Zibeline n°16 mars 2009
Zibeline n°16 mars 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de mars 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... culture et éducation en lutte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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08 POLITIQUE CULTURELLE L’INTERMITTENCE Économie et intermittence Agnès Mellon Rappelons que, globalement, une olympiade n’est pas un bon investissement, mais une consommation collective. C’est une question de choix de société. Ceci dit, une fois cela posé, on n’a pas fait le tour économique de la question de l’intermittence. Le système Pourquoi l’intermittence au juste ? Pour permettre à des activités fragiles, saisonnières ou discontinues d’exister en dépit d’une incapacité structurelle à employer à temps plein des artistes ou techniciens. Et, par conséquent, de permettre à ces travailleurs de vivre, bon an mal an, de leur activité. Rappelons l’élément de base du système : en déclarant une activité d’au moins 507 heures sur les dix derniers mois, on dispose de droits au chômage, financés par le régime général des salariés du privé. Le déficit du dispositif est de près d’un milliard d’euros pour environ 100 000 intermittents. C’est important, mais le problème comptable n’est pas le principal, il n’en est qu’un avatar. La première difficulté est que ce déficit est clairement une subvention de la culture par l’assurance-chômage. En toute logique, ce serait au ministère de la culture d’en assumer la charge. Mais « les caisses sont vides », si bien que cette situation arrange pas mal de monde. Outre qu’une subvention culturelle qui ne se dirige plus vers des projets mais des individus a de quoi troubler, elle génère des pratiques contestables. En économie, on parle d’aléa moral pour qualifier une situation où des individus Claude Lorin li. P Bourse S J IencE 013 mârsëiÎÎé pra +ven ce Isaia., Et si nous commencions par la fin ? Si des gouvernements, soutenus par leurs électeurs, sont disposés à dépenser des milliards pour des jeux olympiques, alors une société peut faire le choix de dépenser des milliards pour subventionner des artistes intermittents sans que le rendement économique de l’affaire ne soit déterminant disposant d’un système d’assurance peuvent se reposer dessus sans fournir les efforts légitimes. On a alors vite fait d’accabler l’intermittent. La réalité Dissimuler la possibilité réelle de travailler après avoir atteint le seuil de 507 heures est certes envisageable. Cependant, la réalité de l’intermittence est différente. D’une part, de grosses structures médiatiques qui pourraient employer à plein temps des salariés renouvellent des contrats d’intermittents, moins coûteux. D’autre part, les intermittents travaillent souvent, sans être payés, bien plus que les 507 heures requises, leurs employeurs sousdéclarant (avec leur accord) le temps de travail effectif (notamment les répétitions). Sans trop de scrupules, puisque l’indemnisation prend le relais. Il faudrait ajouter que les artistes, à l’instar des chercheurs, ne finissent que rarement leur travail à la sortie de leur lieu de travail ! Comment mesurer ce temps ? Le régime est ainsi dévoyé dans de nombreux cas. Les productions sont moins coûteuses, ce qui est une bonne chose pour les plus risquées, mais bénéficie aussi largement à celles qui le sont moins. Enfin, cela donne un signal discutable aux aspirants artistes et pose la question fatidique de leur nombre. Trop d’artistes ? En première approche, on pourrait avancer que des individus se portent actuellement vers une carrière artistique avec l’idée qu’elle est « correctement » protégée. Or, ceux qui ne parviennent pas à travailler suffisamment cotisent, mais ne sont pas indemnisés. Curieuse protection ! Mais la logique du système produit tout de même une masse durable de précaires qui auraient peut-être choisi une autre voie sans indemnisation (et en seraient heureux ?). Une autre approche est de « pleurer sur les génies perdus » : si on ne permet pas aux talents de se lancer, on ne les connaîtra jamais. Malheureusement, à moins de considérer que la société doive à chacun une subvention pour révéler son talent artistique, l’argument est contestable. L’Histoire regorge de génies qui, sans intermittence, ont pu se révéler. D’autres n’ont probablement pas eu cette chance. En compte-t-on plus avec le système des intermittents ? En un mot, il n’est pas absurde de penser que des artistes brillants apparaissent quel que soit le système qui finance la culture, et que l’intermittence n’est pas forcément la meilleure façon de canaliser le phénomène. Précisions À quelques jours de la fin de la fin de la prolongation dérogatoire du régime actuel des intermittents, il peut paraître facile de gloser de la sorte. Il reste que si l’usage abusif des contrats d’intermittence persiste en l’état et que le champ des activités couvertes par le régime n’est pas réellement repensé (ah, les intermittents du Tour de France...), les angoisses des premiers concernés ne sont pas prêtes de s’éteindre. Car repenser le système d’indemnisation de l’intermittence au moment où les subventions de la culture sont à la baisse revient à fragiliser le secteur par les deux bouts… STÉPHANE MENIA Sur les politiques culturelles, en France spécifiquement, on peut recommander les écrits de Françoise Benhamou, dont Les dérèglements de l’exception culturelle (éd. le Seuil, 2006), ouvrage fouillé, équilibré et accessible. On pourra également consulter avec intérêt le blog de Mathieu Perona, www.leconomiste-notes.fr, doctorant en économie de la culture, qui consacre certains de ses billets à ces sujets.
