Zibeline n°17 avril 2009
Zibeline n°17 avril 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de avril 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : Marseille, sous tous les angles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 THÉÂTRE LA CRIÉE LE GYPTIS LE LENCHE Des deux côtés de la folie hf 11 La Criée ouvre ses portes à Alfredo Arias, chantre d’un théâtre déjanté tout à la fois grinçant et joyeux, d’humeur carnavalesque. En commençant par son Cabaret Brecht Tango Broadway (du 19 au 21 mars) dans le hallaccueillant aménagé en petit théâtre musical, pour un cabaret très music-hall, mais aussi politique, avec les songs de Brecht et Weill, et la mémoire populaire des trottoirs argentins et new yorkais, le tout porté par Sandra Guida et Alejandra Star déchue Adapter Sunset boulevard pour la scène pouvait sembler un projet absurde : le film est un tel chef-d’œuvre, quel est donc l’intérêt de l’entreprise ? Pourtant cela fonctionne : parce que le huis clos de l’intrigue a effectivement quelque chose de théâtral, parce que Gloria, la star du muet dont il est question, avait un jeu très théâtral, et parce que la scénographie choisie par Jacques Hansen, un grand escalier où tout se joue, des images projetées sur un écran transparent, est à la fois cinématographique, stylisée, simple et belle… L’autre pari du spectacle était de miser Debrayage A. Fonteray Radano, accompagnées au piano par Ezéquiel Spucches. Quant au spectacle Divino amore, il sera accueilli hors les murs au Gymnase (du 24 au 28 mars). Arias y explore la mémoire kitsch de la troupe romaine d’Origlia Palmi, mélangeant en un joyeux bric-à-brac les mystères chrétiens et le folklore gay… On y retrouvera les deux chanteuses, et la géniale Marilù Marini, dans un pastiche de revue avec paillettes, strass et déguisements colorés… sur les points communs entre Françoise Chatôt et le personnage de Gloria. La comédienne parvient sans peine à faire sentir les côtés pitoyables de son personnage, pantin mécanique, décalé du réel, vivant d’illusions depuis toujours, et plus encore depuis qu’elle n’est plus belle, plus star, plus rien. Las, l’émotion ne parvient pas à franchir la rampe, parce que Françoise Chatôt, qui de fait n’est pas atteinte de la folie véritable de Gloria, ne peut en épouser naturellement les contours, et qu’en même temps elle ne construit pas son personnage, le metteur en scène ayant Gloria F. Mouren-Provensal Une toute autre humeur prendra place au mois d’avril : le cabaret sera algérien (du 7 au 9 avril, voir p 10) tandis que la Friche accueillera à nouveau la programmation hors les murs, avec une pièce très intéressante de Rémi de Vos. Débrayage analyse en effet à travers une série de courtes saynètes les situations d’oppression du monde du travail en crise : chômage, rythmes infernaux, aliénations, intégration par les salariés du discours des patrons, conséquences dans la sphère privée, le couple et la famille. La société y est observée au scalpel, dans une écriture qui n’hésite pas à accélérer, à devenir féroce, à embrayer vers des moments de folie, surréalistes et drôles… La pièce est mise en scène par Eric Vignier, familier de l’écrivain. Écrite il y a dix ans, elle n’a rien perdu, hélas, de sa brûlante actualité… AGNÈS FRESCHEL La Criée 04 91 54 70 54 www.theatre-lacriee.com visiblement misé sur des ressemblances tout à fait illusoires. Du coup Françoise Chatôt n’est pas Gloria, et ne l’incarne pas non plus. En face d’elle les autres ne peuvent pas jouer, et la pièce, malgré des éclairs, manque de force, de rythme, et d’intérêt. A.F. Gloria est joué au Gyptis jusqu’au 21 mars À venir au Gyptis Juste avant le spectacle de Musicatreize (L’Arbalète magique le 16 avril, voir p 33), le Gyptis continuera à soutenir les compagnies de la région en accueillant la cie varoise Uppercuthéâtre. Depuis 2006 son Caligula est régulièrement repris dans la région. La pièce de Camus sera jouée du 31 mars au 4 avril, dans une mise en scène de Laurent Ziveri remarquable, par sa scénographie, sa direction d’acteurs et son intelligence d’un texte acrobatique… L’Algérie vue d’ici Les Oranges Agnes Fuzibet Mars en musique est fini (voir p 37), la Cie du mini théâtre est en résidence à Alger, mais le théâtre du panier ne chôme pas pour autant ! Pendant que la Cie algéroise El gosto joue des textes de Ziani Chérif Ayad un peu partout dans le département (voir p 10), le Théâtre de la Mer, marseillais, reprend au Lenche Les Oranges, d’Aziz Chouaki, auteur algérien qui vit en France depuis 20 ans. Reprend et crée, puisqu’en 2005 Akel Akian avait monté la première partie, sur les envolées et soubresauts de l’Indépendance, vue et racontée par un homme-monde depuis son balcon. La seconde partie du texte, Akel Akian n’avait pu la monter, faute de temps, de financements… Elle suit le même fil, mais s’attache à l’Algérie algérienne, après le départ définitif des colons. Toujours porté par Belkacem Tir, comédien danseur attaché au Théâtre de la Mer depuis sa création. Car le théâtre de la mer a bientôt 30 ans, et depuis ce temps il n’a pas changé de cap, allant toujours vers ceux qui ne franchissent pas naturellement les portes des théâtres pour les aider à faire le pas. Qu’il puisse aujourd’hui monter ce second volet d’un texte magnifique, dans ce qu’il dit et dans sa dramaturgie particulière, est le couronnement d’un travail de terrain, et d’un parcours artistique en constante progression. A.F. Caligula Théâtre Gyptis du 31 mars au 4 avril 04 91 11 00 91 www.theatregyptis.com Les Oranges Mes Akel Akian 1 ère partie du 31 mars au 4 avril 2nde partie du 7 au 11 avril Théâtre de Lenche 04 91 91 52 22 www.theatredelenche.info
