Zibeline n°17 avril 2009
Zibeline n°17 avril 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de avril 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : Marseille, sous tous les angles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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50 LIVRES JEUNESSE Quel éveil ! Consacrer une semaine au(x) livre(s) pour les enfants, des touts petits aux plus grands (de 0 à 6 ans), c’est ce que propose depuis neuf ans l’association istréenne Ville Lecture avec Lire et Grandir. Un événement qui prend en compte, dès le plus jeune âge, l’appréhension de l’écrit par le biais d’écoutes de récits, de contes, par la manipulation de l’objet-livre, par la rencontre avec des auteurs, des illustrateurs, mais qui s’adresse aussi à leurs parents ainsi qu’aux professionnels du livre et de la petite enfance. Cette année l’association invite Christian Bruel, éditeur (éd. Être) et auteur d’album, qui propose notamment une rencontre/débat tout public autour du thème Les albums jeunesse importants du demi-siècle écoulé (le 27 mars à l’Espace 233 à Istres). De nombreux auteurs et illustrateurs seront également présents, parmi lesquels Corinne Dreyfuss, Stéphanie Blake, Aurélia Grandin et Cyril Hahn, ainsi qu’Edmée Cannard, dont une exposition de 22 planches sera visible au Centre Culturel de Fos (du 24 au 28 mars), Charlotte Mollet, qui exposera ses œuvres à la Médiathèque Intercommunale de Miramas (du 12 au 28 mars), et Serge Bloch, qui présentera travaux de presse et personnels au CAC à Istres (du 24 mars au 12 avril). Ils seront tous là le 28 mars lors de la journée dédicaces/rencontres. Sans oublier les ateliers d’éveil musical, les spectacles, et le programme spécialement concocté par le cinéma l’Odyssée les 28 et 29 mars… DO.M. Lire et Grandir du 24 au 28 mars Ville Lecture 04 42 55 70 60 Christian Bruel X-D.R L’adolescence en résonance Le 2 e Forum du Prix littéraire des lycéens et des apprentis de la Région PACA a réuni son public et ses auteurs à Cannes. Une nouvelle fois l’enthousiasme a été vif ! Les 3 romans à l’honneur mettent en lumière, chacun à sa manière, les moments difficiles de la construction de soi. Le garçon qui se rêve sirène... Depuis 10 ans, Adèle conduit la navette scolaire dans une région de montagne, de neige et de vent. Au cours de ses trajets elle se raconte, remonte dans ses souvenirs, sans ordre, au rythme de ses émotions. Sa parole se déroule comme les lacets de la route, l’enfance et de l’adolescence sont évoquées comme les pièces d’un puzzle que le lecteur actif reconstitue peu à peu. Dans une langue lyrique et rugueuse, Emmanuele Pagano fait surgir le masculin dans le féminin : car Adèle, enfant, était un garçon. Enfance avec le « grand petit frère » Axel, dans la ferme du fond, à aider le père ou la mère aux travaux, à courir dans les bois, à écouter l’histoire de La petite sirène qui se voulait « fendue » pour son prince, à assister la mère pour ses fausses couches. Puis à la fin de l’adolescence, la décision de l’opération, l’opposition d’Axel qui se réfugie dans son métier silencieux de cordiste... Un jour de tempête la navette est bloquée dans la neige ; Adèle guide ses adolescents vers une grotte pour y passer la nuit. Une nuit de révélation…... celui qui parle aux animaux… La romancière américaine Mary Relindes Ellis a livré un premier roman de facture assez classique qui nous plonge au cœur de la sauvage région du Wisconsin, dans un milieu de rudes paysans. Une chronique familiale douloureuse avec un père lâche et alcoolique qui bat sa femme et va jusqu’à mutiler son plus jeune fils, Bill, tandis que l’aîné s’est enrôlé pour le Vietnam où il trouvera une mort atroce. Bill sombre dans le désespoir, la mère frôle