Zibeline n°17 avril 2009
Zibeline n°17 avril 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de avril 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : Marseille, sous tous les angles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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52 LIVRES ARTS Comment rient-ils ? Humour et Dérision constitue le catalogue de l’exposition proposée par Regards de Provence au Palais Carli à Marseille (voir Zib’16). Il reprend, à quelquesunes près, les œuvres exposées en adoptant le format à l’italienne et la couverture rigide chers aux responsables de la fondation, constituant ainsi au fur et à mesure des projets une forme de collection. L’ouvrage est organisé en trois grandes parties, tous les textes sont signés de Bernard Muntaner. L’introduction cerne logiquement les deux notions en jeu, appuyée par plusieurs exemples pris dans l’histoire des arts. Bien amenée, elle nous laisse sur une question, Landmark Le photographe Marco Zanta a parcouru plusieurs villes d’Europe pendant quatre années et tiré de superbes clichés qui ont été présentés lors d’une exposition itinérante (voir Zib’16) et rassemblés de manière pérenne dans ce livre. Le choix éditorial donne la part belle aux images après deux courtes présentations de Giovanna Calvenzi et Gabriel Bauret, en anglais (? !), mais traduites en français dans un feuillet inséré. Les approches du photographe varient d’un regard voisin du documentaire (Helsinki, Berlin, Barcelone…) à une vision plus plasticienne (Rotterdam, Vienne…). Ces quatre-vingt-dix images de bon format -20x25cm- et Architecture sonore Micros intelligents À l’heure où les magazines Le Monde de la Musique et Classica fusionnent, ce livre tombe à pic. C’est que le secteur pointu de la diffusion musicale, argumentée et intelligente, est en péril. Peut-être le lectorat se réduitil au fil des ans… ? Pourtant le spectacle vivant fait recette : les 130000 entrées aux dernières « Folles Journées » nantaises le prouvent… Mais, de fait, on soutient peu volontiers un espace à l’audience réduite, jugé de plus élitiste. Il faut dire qu’à force de scander (par souci démocratique !) que tout se vaut, de nommer Victoires de la « musique » ce qui devrait s’appeler Victoires de la « chanson », de placer sur un même plan musical une symphonie de Mozart et le rap ou le rock (même dans l’Éducation nationale, même au bac !) on aboutit au résultat inverse : les répertoires proposés se réduisent à peau de chagrin et la les pistes de réflexion engagées interrogeant la valeur sociale du critiquable et du risible, donc la capacité de tolérance. La seconde partie est constituée alphabétiquement des œuvres sous forme de vignettes accompagnées de commentaires individualisés. Enfin, la troisième propose ces mêmes œuvres en grand format avec une présentation du travail de l’artiste et sa biographie, seize en tout, d’Albajar&Altarriba à Zevort en passant par De Tournadre, Garcin ou Ramette. L’avantage du livre sur l’exposition est notamment de pouvoir comparer grâce à ces références les différentes démarches. Un projet agréable, où des propositions d’humour à la reproduction exemplaire (celles notamment où se confrontent patrimoine et contemporanéité comme à Birmingham, Graz, Manchester ou Londres) provoquent sans artifice aucun, alors qu’on pourrait croire parfois à un montage, un étrange sentiment d’irréalité. Comme une intrusion de science-fiction. Zanta renouvelle notre regard sur notre urbanité en montrant comment l’esthétique architecturale fait aussi image et signe, le « landmark ». Ce magnifique livre pourrait faire office de vade-mecum de luxe pour l’amateur d’architecture européenne, hors poids et format. Sauf que l’index reste dans le secret L’architecture et la musique ont toujours entretenu des rapports distants malgré les nombreuses analogies qui lient ces deux arts : comme le disait Goethe, « l’architecture est une musique pétrifiée » ! Pourtant la démarche de Xenakis, à la fois compositeur