Zibeline n°16 mars 2009
Zibeline n°16 mars 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de mars 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... culture et éducation en lutte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 50 - 51  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
50 51
50 ARTS VISUELS MOURLOT FORT NAPOLÉON PORTE-AVION Coup double pour Nicolas Pilard Nicolas Pilard est un habitué des lieux. En 2003 déjà, il exposait à la galerie Mourlot Jeu de paume, mais cette fois-ci il est aussi l’invité des Galeries du Fort Napoléon à La Seyne-sur-Mer. Un enjeu de taille qui l’a forcé à maintenir une intense activité à l’atelier parallèlement à sa pratique d’enseignant à l’École d’architecture, et un double événement qu’il estime « gratifiant. » On aura donc la chance de découvrir à Marseille ses œuvres récentes tout en remontant le fil de son parcours, dans le Var, à travers un vaste ensemble de tableaux, dessins et aquarelles. Lors de ses précédentes expositions à la galerie du Tableau, chez Jean-François Meyer et au Passage de l’art, ses peintures composaient déjà un patchwork d’éléments divers empruntés à l’espace urbain ; aujourd’hui, « les morceaux composites sont totalement digérés et viennent tout de suite sur la toile », l’artiste ayant de moins en moins besoin de motifs pour peindre. Plus fluides mais toujours très architecturées, plus ouvertes sur l’extérieur mais toujours en déséquilibre, ses compositions de facture très classique entraînent le regard dans un vaste tourbillon. On serait tenté de tourner lentement sur soi-même pour optimiser cette sensation de mouvement perpétuel. « Le chaos, ça se construit, remarque Nicolas Pilard, j’aime composer sur les obliques dans mes tableaux, comme dans la peinture baroque. » Jetés sur la toile au sol, les tons rouges acides mêlés aux orangés réchauffent les pourpres en autant de fragments et autant de points de vue, ce premier exercice de composition lui permettant de débloquer l’espace pour mieux l’appréhender puis se l’approprier. Subterfuge technique ou simple feinte, cette entreprise très physique lui est nécessaire pour pouvoir relier les fragments éclatés telles des météorites. Car ses toiles sont majoritairement des polyptyques autonomes que le trait, ou la couleur, assemble : « Aujourd’hui, explique-t-il, je pense les éléments comme un ensemble tout en travaillant sur le hors champ, le vide, l’ellipse. » Toute l’évolution de son travail depuis 1998 réside là : dans l’évacuation de la surface de la toile d’éléments perturbateurs, anecdotes ou ornements. Dans ce qu’il décide être l’essentiel, et qui a toute sa raison d’être ici. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Nicolas Pilard jusqu’au 28 février Galerie Mourlot Jeu de paume, Marseille 04 91 90 68 90 jusqu’au 7 mars Galeries du Fort Napoléon, La Seyne-sur-Mer (83) 04 94 87 83 43 Nicolas Pilard, de g. à d. 101 - huile sur toile - 200x300 cm - 2007, La River - huile sur toile - 190,5x153 cm - 2008, Linote - huile sur toile - 200x150 cm - 2008 Spectateur oui, acteur non… Spect-acteurs, Diptyque, oeuvre d'Ariane Maugery. 4 dessins de 80 cm x 120cm soit 160 cm x 240 cm, 2006 Il y a comme un sentiment de maldonne, un gouffre entre l’intitulé de l’exposition d’Ariane Maugery, Spectacteurs, et la réalité de son installation vidéographique et dessinée à la galerie Porte-Avion. Vidéaste et plasticienne, l’artiste marseillaise montre pour la première fois l’essentiel de son travail pictural sans avoir pris toute la mesure de la tâche à accomplir. Si son désir était « de créer, à travers un dispositif sonore et visuel, un cadre sensitif générateur d’improvisations dansées qui incorpore et dérive de diptyques dessinés », encore fallait-il appréhender l’espace de la galerie et inventer un environnement adéquat… Malheureusement, on regrettera l’absence de dialogue entre les œuvres plastiques (pastels et encres de Chine qui manquent encore de maturité) et les projections, autant que l’impossibilité au spectateur d’expérimenter quoi que ce soit. Il est loin, très loin même, d’être acteur ! Cette désillusion serait à mettre sur le compte « d’un défaut de jeunesse » comme le souligne la galerie qui a souhaité accompagner « un projet expérimental. » Bref, Spec-acteurs est un projet visuel interactif qui