Zibeline n°17 avril 2009
Zibeline n°17 avril 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de avril 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : Marseille, sous tous les angles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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32 MUSIQUE CONTEMPORAINE 1 Le Père Schoenberg 0 L’ensemble Télémaque poursuit son « Cycle de concerts thématiques et historiques » en partenariat avec la Bibliothèque départementale Le 17 février, dans la continuité du « Portrait composé » sur l’École de Vienne (avec en particulier une très belle interprétation du Pierrot lunaire de Schoenberg, voir Zib 16), Raoul Lay a mis en regard le père de l’atonalité avec des compositeurs contemporains. Paradoxalement (mais est-ce un hasard ?), c’est une œuvre encore tonale que le directeur de l’ensemble musical a convoquée. Si la Symphonie de chambre (transcrite pour quintette par Webern) torture les règles de l’harmonie clas-sique, la pousse dans ses derniers retranchements, elle s’appuie cependant sur des formes traditionnelles, des accords parfaits pur jus. L’opus conserve, de surcroît, un lyrisme ancré dans le post-romantisme viennois : vertu que les musiciens ont su rendre à souhait. Autour du piano central (Hubert Reynouard), le violon (YannLe Roux-Sèdes) et le violoncelle (Guillaume Rabier), la flûte (Charlotte Campana) et la clarinette (Linda Amrani) ont répondu au doigt et à l’anche à la direction sans faille, analytique et expressive du maestro, faisant sonner l’opus à l’image d’un orchestre au complet ! Du coup, on saisit plus clairement ce qui conduit Nicolas Bacri vers un néo-classicisme digéré, à l’image du Scherzo ou de la basse obstinée de Night Music (2001), François Narboni à construire ses effets de souffles et percussions mécaniques dans Plérôme des éons (1998-2004), ou Tristan Murail à explorer le phénomène nano-acoustique dans son « manifeste » spectral : Treize couleurs du soleil couchant (1978). Un récital qui, outre son intérêt artistique, éclaire chacun sur les diverses écoles de la musique d’aujourd’hui… JACQUES FRESCHEL À venir pour Télémaque Parce que la musique d’aujourd’hui prend aussi racine dans le romantisme, l’Ensemble Télémaque au complet inaugure un ambitieux programme pour tous les amoureux (et nous sommes nombreux !) des Lieder de Schubert et Schumann. De fameux poèmes chantés du premier et la citadelle romantique que constitue le cycle Les Amours du Poète sont interprétés par le ténor Fabrice Mantegna et la soprano Brigitte Peyré. Les compositeurs s’inscrivent ainsi dans une filiation inattendue, reprenant la traition de l’orchestration de Lieder : les accompagnements originaux à l’orchestre sont réalisés (voire réécrits…) par Bernard Campana (Schubert) et Raoul Lay (Schumann). Ce dernier dirige, en regard, un de ses opus moderne et lyrique, inspiré également de Schumann, de son romantisme intime et de ses larmes : WanderLied. Schubertmannia Théâtre des Salins, Martigues Le 21 mars à 20h 04 42 49 02 00 www.theatre-des-salins.fr C’est la quinzième ! Bel exploit pour un concert de musique contemporaine ! On (ré)entendra le Portrait Messiaen dressé par la compagnie musicale, dont le succès repose, depuis plus d’un an, sur la qualité de ses interprètes et une proposition pédagogique intelligente : celle d’apprendre à écouter des opus, certes modernes, mais écrits « pour tous » par Debussy Brahms l’aïeul D Guillaume Rabier Agnès Mellon (Syrinx, Reflets dans l’eau) ou Boulez (Dérives I) et dont le point d’orgue affiché est le sublime Quatuor pour la fin du temps de Messiaen. (Concert commenté le 17 avril à 20h30 à l’église de Trets - 04 42 61 23 75). Ensemble Télémaque 04 91 39 29 13 www.ensemble-telemaque.com Son altesse l’alto 0 C’est à guichet plus que fermé que son altesse l’alto s’est présenté, en cortège, dans le Grand Foyer de l’Opéra de Marseille le 21 février. Du 4 e concerto royal et sonore de Telemannjoué à dix, à des transcriptions signées Puccini, Villa-Lobos ou Gershwin, on a touché du doigt (et de l’oreille !) toutes les qualités d’un pupitre, accordé une quinte plus bas que ses frères-violons, peu souvent sous les limelights, mais précieux goujon de l’orchestre philharmonique. Benjamin Clasen, en luxueux Monsieur Loyal, a présenté un programme festif articulé autour de points d’orgue. Dans un florilège tiré de West Side Story, la dynamique meneuse de troupe Magali Demesse a fait preuve d’une invention, d’un sens mélodique et d’une sensibilité hors pair : une vraie artiste se cache sous cette bonne humeur-là ! Dans un pot-pourri hispanisant, on a également apprécié la classe de la « guest-star » Jean-Baptiste Brunier (alto solo de l’Orchestre de Radio France)… sans oublier la somptueuse sonorité de Cécile Florentin dans une antique Sonate pour violes de Leclair ! J.F. Le concert du 17 février à la Société de Musique de chambre de Marseille présentait un double intérêt : celui d’entendre trois jeunes solistes bourrés de talent et deux superbes Trios d’esthétiques distinctes, séparés par plus d’un siècle d’histoire musicale. Au Trio en mi bémol op.40 de Brahms, drainant une pure sève romantique, David Guerrier (cor à piston ou naturel), Nicolas Dautricourt (violon) et Bertrand Chamayou (piano) ont opposé un chef-d’œuvre moderne : le Trio de Ligeti. Composé par le Hongrois en 1982 « en hommage » à Brahms, l’opus épouse la même structure « classique » en quatre mouvements avec Scherzo, donne au cor une fonction polaire, enchaîne pulsation haletante et marche bancale, jusqu’au lamento final où le lyrisme l’emporte. Lorsque le continuum sonore s’éteint peu à peu, qu’il nous semble entendre, au son d’harmoniques de violons s’extirpant de fréquences profondes au cor, un chant multiphonique de moines tibétains, on se dit qu’on est bien loin du traitement thématique de 1864… mais qu’au demeurant une poésie commune traverse ces œuvres ! J.F. David Guerrier Radio France/Christophe Abramowitz
