimi en juillet prochain. F.I. attend un concert explosif à Marseille pour sa première venue ici (voir p 44), et un long parcours pour le soldat de cette armée, rassemblant de nouvelles recrues un peu partout en Afrique. X -RAY Takana Zion - Rappel à l’ordre (Makasound) Les Doigts dans la prise Les Doigts de l’Homme Cristal Records Sur un divan Richard Lesage } k.. Mekanik Kantatik Sounds… from my piano Nicolas Canté DFragment Music, La Baleine Distribution 41 Main de maître Consolons-nous de l’annulation des Last Poets avec ce joyau signé Larry McDonald. Pour suivre son sillage musical, il faut le resituer comme LE percussionniste de Gil Scott-Heron (jamaïcain d’origine lui aussi), mais également de Peter Tosh (Bush Doctor), de Taj Mahal (le bluesman caribéen échoué en Californie) et même de Soulfly ! À New York, sa deuxième patrie, il a participé au Ska Revival de Dave Hilliard (ancien Slackers) ou à la mouture roots-instrumentale de Dave Hahn (guitariste d’Antibalas) Dub is a weapon. Pour célébrer ces cinquante ans de carrière, il sort enfin cette année… son premier album ! Le concept original de Drumsquestra a été de réunir les meilleurs batteurs, percussionnistes et chanteurs et de naviguer en parfaite fusion sur des rythmes entraînants et des paroles avisées. Les rythmes menés tambours battants partent de Jamaïque (Head over Heels) pour visiter le Brésil, la Côte d’Ivoire (Backyard Business), l’Inde ou les USA, au gré des courants qui ont inspiré le musicien, invitant à chacun de ces voyages l’accompagnateur idéal. Le chant froissé de Stranger Cole ou le Gospel de Toots sur de la Go-Go House peuvent dérouter, mais la Dub Poetry ou le rap de Bobby Davis alias Shaza (dans No More) tiennent la barre, tant le courant hip hop et le coté Rebel du Reggae vont dans le même sens que le mouvement noir contestataire senti à l’époque chez Abbey Lincoln ou… Gil Scott-Héron. La richesse du fond efface la simplicité instrumentale, uniquement percussive. Un océan de bien-être (Peace of Mind) prend place pour ralentir le rythme, on y entendra même Mento Larry frapper sur des rochers, au fond de la grotte de Runaway Bay. Il conclura ce Jubilé en « slamant » tous les pionniers du Jazz dans son île natale, une façon de les inviter à cette croisière peu banale agitée uniquement de peaux et de claves… X -RAY Larry McDonald – Drumquestra (MCPR music/I welcom) Iil Y }Y. Lii.31.i



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