Zibeline n°16 mars 2009
Zibeline n°16 mars 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de mars 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... culture et éducation en lutte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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34 MUSIQUE CONTEMPORAINE i L’alpha de la contemporaine Avec humour et talent les musiciens expliquent, se plient au jeu des extraits pour que le public apprenne à écouter et apprécier les pièces de musique contemporaine au programme, « musique contemporaine, autrement dit, la pire ! » lance avec un sourire Raoul Lay, qui dirige avec une précision et un rare brio les œuvres de Boulez, Messiaen, Debussy, et Jean-Luc Hervé qui a composé En Dehors, spécialement pour l’ensemble Télémaque. Car il s’agit, en dépit des a priori, d’une musique pour tous : Raoul Lay nous apprend à entendre les couleurs, car, dit-il, « la musique française s’occupe de couleurs. » Et c’est vrai, les appogiatures de Dérive 1 de Boulez donnent un effet de vagues soutenues par le beau vibraphone de Christian Bini, puis c’est dans une promenade solitaire et inspirée que nous entraîne la merveilleuse flûte (Charlotte Campana) de Syrinx, à laquelle répondent les échos superbes du piano de Reflets dans l’eau (Hubert Reynouard) de Debussy. Fluidité des résonances… qui laissent place à la musique imagée, descriptive, du Merle Noir. Puis la création : si la partition de Jean-Luc Hervé s’acharne à désaccorder les instruments, elle permet aussi de montrer leur virtuosité, le violon (Jean-Christophe Selmi) et le violoncelle (Guillaume Rabier) accomplissent des prouesses techniques pour mettre en scène cette musique « spectrale », Le Pierrot lunaire d’Arnold Schoenberg, chef-d’œuvre de l’expressionnisme germanique, marque en 1912 l’histoire de la musique en conjuguant un langage atonal savant (engendrant ce que l’on nomme communément la « musique contemporaine ») et un traitement vocal révolutionnaire. Les 21 poésies, candides ou barbares, capricieuses, ironiques ou mélancoliques, traduites du symboliste Albert Giraud, sont conçues comme un mélodrame où le père de l’Ecole de Vienne oppose au chant classique de l’opéra le Sprechgesang (chant parlé). Cette forme inédite d’alliage entre verbe et musique impose aux interprètes de faire de véritables choix. Le 23 janvier à la Bibliothèque départementale, Raoul Lay et l’Ensemble Télémaque ont pris le parti d’une version équilibrée… et cela s’est avéré payant ! Tout en respectant les passages à des hauteurs obligées, la soprano Brigitte Peyré a trouvé dans la déclamation des textes un naturel confondant, quand les instrumentistes ont tissé autour d’elle une texture de trémolos feutrés et nocturnals. Un programme complété par les disciples, Webern et ses haïkus sonores, Berg et son penchant lyrique… ainsi que quelques judicieuses et spectrales Rondes nocturnes d’un composteur d’aujourd’hui : Patrick Burgan. JACQUES FRESCHEL La couleur du « pire » o C’est avec un grand plaisir que l’on retrouvait le 8 février à Venelles l’ensemble Télémaque dans le cadre de la Tournée découverte organisée par leC.G.13 tout en quart de tons et qui emploie les réglages les plus incongrus pour un concert, comme la « sourdine d’hôtel ». La clarinette (Linda Amrani) réussit même à produire des sons multiphoniques, trois notes à la fois ! C’est le sublime Quatuor pour la fin du temps de Messiaen qui clôt avec ses fureurs et ses poussières d’étoiles. Un concert d’une qualité exceptionnelle, mis à la portée de tous. MARYVONNE COLOMBANI a Une heure avec Risset Créer en la Chapelle o Ensemble Telemaque Agnes Mellon Festival Trans'electroacoustique Claire Lamure Aujourd’hui, Jean-Claude Risset (né en 1938) fait figure de « classique » dans le traitement du son par l’informatique musicale, technique dont il fut un pionnier dès les années soixante. Au-delà de son approche de physicien, des procédés expérimentés au fil d’un catalogue de près de 70 opus, on trouve toujours chez le compositeur une luminescence sonore, un scintillement propre, une clarté dans l’exposition des différents objets sonores qui le singularisent. Cette signature futuriste, surnaturelle et spatiale fonde une œuvre véritable. Ses arcs-en-ciel d’harmoniques évoquent un orient intersidéral sidérant, ses cloches se liquéfient, ses glissandi n’en finissent pas de gravir l’échelle des fréquences… Le 29 janvier, dans la disposition acoustique de l’atelier-studio du Gmem, baigné dans un espace acoustique où les sons « se mêlent dans l’air du soir » et s’entrechoquent au-dessus des têtes, le public, lascivement allongé sur des transats, a pleinement goûté à une forme d’art qui s’est imposé depuis les péripéties défricheuses de Pierre Schaeffer. J.F. La Chapelle du Méjan à Arles résonnait d’une musique pour le Temps Présent en ce 1er février… Non content de faire revivre le patrimoine musical, le Méjan et son association contribuent également à son enrichissement : c’était en l’occurrence pour la création d’une commande passée à Philippe Hurel, Recueil pour alto (Christophe Desjardins) et percussions (Daniel Ciampolini) que le public était convié. Introduit par Elliot Carter (pièces pour timbales), mis en regard avec Berio (Duos et Naturale, sue melodie sciliane), Hurel ne ménage pas ses deux interprètes qui ont de la ressource : transcriptions des Ricercari de Gabrieli pour l’altiste, improvisation pour Hang (récent instrument hybride tenant du steel-drum et aux résonances de tablas indiens) par le percussionniste aux touchers et talents multiples. Le riche accord timbre qui introduit la première pièce de Recueil est bien estampillé Ircam, le dialogue progressif qui suit pourrait s’assimiler à une toccata du XXI e siècle aux lignes et ponctuations acerbes… Compositeur et interprètes sont à l’œuvre ensemble, P.-A. HOYET jusqu’à la conclusion qui finalise le juste équilibre de la pièce. Rendez-vous est pris pour les pages suivantes de ce Recueil. Philippe Hurel N. Botti
Harmonie du soir... Pour sa soirée du 23 Janvier, le Méjan a choisi de joindre les talents pianistiques de Brigitte Engerer au verbe lyrique de Daniel Mesguich. Les résonances de Bach/Busoni introduisaient cette soirée, conclue par les Harmonies poétiques et religieuses de Liszt, ponctuées par les accents mystiques de Mesguich dans Le lac de Lamartine. Paraphrasé par Liszt, Schubert abandonnait alors ses atours poétiques pour n’en garder que la parure musicale… C’est dire les imbrications du populaire et du savant, du religieux et du profane évoqués par les accents romantiques des deux artistes lors de cette soirée. Le talent de Brigitte Engerer n’était pas de trop : cette pianiste semble posséder une troisième main virtuelle et magique pour faire sonner ainsi les supplications de la Sérénade de Schubert au sein des effusions Lisztiennes ! Le timbre de Mesguich coulait comme le ruisseau de Les Siècles, une aspiration d’éternité Le GTP invitait les spectateurs, le 28 janvier, à un véritable moment de musique, avec un programme qui semblait si « classique », si évident, si peu original -on cherche toujours à nous éblouir par des inédits ! - que l’on n’en discernait pas immédiatement l’intérêt. C’était sans compter sur le brio des musiciens de l’orchestre Les Siècles, jouant sur des instruments d’époque, et leur interprétation vive et intelligente de l’ouverture de Cosi fan tutte. Le chef, François-Xavier Roth, sait rendre sensible le propos musical. Par quelques notes pertinentes et fines, il fait entendre le fonctionnement de l’œuvre, affine notre écoute… Les instruments bavardent entre eux, rient, s’exclament, chuchotent, dissimulent des choses graves sous un léger badinage… et « figurent le commérage ». Cette soirée consacrée à Mozart permit aussi d’entendre un Beethoven jeune, à l’inspiration toute mozartienne dans ses cadences, avec le concerto pour piano n°1. Avec humour, le grand pianiste Jean-François Heisser rappelait que le premier concerto était en fait le deuxième ! Au-delà de la capacité de nous séduire par des anecdotes, c’est La belle meunière, ponctuée par des respirations judicieuses dans Baudelaire, Hugo ; au point d’ensorceler le public délecté par quatre rappels ! P.-A. HOYET Brigitte Engerer KarlLagarfeld Jean-Francois Heisser Simone Poltronieri par son jeu, clair, précis, subtil qu’il nous a enchantés, et ce sur un piano Erard tout empreint du souvenir de Liszt ! Quelle symphonie de Mozart est la plus connue du grand public ? La 40 e bien sûr ! Cependant, si le premier mouvement nous hante tilila tilila tilila la… les trois autres mouvements, injustement refoulés de nos mémoires, sonnent romantiques avant l’heure, comme le soulignait F.-X. Roth. Les auditeurs étaient enveloppés, emportés dans cette nappe sonore profonde et irisée… effectivement passionnée et comme romantique ! MARYVONNE COLOMBANI CONCERTS Le retour de BB Dans le cadre du cycle grands interprètes, le GTP a accueilli l’immense pianiste russe Boris Berezovsky, le 22 janvier Après avoir conquis la cité des papes le mois dernier à coups d’arpèges ravageurs, l’imposant moscovite Boris Berezovsky, au demeurant familier du festival voisin de la Roque d’Anthéron, est déjà comme chez lui à Aix sur la scène du Grand Théâtre de Provence. Sans fioritures et fanfreluches, son style racé et direct peut déplaire. Rien de brutal pourtant, les lignes sont claires, le toucher délicat et précis et le contrôle de l’œuvre, si important lorsque de tels monuments sont interprétés, total. La sonate dite Waldstein, véritable écrin rythmique Beethovénien, est une œuvre angulaire du répertoire pianistique : aisance virtuose dans l’écriture, libertés dans les développements et pour la première fois sonate destinée non plus à des pianistes moyens mais à de très bons exécutants. BB en est un, indubitablement, et sa délicate main droite volubile au toucher si fin ajoute une nouvelle couleur à sa palette. Schubert le discret, toujours dans l’ombre du héros Ludwig, répond au maître viennois par une œuvre incroyablement technique elle aussi, la fantaisie Wanderer. Aux dimensions insolites et à la MUSIQUE 0 35 virtuosité vertigineuse, cette pièce se nourrit d’un seul et unique thème, développé et travaillé, préfigurant la forme cyclique lisztienne du poème symphonique. Rien de plus logique que d’enchaîner sur le monument qu’est la Sonate en si mineur de Liszt, grandiose « pensée musicale », virtuose, visionnaire… et admirablement interprétée. FRÉDÉRIC ISOLETTA Boris Berezovsky X-D.R. Feria musicale à Nîmes Fidèle à ses amours hispaniques, Jean- François Heisser déroule sa muleta avec L’Orchestre de Poitou-Charentes en lieu et place de la Peña, assistés par la cantaora de Malaga, Antonia Contreras, et par Marie-Josèphe Jude au piano. Abrivado avec La Fantasia Baetica de Falla : Heisser révèle les traits caractéristiques de la musique andalouse, oscillant entre les rasgueado et les épanchements du cante jondo. C’est dans La Feria de la Rhapsodie Espagnole de Ravel que Marie-Josèphe Jude se joint à lui pour planter les banderilles. Le geste est sûr et précis, après les passes délicieusement hésitantes de la Habanera. Changements de cartel : après Turina et sa Rapsodia Sinfonica, entrée en lice d’Antonia Contreras qui chante avec âpreté les estocades brûlantes et amoureuses de la gitane Candela dans L’amour sorcier de Falla première version. Alliage brut d’une musique à l’écriture précise, gagnée par les couleurs de la voix traditionnelle. Les deux oreilles et la queue pour le matador Heisser et sa torera Contreras, qui ont offert un beau prolongement au Festival flamenco de Nîmes. P.-A. HOYET Antonia Contreras Vincent Garnier



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