la folie. L’amour de la terre et de la nature leur permettent peu à peu de se reconstruire. Le récit donne alternativement la parole aux différents protagonistes, permettant de lever peu à peu des zones d’ombre, chacun évoquant son enfance, ses affections ou ses terreurs. Les blessures des guerres, les mentalités étriquées des petites villes servent de cadre à la lente remontée vers la vie et la reconstruction de Bill, de sa mère. Lors de sa rencontre avec les lycéens de Brignoles, l’auteure a souligné l’importance qu’elle accorde au sort des enfants et des femmes sur lequel pèse encore trop souvent le silence des familles et des autorités. Discours engagé qui a séduit les lycéens ! …et celui sui suit sa Chance ! Prenez un personnage à la Forest Gump, une émission tv du genre Pékin express, qui copierait Jules Verne, des luttes de pouvoir entre les magnats de la presse, des auditeurs fascinés, comme dans le Truman show, vous aurez une petite idée du contenu de ce livre de Thierry Maugenest, totalement jubilatoire. Pourtant, le personnage central serait 1+.y7ukcCf153 Lr4glOti*rk mort ? C’est par un faisceau de témoignages subjectifs que le lecteur est amené à le cerner. Sullivan Chance a été sélectionné pour effectuer un Tour du monde en 80 jours, sans un sou en poche, sous le regard permanent des caméras. Son tour du monde ressemble davantage à une errance intérieure, étrange, avec des rencontres extraordinaires… Quête de la vérité d’un être dont le comportement nous dépasse, démystification des apparences, recherche de soi, du bonheur, du sens de la vie. À cela, ajoutez une critique cinglante de notre monde hyper médiatisé, une satire de la globalisation de l’image, ah ! les poissons en plastique de pêche miraculeuse et les campements « authentiques » ! Profond et léger à la fois, ce livre est attachant, et donne certainement aux ados une leçon de vie, les amenant à s’interroger sur ce qui est essentiel. CHRIS BOURGUE ET MARYVONNE COLOMBANI Les adolescents troglodytes Emmanuelle Pagano P.O.L, 14,90 euros Wisconsin Mary Relindes Ellis Buchet-Chastel, 22 euros Audimat Circus Thierry Maugenest Liana Levi, 17 euros
Baroque flamboyant Vous aimez les romans mondes, les histoires qui font voyager dans le temps et dans l’espace ? Vous êtes friand des Mille et une nuits, des feuilletons du XIX e siècle, des romans sud américains ? Vous adorez vous perdre dans des histoires qui se reflètent les unes les autres, selon une partition narrative savamment composée ? Vous appréciez les clins d’œil et les pièges de l’auteur ? Le 3 e roman de Jean-Marie Blas de Roblès est pour vous. Un manuscrit de 1200 pages, 800 à l’arrivée, Là où les tigres sont chez eux (le titre déjà est une invite) se dévore et apporte brillamment la preuve du talent de « raconteur d’histoires » de son auteur. De sa maestria polygraphe aussi. Sur la base des prétendus mémoires d’un disciple d’Athanase Kircher, c’est la biographie, pour une grande part inventée, de ce jésuite « dinosaure de l’humanisme » qui scande les 32 chapitres du roman. Imitation de la langue du dix-septième siècle pour cette hagiographie d’un homme qui a traversé le siècle, a été adulé par ses pairs et s’est trompé sur tout. Dans cet homme qui s’accroche à son savoir ancien (gigantesque) et refuse de voir la rationalité naissante, dans ce siècle qui vacille sur ses bases, bouleversé par la Guerre de Trente Ans, Blas de Roblès voit une image en miroir de notre époque. C’est ce qui l’a conduit à « fuguer ces thèmes » dans le Nordeste brésilien contemporain. Il mêle ainsi, avec des effets d’attente jouissifs, d’autres histoires à la principale, selon un jeu de reflets subtil, et s’essaie à toutes sortes de sous-genres : roman de mœurs, intrigue