Zibeline n°16 mars 2009
Zibeline n°16 mars 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de mars 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... culture et éducation en lutte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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72 PATRIMOINE ABD GASTON DEFFERRE I Des Fleurs et des Hommes Où partez-vous cet été ? Nous avons un plan sympa, nous allons vers Java… oui, en Indonésie, à 130 Kms environ au sud de la grande île de Sumatra… Siberut… non, pas Soubirou ! Même s’il y a quelque chose qui tient de l’apparition là dedans ! C’est la plus vaste des îles tremblantes. Oui oui, tremblantes ! Sans être volcaniques, ces îles se situent au bord de failles majeures, c’est par là que la plaque de l’Océan Indien passe sous celle de la Sonde. La tectonique frappe ici aussi ! Quel intérêt à la surface ? Des populations incroyables vivent toujours dans la forêt tropicale, en harmonie, presque en symbiose ! Et par choix !!! Ils connaissent notre monde, s’y rendent parfois, mais retournent chez eux, avec les plantes, les moustiques, le sagou,(un palmier dont ils font une farine, leur aliment de base), le taro, une espèce de pomme de terre… La culture d’ailleurs n’abîme pas la nature, pas d’OGM ou d’hormones ! Ils minimisent le plus possible l’intervention sur le monde, les sagouteraies (comme des bananeraies mais pour le sagou ! …), se développent toutes seules et la végétation coupée est laissée sur le sol, se décompose, fertilise… Ils chassent avec des arcs, des flèches, pêchent, construisent des pièges, cueillent, élèvent des cochons… Comme des hommes du néolithique ? Non ! Ils n’ont jamais eu la pierre et ont toujours vécu en harmonie avec la forêt… C’est la faute à Rousseau ! On ne serait pas dans une résurgence du mythe du bon sauvage ? C’est un peu gros ! Et pourtant… Cadre sublime, lumière verte dans laquelle baignent les arbres, végétation luxuriante, beauté d’une nature sans apprêts… et au milieu, confondus avec les arbres dont ils portent l’écorce en sacs, les feuilles en pagne, les hommes-fleurs. Anna Clopet Les ABD Gaston Defferre nous en offrent une merveilleuse exposition, avec de splendides photographies d’Anna Clopet, qui a su trouver le ton juste pour saisir sur la pellicule les expressions, les gestes, évitant complètement l’écueil du voyeurisme. Les photographies, immenses, constituent autant de cloisons entre lesquelles le visiteur déambule, retrouvant une structure quasi forestière. Des commentaires riches et passionnants éclairent avec intelligence les principes de cette société, de son mode de vie. Les objets, que vous devez absolument découvrir, (pagaies, boites étranges, matériel à poison !!!) proviennent tous de la collection privée de Franck Noell. Animisme écologique ? La pensée du respect de l’environnement n’est pas chez les Hommes-Fleurs le résultat d’une démarche tardive, induite par la nécessité des faits qui s’accumulent, dramatiques, mais elle émane de la conception religieuse et mystique des Mentavaï. L’homme, selon eux, participe du grand tout ; pas de supériorité dans la relation entre les êtres, humains, animaux, végétaux. Les âmes les habitent tous. L’équilibre et l’harmonie doivent être cultivés pour ne pas rompre cet accord entre l’homme et la nature. Le Chamane, ou Kerei, est chargé de maintenir cet équilibre, permettant à l’âme de rester dans les corps. C’est dans la sphère des âmes que se nouent et se dénouent les enjeux liés à l’harmonie cosmique. D’où ces interventions modérées sur l’environnement, pour éviter de perturber les équilibres du monde. C’est pourquoi les forêts de l’île connaissent un état de conservation si exceptionnel ! Des jouets pour les âmes ? Étranges mœurs qui entraînent la fabrication de jouets pour les âmes : de petites barques, que l’on suspend au plafond de maisons ! Dans ce monde habité par le surnaturel, les morts sont représentés par des mains et des pieds de bois que l’on accroche dans les arbres : la végétation qui grimpe le long des troncs les « digère », Anna Clopet symbolisant le cycle de la vie et de la mort. Mais attention, les Hommes-Fleurs ne sont pas un peuple fossile, ni Siberut un paradis pour anthropologues, qui les étudient depuis les années 1970. Une autre démarche menée par des chercheurs de l’IRD (l’Institut pour la Recherche et le développement) développe des projets scientifiques centrés sur la relation entre l’homme et son environnement dans la zone intertropicale. Un archéologue et une géographe se sont attelés à la délicate recherche des origines, de l’histoire de ce peuple, et à dresser un état des lieux, à décrire cette « tradition en transition ». Quelle évolution ? Difficile d’envisager la confrontation de ces populations avec le monde contemporain, les tentatives politiques d’évangélisation ou d’islamisation, les vues sur les capacités économiques de la forêt, la tentation d’enfermer dans une réserve ethnographique des personnes qui vivent différemment. Comment concilier modernité et tradition ? Quelle légitimité sociale, politique, philosophique accorder à tel ou tel choix ? L’exposition laisse la question ouverte. Les photographies soulignent discrètement l’évolution, une montre au poignet de personnages en tenue traditionnelle, des objets issus de matériaux comme le métal ou le plastique, ou plus simplement ce chapeau confectionné par la dernière femme capable de le faire ! La richesse de l’exposition tient dans ces détails, autant que dans l’évocation documentaire de l’organisation sociale des Mentavaï, de la « Uma », de leurs rites…. Dans la réflexion sur l’environnement… et dans l’indéniable beauté de l’ensemble ! MARYVONNE COLOMBANI Des âmes en équilibre Les hommes-fleurs au défi du XXI e siècle Visites guidées gratuites sur réservation au 04 91 08 61 00 Bibliothèque départementale des Bouches-du-Rhône Gaston Defferre Jusqu’au 28 mars 04 91 08 61 00 www.biblio13.fr