n’en a que le nom, mais dont on retiendra tout de même le travail vidéo. Projetées en boucle, Micro-gravity oddity, Swarmming bodies et Erratic meandering développent le même vocabulaire que les tableaux (la chaise flottante, le bonhomme en silhouette…) selon une temporalité, un rythme et une forme différents. Les images et les sons saturent, les corps dansent ou en gravitent, les mouvements s’étirent : réelles et fictionnelles, les images fabriquent un « tableau vidéographique » original. De ceux qu’Ariane Maugery réalise au contact de danseurs et d’acteurs pour ses projets de pièces vidéochorégraphiques (Ultra-relativistic e-motion) et autres performances (Cathédrales liquides). C’est dans cette interaction entre l’art vidéo et le spectacle vivant que son travail capte au mieux la relation au corps. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Spect-acteurs Ariane Maugery Jusqu’au 28 février Galerie Porte-Avion 04 91 33 52 00 Prix de peinture Mourlot 2009 Pour sa 9 e édition, le comité de sélection du Prix Mourlot a validé 170 dossiers d’artistes français et étrangers, en a présélectionné 14 pour en retenir 5. Ce sont Samuel Aligand (Paris), Amélie Bertrand (Cannet), Jérémie Delhome (Marseille), Balthazar Leys (Marseille) et Alexandra Roussopoulos (Paris). Les artistes en lice présenteront leurs travaux à la galerie de l’Esbam du 18 mars au 10 avril, date à laquelle sera élu le lauréat 2009. Le jury sera composé de Jean-Pierre Alis (galerie Athanor), Olivier Billard (galerie Mourlot), Christophe Boursault (lauréat 2008), Jean- Jacques Ceccarelli (peintre), Jean-Louis Connan (directeur de l’Esbam), Jean-Louis Marcos (critique d’art, écrivain), Huguette Mille (association Mourlot), Gérard Traquandi (peintre) et Frédéric Valabrègue (écrivain, professeur à l’Esbam). À suivre… M.G.-G.
VILLA TAMARIS (LA SEYNE) GALERIE D’ART DU CG (AIX) Les voyages aléatoires de François Daireaux lI1W g11IWlllalllY1W MIUMINIMMIN inNIU Il est des expositions comme des opéras, quand l’orchestre et les chanteurs rencontrent la perfection. Tout commence par les pieds de François Daireaux à la Villa Tamaris est de celles-là qui émerveillent et conquièrent par leur complétude. On aura rarement habité l’espace (et quel espace !) avec une telle compréhension de l’œuvre, si polymorphe soit-elle. Photographies, vidéos (projetées au sol dans un puits de lumière ou sur écran géant), sculptures, tirages jets d’encre et dessins : avec une économie de moyens, des matériaux insolites issus de différentes cultures, François Daireaux fait l’éloge de la lenteur. L’ensemble formant des installations précaires in situ, tantôt irradiées de lumière, tantôt émergeant de l’ombre. Et, à coup sûr, il fait mouche, instille dans chaque millimètre carré une atmosphère singulière. Expliquant avec constance qu’il n’y a pas grandchose à dire sur son travail et qu’il en dit déjà trop en disant cela, il écrit cependant comme pour mieux nous éclairer : « J’utilise le médium photographique avec la pensée d’un plasticien et d’un marcheur, c’est-à-dire d’un artiste qui affectionne la lenteur. » C’est donc sur la pointe des pieds, armé d’une patiente curiosité, que l’on chemine, l’œil alerté par sa vision du monde. François Daireaux photographie en plan serré les gestes experts et répétitifs de travailleurs manuels, F. Daireaux vert de terre 2000 des produits manufacturés démultipliés à l’infini, des outils mal assemblés : pièces de tissu, aliments, fagots de bois ou tas de ferraille… Il moule des bustes en plâtre lactescents qu’il juche sur des selles de sculpteur, dans un silence écrasant, un brin déstabilisé par le gros plan vidéo d’un visage noir aux yeux sans cesse écarquillés… Il installe des sculptures minimalistes ou monumentales qui interrogent la multitude et l’identique, révèlent la matière dans son étrange amoncellement (ballons en caoutchouc, baudruche, douilles, fils) et explorent ses formes potentielles… Tout commence par les pieds est l’œuvre d’un artiste pérégrin, selon le directeur du centre d’art Robert Bonaccorsi, et, à cet égard, une invitation au pèlerinage contemplatif. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Tout commence par les pieds François Daireaux Jusqu’au 1er mars Villa Tamaris centre d’art, La Seyne-sur-Mer (83) 04 94 06 84 00 Jean-Charles de Castelbajac, robe hommage a Guy Pelhaert. Collection pret-a-porter printemps été 2002. Image Katerina Jebb, 2008 ARTS VISUELS 51 Née coiffée Peuplée d’une forêt de socles blancs, la galerie d’art du Conseil général 13 se pare d’atours qui ne tiennent qu’à un fil… Décoiffante et surréaliste, l’exposition Hair du temps conçue par Olivier Saillard, en charge de la programmation des expositions mode aux Arts décoratifs à Paris, touche autant au sacré qu’au monstrueux, à l’esthétique qu’au religieux. Les œuvres sont là qui témoignent de l’éternel défi des femmes à se plaire et séduire, et des hommes à honorer Dieu. Entre être et paraître, créateurs et anonymes font preuve d’une imagination et d’une dextérité à tous crins. On connaissait la symbolique de la parure déjà répandue dans l’Antiquité, l’extravagance des coiffes au Moyen Âge (chevelure sacrifiée ?), les tableaux funéraires mêlant poudre de cheveux et perles, ou les imprimés « cheveux » sur des mousselines de soie pour les collections de haute couture de Jean-Paul Gaultier et Vivienne Westwood… Peut-être moins le cheveu coupé en quatre, tressé, tire-bouchonné, brodé pour la confection de capes et de bustiers à porter à même la peau : la veste courte en cheveu torsadé de Sandra Backlund est du plus bel effet… À la limite entre l’organique et le minéral, les cheveux sont des phanères quasiment imputrescibles, et, comme les ongles, les poils, les écailles ou les cornes, focalisent toutes sortes de sentiments, entre attraction et répulsion. Mais leur utilisation implique une sophistication extrême qui rend alors possible la réalisation par Clémence Agnez d’un mobile arachnéen, œuvre presque invisible, ou à l’opposé, permet d’atteindre la monumentalité avec la pièce murale de Christian Wijnants. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Hair du temps jusqu’au 29 mars Galerie d’art du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Aix 04 42 93 03 67



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 1Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 2-3Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 4-5Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 6-7Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 8-9Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 10-11Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 12-13Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 14-15Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 16-17Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 18-19Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 20-21Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 22-23Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 24-25Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 26-27Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 28-29Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 30-31Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 32-33Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 34-35Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 36-37Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 38-39Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 40-41Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 42-43Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 44-45Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 46-47Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 48-49Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 50-51Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 52-53Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 54-55Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 56-57Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 58-59Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 60-61Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 62-63Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 64-65Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 66-67Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 68-69Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 70-71Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 72-73Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 74-75Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 76-77Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 78-79Zibeline numéro 16 mars 2009 Page 80