LE GYMNASE LE MERLAN LA MINOTERIE THÉÂTRE 13 Molière est son voisin Depuis plus de vingt ans Philippe Car pratique un théâtre populaire singulier. Drôle, musical, sympathique et… bourré de talent. Le monde du théâtre est tel que, lorsqu’on se présente avec modestie, que l’on brise le cérémonial, qu’on s’adresse au public comme à des copains, qu’on ne dissimule pas le plaisir qu’il y a à être là, généreux, sur scène, mais qu’au contraire on renchérit, on attend les spectateurs en musique aux portes du spectacle, on remercie chacun… le monde du théâtre est tel donc, que cet enthousiasme, cette manière d’être réellement populaire nativement sans doute, éveille souvent la condescendance du « milieu ». Pourtant le théâtre populaire de Philippe Car n’a rien à envier aux plus grands ! Son Bourgeois Gentilhomme lui ressemble : c’est un clown touchant, décalé où il est, à côté de ses chaussures qui le blessent horriblement, mais qu’il garde parce qu’un tailleur pour gentilhomme les a faites pour lui. Adaptant sans complexe le texte de Molière comme on s’empare d’une intrigue commune, d’une histoire populaire, il en garde le plus comique : les scènes d’apprentissage où Jourdain se ridiculise, les doubles quiproquos des jeunes premiers, la grande « Truquerie » … Il y rajoute un jeu de marionnettes à taille humaine -magnifiques créations, très bien manipulées-, une musique sympa (malgré les vilains sons synthé) interprétée en partie en direct, beaucoup de références japonisantes, un jeu de clown constant, et le talent sans faille de Valérie Bournet. Ça marche, c’est beau et drôle, et on a rarement vu le public du Gymnase si enthousiaste ! AGNÈS FRESCHEL Le Bourgeois gentilhomme d’après Molière est créé au Gymnase jusqu’au 21 mars par l’Agence de voyages imaginaires Ce que jouir veut dire Après ses spectacles autour des femmes (voir p 21) le Merlan propose un nouveau cycle, toujours autour des thématiques du corps : Sexamor s’interroge sur les relations entre le sexe et l’amour. Forcément liés ? Pas toujours ? Antinomiques ? Non… L’érotisme est-il toujours tabou au théâtre ? Le sexe, comme l’écrit Nathalie Marteau directrice des lieux, nous fait-il « accéder à notre être authentique », ou n’est-ce encore qu’un mythe, celui d’une authenticité tout aussi illusoire que celle de notre « être » (voir p.56) ? Quelques réponses à ces questions surgiront peut-être, à travers un duo/duel de Pierre Meunier (Sexamor, à partir de 15 ans), deux courts spectacles pour adultes de François Chaignaud et Cecilia Bengolea (Pâquerette et Sylphide, sur la pénétration et la réincarnation) et une expérience en tête-à-tête avec François Chaignaud (Aussi bien que ton cœur ouvre-moi les genoux, lecture personnelle de sonnets érotiques, rue Grignan, sur réservation). Problématiques soulevées également lors d’un débat avec Marcela Yacub, une lecture de texte sur « La chose » par Pierre Meunier à L’histoire de l’œil, des projections… Sexamor Du 30 mars au 4 avril Théâtre du Merlan 04 91 11 19 20 www.merlan.org À venir au Gymnase Vous voulez connaître toutes les raisons de ne pas manquer Oncle Vania du 8 au 16 avril ? Et bien, d’abord, c’est une pièce majeure d’un auteur majeur, le moment où Tchékhov sait le plus parfaitement mettre en scène les conflits historiques dans une sorte de laboratoire intime, familial, avec des personnages d’une complexité qui n’enlève rien à leur évidence… Ensuite, c’est Claudia Stavisky qui dirige, une des plus grandes, des plus classiques, des plus sûres de nos metteurs en scène. Enfin, sur le plateau, il y aura Philippe Torreton en médecin (séduisant) malgré lui, mais aussi la délicieuse et âcre Agnès Sourdillon, l’inénarrable Didier Bénureau, et la très talentueuse Marie Bunel. Convaincus ? Sylphides Donatien VeismannFemmes de bois Dans le cadre du Mois de la femme, Pierrette Monticelli a la très bonne idée de reprendre La femme changée en bûche, qu’elle avait créé en 2007. Le texte de Marie N’Diaye est particulièrement savoureux : un de ces contes philosophiques où la rencontre avec le diable coïncide avec le surgissement d’un inexprimable désir, et où la punition, pour celle qui désira des escarpins rouges, et se complut en vengeance, est la pétrification. En bûche pourtant, qui flotte. Un texte très féminin, discret pastiche de Kafka, mais où il est question de maternité et d’abandon, du plaisir et de la douleur aussi de marcher sur des talons, de frôler les murs… Le monologue est porté avec modestie et sensibilité par la comédienne, et par Le Bourgeois gentilhomme Agnes Mellon o Théâtre du Gymnase 0820 000 422 www.lestheatres.net D. Bouzon les flûtes de Dominique Bouzon qui l’accompagnent joliment. A.F. La Femme changée en bûche a Du 26 au 29 mars La Minoterie 04 91 90 07 94 www.minoterie.org



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