1 PICASSO ÉDUCATION 73 Comprendre Picasso Maquette Dodeskaden Succession Picasso 2009 Après avoir acheté le château de Vauvenargues Picasso aimait à dire : « J’habite chez Cézanne ! ». Avec Picasso.Métamorphoses., le Musée Granet offre aux enfants l’impression d’entrer chez lui. Dans son œuvre… Les visites du Parcours multimédia Picasso.Métamorphoses. pour les scolaires (voir Zib 15) ont démarré au Musée Granet : 400 m2 de découvertes et d’expériences sensorielles ! Zibeline en a profité pour se glisser parmi les élèves d’une classe de CE2 d’Aixen-Provence. La pomme ou les pépins ? Alexandra, médiatrice culturelle, s’assure en préambule que chaque enfant sait bien ce que veut dire « métamorphose », et explique que chaque salle présente un aspect particulier de la démarche de Picasso. On se dirige ensuite vers la salle 2 qui met en parallèle Cézanne et Picasso, montrant comment le maître a mis en évidence les formes géométriques par des touches et comment l’adepte a accentué cet effet jusqu’au cubisme. La notion de point de vue est abordée ensuite d’une manière pratique par la découverte d’une nature morte, fruits et compotier en plâtre, éclairée alternativement de spots situés tout autour. Les enfants comprennent bien que Picasso a cherché à montrer en même temps tous les côtés, donnant l’effet de reflets dans un miroir brisé. Si l’on laisse traîner ses oreilles du côté des haut-parleurs, on entend le poème de Prévert Promenade de Picasso, et l’on sait que le peintre a mangé la pomme et cassé l’assiette ! Au diable la représentation de la réalité, épuisons le réel ! On observe ensuite attentivement les différents dessins d’un taureau qui décomposent peu à peu son image et mettent en évidence l’essentiel des lignes jusqu’à l’épure. Cela introduit au Passage des Métamorphoses qui se présente comme un couloir avec un long écran blanc. Quand on est devant et qu’on bouge, des caméras enregistrent le mouvement et restituent sur l’écran des lignes et des courbes qui sont les « métamorphoses » du corps de chacun : chaque enfant passe et s’amuse des mutations, des traces. Ils aiment ! Femme-fleur et portraits Le couloir débouche sur une petite salle sombre ; au fond une image s’anime : Picasso en personne apparaît en transparence un pinceau à la main. Il se tient derrière une vitre et commence à tracer des traits blancs qui forment comme une grande tulipe. La suite révèle qu’il s’agit du pubis d’une femme dont le corps se dessine peu à peu tout autour ! La preuve est faite : tout le monde ne commence pas par la tête le dessin d’un corps ! Le film a été réalisé en 1949 par Paul Haesaerts, est le premier qui porte sur Picasso un regard de critique d’art ; analyse des gestes qui captive les enfants. On pénètre ensuite dans la salle des portraits : 7 femmes assises et 10 autoportraits. Chacun est caractéristique d’une étape du travail de Picasso, de l’évolution de son regard et de son style ; chaque inspiratrice se reconnaît au style utilisé pour la peindre. Une autre salle présente 4 tableaux des Maîtres que Picasso s’est plu à copier et les réalisations de l’artiste. Les visiteurs peuvent passer de l’œuvre copiée à la copie en appuyant sur un bouton : Le déjeuner sur l’herbe de Manet (1863), Femmes d’Alger de Delacroix (1834), L’enlèvement des Sabines de David (1799), Les Ménines de Velasquez (1656) ; on peut constater ce que Picasso a supprimé ou privilégié, comment il a transposé, transformé, métamorphosé ! Travaux pratiques La visite se termine par la première salle, celle de la « forêt » de 92 tiges suspendues, représentant les années de la vie de Picasso. Chacune porte des plaquettes avec le nom des tableaux réalisés cette année-là. Quand on passe délicatement la main dessus, le tableau désigné s’allume sur le mur en face ! Si bien qu’au bout d’un moment les 4 murs sont couverts des peintures de Picasso et on se retrouve dans un bain d’images et de sensations ! Magique ! Les enfants font apparaître et disparaître les images avec un plaisir évident. À l’issue du parcours Alexandra distribue une feuille à chacun : ils doivent relier des dates, des noms, des peintures par des flèches. Cela permet de retenir les noms de tableaux importants comme Guernica ou les Demoiselles d’Avignon, les dates de certains autoportraits caractéristiques de styles très différents. Ils repartent avec l’envie de peindre, de partager leurs découvertes et surtout le projet d’aller visiter le Château de Vauvenargues : l’entreprise pédagogique est accomplie ! CHRIS BOURGUE Vacances d’hiver au musée ! Visites et ateliers autour du travail de Picasso : le geste pictural, les aspects du cubisme, la quête des formes 4 demi-journées en bloc ou au choix sur réservation (5 euros la demi-journée) du 24 au 27 février pour les 5-8 ans du 3 au 6 mars pour les 9-12 ans mais aussi ateliers du mercredi et samedi en période scolaire 04 42 91 99 12 www.mairie-aixenprovence.fr Des « Carrières de Bibémus » de Cézanne aux « Trois femmes » de Picasso (ensembles et détails). Maquette Dodeskaden Picasso.Métamorphoses Parcours multimédia Jusqu’au 15 déc 2009 Musée Granet 04 42 52 88 32 www.picasso-aix2009.fr



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