et architecte, demeure singulière. Également mathématicien et auteur d’une œuvre protéiforme où les lois arithmétiques joueront un rôle majeur, Xenakis est l’auteur de nombreux écrits sur l’architecture et sur les relations qu’elle entretient avec la musique. Pour la première fois, l’ensemble de ces précieuses notes est regroupé dans un ouvrage grâce au concours de Sharon Kanach, compositrice et ancienne élève du maître. Édité aux éditions Parenthèses, Musique de l’architecture est structuré en quatre parties : Les années Le Corbusier ; La ville cosmique et autres écrits ; Xenakis, architecte indépendant ; Les Polytopes. Il est agrémenté de nombreuses illustrations, croquis, esquisses et photos originales (Pavillon Philips, Couvent de la Tourette, Diatope de Beaubourg…). En somme, un outil indispensable pour bien comprendre la démarche d’un artiste investi dans la création, déclarant justement « l’originalité est une nécessité absolue de survie de l’espèce humaine. » FRÉDÉRIC ISOLETTA musique classique est confinée dans un placard dont plus personne, bientôt, ne possèdera la clé… qui ouvre pourtant la porte de plaisirs ineffables. Ce livre intitulé Radio est celui d’un amoureux des notes et des mots. Dominique Jameux fut producteur sur la France Musique pendant plus de trente-cinq ans : que n’a-t-il agacé en parlant « sur » la musique ! C’est justement la parole qu’il défend à la radio, celle qui fouille, analyse, informe -allusion non-dissimulée à la concurrente Radio-Classique qui, la plupart du temps, diffuse un flot sonore sans commentaire et n’exigeant pas nécessairement une écoute « active ». Avec ses 1% d’audience, France Musique est fragile. Dominique Jameux en défend le principe et les professionnels qui y travaillent, loue le « gai savoir », évoque son expérience derrière les micros, et livre, d’anecdotes plus radical n’ont pas été conviées, si on considère une période très récente frappée de divers anathèmes, ou d’égarements politiques. CLAUDE LORIN Humour et dérision Edition Fondation Regards de Provence, 2009, 35 euros des lieux : il ne nous livre ni les noms des architectes, ni celui des bâtiments réalisés. Les provençaux reconnaîtront cependant le Stadium de Ricciotti à Vitrolles mais signalé à… Aix-en-Provence ! Un détail.C.L. UrbanEurope Marco Zanta édition Contrasto, 2008, 43,95 euros enuiiQ4 ! deP'ar[hitarture Musique de l’architecture Iannis Xenakis Ed. Parenthèses, 28 euros en souvenirs, ses humeurs sur « l’inanité ambiante » en invoquant la culture comme parade possible… JACQUES FRESCHEL Radio Dominique Jameux Editions Fayard. 14 euros
Vauban multimédia Le tricentenaire de la mort de Vauban a été l’occasion d’une célébration, ce fut « l’année Vauban ». Bon nombre d’ouvrages ont été publiés, et ce DVD interactif s’inscrit naturellement dans cette suite ! Portrait de Vauban Le menu principal nous propose plusieurs entrées : le Film, avec ses chapitres ; Voyage ; Vauban vu par ; Mémoires à sa façon ; Histoire(s). À dire vrai, l’interface est un peu déroutante car on aura tendance à cliquer sur « Le Film », comme on le ferait pour commencer la lecture d’un quelconque DVD. Or, pour saisir vraiment toute la richesse de l’œuvre et du personnage, il faut parcourir l’ensemble des entrées, ce qui se révèle d’un grand intérêt. Le film principal, consacré à Mont-Dauphin, citadelle majeure de l’architecte du roi, dévoile les arcanes de cette place remarquable et stratégiquement déterminante -en tout cas au moment de sa construction. Il illustre à merveille le système Vauban : ses conceptions, sa maîtrise technique, son fonctionnement comme spécialiste du génie. On saisit, à travers ce lieu où se mêle concret et utopie, combien le projet reflète l’homme. Les autres parties du disque permettent d’ailleurs de comprendre les ressorts de cette œuvre. Elles décrivent et décryptent l’homme sous forme de courtes interviewes. Accompagnés par la voix de Charles Berling, on y suit les traces de Vauban de son Morvan natal jusqu’à la cour