Zibeline n°17 avril 2009
Zibeline n°17 avril 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de avril 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : Marseille, sous tous les angles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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UNE VOIX SOUS LA CENDRE Mise 91 s:éne. sce:loy 1 aph ir Tlnar -‘ THEATRE DES HALLES JE I VENDREDI 7 ET SAME91 26 MARS # 201130 11IMANCHt2v MAF
LE MUCEM POLITIQUE CULTURELLE 07 Après une période d’atermoiements financiers qui aura bloqué pendant deux ans sa construction, le MuCEM dispose désormais d’une nouvelle feuille de route dictée par le Rapport à la Ministre de la culture et de la communication relatif au MuCEM réalisé par Stéphane Martin 1. Remis le 4 août 2008 à Christine Albanel et rendu public début mars, ce rapport préconise, entre autres, le transfert de l’intégralité des collections du MuCEM à Marseille (« une priorité ») et le lancement de deux chantiers architecturaux confiés l’un à Corinne Vezzoni 2 dans le quartier de la Belle de Mai destiné à conserver les collections, l’autre à Rudy Ricciotti situé sur le môle portuaire du J4 (« une urgence »). Jusqu’ici, rien de bien nouveau, Stéphane Martin rappelant que « le MuCEM est un projet original dans le paysage muséal français » par son approche pluridisciplinaire et culturelle, et « un équipement de prestige au cœur de Marseille. » Questions d’argent Là où le rapport bouscule les idées originelles, c’est au sujet de l’usage du Fort Saint-Jean : en effet, l’équipe scientifique dirigée par Michel Colardelle devra réviser sa copie en concédant une partie de ses espaces « à un exploitant privé à vocation culturelle (…) tandis qu’une exploitation mixte pourrait être envisagée pour l’espace d’exposition existant, sur le modèle de la programmation de la Grande Halle de la Villette. » Changement de cap donc pour la Tour du roi René et la Chapelle de la Commande qui, si elles forment l’un des éléments phare selon Stéphane Martin, devront être pour le MuCEM « un outil moins coûteux, voire une source de profit à moyen terme » en devenant « un lieu de patrimoine et de culture vivant et original, destiné à accueillir un très large public. » C’est pourquoi « le Fort Saint-Jean sera rendu aux Marseillais » selon le souhait de Jean-Claude Gaudin, le chantier de restauration, pris en charge à 100% par l’État sur trois ans, étant le premier à démarrer concrètement courant mars. Ce sera chose possible puisque le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm) vient d’achever son déménagement à l’Estaque. Un groupe de travail se met en place pour réfléchir à des usages plus ou moins privatisés, en lien avec les activités muséales, qui permettront de limiter les coûts de gestion et de fonctionnement. Car c’est bien d’argent dont il est question face à l’explosion du budget prévisionnel passé de 144 millions d’euros en 2004 à 175 millions d’euros Le MuCEM, photo montage Rudy Ricciotti Architecte Le MuCEM, évolutions d’un projet Pour accoucher de cet « espace magique ouvert sur la mer », il aura fallu dix ans, cinq ministres de la culture, un plan de relance, l’Union pour la Méditerranée, et le titre de Marseille Capitale européenne de la culture 2013. Pour qu’enfin cette « réinvention du musée ethnographique » voie le jour en 2012… aujourd’hui. Un budget réparti entre le ministère de la Culture et de la Communication pour 60% et les collectivités locales pour 40% (Conseil général, Conseil régional et Ville de Marseille). Ce qui est une première ! Financer un Musée National par le biais des collectivités territoriales ne s’était jamais fait ! Les autres musées nationaux de cette ampleur sont des établissements publics parisiens, financés exclusivement par l’État, et leurs recettes propres. Le MuCEM se fait à Marseille à condition qu’un « établissement public de coopération culturelle » soit créé et que les collectivités territoriales le financent en partie, ce qui n’est pas le cas pour le Louvre, ou le musée d’Orsay, ou le musée du quai Branly… Ceci étant accepté, la seconde phase du « vrai redémarrage » aura lieu en septembre 2009 avec, si tout va bien -et il y a urgence-, les premiers coups de pioche du bâtiment de Rudy Ricciotti et ceux du Centre régional de la Méditerranée de Stefano Boeri. Europe ou Méditerranée ? On doit cette soudaine accélération, explique Denis Chevallier, directeur adjoint du MuCEM, à Marseille Provence Capitale Européenne de la Culture 2013 qui « a permis de remettre en marche le projet. » D’autant qu’une équipe de quatorze personnes, installées à Marseille, oeuvre à sa préfiguration en offrant au public une visibilité des thèmes et des propos du futur MuCEM à travers des expositions… Il faut croire que les Marseillais ne sont pas indifférents puisque 200 000 d’entre eux ont répondu présent à ces divers rendez-vous. Alors, comment se redéfinit aujourd’hui le projet muséal ? Selon les vœux de Christine Albanel et les préconisations de Stéphane Martin, il s’agit d’abord de nommer un administrateur ou « hommeorchestre » à la tête d’un organisme de préfiguration pour piloter ce changement de cap… Repositionnement du projet face aux nouveaux enjeux, redéfinition des axes thématiques (le religieux, la ville, l’environnement et le développement durable, les migrations, les relations hommes-femmes), poursuite de la campagne de recherche et d’acquisition, consolidation des partenariats locaux, nationaux et internationaux : la tâche sera rude. Notamment quand, comme le souligne Denis Chevallier, « le cœur du musée de société est de croiser et de nouer le dialogue dans l’espace euroméditerranéen. » Faut-il encore que cet espace soit circonscrit ! Car, lors de ses vœux au monde de la culture à Nîmes, Nicolas Sarkozy a entériné le projet du MuCEM comme « musée des arts et civilisations de la Méditerranée. » Et l’Europe, alors… ? MARIE GODFRIN-GUIDICELLI (1) Stéphan Martin, Président-directeur général de l’établissement public du musée du quai Branly depuis le 30 décembre 1998. (2) Corinne Vezzoni, architecte des archives et de la bibliothèque départementales Gaston Defferre inaugurée le 8 juin 2006



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