Zibeline n°17 avril 2009
Zibeline n°17 avril 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de avril 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : Marseille, sous tous les angles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 28 - 29  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
28 29
28 MUSIQUE LYRIQUE Pirate au Balcon ! Opéra de Marseille, dimanche 22 février : voilà près de trois heures que la soprano Ángeles Blancas Gulín surmonte avec brio les éprouvantes difficultés vocales et scéniques de son personnage : la belle Imogène, devenue folle, assiste au supplice de son amant Il Pirata Gualtiero. Son chant généreux et son timbre superbe se parent, au final, de sons filés sensibles, de phrasés souples… le rideau tombe… on est sous le charme ! C’est cet instant que choisit un malotru pour lancer d’un balcon supérieur un « Ouh ! » sonore, sans doute ruminé depuis le 1er acte (on trouve son plaisir où l’on peut !), incompréhensible, indécent et méchant ! Pourquoi donc à l’Opéra quelques spectateurs, planqués et anonymes, se prennent-ils pour des supporters de foot huant une équipe décevante ? D’autant qu’il n’y a aucune raison à une telle ostensible réprobation ! La diva a tout pour elle : charme et voix sublime. Le plateau vocal a illustré à souhait le pur bel-canto de Bellini : du ténor lyrique Giuseppe Gipali, dans le rôle titre, au solide baryton Fabio Maria Capitunacci, jusqu’aux seconds rôles de Murielle Oger-Tomao ou Ugo Guargliardo… Et Berlioz mystique L’orchestre et les chœurs de l’opéra de Toulon Provence Méditerranée, ainsi que cinq solistes placés sous la direction de Laurent Petitgirard interprétaient L’enfance du Christ La « trilogie sacrée » d’Hector Berlioz, composée en 1854, rencontra un véritable succès lors de sa création. Le texte non liturgique, écrit par le compositeur lui-même, rapproche l’œuvre d’un oratorio. Fidèle à cet esprit, le parti pris de la mise en scène, confiée à Frédéric Andrau, était des plus sobres. L’épure des décors, des costumes (Luc Londiveau) et de la mise en lumière complétée par la vidéo (Ivan Mathis) relevait d’un choix judicieux, compte tenu de la sophistication esthétique de la partition, qui semble préfigurer parfois la modalité chère aux compositeurs français de la fin du XIX e siècle. Une œuvre interprétée ici avec une extrême précision par l’orchestre et les chœurs. Quant aux solistes (Avi Klemberg, Blandine Staskiewicz, Thomas Dolié, Paul Gay et Jean-Marie Frémeau), ils ont enthousiasmé le public par un chant et une diction remarquables de précision et de justesse. Ce qui leur a permis de conter clairement cette histoire en trois parties (le songe d’Hérode, la fuite en Égypte et l’arrivée à Saïs), le tout ponctué de merveilleux passages de chœurs tantôt aériens, proches de la monodie grégorienne, tantôt enflammés et plus typiques d’un romantisme dont Berlioz avait le secret. L’ensemble plongeait donc comme idéalement les spectateurs au cœur même du mysticisme inhérent au sujet. Encore une belle réussite de l’opéra de Toulon ! EMILIEN MOREAU L’enfance du Christ de Berlioz a été chanté à l’Opéra de Toulon les 27 fév et 1er mars Blandine Staskiewicz X-D.R. 4 Il Pirata Christian Dresse le chœur et l’orchestre furent dirigés par l’impeccable Fabrizio Maria Carminati. Quant à la mise en scène (Stephen Medcalf) réactualisée dans un climat de guerre (une dictature militaire et des partisans s’affrontent), si elle comporte somme toute quelques maladresses, Un défi pour l’Odéon Entre deux opérettes le théâtre de la Canebière a programmé Lakmé de Delibes. Choix judicieux ! Lakmé est l’un des plus beaux opéras français du XIX e siècle. Programmer cet ouvrage dans une salle peu habituée à ce répertoire était délicat… Jack Gervais, metteur en scène habitué de l’Odéon, utilise au mieux les personnages et l’histoire afin de gratifier le public de tableaux très poétiques. L’orchestre s’en sort plutôt bien sous la solide direction de Bruno Conti. Le seul bémol est l’hétérogénéité de la distribution. Frédérique Varda assume le rôle-titre avec un timbre et une conduite vocale adaptée malgré quelques signes de faiblesse dans certaines vocalises. La voix de Frédéric Mazzotta aux aigus brillants, semble en retrait dans le médium, mais les exigences musicales et vocales de l’ouvrage sont nombreuses et complexes. En revanche, Alain Fondary n’a rien perdu de son incroyable prestance et du timbre qui a fait son succès ! Les seconds rôles, formés pour la plupart au conservatoire de Marseille, assurent parfaitement leurs parties. Le défi de l’exigence est relevé ! GUILHEM BERNARD elle ne mérite pas de