Zibeline n°17 avril 2009
Zibeline n°17 avril 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de avril 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : Marseille, sous tous les angles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 MUSIQUE LYRIQUE SYMPHONIQUE CHAMBRE La voix et Titan Le concert symphonique du 4 mars à l’Opéra de Marseille reposait sur un crescendo très bien construit Cela commençait par deux airs d’opéra de Mozart, récitatifs et mélodie, chantés avec bravoure et sensibilité par Rachel Harnisch. Et de la bravoure il en fallait : Mozart n’épargnait pas ses sopranos, les faisaient monter haut, très haut, sans préparation, sans soutien ochestral, à découvert… La jeune soprano, gracieuse, semblait presque soulagée après ces acrobaties là d’aborder des extraits de Salomé : là encore la tessiture est acrobatique, mais du moins Richard Strauss ménage ses entrées ! L’orchestre suit, précède, accompagne, dirigé avec beaucoup de sentiment par Cyril Diederich, à l’aise dans ce lyrisme post romantique qui enfle, emporte et redescend comme on laisse échapper son souffle… Entracte. L’orchestre s’étoffe encore un peu, gagne en pupitres, se fait grand symphonique, philharmonique : c’est Mahler que l’on aborde, sa première, la « Titan », monumentale bien nommée. On s’accroche à son siège, on attend le souffle… ça commence mal. Le chef, tout à la fabrique de ses emportements futurs, des deux crescendos qui doivent venir soulever l’enthousiasme, en oublie que la mise en place est subtile, néglige de battre, laisse les musiciens perdus décaler (juste un peu) leurs entrées, hésiter, couiner même par moments. Le premier mouvement, pointilliste, perd un peu l’équilibre. Puis cela se reprend, la mayonnaise monte pendant la fugue, le hautbois, le violon, le violoncelle donnent le ton de l’émotion, et Cyril Diederich lance les watts, bondissant littéralement de son estrade, envolé, emportant avec lui les cordes qui sonnent, les bois qui enflent, les timbales, et les cuivres qui se lèvent. Le public à son tour retient son souffle, l’explosion est physique, le halètement, qui recommence, recommence et enfle encore quand on le croyait au bout. Quand cela s’arrête enfin le public crie littéralement, surpris d’enthousiasme. Allez donc écouter les orchestres. En vrai. Après Mahler les montagnes russes, les feux d’artifices, la musique amplifiée, tout vous paraîtra fade… AGNÈS FRESCHEL Rachel Harnisch Priska Ketterer, Luzern Alain Aubin Max Minniti Égarpillage sentimental Le remarquable falsettiste Alain Aubin se livrait à un exercice périlleux le 28 février dans la salle conviviale de Léda Atomica. Le spectacle, d’apparence informel, unit spectateurs et chanteur. Ce dernier raconte, se raconte, « s’égarpille » avec bonheur, suscite le chômage des contraltos féminines, rassemble les fragments éparpillés de sa vie qui l’ont conduit à la musique, au chant. Le pickup de la sœur aînée lutte contre le phonographe du grand-père, les 78 tours, l’odeur de papier kraft jauni et de bakélite… Les Platters contre les « Roses Berio à la fête Deux symphonies de Mozart (n°25 et 40), les deux seules écrites en sol mineur, ont ouvert et clos ce concert, le 6 mars en Avignon, une fois de plus brillamment dirigé par Jonathan Schiffman à la tête de l’OLRAP. Aux côtés du maître salzbourgeois, deux compositeurs italiens au programme : Luigi Dallapiccola (Piccola Musica Notturna) et Luciano Berio, décédé en 2004, dont les Folk Songs, interprétés par la jeune Cristina Zavalloni, ont remporté un énorme succès : ces 11 chansons populaires furent arrangées, et parfois composées comme de malicieuses impostures, par Berio pour Cathy Berberian : sa femme, elle-même compositrice, était une chanteuse merveilleuse d’intelligence, d’invention et de sensibilité. Les orchestrations, contemporaines, de ces chansons populaires, sont d’une subtilité inégalée. On retiendra la troisième, Loosin yelav, poignante d’émotion décrivant le lever de la blanches pour ma jolie Maman » … Il y a Mémé Aline, et ses touchantes vieilleries, la toccata de Bach, Pierre et le loup avec un canard qui éveille la carrière d’hautboïste, et puis surtout, la RÉVÉLATION de la voix de contre ténor grâce au petit poste Sondor. La voix devient alors un « instrument cosmique pour ne pas dire céleste » ! Il y a Elisabeth, le professeur de chant, inénarrable, « monte le palais mon petit ! », mais surtout un amour, Maria Callas… Il y a aussi Alain Aubin, qui chante, nous entraîne dans son univers, nous fait chanter aussi, « giroflée, girofla » … « Le chant est une affaire de collectif » ! Avec l’Abbé Pierre il s’exclame « que la voix des hommes sans voix empêche les puissants de dormir ! » Évocation de la merveilleuse aventure de l’Académie du Chant Populaire… Reprenant la métaphore initiale de son spectacle, « la musique est l’aliment de l’amour » (Shakespeare), Alain Aubin conclut « c’est juste pour dire je t’aime » … Nous aussi ! Merci pour ce moment de joie ! MARYVONNE COLOMBANI v lune un soir en Arménie (pays d’origine de Cathy Berberian), et la der-nière, Azerbaijan love song, entraînante à souhait, bissée par le public. Berio savait y faire ! CHRISTINE REY Cristina Zavalloni Maki Galimberti r"I. 1'R