du roi ; on comprend mieux ses désirs et ses rêves, les difficultés de la Un mythe corse Les éditions Albiana exhument un ouvrage tout à fait incroyable, en latin, et qui est sans doute destiné à de longs développements. Déjà l’histoire du texte est digne d’un roman. Vir Nemoris (L’homme du bois sacré) est composé au cours des années qui suivirent la défaite de Pascal Paoli, en 1769 à Ponte Nuovo, défaite qui entraîna la dissolution de la toute récente nation corse. Ce n’est qu’après la mort de son auteur, et en Italie, que le texte sera publié par Salvatore Viale et Niccolo Tommaseo, à Florence en 1846 ! Dans le recueil des Lettere di Pasquale de’Paoli, pour combler un vide de deux ans dans cette correspondance ! C’est la première fois que ce grand poème est traduit, (par les soins de François-Michel Durazzo), et publié en France ! Deux chants composent ce poème épique en beaux hexamètres dactyliques. Giuseppe Ottaviano Nobili- Savelli se sert, en fin lettré, des fleurs de rhétorique qu’il maîtrise de par sa fréquentation des textes latins, (il est un brillant traducteur d’Horace), pour chanter son compagnon d’armes, le fameux « curé de Guagno » qui, selon la légende sera retrouvé mort un crucifix dans une main, un poignard dans l’autre, image vibrante d’un homme qui sacrifia tout à son peuple. Pourquoi écrire encore en latin au XVIII e ? Parce que l’épopée est le genre le plus haut, la langue latine permet ici d’atteindre la gloire et l’universalité. L’originalité profonde de ce texte réside dans le fait que la légende se tisse au moment même où elle est vécue. Les évènements rapportés sont contemporains de l’auteur et, déjà, les personnages évoqués prennent une stature légendaire : si le récit s’attache à la figure de Domenico Leca (le curé de Guagno), de superbes pages sont consacrées à la gloire de Pascal Paoli, homme des Lumières, cultivé et subtil, versé dans l’art de la guerre, mais aussi dans celui de la politique, du droit, de ESSAIS LIVRES 53 tâche accomplie et la dure vie qu’il mène. On y découvre ce que le royaume doit à l’homme autant du point de vue militaire, scientifique qu’intellectuel. On y traverse également cinq autres villes ou forts construits ou modifiés par Vauban, Saint-Vincent-les-Forts, Briançon, le Fort Saint Nicolas, et deux sujets remarquables sur le fort de Bouc ou le tableau de Vernet sur le port de Toulon. En 45 films courts, que vous pouvez également retrouver sur le site de Image, Son et Compagnie, qui a édité le DVD avec l’aide du Conseil régional PACA. RENÉ DIAZ ilesses'I Voyage avec Sébastien de Vauban De la frontière des Alpes au littoral méditerranéen réalisation Bénédicte Sire DVDinteractif, durée 3h30, Muséofilms www.voyageavecvauban.com l’organi-sation de l’État. N’a-t-il pas mis en place le premier essai de démocratie suivant les principes des philosophes de son temps dont il suscitera l’admiration ? Savelli chante un combat qui est le sien et qui rejoint celui de Pascal Paoli. Il n’est cependant pas au service de quelqu’un, mais au service de la liberté. sans doute intéressant d’en tirer leçon. Car l’intérêt de cet ouvrage courageux est triple, les beautés latines de cette épopée, l’éclairage historique, le problème aigu de sa réception… MARYVONNE COLOMBANI Comment lire Vir Nemoris ? Pourquoi donc un texte de cette qualité, de cette ampleur, n’a-t-il pas eu auparavant la place qu’il méritait ? Vae victis ? Un mythe qui ne conforterait pas ou qui contredirait le mythe national serait-il impardonnable ? Fautil toujours évacuer ce qui gêne et étouffer des moments dont on ne peut tirer de gloire ? N’est-ce pas cependant le meilleur moyen de laisser, en cultivant les ignorances, la place aux mouvements les plus extrêmes, les plus étriqués, les plus dangereux ? L’Italie fasciste s’en empara… il serait Vir Nemoris, Circinellu ou L’homme du bois sacré Giuseppe Ottaviano Nobili-Savelli Editions Albiana Centre d’études Salvatore-Viale 15 euros



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