Zibeline n°17 avril 2009
Zibeline n°17 avril 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de avril 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : Marseille, sous tous les angles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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44 ARTS VISUELS SMP ATELIERS D’ARTISTES VIEILLE CHARITÉ Systèmes SMP accueille une série de dessins de Sylvie Pic montrés pour la première fois en France et un projet, Determinant hidden spaces, produit avec l’aide de la galerie et son responsable Stéphane Magat. On peut avoir un double sentiment lorsqu’on retrouve ce travail. D’une part, une certaine séduction poétique suggérée par ces espaces néo géométriques inclassables et une technique du dessin très veloutée (crayon sur papier préparé à l’acrylique). Telle cette Black Suite de 2002 montrée à Montréal, et pour la première fois en France à SMP. D’autre part, un sentiment de déjà vu, de répétition tellement la manière est caractéristique de l’artiste. On se penchera alors vers les deux caisses en bois brut d’un mètre cube environ installées dans la seconde salle. Un petit hublot rectangulaire permet d’observer à l’intérieur de chacune. Les parois sont recouvertes de formes curvilignes peintes en mi-teintes. L’effet premier donne la sensation d’anamorphose proche du travail de Georges Rousse mis en boîte. Il semble que l’effet recherché visuellement est d’annuler la présence réelle du volume cubique et d’autoriser le flottement du regard dans un autre espace ainsi révélé sans limites. D’où le titre du projet. On retrouve ici une des préoccupations qui hantent les œuvres de l’artiste. Mais, à cause d’une mise en lumière trop crue, l’illusion ne fonctionne pas complètement. « Il faut que j’atténue la lumière dans les angles car on les voit encore trop » avouet-elle. Un petit réglage seulement pour que tout tombe à Pic ! Determinant hidden spaces Sylvie Pic Jusqu’au 25 avril SMP 04 91 64 74 46 www.s-m-p.org Boites - Determinant Hidden Spaces, 2009 Buffet froid ? En parodiant Hector Obalk à propos d’Andy Warhol, on pourrait dire de Bernard Buffet qu’il n’est pas un (très) grand artiste. Pourtant le pape du pop badait le peintre français dit-on ! Alors qu’a-t-on à se mettre sous la dent sous les voûtes de la Vieille Charité ? Une soixantaine d’œuvres de 1947 à 1999, issues de collections particulières, d’un artiste notoire pour sa mise au ban de la grande histoire de l’art ! Vilains tableaux disaient-ils, vilaine était donc la critique. L’argument est bien court. À l’inverse, affirmer que Bernard Buffet fait jeu égal avec Picasso pour avoir été précurseur dans l’art du XX e siècle (lire le catalogue), constitue une thèse plutôt excessive. En regard des Futuristes, Surréalistes, Dadaïstes ou Constructivistes, l’esthétique développée se résume à quelques traits caricaturaux. Mais à y regarder de près, bien des œuvres traduisent une empathie tragique avec le genre humain. Dommage que le style prenne le dessus, sauf dans La Merréalisé en 1960, la seule œuvre de facture abstraite présentée ici. Un écart pour le pape de la figuration, ou une autre voie ? Les organisateurs souhaitaient une réhabilitation en lui dédiant une grande exposition. Est-ce un grand projet dans l’ambitieuse programmation Le grand jeu II, huile sur toile, 130x162cm, 1977 Galerie Maurice Garnier d’une ville sacrée capitale européenne de la culture ? La question du Buffet reste posée.C.L. Bernard Buffet Jusqu’au 7 juin Centre de la Vieille Charité 0810 813 813 Allo mairie 0 810 813 813 Catalogue Bernard Buffet, Indigènes éditions, 2008 Des mondes nébuleux Puits des mondes, Elodie Moirenc et Sylvain Roca, salle 3 Originellement appelée La Nébuleuse, l’exposition apparaît aux Ateliers d’artistes de la Ville de Marseille sous l’intitulé Puits des mondes dans une scénographie signée Sylvain Roca, des environnements et des installations conçus par Élodie Moirenc. Un projet tricoté dans la continuité d’une première expérience en binôme au Château de Lauris, et vivement accueilli par l’Association Château de Servières qui, pour le coup, a totalement repensé ses espaces. Parce que « la proposition est ténue, dense, souligne Martine Robin, commissaire d’exposition, parce qu’elle est vivante. C’est un travail sur les formes, les matières, l’espace, la couleur : la base même des arts plastiques » … On pénètre dans ce puits sans fond par une antichambre recouverte de dessins gais et « enfantins » avant de déboucher sur des sas obscurs où l’on circule et déambule à sa guise. Dans une succession d’espaces fictifs qui brouillent les repères, dans un entre-deux instable, on découvre la Matrice, le Trou noir, le Trou blanc, la Grotte, la Salle secrète des sculptures, les Spectres comme autant d’œuvres mises bout à bout « sous forme de collections ». L’ensemble évoque une combinaison théâtralisée, à réinventer sans cesse, où les matériaux et la lumière ont remplacé le dialogue des mots et le jeu des acteurs. Sylvain Roca y met en scène le vocabulaire d’Élodie Moirenc, ses matériaux -opaques ou transparents, lisses ou rugueux-, ses perspectives -tronquées parfois-, ses laies de papier peint en lambeaux, ses colliers de perles géants sans début ni fin… Mais que se passe-t-il donc derrière le rideau ? Au fond de la pièce ? Là-bas, au bout du couloir ? Rien d’éternel, juste des visions immatérielles, tels les chemins de Lilliputiens tracés à coup de gommettes. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Puits des mondes Élodie Moirenc et Sylvain Roca jusqu’au 11 avril Ateliers d’artistes de la Ville de Marseille 04 91 85 42 78
