Zibeline n°16 mars 2009
Zibeline n°16 mars 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de mars 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... culture et éducation en lutte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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36 MUSIQUE CONCERTS Le clavier bien libéré On avait un peu peur ! Parce qu’un long récital de clavecin, dans une grande salle ne favorisant pas l’intimité, avait de quoi faire venir à reculons les adeptes des phrasés lyriques des cordes ou des puissants Steinway ! On avait tort… car il fallait compter avec le talent de Pierre Hantai, particulièrement en verve. Le clavecin, exhumé par les néoclassiques au XX e siècle, a trouvé la faveur du grand public avec le revival baroque et les progrès des techniques d’enregistrement : on capte désormais au cœur de l’instrument la vibration sympathique des cordes ou les percussion des sautereaux... Mais en concert on est parfois un peu frustré par l’austérité du discours ou le manque d’ampleur sonore… Pierre Hantaï, grâce à la souplesse naturelle qu’il accorde à la pulsation, évite l’écueil. À la lumière d’une simple lampe nimbant l’instrument d’un clairobscur pictural, le claveciniste a fait preuve d’une grande liberté dans Couperin, rayonné d’aisance dans les pyrotechnies de Scarlatti… quand la Suite anglaise et le Concerto Italien de Bach ont achevé de convaincre de l’indéniable richesse inventive du musicien. JACQUES FRESCHEL Pierre Hantaï s’est produit le 3 février à la Faculté de médecine de Marseille, dans le cadre de la programmation de la Société de Musique de Chambre de Marseille De Zoroastre à Sarastro Zoroastre est un mage mis en scène dans l’opéra éponyme de Rameau. Dans cette tragédie lyrique (créée en 1749 et révisée en 1756), le livret signé d’un franc-maçon Louis de Cahusac reprend des thèmes cher à son ordre : le combat du Bien contre le Mal, l’élévation d’un temple à la lumière, aux arts, à la vertu... S’il n’est pas avéré que Rameau fut lui-même membre d’une Loge, on sait en revanche que Mozart a bien été initié en 1785 et que La Flûte enchantée (1791) est évidemment un « Opéra maçonnique ». C’est sous ce titre qu’a été conçu l’attrayant program-me de l’ensemble Baroques-Graffiti. Sous la forme de transcriptions, un choix de pages de ces deux opéras ont été interprétés avec talent, telles de vastes « suites » instrumentales, par Sharman Plesner (violons), Agustina Merono (viole de gambe), Jean-Christophe Deleforge (violone) et Jean-Paul Serra (clavecin). On y a prisé tout autant les audaces harmoniques de Rameau que les fameuses mélodies mozartiennes. J.F. Pierre Hantai X-D.R. Sous le son d’Avignon Ce 5 février au soir, en Avignon, Jonathan Schiffman a dirigé son orchestre de manière magistrale avec tout d’abord les Variations symphoniques du compositeur polonais Witold Lutoslawski (décédé en 1994), puis un chef-d’œuvre de Johannes Brahms : les Variations sur un thème de Haydn, thème dont l’auteur d’ailleurs n’est pas Haydn ! Il s’agit d’un ancien thème populaire dit « Choral de Saint-Antoine », figurant dans un divertissement du XVIII e siècle. Mais selon les sources de Jonathan Schiffman qui, très pédagogue, aime à parler, au début de chaque concert, des œuvres interprétées, ce thème mystérieux serait d’Ignace Pleyel, compositeur et facteur de piano parisien (1757-1831) La seconde partie de soirée fut éblouissante : Gautier Capuçon, violoncelliste virtuose et passionné (son instrument est un magnifique Matteo Goffriler de 1701), fut le serviteur fidèle et inspiré du Concerto de Dvorak : composé durant son séjour new-yorkais, entre 1892 et 1895, ce chef-d’œuvre est la dernière composition américaine du maître tchèque, tout à fait contemporain de la Symphonie du Nouveau Monde, beaucoup plus jouée. Une fois de plus l’OLRAP fit vibrer son public… CHRISTINE REY La crème des quatuors Debussy et Ravel livrent au tournant du XX e siècle deux bijoux de quatuors : ils n’y reviendront plus ! Fauré, à l’aube de sa vie, écrit un testament musical en guise de chef-d’œuvre : son unique quatuor. Dans ces opus, le Quatuor Ebène a livré à coup sûr l’un des plus beaux récitals de musique de chambre de la saison en région. Ces jeunes musiciens, aujourd’hui au sommet (nommés aux Victoires de la musique), jouent partout et ont acquis en peu de temps un « métier » hors du commun : ils explosent dans ce programme récemment gravé chez Virgin. On est cependant surpris devant les salles bien remplies… un dimanche après-midi à Martigues, pour de la musique de chambre… française de surcroît ! Car on nous l’assure : c’est un vrai risque de la part des programmateurs ! Peut-être parce que, paradoxe français, on méconnaît souvent les splendeurs de sa propre musique. Le public a acclamé les virtuoses et c’est rassurant ! De fait, les Ebène ont montré une réelle maîtrise dans les articulations du discours, les pianissimi feutrés, pizzicati délicats, trémolos alertes et coloris harmoniques… En jouant avec une telle entente passionnée, établissant entre la musique et le public une sorte de rituel sacré… avec une once de dandysme en bada… ces quatre-là se tracent un bel avenir ! JACQUES FRESCHEL Le quatuor Ebène s’est produit à Martigues (Les Salins) le 1er fev et au Cadran (Briançon) le 3 fév Quatuor Ebene Julien Mignot L’ensemble Baroque Graffiti s’est produit le 6 fev à la Bastide de la Magalone G. Capucon X-D.R.
37 À becs et gambes Suite Royale a m Qui n’a pas de ces souvenirs anti-musicaux au possible des flûtes à bec de collège avec lesquelles des générations de potaches écorchent vaillamment les saucissons imposés par les programmes ? Réputation contre laquelle de talentueux concertistes se battent depuis des années, imposant les flûtes à bec comme des instruments à part entière. Jean-Michel Hey et Guy Laurent ont donné une jolie démonstration de leurs possibilités harmonieuses, à travers des pièces du XVIIe, danses enlevées de Biagio Marini, Battalla de Falconiero, (très imagée), canzonas et toccata de l’incontournable Frescobaldi, chiccona de Tarquino Merula, pièces de Bartolomeo Selma, espagnol certes, mais d’inspiration toute italienne, dans la tonalité du programme choisi par l’ensemble Baroque. Corinne Bétirac au clavecin, imperturbable bassecontinue, se révéla virtuose interprète soliste, et la voix chaude de la viole de gambe d’Annick Lassalle fit entendre des graves superbes. La Chapelle des Oblats offrait à ce concert un écrin taillé sur mesure, grâce à la belle intimité qu’accorde son architecture. M.C. Ce concert a été donné à Aix le 30 janv dans le cadre des Festes d’Orphée Dans le cadre des Petites histoires de claviers organisées par l’ensemble Baroques-Graffiti, la claveciniste Christine Lecoin a su enchanter l’auditoire de l’Urban Gallery le 7 février C’est sous le signe français des ornements royaux de François Couperin qu’a résonné une Urban Gallery pleine à craquer. Le clavecin fait recette, et bien que tombé en désuétude depuis deux siècles, il continue de plaire et d’attirer mélomanes et curieux, à la fois par la préciosité qui l’accompagne comme son ombre mais aussi par la qualité d’un répertoire riche et souvent méconnu. La délicate Christine Lecoin avait choisi de puiser dans l’univers prolixe des quatre recueils d’Ordres de François Couperin. Par Ordre entendons Suite (de courtes pièces à l’instar des suites de danses) dont la danse disparaitra petit à petit au profit de pièces de caractères. Regroupés dans ce récital par affinités ou correspondances, les opus aux titres parfois énigmatiques dépeignent tour à tour des personnages, des atmosphères ou se font écho de grandes fresques descriptives. La Visionaire, véritable ouverture à la française et les célèbres Baricades mistérieuses dont la mélancolie surprend toujours, furent admirablement interprétées. Au service de ce florilège d’ornements, notre claviériste possède une technique impeccable et sait faire alterner les plans par un toucher varié et subtil. La Lugubre, la Voluptueuse ou l’Amphibie en ont été de parfaits exemples lors de ce récital singulier, où chaque pièce écrivait sa propre histoire, au grand bonheur d’un public captivé. FRÉDÉRIC ISOLETTA Christine Lecoin X-D.R. Sous le charme Le 1er février, un magnifique concert a comblé le public à l’auditorium du Pharo. Après la délicieuse et sensible ouverture de L’isola disabitata de Haydn, le célèbre concerto pour piano n°21 de Mozart faisait son entrée, lumineuse. Au brio de l’Orchestre philharmonique de Marseille s’accordait un piano virtuose. Frank Braley, aux allures de jeune premier romantique avec sa coupe à la Liszt, tint sous le charme un auditorium captivé ! Jouant littéralement avec l’orchestre, dirigé avec élégance par le jeune et talentueux chef Thomas Rösner, il s’est livré à un véritable dialogue, libre, d’autant plus que sans partition, dans lequel la simplicité des phrases mozartiennes s’imposait, comme une conversation à bâtons rompus que l’on peut tenir avec des amis, hésitations, traits d’humour, confidences… La mise en évidence des tensions, des interrogations accordait une dimension poétique et intellectuelle à la pièce, comme si nous avions suivi les méandres de la pensée du musicien, ses réflexions, ses états d’âme. L’œuvre si célèbre était complètement renouvelée par cette interprétation, Frank Braley X-D.R. qui, cultivant à l’extrême une esthétique de la surprise, lui accordait la beauté d’une découverte. Bissé, Frank Braley donna la fantaisie en ré mineur, dans laquelle il fit parler, d’une manière incroyable, les silences ! Les pauses, mises en relief et comme théâtralisées par d’infimes et calculés retards, rendaient encore plus sensibles chaque note... La Nuit transfigurée de Schoenberg composait la deuxième partie du concert. Cette pièce plus difficile soulignait les grandes qualités de l’orchestre dans un répertoire auquel il est moins habitué : précieux pianissimi des cordes dans les aigus, beaux duos des premiers violons et alto solos, sublimes envolées, magnifiques respirations de l’ensemble… L’orchestre passa l’épreuve ! MARYVONNE COLOMBANI



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