Zibeline n°16 mars 2009
Zibeline n°16 mars 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de mars 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... culture et éducation en lutte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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32 MUSIQUE SPECTACLES Deux contes sinon rien Le 25 janvier se jouaient deux versions fort différentes des Contes d’Hoffmann. À l’Opéra d’Avignon, et aux Salins de Martigues… Les contes d'Hoffmannmes Éric Chevalier X-D.R En 1880, juste avant de mourir, Offenbach lègue une oeuvre unique : le premier grand « Opéra fantastique » de l’histoire de la musique avant L’enfant et les Sortilèges, La Ville morte ou Le Tour d’Ecrou… Son ultime opus Les Contes d’Hoffmannfait partie de ces mythes restés inachevés, complétés après la mort de leur auteur. Avec une orchestration manquante, des récits apocryphes, un ordre aléatoire des actes, des numéros ajoutés, on dispose d’une cohorte de versions des Contes… d’une « authenticité » plus ou moins pertinente. Car sous prétexte qu’il n’y avait pas de version définitive de l’opéra, celui-ci subit, lors de chaque reprise, d’importantes modifications. Gustav Malher, par exemple, en supprima le prologue et l’épilogue ! Martigues éclatée Olivier Desbordes et la compagnie Opéra Éclaté tentent de rétablir la version créée à l’Opéra comique en reconstituant les dialogues parlés. Du coup, la suppression des récitatifs de Guiraud allège le discours et tire l’œuvre du côté du théâtre, la rendant plus lisible, accessible… tout comme l’unité du décor et des costumes : une grande table/piste de cirque où se meut une assemblée bigarrée sortie d’une gravure de Daumier. Côté chant, Isabelle Philippe a incarné une poupée colorature grotesque, bouffie à la Shrek, se montrant naturellement plus à l’aise dans le lyrisme o Au sein de la nuit parfumée… Filles à l’œil noir et tresses flottantes entonnent joyeusement la partition de Bizet, avec maîtrise et engouement. Les airs, tubes indémodables, s’enchaînent sans aucun temps mort, déclamés par des solistes de haut niveau Affublés de voiles roses, turbans, dorures et entre les vapeurs d’encens, les Pêcheurs de perles nous sont apparus, encerclés par des danseuses de Bharata Natyam. Tant mieux ! Cet exotisme désuet et grandiloquent est inhérent à la plupart des opéras de Bizet, et tout particulièrement à celui-ci. Parti pris réussi donc de la part de Nadine Duffaut à la mise en scène, même si on peut regretter le manque de recherche chorégraphique, qui rendait parfois répétitives les interventions des danseurs, et a contraint les chœurs, peu habitués à l’exercice, à effectuer des retournements de mains et haussements de pouce peu convaincants. Le premier acte a souffert de quelques bafouillements des chœurs, sa tension s’est vue un peu amoindrie par la voix de Jesus Garcia, un peu fatigué le jour de la première, et souffrant de la robustesse de Jean-François Lapointe, magnifique Zurga. La romance de Nadir, si attendue, fut un peu décevante, notamment lors des passages en voix de tête, qui manquaient assez clairement de justesse. Mais à partir du deuxième acte, porté par les vocalises acrobatiques de Kimy MacLaren et une exécution admirable du célèbre duo « Ton cœur n’a aérien d’Antonia que dans la sombre Giulietta, quand le ténor Andréa Giovannini a séduit par son chant homogène puissant et une expression nuancée. Si le diabolique Jean-Claude Saragosse possède une solide voix parlée de baryton, une belle prestance, son chant manque de cavité et l’aigu est mal géré. Dans cette version jouant la carte du burlesque, le chœur à 12 voix et l’orchestre réduit ont également bénéficié, avec Dominique Trottein, d’un formidable chef de métier. o pas compris le mien », la puissance de cet opéra fut rendue à sa juste valeur. Les grands moments se sont alors multipliés, portés par une cohésion remarquable des chœurs, une belle prestation de l’orchestre, parfois un peu décroché des parties chorales, mais articulant avec précision les phrases et accents, sous la direction de Claude Schnitzler. Chaque air a su clairement se démarquer, en particulier le duo Leila/Zurga, applaudi avec Les Contes d'Hoffmann, Opéra Éclaté Nelly Blaya Avignon opératique La mise en scène d’Eric Chevalier jouait sur la beauté et la diversité des décors, des costumes déclinant les rouges et les noirs… Le spectacle, classique, était réjouissant : les ensembles et chœurs, magnifiquement interprétés, et l’air de bravoure de la poupée (Olympia, Mélanie Boisvert) remplirent la salle d’enthousiasme et soulevèrent mille applaudissements. La voix de basse de Nicolas Cavallier fut elle aussi chaudement récompensée. La Barcarolle si attendue (Belle nuit, o nuit d’amour…), fut remarquée, et la direction sans faille de Jonathan Schiffman participa au succès de cette soirée. Car finalement, comme les autres opérettes, cette œuvre d’Offenbach fait la part belle à l’invention mélodique, et à l’humour ! JACQUES FRESCHEL ET CHRISTINE REY enthousiasme par le public, ou les interventions de Wojtek Smilek, convaincant Nourabad. Jusqu’à la conclusion, un peu surprenante (une petite fille pousse Zurga à renoncer à son suicide) mais qui ne manquait pas de pertinence. SUSAN BEL Les Pêcheurs de perles ont été joués à l’Opéra de Toulon du 30 janv au 3 fév Les Pêcheurs de perle Frédéric Stephan
