Zibeline n°16 mars 2009
Zibeline n°16 mars 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de mars 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... culture et éducation en lutte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 CIRQUE LES ÉLANCÉES MARTIGUES LIEUX PUBLICS D’un battement d’ailes Magistral Mademoiselle Philomène arrive à l’heure, tailleur ajusté, cheveux attachés, prête à travailler. Bureau rangé, classeurs classés, tic-tac, tic-tac c’est parti pour une journée de travail pas franchement folichonne. Gestes secs, répétés, précisions des pas, déplacements mesurés, un jour gris chasse l’autre. Heureusement pour elle, mademoiselle Philomène a un collègue plutôt… bizarre au premier abord : vêtements colorés, démarche aléatoire, sourire enjôleur. Bien vite monsieur Nostoc va instiller de la fantaisie dans cette grise vie ordonnée, facétieux comme tout, transformant les classeurs en papillons, les dossiers en jeu de cache-cache… Jusqu’à lui offrir des ailes, qui les feront s’envoler, après avoir poussé les murs (magnifique scénographie d’Hélène Dattler). Christine Fricker signe là une très jolie chorégraphie, qui rappelle Jacques Tati, lorsque, sans texte, les émotions sont transportées par les corps des deux formidables interprètes, Julia Poggi et Anthony Deroche. Entre théâtre d’objets, danse et musique (une bande-son concoctée comme un personnage supplémentaire), Les Ailes de mademoiselle Philomène nous emportent dès les premiers battements… DOMINIQUE MARCON n en:F Les Ailes de mademoiselle Philomène ont été créées à Istres et jouées le 16 fév à l’Espace 233 et le 17 fév à l’Espace G. Philippe à Port-st-Louis-du-Rhône. Dernière représentation le 21 fév au théâtre de la Colonne à Miramas. Le carnaval a la grosse tête Cette année encore, Martigues fomente un carnaval très spécial. Managé par la compagnie marseillaise Madame Olivier, il aura pour thème l’exagération et la disproportion À l’instar d’une manifestation artistique populaire, tout le monde est convié à y participer, et tous sont à l’ouvrage depuis plusieurs mois. Depuis les établissements scolaires jusqu’aux associations et aux compagnies, chacun met la main à l’ouvrage pour faire de ce carnaval bien plus qu’un défilé… Plusieurs temps forts : tous les weekends du mois de mars seront consacrés aux Comptoirs du savoir faire afin de préparer l’événement. Moment idéal pour s’initier à la fabrication de chars, à la danse ainsi qu’à la création de costumes et d’accessoires. Et ce n’est que le samedi 28 mars que les grosses têtes commenceront à envahir la ville. La parade, moment phare de tout carnaval, déambulera le lendemain, dimanche 29, dans une cavalcade de musique et de visuels surdimensionnés. Le départ est organisé sur le parking Général Leclerc et le bal final sur celui du théâtre des Salins. Deux kilomètres de festivités intensives et surdimensionnées. À vos masques… JORDAN SAÏSSET Ville de Martigues 04 42 44 36 75 P.Leiva O C’était un de ces moments rares où l’on assiste, témoins privilégiés, à une étape de création. Le collectif AOC offrait une répétition publique d’un spectacle qui sera créé en septembre, un « résumé » de leur résidence de 3 semaines à Istres, au cours duquel ont été expliqués les différentes techniques, les mouvements et les placements, mais aussi l’importance de la rencontre entre les artistes. Car ce laboratoire de recherche réunissait, pour la première fois, tous les membres de l’équipe définitive. Du jonglage aux portés acrobatiques, des agrès à la création musicale (deux musiciens joueront directement sur scène), ils sont tous là, se parlent beaucoup, répètent les mouvements, s’encouragent… La longe est sollicitée qui assure les portées, les sauts, permet de repérer les points de déséquilibres et minimise les risques, pourtant toujours présents. L’occasion de se rendre compte du travail, de l’importance des défis physiques qui aboutissent, ou pas, à l’avènement du spectacle. Un envers du décor qui rend forcément complice, et respectueux. DO.M Deux répétitions publiques du collectif AOC ont eu lieu les 14 et 15 fév à Istres, sous leur chapiteau installé au Palio A venir aux Élancées Fruit d’un travail entamé depuis juillet 2008 entre le chorégraphe Éric Mezino, les danseurs de sa cie E.go et 17 danseurs du territoire Ouest Provence, Memorandum (mes mots rendent hommes) rend compte de la notion de territoire, de mémoires, de corps, de passion : dockers, cheminots, pétrochimistes… autant de témoignages dans lesquels se coulent les corps des danseurs. Le 21 fév au Théâtre de Fos (04 42 11 01 99). Poétique et tendre, le théâtre de Romette propose un pas de deux fascinant, entre un danseur et un personnage de papier Kraft, étonnamment humain, manipulé par quatre comédiens. Le 20 fév au Théâtre de la Colonne à Miramas (04 90 50 05 26). Le cirque Trottola présente Volchok (toupie en russe), un spectacle sans parole mais avec beaucoup de poésie, à l’image de ces artistes à l’univers décalé et au charme fou. Les 20 et 21 fév sous chapiteau au bord de l’étang de l’Olivier. Sortilèges, avec la cie Jérôme Thomas, florilège de jonglage, d’acrobatie, de manipulations d’objets pour raconter l’univers enchanté d’une enfant livrée à ses rêves et ses cauchemars. Le 19 fév au Théâtre de l’Olivier. 360, de la cie Bis Repetita, raconte l’univers intime et universel d’un couple, avec 2 acrobates et 2 musiciens autour d’une grande sphère en métal. Le 21 fév, en extérieur, à Grans. www.scenesetcines.fr Ça pare quoi, un parachute doré ? Une sirène à ne pas rater en ces temps qui crisent… La Cie Artonik a pour habitude d’inscrire ses actes de rue dans la réalité sociale, pour la décaler, et en dire quelque chose… Caroline Selig, responsable habituelle des Fash Rue participatifs, nous invite donc sur le Parvis de l’opéra pour se donner cette fois en spectacle… tout en restant aux prises avec le réel. Les sirènes de mars retentiront sur fond de crise monétaire, de parachutes dorés (qui chuteront vraiment ?) et d’évacuation immédiate ! A.F. Golden parachutes Cie Artonik Le 4 mars avant midi Parvis de l’Opéra www.lieuxpublics.fr AOC Philippe Cibille