LES ATP D’AIX THÉÂTRE 09 Spectateurs actifs Les ATP d’Aix fêtent leurs 50 ans… L’occasion de revenir, avec Mathieu Grizard qui est en charge de leur programmation, sur une association de spectateurs qui défend avec persistance l’idée d’un Théâtre Populaire Zibeline : Comment sont nés les Amis du Théâtre Populaire ? Mathieu Grizard : En 1953, à Avignon, pour soutenir Jean Vilar, une association de spectateurs s’est créée, a recueilli 5000 signatures et obtenu que le fondateur du TNP reste à la tête du Festival. Après ils se sont dits : que faire de cette association ? et ont décidé de créer les ATP d’Avignon, pour sortir la ville de sa léthargie hivernale. C’était le temps des ciné-clubs, des mouvements populaires, des associations de spectateurs. Des ATP se sont créées partout en France, et celle d’Aix est née en 1959 quand François Hauser, médecin psychiatrique membre fondateur des ATP d’Avignon, a été nommé à l’hôpital Montperrin à Aix. Quel est aujourd’hui le panorama national des ATP ? Il en reste 18 en France, plutôt dans le Sud. Il y en a donc eu plus ? Oui. Mais en fait certaines ATP avaient vocation à disparaître : celle d’Amiens par exemple a fermé quand la Maison de la Culture a ouvert. Sa mission était accomplie. Celle d’Arles, qui est née au moment de la fermeture du Théâtre, est en sommeil depuis qu’il a réouvert. Comment fonctionnez-vous à Aix ? Nous avons un peu plus de 200 adhérents, à qui nous proposons un abonnement total de 8 spectacles. Nous n’avons pas de lieu, et nous programmons en collaboration avec le Pavillon Noir, le Théâtre des Ateliers, Vitez, le 3bisf, Rousset… Vous produisez les spectacles ? Parfois. Tous les partenariats sont possibles, on peut produire, coproduire avec le lieu d’accueil, acheter des places… Nous inventons chaque fois la formule qui convient le mieux pour que nos adhérents rencontrent de nouveaux lieux et les compagnies de nouveaux publics. Quels sont vos budgets ? Nous avons un tiers de notre budget, soit 35000 euros, de la Ville d’Aix, un autre tiers des autres collectivités et de l’ONDA (Office National de Diffusion Artistique,ndlr), et un tiers de recettes propres en billetterie et adhésions. La main dans la main Jean-Julien Kraemer Nous n’avons pas de salariés et faisons vivre l’association à deux, Bernard Pelenq et moi-même. Défendez-vous un axe esthétique précis ? Nous essayons de faire partager ce que l’on aime. Avec une certaine avidité pour les formes nouvelles, l’écriture contemporaine. Nous préférons toujours programmer, plutôt que ce qui nous a plu, ce qui nous a gratouillé. Dérangé, remis en question. Nous ne concevons pas le théâtre comme un pur divertissement. Mais nous recherchons aussi le plaisir, pas la prise de tête, comme on nous le reproche parfois. Vous avez donc des réactions à votre programmation. Oui. Bruyantes ! Nombreuses ! Nos adhérents sont exigeants, c’est un public qui prend à partie, qui est rarement indifférent à ce qu’on lui propose. Les compagnies aiment cela. TG Stan par exemple adore venir au Vitez dans le cadre des ATP, avec un public de gens installés, mais aussi les étudiants en théâtre… Et certains adhérents ont adoré découvrir le 3bisf, dont ils ne soupçonnaient pas l’existence… ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL À venir aux ATP d’Aix La Main dans la main, une pièce de Sofia Fredèn au titre ironique, puisqu’elle brosse le tableau de 11 jeunes sans horizon social, sans toit, et qui oeuvrent pour leur survie avec toute la violence que cela implique dans les relations humaines… Théâtre Antoine Vitez, Aix mes Edouard Signolet les 17 et 18 mars 04 42 26 83 98 www.atpaix.com Retrouver Gwymplaine Qui n’a pas lu le roman de Victor Hugo L’homme qui rit ? Qui n’a pas été bouleversé par le destin cruel de Gwymplaine, dont le rire porte en lui l’essence même de la condition tragique de l’humanité ? Souvenez-vous de son discours à la chambre des Lords, et de la candeur de Déa, qui, aveugle, savait voir avec son cœur plus sûrement que les autres… Il pouvait sembler qu’adapter ce roman constituait une véritable gageure. La troupe du Footsbarnthéâtre s’est livrée avec bonheur à cet exercice périlleux. Toutes les formes théâtrales sont convoquées, récitatifs, mimodrames, théâtre d’ombre, marionnettes, cirque, chant, dans un spectacle au rythme soutenu. Cette folle variété est obtenue avec une grande économie de moyens, une corde nous installe sur un bateau, quelques musiciens sur scène soulignent avec efficacité les passages clé, créent des transitions suggestives entre les différents tableaux. Les acteurs ont un jeu précis, juste, dans une mise en scène réglée comme un ballet, et peu importe si quelques spectateurs se plaignent de l’articulation parfois étrange de cette troupe internationale, ou de l’esthétique de tréteau volontaire et assumée : c’est avec une émotion évidente que l’on retrouvait le Gwymplaine de nos lectures d’enfance ! Il était là, incarné, et cela est une véritable réussite ! MARYVONNE COLOMBANI L’homme qui rit a été joué au Toursky les 30 et 31 janv, et programmé par les ATP, sous chapiteau au Tholonet, du 5 au 15 fev l'homme qui rit Jean-Pierre Estournet



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