Retour vers le Futur Singulière manifestation organisée le 21 février au Grim pour le centenaire du Futurisme : performance et concert visuel, suivis d’un repas futuriste ! Un siècle déjà que Marinetti publiait à la une du Figaro le manifeste d’un mouvement avant-gardiste aux contours radicaux, le Futurisme. L’Institut Culturel Italien, avec le soutien d’Ars Centro d’Arte et du Centre Franco Allemand de Provence, a transformé pour l’occasion Montévidéo en Ristorante Santo Food Turismo afin d’accueillir le concert visuel de Rochus Aust par l’ensemble Re-Load Futura. Avant le véritable repas, l’équipe cosmopolite nourrit son public attablé par des mots, des images et du son, dans la tradition de l’alimentation radio pronée par Marinetti. Le manifeste des droits culinaires et ses 150000 plats qui disparaissent chaque année est alors posé sur la table, sous les directives et les invectives du chef de cuisine et de chant Fosco Perinti dont la double performance est à souligner ! Des plats, féminins ou masculins, saucés de sons et de coquillages, de trompettes, des dessertes de tables sauvages et jouissives, se succèdent… Et cette dégustation de mets immatériels s’avère être un préambule consistant au véritable repas futuriste concocté par Fabienne Sitri. Et on apprécie la pasta que les futuristes voulaient tout simplement faire disparaître ! FRÉDÉRIC ISOLETTA À venir au Grim La quatrième édition des Rencontres Sons de Plateaux organisées par le Grim à Montévidéo se déroulera du 7 au 12 avril. La ville sur un plateau avec Radio Grenouille et Arte Radio ouvrira les festivités avec un panorama sonore à Notre-Dame de la Garde, suivi d’une émission en direct de Montévidéo avec Daniel Deshays (7/4). Place ensuite à La Théâtralité du Son pour une création mondiale de Carlos Roque Alsina et Gaston et Brigitte Sylvestre, suivi d’une table ronde en présence des artistes et des compositeurs Jean-François Peyret et Franck Smith. Le point d’orgue de cette soirée sera le concert électroacoustique de Bérangère Maximin (9/4). Une rétrospective du cinéma abstrait Abstracta avec une performance de Saul Saguati et Audrey Colaniz de Basmati accompagnée par les musiciens de l’atelier d’improvisation dirigé par Jean-Marc Montera aura lieu le lendemain (10/4). Le Son dans l’Art Contemporain sera le thème d’une table ronde avec, entre autres, Dominique Petitgand en préambule à la diffusion d’une de ses pièces et d’autres plasticiens comme Fabien Artal et Pierre Andrieux. Un concert d’Yves Robert et de Jean-Marie Maddeddu clôturera la soirée (11/4). Ces quatrièmes rencontres se termineront par une Carte Blanche à Extérieur Nuit où Jacques Rozier sera l’invité d’une table ronde intitulée Son et Cinéma. Suivront la projection de Adieu Philippine et Supplément au voyage du même auteur (12/4). Sons de plateaux 04 91 04 69 59 www.grim-marseille.com Concerts « à quai » … L’activité de Musicatreize s’intensifie « au large », en récitals lointains… et c’est donc avec intérêt qu’on retrouve les musiciens de Roland Hayrabedian « à quai » pour, enfin, un concert marseillais ! Leur programme s’articule autour d’une pièce encore toute empreinte de romantisme, Der Abend de Richard Strauss, et d’un classique de XX e siècle : Trois Fantaisies de Ligeti. On découvre également des extraits de Fontaines d’Israël de JohannHermannSchein et un récent opus de Philippe Gouttenoire : O strana morte. (le 26 mars à 20h au Temple Grignan). On retrouve également le Chœur contemporain, partenaire historique I L'Arbalete magique Gwennegan 2007 de Musicatreize, dans une Messe de Brahms, des Chants populaires de Komitas et Suite de la nuit d’Edith Canat de Chizy (le 12 avril à 20h à l’église Saint-Augustin 04 91 93 41 22). …et conte vietnamien. Parmi la série de Contes créés par Musicatreize, L’Arbalète magique de Tôn-Thât Tiêt recueille un réel succès. Au fil d’une tournée française, le spectacle, mis en scène par Charles-Henry Bradier, arrive dans la région. On avait pu, jusqu’alors, entendre l’opus dans une version « de concert » ou sous la forme d’un livre/CD (Actes-Sud). On viendra donc nombreux (re)découvrir 33 Soiree futuriste pgondard l’univers sonore de l’auteur des musiques des films L’Odeur de la papaye verte ou Cyclo… pour un fin mariage de musique savante occidentale et d’un orient originel… et une fable fondatrice du royaume du Vietnam, mêlant le sacré, l’historique et le merveilleux ! (le 14 avril à 21h à St-Martin de Crau, 04 90 47 06 80. Le 16 avril à 19h15 - scolaire à 14h- au Théâtre Gyptis. Atelier d’écoute à l’Alcazar le 28 mars à 17h). JACQUES FRESCHEL Musicatreize 04 91 11 00 91 www.musicatreize.org o



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