tels emportements ! Elle sert d’écrin à un drame rare (dernière représentation à Marseille en 1838), bien ficelé, de la veine de Norma ou La Sonnambula. La mer y est omniprésente, violente, l’expression tragique des dilemmes s’ancre dans une réalité crédible, le tout au service d’un romantisme affirmé. Et du chant souverain ! JACQUES FRESCHEL Il Pirata de Bellini a été chanté à l’Opéra de Marseille du 17 au 25 fév Levez-vous vite, orages désirés… L’Opéra d’Avignon a présenté les 13 et 14 mars Les orages désirés, œuvre lyrique en un acte et 4 tableaux, née de la passion de Gérard Condé (musique) et Christian Wasselin (livret) pour Hector Berlioz. Cet opéra, coproduit avec le théâtre de Reims, fut commandé en 2003 par le Festival de Radio-France pour commémorer le bicentenaire de la naissance de Berlioz Le jeune musicien, joué par Anne Rodier, a 15 ans ici, et l’histoire s’attache à ses premiers rêves, à ses tourments amoureux et au refuge qu’il souhaite trouver dans la musique. Il veut « chevaucher les comètes et trouver le repos entre ciel et mer. » Le titre, emprunté à Chateaubriand, a inspiré le librettiste à l’âme romantique pour qui cet ouvrage délivre un message : « Devant un amour impossible, douloureux, seule la musique peut sauver l’âme. D’autres formes d’art aussi, mais la musique a un côté ailé, immatériel, qui peut vous soulever complètement... » Enveloppé par une musique originale et lyrique, le texte nous interroge sur la Vie, l’Amour et le pouvoir de la Musique. La partition de Gérard Condé, très française, cite Berlioz mais rappelle aussi Ravel et Fauré, s’inscrivant dans leur filiation, et renouant avec des mélodies consonantes. Et comme le chante le personnage du jeune Berlioz, « La musique… est plus grande que la joie, plus vaste que l’Amour… » CHRISTINE REY
OPE lÎr,rIf3LILLé Merveille du grand siècle La reconstitution historique de Cadmus et Hermione de Lully donnée au Grand Théâtre de Provence le 10 mars fut un enchantement Après le succès du Bourgeois gentilhomme, représenté dans sa version originale avec les ballets et intermèdes de Lully, le couple Benjamin Lazar (mise en scène) et Vincent Dumestre (direction musicale) récidive avec l’exhumation de la première Tragédie Lyrique de l’histoire de l’opéra français. De fait, en 1673 (année de la disparition de Molière), Lully et Quinault (livret) fixent avec Cadmus et Hermione les bases d’un modèle qui fera les beaux jours de l’Académie Royale de musique de Louis XIV : ouverture majestueuse à la française suivie d’un fugato vif, récitatif épousant la prosodie du français entrecoupé d’ariosos, divertissements dansés, présence importante du chœur, narration mêlant inspiration antique, pastorale, pathos et comédie… De plus, l’œuvre recèle des éléments brillants, émouvants : ici une Chaconne et ses infinies variations, là un magnifique air désespéré « Belle Hermione, hélas ! … » (Cadmus : acte 5). l’époque. Le résultat est féerique ! Les trente-cinq chanteurs et danseurs du Poème Harmonique suivent à la lettre une diction appropriée, une gestuelle codifiée, toujours face au public. Des « machines » envoient des Dieux dans les cintres trôner sur des trapèzes… Un dragon surgit, une grotte embrasée s’ouvre, le ciel et les bosquets se meuvent dans des perspectives fabuleuses sous un éclairage à la chandelle, en clairs-obscurs, des drapés dorés et des plumes africaines multicolores virevoltent, des géants imposants se pétrifient, des soldatschenille surgissent de leur matrice… Et dans la fosse, on dénombre autant de jeunes musiciens qui distillent sur leurs violes, flûtes à bec, théorbes, clavecins, hautbois et bassons baroques, des dynamiques tourbillonnantes, binaire ou ternaire, des danses pastorales, de sinfonies festives… Le public aixois ne s’est pas trompé en acclamant la troupe : ce théâtrelà est rarissime ! JACQUES FRESCHEL Vendredi',wog s:74-1 S 1opiIM Dirtl3FitiY lg avril 17h a Popila FkI_MrRND ? I I9ii : DI MAN'S LLE VERDI Requiem Rincha ; StrlLr Adin Aaron. usipr,n ; 04510r'a Z71itk. axxo 41.0rara Giuseppe Gipati Iv Carta OrTltflâ,4mLf.hçlY at I ()Or ! ! J Mo.-aelbe 7i.o F,-,{ Ir rMUSIC Spectacle total et authentique Le miracle de ce spectacle total, mêlant chorégraphie, voix, musique et poésie, des décors et costumes d’une plastique somptueuse, réside dans sa volonté de reconstituer le genre tel qu’il aurait été créé à Cadmus et Hermione Agnes Mellon JohannHermannSchein OM* Philippe fiauttenoire Richard Strauss Gyifirg}r Ligeti 26 mars concert 20h Roland Hayrabediarti hirs,aI,eTen-riale Grignan 15 rue GrfgnarF ReIservatiori



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :