Zibeline n°16 mars 2009
Zibeline n°16 mars 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de mars 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... culture et éducation en lutte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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60 LIVRES LITTÉRATURE Naissance aux Enfers Directeur de publication à l’Indian Express, Raj Kamal Jha a été témoin des violences interethniques perpétrées dans l’État du Gujarat en février 2002. Il en rappelle le lourd bilan en postface de ce livre. C’est pourtant par le biais de la fiction qu’il a choisi de revenir sur cet épisode traumatisant pour le pays tout entier. Fireproof, joliment traduit par Et les morts nous abandonnent, est son 3 e roman, paru en 2006 et tout récemment édité dans la série Lettres indiennes d’Actes Sud. L’action se situe à Ahmedabad, dans le quartier résidentiel de Gulbarga, où eut lieu l’un des nombreux massacres de représailles qui firent plus de 1000 victimes, après la mort de 59 hindous dans un train attaqué par des musulmans. Dans ce cadre véridique, au cœur des incendies meurtriers et de la folie vengeresse, s’enchaînent les 3 actes d’une pièce étrange, « cette nuit-là », « le jour d’après », « la nuit d’après », qui mêlent le réalisme le plus cru à un surnaturel où le nonsense va de pair avec le macabre. Carroll mâtiné de Lewis. Après tout, why not ? Dans une cité livrée aux flammes, à la fureur et aux agonies les plus atroces, quand les cadavres tombent du ciel, on ne s’étonne de rien. Le narrateur, Mr Jay, vit ainsi une sorte de cauchemar éveillé, de la naissance d’un enfant monstrueux à une infernale odyssée. Au long de son errance, sous diverses formes, les morts parlent, témoignant des horreurs subies. Et au bout du chemin, tout s’éclaire pour Jay, et pour le lecteur qui comprend la « morale de l’histoire ». Une fable fantastique et brillante, à la forme complexe et aux personnages originaux, pour que justice soit rendue, que les vivants assument leurs actes et que les morts enfin les abandonnent. FRED ROBERT Dans l’entre-deux, l’Arbre de Mer C’est un tout petit livre, tout fin, tout mince, pour des éditions qui semblent taillées juste pour lui, P’tits papiers… L’écriture en est légère, avec la simplicité des évidences, la beauté des jours, pas des grands jours, du quotidien, avec des personnages si transparents dans la vie normale, si héroïques et sensibles, si grands et humains dans ce texte poétique, à l’instar du Petit Prince. Est-ce parce qu’il est composé pour être dit sur scène ? La seule version écrite déjà nous parle, murmure, fredonne, rit, danse à nos oreilles. La naissance du quartier du Panier redevient légende, avec ses habitants qui viennent de tous les bords de la Méditerranée. Kaléidoscope sensible et tendre, le conte voyage, et c’est d’un vol merveilleux que la grue nous emporte jusqu’à l’Arbre de Mer. Ce conte moderne nous entraîne vers les autres, invite à la compréhension des êtres au-delà de leurs origines. Il y a de nombreux polars qui flirtent avec les scandales financiers. L’exploitation de l’Afrique par des barbouzes sans scrupules, des trafics d’armes, des fausses factures, des actions humanitaires qui ne sont que des couvertures, grugeant à qui mieux mieux les populations… Nous retrouvons tout cela dans nos quotidiens, et le cinéma s’empare de ces thèmes, « toute ressemblance… » ne serait que fortuite et involontaire… C’est l’impression que l’on retrouve en lisant ce roman, bien écrit, qui jongle entre les voix, les points de vue, les registres. L’action débute en Ouganda, un homme fuit, poursuivi, on ne sait pourquoi… puis, rupture, c’est en Corse qu’un crime est commis. Un commissaire de Marseille, Etienne Gouirand, est mis sur l’enquête, il s’agit de la mort de son meilleur ami. Ses investigations le conduiront en Richesse des cultures mêlées ! … Un bel hommage à la vie, qui palpite encore plus riche de tout ce qui la tisse. À lire, à écouter, à transmettre, absolument ! Et à retrouver sur scène : Stéfanie James est aussi une conteuse de grand talent, subtile et forte, qui sait avec Samuel Barroo et Saleha Moudjari donner corps à ses contes… MARYVONNE COLOMBANI Polar et politique étrangère Corse bien sûr, (le chapitre consacré à l’historique des mouvements indépendantiste est remarquable), puis en Afrique. L’affaire est énorme… Y aura-t-il justice, la raison d’État sera-t-elle supérieure ? Un très beau roman, ancré dans les problèmes contemporains, et vraisemblable au plus haut point ! Nicolas Michel, un nom à retenir ! M.C. Corsika Nicolas Michel éditions Buchet Chastel, 18 euros Sof RAJ IAl`7AL JIIA Et les morts nous abandonnent Et 1 les morts nous abandonnent Raj Kamal Jha traduit de l’anglais (Inde) par Alain Porte Éditions Actes Sud, 25 euros. Entre deux rives Stéfanie James P’tits Papiers, 10 euros NICOLAS MICHEL cortsiKA