VILLA NOAILLES SAINT-RÉMY ARTS VISUELS 45 Architecture de la… discorde Conçue pour des initiés de l’architecture, l’exposition Architecture de la disparition rend hommage à André Lefèvre et Jean Aubert qui, dès les années 50, réalisèrent « de véritables architectures à l’échelle du paysage » À Hyères, la Villa Noailles a recours aux moyens les plus traditionnels que sont la photographie, les plans et quelques maquettes pour étayer son propos. L’ensemble est un peu sec, contrebalancé fort heureusement par deux vidéos qui, outre la clarté du propos de Patrick Bouchain et du témoignage d’André Lefèvre, rendent l’architecture plus « vivante ». Sans oublier la participation de Rudy Ricciotti qui évoque l’intelligence et la générosité constructive de ceux qu’il nomme « architectes voyageurs. » D’aucuns qualifient leurs réalisations de réussite environnementale mettant en œuvre « un autre rapport au monde. » Ainsi Patrick Bouchain parle de « réussite exceptionnelle » à propos « d’une œuvre entière, sincère et spirituelle. » L’exposition tout entière est un plaidoyer en faveur du cabinet, les partis pris d’intégration au paysage, l’utilisation des pierres naturelles, la réalisation de toits-jardins, les chemins piétonniers, l’interpénétration entre les espaces intérieurs et extérieurs… Quand d’autres s’insurgent contre Lignes de faille De Château Noir en Provence où Pierre Tal-Coat vécut une quinzaine d’années, à la Chartreuse de Dormont en Normandie où il poursuivit « inlassablement sa quête vers une fusion du spirituel et de la matière », le musée Estrine à Saint-Rémy-de- Provence nous invite à marcher mad dans ses pas. Car de flânerie il en question ici, et de traces aussi, Tal- Coat étant un infatigable promeneur tout autant qu’un peintre des empreintes. Né en 1905, Pierre Tal-Coat fit mille et un métiers avant de se consacrer exclusivement à la peinture à partir des années 1924, et Pierre Tal-Coat, Vols d'oiseaux passant un reflet 1965, huile sur toile, 122 x 196 cm, Collection particuliere, Jean-Louis Losi le bétonnage du littoral varois comme ce fut le cas du domaine du Gaou Bénat transformé en hameaux ! Il faut reconnaître néanmoins que, si l’avancée du béton sur les forêts de pins et les restanques est regrettable, André Lefèvre et Jean Aubert ont réussi à se faire tout petits face à Dame nature, rendant quasiment invisibles leurs constructions entre terre et mer. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI jusqu’à sa mort en 1985. Sur sa route, deux hommes et deux rencontres fondatrices, l’une avec le philosophe Henri Maldiney, qui « ouvre son œil à l’émotion comme une expérience de la vie, de la réalité », l’autre avec le poète André du Bouchet qui lui fit sentir pleinement l’état « d’être dans le paysage. » Si l’exposition se concentre sur une dizaine d’années, elle n’en offre pas moins la quintessence de son œuvre en prise permanente avec la nature, sans que jamais il ne l’imite ou ne la copie. La nature – « celle de la réalité originelle » - est comme un second souffle, une architecture divine, une construction mentale quand, sur la toile, il n’en conserve que les lignes de force. Celui dont le nom signifie en breton « front de bois » n’a cessé d’affiner son vocabulaire où la ligne et la bande, rectilignes ou circulaires, sont omniprésentes, où le geste suspendu se heurte à l’hori- Olivier Amsellem, Villa La Lezardiere Architecture de la disparition jusqu’au 5 avril Villa Noailles, Hyères (83) 04 98 08 01 98 zon, à la saillie d’une pierre, frôle la rugosité d’une écorce, se perd dans une faille vertigineuse. Aquatique, minérale ou végétale, Tal-Coat répétait qu’il voulait « rentrer en elle », écrivait qu’il voulait « représenter la nature de manière intuitive. » Et toutes ses recherches sur la couleur pure, la matière, la lumière ont été une réponse plastique à une quête d’une représentation sensuelle. Au point d’atteindre les rives d’une « abstraction » silencieuse. Car Tal-Coat fut aussi le peintre de la solitude et de la méditation. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Pierre Tal-Coat, De Château Noir à Dormont Musée Estrine, St-Rémy-de-Provence jusqu’au 14 juin 04 90 92 34 72



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