JohannLe Guillerm, faiseur de tableaux vivants m Accueilli en résidence au Théâtre de Grasse, JohannLe Guillermmet en piste et en image sa perception du monde comme autant de points de vue, et de points de fuite… C’est étrange comme certains artistes laissent dans leur sillage des sentiments contradictoires. JohannLe Guillermest de ceux-là, qui met le public dans sa poche d’un seul claquement de fouet tout autant qu’il peut le laisser perplexe : artiste de cirque, fildefériste, équilibriste, manipu-lateur et faiseur d’objets, il jette le trouble dans l’appréhension - et la compréhen-sion - de son œuvre. D’abord parce que son projet actuel, Attraction, est colossal et kaléidoscopique, une tétralogie constituée du spectacle Secret, de l’installation Monstration, du « phénomène de cirque minéral et végétal » La Motte et d’un film à venir. L’ensemble formant un tout hétérogène dont le socle serait ses recherches poétiques autour du point, point de fuite, point d’équilibre, et Secret une infime partie de son regard complexe sur le monde. Regard fixé sur un point qui cacherait l’autre partie du monde… D’où cette omniprésence de la sphère, elliptique et conceptuelle dans sa gestuelle, formelle et plastique dans ses machines-objets. Ensuite parce qu’au-delà du jeu circassien, avec effet sensationnel, suspens, magie et clin d’œil au cirque traditionnel, Secret est le fruit d’une pensée labyrinthique, hermétique par sa difficulté à se laisser aborder frontalement. Si son exposition Monstration autorise la déambulation et le jeu interactif et fait naître le merveilleux, Secret demande au public d’abandonner toute résistance. Sinon une chape opaque le projette à cent mille lieues de l’artiste, anéantissant toutes formes relationnelles au risque de devenir un « spectacle d’autiste ». Ce risque, JohannLe Guillermen mesure toute la portée et l’assume avec sérénité : « Je ne vois pas la nécessité de communiquer avec le public, je n’ai pas envie de l’amadouer, de le conquérir. Ça ne m’intéresse pas de connaître l’histoire que je raconte, si j’en raconte une. De toute façon, elle sera différente chaque jour car le numéro change d’histoire et de perception selon mon humeur. » D’ailleurs, le public sort conquis et ébahi par cette histoire sans cesse renouvelée, cette profusion de sons assourdissants, de numéros insaisissables où le temps et l’aléatoire sont les maîtres du jeu, où l’équilibre mental et physique sont sans cesse sur le fil du rasoir ! Quand JohannLe Guillermpénètre dans l’arène, rugissant, son fouet cinglant l’air, domptant des bassines de fer blanc avec la force d’un forgeron ; quand il adoucit la rigidité d’un câble métallique jusqu’à lui courber l’échine, il danse avec les éléments. Avec une animalité toute retenue. Quand il se couche sur une arche de livres à l’équilibre improbable, donne des ailes à un oiseau de bois ou échafaude à mains nues une sculpture, son corps oscille entre caresse et violence. Dans une envolée poétique unique. Pour autant, Secret tient plus de la performance que du spectacle, bien que JohannLe Guillermréfute cette idée, affirmant être un artiste circassien et non pas un plasticien : « Je suis maître de la logique qui fait apparaître la forme, mais je ne suis pas maître de la forme. Je ne crée pas d’objets formels, explique-t-il. Il y a beaucoup de choses aléatoires, des parties vivantes dans le spectacle. » Des tableaux vivants, en quelque sorte… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Secret et Monstration ont été présentés par le Théâtre de Grasse du 4 au 18 février. 04 93 40 53 00. Une attractive monstration Véritable laboratoire de recherches et d’expérimentations, Monstration est une invitation à toucher, voir, manipuler, jouer, s’interroger, rêver, se surprendre. Sorties d’une longue période de gestation et de construction en atelier, les machines-objets Monstration-Cirque ici Philippe Cibille GRASSE CIRQUE 31 Secret-Cirque ici Philippe Cibille aux titres énigmatiques (Le livre infermable, La machine à écrire des pommes de pin, L’alphabet à lettre unique…) empruntent leur vocabulaire à l’architecture, la science et l’astronomie pour évoquer sa « volonté d’élucidation » du monde à partir du point. Il y est question de topographie, de contrainte, d’opération, de mutation, graphe, nomenclature, ligne, surface… À chaque structure sa vidéo dans laquelle l’artiste esquisse quelques réflexions sur son travail, l’une et l’autre combinant expériences mentales et physiques : dans un espace tendu de tissu noir, le visiteur peut appréhender le monde de JohannLe Guillermà travers le prisme de ses machines-outils, s’approprier ses découvertes et remettre en jeu ses propres repères. À lui de saisir ces instants fragiles, au contact de formes animées, de livres en bois, d’idéogrammes, de globes luminescents inventés par un homme tendu vers une seule espérance : « Pouvoir voir ce qui est caché derrière ce que je ne vois pas. » M-G-G



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