Ravel Bio La petite salle du Musée des Tapisseries (Aix) accueillait le 13 mars un nouveau concert dans le cadre de la conviviale et éclectique association Art et Buffet Concert Ravel suivi de dégustation de vin bio du Domaine de la Brillane. La Zibeline, exceptionnellement abstème ce soir-là, se contenta du breuvage musical et conçut de belles ivresses. Présentation enjouée des œuvres, analysées en détail pour la circonstance afin de permettre à tout public d’en comprendre et d’en apprécier les beautés… La Sonate pour violon et violoncelle, dédiée à Claude Debussy, exigeante et subtile mettait particulièrement en valeur le velouté, la profondeur des deux instruments, exécution sensible et virtuose à la fois, avec des passages à faire pâlir d’envie Paganini dans le quatrième mouvement, sans compter le feu d’artifice des pizzicati du deuxième, l’ampleur dépouillée du mouvement lent, avec le rendu d’un quatuor. Le Trio en la mineur pour piano, violon et violoncelle (à André Gédalge) aux accents debussystes fut interprété avec magnifique élan, et même si la partition fut qualifiée de « perturbante » dans les commentaires, Florence Cabrita au piano, Noël Cabrita Dos Santos au violon, Yannick Callier au violoncelle, nous ont emportés dans la sublime « poussière de notes » de la passacaille, éblouis par l’enchevêtrement incroyable des thèmes qui tissaient une harmonie nouvelle et envoûtante. « Obstiné violon, coquin violoncelle et charmante pianiste » affirmait Noël Cabrita… en tout cas, un ensemble solaire qui a illuminé de son talent Un cœur en hiver, hommage au film de Claude Sautet tout entier baigné de ce Trio. MARYVONNE COLOMBANI Brahms humain ti Le 14 mars, le GTP accueillait le chœur Accentus pour la représentation du Requiem Allemand de Brahms, dans sa version de Londres, avec deux pianos Ce Requiem se nomme allemand, car il est écrit dans cette langue et non en latin. Inspiré de textes de la bible de Luther, l’atmosphère et le propos différent profondément des autres requiem et s’adressent davantage aux vivants, concédant une place minime à la déploration. Le texte courait dans un surtitrage discret et utile à la compréhension de l’œuvre. Les images liées à la terre, aux moissons, à la joie d’un travail récompensé, abondent. Il n’y a guère d’inquiétude dans ce requiem où domine le mode majeur. Souvent le chœur, dirigé avec une grande finesse par Laurence Equilbey, exulte. Les voix sont remarquablement placées, connaissent de beaux vibratos. Chaque choriste se sent soliste, l’union de ces voix produit un effet large et irisé. C’est un bonheur que de les entendre dans cette partition ! Les solistes, Jutta Böhnert, soprano, et Edwin Crossley-Mercier, baryton, sont véritablement sublimes, accompagnés aussi par les deux stars du piano, Brigitte Engerer et Nicolas Angelich. Cependant, malgré l’indéniable qualité des interprètes, nous ne sommes pas transportés, extasiés. Est-ce lié à l’œuvre que Brahms qualifiait de « requiem humain », où l’on ne sent pas comme chez Mozart le poids écrasant de Dieu ? M.C. Le choeur Accentus Agnes Mellon Station Mozart 31 Edna Stern X-D.R 21h05. Station Alexandre. On attend, en ce 14 mars, que les retardataires quittent le restaurant mitoyen pour rejoindre le gros du public confortablement installé dans le hall de l’ancienne gare de triage du Canet. Au centre de la structure Eiffel se dresse un Steinway... Mais il faudra encore attendre pour l’entendre sonner, car, en prélude, Pierre Lemarquis, neuro-musicologue et conférencier éprouvé, expose en audio-vidéo les facultés expertes du cerveau mozartien, explique comment le jeune musicien a pu mémoriser le fameux Miserere d’Allegri gardé secret en la Chapelle Sixtine. Au bout d’une analyse documentée, on comprend comment Wolfgang pouvait « en block » envisager mentalement un opus musical et non dans sa continuité temporelle… Au final, il semblerait même que la partition papale ne fut pas si difficile que cela à mémoriser ! Puis une jeune femme descend l’escalier et attaque avec délicatesse la première Sonate de jeunesse du programme. On est d’emblée séduit par le toucher d’Edna Stern, la qualité sonore tout en nuances et sensibilité développés par l’artiste. En sourdine et subtiles résonances, son Mozart est infiniment tendre, nocturne et cependant lumineux… ludique aussi, comme dans les élégantes Variations sur le thème Ah ! Vous dirai-je maman ou le 1er mouvement souplement balancé de la Sonate en la Majeur. Un récital ponctué par une « Marche turque » inventive et libre à souhait et par un aperçu du somptueux disque Bach que la pianiste vient de graver (Zig-Zag Territoires 090104) ! JACQUES FRESCHEL Le lendemain, c’est Frédéric Isoletta (dont on lit la plume experte dans ces colonnes) qui livrait les secrets des Femmes de Mozart en compagnie de la soprano Lucile Pessey, en attendant le spectacle de Frédéric Ortiz sur Don Juan : 3 e volet du festival consacré à Mozart (le 21 mars à 21h et 22 mars à 15h).



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