politico-policière, récit d’aventures dans la jungle, roman érotique, mais aussi carnets, notes de travail, articles d’encyclopédie… avant un « triste épilogue » qui tisse ensemble les fils épars. Variations anamorphiques, écriture inspirée… Blas de Roblès compose un univers d’une éblouissante originalité. FRED ROBERT Là où les tigres sont chez eux Jean-Marie Blas de Roblès éd. Zulma, 24,50 euros Une curieuse odeur de mer Curieux titre que celui de Iode, pour un roman noir, vraiment très noir. L’intrigue n’est pas ce qui frappe le plus dans ce court roman de Juan Hernandez Luna, mais un sentiment d’étrangeté, de malaise qui envahit le lecteur. Souvent les récits à la première personne rapprochent lecteur et héros, créant une empathie plus ou moins profonde, qui assurément permet de comprendre les remuements de l’âme du personnage. Ici, cette alchimie n’opère pas, ne peut opérer. Le « je » du protagoniste reste étranger, irrémédiablement, inatteignable dans son appréhension du monde. Condamné par sa nature albinos à la nuit, rejeté par les autres, il collectionne les coquillages, massacre les poulaillers, commet des meurtres abominables, pour se protéger, pour répondre à des pulsions, insondables, parle admirablement bien de Vivaldi ou de Beethoven en mélomane averti ! Les personnages qui l’entourent Les rencontres avec les écrivains précisent parfois des points importants de la genèse des œuvres et permettent d’y voir plus clair. C’est ce qui s’est produit pour le 3 e ouvrage traduit d’Alaa El Aswany, J’aurais voulu être égyptien, recueil composé d’une novella et de 9 nouvelles plus courtes. Ce troisième opus, malgré quelques fulgurances, était quelque peu décevant : impression d’une certaine platitude, particulièrement dans les récits d’enfance ; clichés dans la description de certains personnages, surtout les figures féminines, quasiment toutes gratifiées d’une « bouche miniature » ou de « bras marmoréens ». Bref, on ne retrouvait que trop rarement l’énergie féroce et l’humour décapant auquel le romancier dentiste du Caire nous avait habitués. Grâce aux rencontres organisées par la Pensée de Midi (voir p 48) tout s’explique ! Ce troisième ouvrage édité et traduit est en réalité le premier qu’El Aswany a écrit, valent encore moins que lui, une mère folle, calculatrice, sainte aussi, un docteur corrompu, des chauffeurs de bus maffieux, violeurs… Un monde qui ne connaît pas d’innocence. Un étrange balancement s’opère entre l’amoralité et l’immoralité, la conscience du mal et le mal comme état de nature. Le roman commence par la nuit, faussement conformiste, et nous entraîne dans une réflexion sur l’autre, avec parfois de très belles images, comme cette « rue (qui) laisse voir son arête décharnée ». Un roman dont on ne sort pas indemne. MARYVONNE COLOMBANI Iode Juan Hernandez Luna Tr Jacques Aubergy Editions L’Atinoir, 12 euros Un univers en construction au moment où il a décidé d’entrer en littérature, dans les années 1980. En raison, entre autres, du récit qui l’ouvre et dont le narrateur déçu vilipende l’Égypte et les Égyptiens, ce volume a été refusé trois fois par l’Office du livre égyptien. Aujourd’hui, célébrité aidant, un tel refus n’est plus envisageable et la parution de ces textes intéressera les fans de L’immeuble Yacoubian et de Chicago. Car au fil de ces récits brefs, c’est un monde qui se met en place. Les thèmes chers à El Aswany sont déjà là : hypocrisie, corruption, érotisme, cruauté… Les personnages vivants, contradictoires, très humains, aussi. Comme les fondations de l’immeuble à venir. FRED ROBERT J’aurais voulu être égyptien Alaa El Aswany éd. Actes Sud, Bleu, 19,50 euros LITTÉRATURE LIVRES LIVRES p11L1ri Luuzft iode 51



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