L’Argentine et Venise ! Malgré la pluie, le théâtre du jeu de Paume était comble le 5 fév pour écouter les musiciens de l’ensemble Tango Quattro, et admirer les deux danseurs, Véronique Guide et Julio Luque. Ah ! Les jeux de jambe de la danseuse ! La complicité du couple qui raconte avec un égal bonheur rencontres, séductions, séparations, retrouvailles, plaisir de danser tout simplement ! Le programme s’orchestrait autour des « quatre saisons » de Piazzolla, avec des hommages à quelques compositeurs tels Anibal Troilo, Paulos, Plaza, Salgan, AIeta, Agostino, Filiberto. Toutes les techniques, jazz, contemporain, se retrouvent au service du tango, qui devient essence suprême ; les cordes se font percussion, comme le couvercle du piano, la flûte traversière aussi se trouve parfois réduite à un simple souffle, une respiration qui module des variations sur le rythme obsédant du tango. L’âme même des instruments vibre, les musiciens dansent, jouent et, virtuoses spirituels, nous entraînent. Fabian Carbone au bandonéon, Ezequiel Cortabarria à la flûte traversière, Mario Soriano au piano, Jose Luis Ferreyra à la contrebasse, Adrian Rodriguez au violoncelle, nous font passer par toute une palette de sentiments, d’univers, du bouleversant Adio Nonino, composé par Piazzolla en l’honneur de son père décédé, au lancinant Libertango, de la danse de Inspiration, digne d’un orchestre symphonique à la joie débridée de La Trampera. Le monde entier devient tango, les rues encore humides d’Aix esquissent elles aussi des pas. On repart, riche d’un bonheur qui irradie. Puis on revient, deux jours après. Le spectacle, Le luthier de Venise, donné au Jeu de Paume le 7 fév, permettait aux enfants à partir de 5 ans, de découvrir Les quatre saisons de Vivaldi, à travers une petite mise en scène charmante sur une histoire de Claude et Frédéric Clément. Les feuillets de présentation éclairent l’œuvre de CONCERTS façon à la fois didactique et amusante, la situant dans le contexte joyeux d’une Venise baroque et animée. Un récitant, Pierre Gueyrard, établit le lien entre l’orchestre de cordes et les classes de danse du conservatoire Darius Milhaud. Matinée sympathique et familiale dans ce théâtre à l’italienne taillée pour accueillir un Vivaldi joliment Sans dandysme mais pas sans orgueil Le Spectacle Gymnopédique ainsi que l’enregistrement d’Erik Satie, Avant-dernières pensées, acclamé par la critique, représentait l’occasion pour Alexandre Tharaud de réhabiliter un compositeur dont on ne retient que « l’aspect rigolo, les anecdotes », afin que soient mises en avant toutes les facettes de sa personnalité et de son univers : ses œuvres les plus célèbres pour piano solo et pour quatre mains, mais aussi des textes, mélodies et chansons rendus par une troupe de joyeux drilles. Pourquoi pas ? Alexandre Tharaud Eric Manas Le début du spectacle repose tout de même sur un présupposé esthétique dont on peut douter : on entend, lors de la lecture un peu longuette de ses correspondances, Satie qui qualifie l’esthétique de Ravel de « déplorable et démodée », ce qui, avec le recul, prête à sourire… Car même si on trouve le minimalisme de Satie charmant et musical, on peut douter qu’une seule de ces petites choses pour piano exécutées, avec pourtant beaucoup de sensibilité et d’adresse, par Alexandre Tharaud et Eric le Sage ait l’intensité des fameux Miroirs ou de la Pavane pour une infante défunte… Dans ces conditions les traits d’esprit d’Erik Satie, et le jeu décidément Deschiens de François Morel et Olivier Saladin, s’avéraient assez fats. Les chansons et mélodies, interprétées avec entrain et humour par Jean Delescluse, joliment décalé et Juliette, très à l’aise dans ce répertoire, ainsi que la cohésion de tout le groupe, allant et venant sur la scène en criant « Musique d’ameublement ! » donnaient à la deuxième partie du spectacle nettement plus de mordant. Le sens de l’absurde du compositeur, des décennies avant Cage, étonne, quand on entend une pièce pour piano étendre sa conclusion sur deux bonnes minutes… Car la force d’Erik Satie réside sans doute dans cette forme certaine d’anticonformisme, ouvrant la porte à un renouveau de la forme à une musique dépourvue du dandysme qu’il reprochait à la plupart de ses contemporains. SUSAN BEL Erik Satie a été joué au Grand Théâtre de Provence (Aix) le 10 fév et à la Passerelle (Gap) le 9 fev MUSIQUE 33 Le Tango Quattro Carlos Pascual servi par les jeunes musiciens sous la houlette de Michel Durand Mabire, violon solo. La justesse de cet ensemble musical est à saluer, et l’intention pédagogique, servie par d’adéquats moyens. MARYVONNE COLOMBANI Cocteau l’enchanteur Habitués aux affiches « classiques » de musique de chambre concoctées par les Moments musicaux de Carry, les mélomanes de la Côte bleue ont découvert, mardi 10 février, un récital sortant de l’ordinaire. En effet, le pianiste et conteur Edouard Exerjean a représenté, dans la salle du Grand bleu sur la plage du Rouet, un spectacle sensible mêlant des écrits de Jean Cocteau et des partitions de musiciens faisant partie de sa sphère artistique. Seul, dressé dans un rai de lumière, l’artiste, de sa diction nette, a fait parler Cocteau à la première personne, traçant à partir de textes et poèmes le parcours d’une vie vouée à l’Art. À cette langue visionnaire, sarcastique et légère, tendre et précieuse, Exerjean, au clavier, s’est aussi fait le chantre brillant d’une musique nationale prééminente durant les Années-folles. Et l’on a ainsi pu goûter à la clarté acidulée, la gaîté finement grinçante d’Honegger, Milhaud, Satie, Wiener, Auric, Tailleferre, Poulenc… J.F. vu



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