ARTS LIVRES 61 Faire un film Le 16 septembre 2004, au cinéma le Panthéon, à Paris, Jacques Mandelbaum, critique au Monde, assiste à la projection du film d’Arnaud des Pallières, Adieu. C’est là qu’après un entretien avec le cinéaste il décide de l’accompagner dans la préparation de son nouveau film, Parc. L’entreprise sera longue, difficile et éprouvante. Il s’agit de l’adaptation du roman de John Cheever, Les Lumières de Bullet Park. Le film (voir Zib 15) ne sortira qu’en 2009. À travers la chronique de Mandelbaum, le lecteur suivra pas à pas le parcours semé d’embûches d’un réalisateur indépendant et exigeant ; il apprendra comment les efforts du producteur sont mis à mal par les obstacles que dressent les agents des acteurs, les responsables des chaînes de télévision ou de festivals ; comment la défection de membres de l’équipe de tournage peut tourner au tragique et laisser de lourdes cicatrices ; comment le cinéma d’auteur doit gérer sans cesse le désir et le réel : « Nous avions rêvé d’un film et nous n’avons pas pu ou voulu voir que nous n’avions pas les moyens de réaliser ce rêve (…) le film s’est pulvérisé sur le mur de cette réalité » constate amèrement Arnaud des Pallières. Et pourtant, en mai 2008, Parc est achevé ; malgré les espoirs du réalisateur et du producteur, Serge Lalou, il n’ira ni à Cannes, ni à Venise ! L’Anatomie d’un filmnous permet de passer de l’autre côté de l’écran et de comprendre comment le cinéma est un art, comment par ailleurs c’est aussi une industrie… Parc est sorti sur les écrans le 14 janvier… et n’est plus projeté que dans sept lieux en France, preuve de l’inefficacité paradoxale d’un système de distribution qui, en les privant d’une véritable exploitation, condamne certains films aux oubliettes faute de salles. ANNIE GAVA mum EMBIEVIE- 44L-ftlAt. 31,M ANATOMIE DUN FILM ohAlifibit Anatomie d’un film Jacques Mandelbaum Ed Grasset, 17,90 euros Autobilan Cet imposant ouvrage compile les projets menés par le Bureau des Compétences et Désirs (BCD), structure de production et de diffusion d’art contemporain, installée à Marseille depuis 1994. Ce sont donc 65 projets classés par ordre alphabétique faisant l’objet de présentations spécifiques, déclaration d’intentions d’artistes ou des organisateurs (Sylvie Amar, Yannick Gonzalez), extraits de conversation et interviews. Constituée d’une notice, de documents et photographies situant les intentions, les artistes et les démarches, les commanditaires et partenaires impliqués, une chronologie situe l’ensemble sur les quatorze années. On découvre ainsi la multiplicité des propositions initiées par le BCD et des domaines d’investigation de l’art contemporain dans le champ sociétal, comme la diversité des publics concernés. L’ouvrage est préfacé par un complice de la première heure, Chris Dercon, directeur de la Haus der Kunst de Munich, suivi d’une présentation en forme d’inventaire thématique de Baptiste Lanaspeze ; puis d’un entretien (dont on ne connaît pas le contradicteur) avec les fondateurs du BCD qui expliquent leur démarche et leurs choix en regard des modalités d’intervention dans le domaine de l’art contemporain. Et analysent la scène marseillaise en particulier. CLAUDE LORIN L’artiste premier savant En observant de très près les œuvres visuelles des XIV e et XV e siècle resituées dans la pensée qui les a produites, Nadeije Laneyrie-Dagen renouvelle notre regard de manière éblouissante et simple (voir p 49). À partir de la théorie médiévale des quatre éléments, évitant l’approche formelle ou stylistique par trop réductrice, l’auteur focalise notre attention sur nombre de détails qui construisent les images d’une nouvelle posture esthétique fondée sur l’observation de la nature. La symbolique théologique (l’or ou le lapis-lazuli pour le ciel…) laisse peu à peu place à la représentation réaliste et individualisée des choses (on reconnaît un cumulus dans l’azur, la figuration de la terre devient géologique…). Vinci ou Dürer n’inventent pas la nature -contrairement à ce que le titre laisse supposer- mais en montrent désormais les phénomènes : c’est l’avènement de l’homme moderne, et l’artiste en serait la première expression savante ! En conclusion l’auteur montre de manière inattendue que ces approches renouvelées ont leur prolongement dans les préoccupations actuelles pour notre environnement et son devenir. Il n’y aurait pas tant d’écart dans les mentalités entre la pré-renaissance et notre post-modernité. Ce travail fin d’explicitation est conforté par une riche iconographie, présente à chaque page. Ce qui en fait un beau livre en tous points. Les étudiants en art devront cependant le consulter en bibliothèque, étant donné son prix ! CLAUDE LORIN (à) partir de Marseille 65 projets d’art contemporain édition bilingue français/anglais 256 p.379 ill. coul, 79 ill. n&b Édition Les Presses du Réel, 23 euros r ill.. -.l. 0. I mi'.1 A I L’Invention de la nature Nadeije Laneyrie-Dagen 256 p.200 ill.coul. Editions Flammarion, 75 euros



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