Zibeline n°16 mars 2009
Zibeline n°16 mars 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de mars 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... culture et éducation en lutte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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26 DANSE LA MINOTERIE BNM LE MERLAN PAVILLON NOIR GTP Drôle de genre Paradise Maxime Dejoux-Guidot En une soirée à la Minoterie, la Cie La Innombrable a exploré avec humour et inventivité la notion de genre, de différence entre les sexes et de contact entre les deux. Paradise, un duo danse théâtre d’une heure, met en scène deux danseurs acteurs, Astrid Giorgetta et Abdellah Noukrati, sur une chorégraphie de Fleur Duverney-Prêt. Six séquences autour du couple, de l’un et de l’autre. Et un questionnement tous azimuts sur le genre. Sur le genre du spectacle : le duo propose des incursions dans différentes danses aux accents contemporains, mais aussi rock, hip hop et tango décalé. Le couple lance des clins d’œil à toutes les musiques, à toutes les possibilités de pas de deux, sur les airs d’Emilie Chomel pour le Kollectif Nawak. Mi-danse mi-théâtre, comme son soustitre le précise, il joue aussi la comédie, avec changements de costumes à vue, mimes et texte de temps en temps, dans un tempo rythmé et dynamique. C’est plutôt malin d’offrir ainsi un spectacle hybride pour aborder la question de la part de l’autre que chacun porte en soi. Car au final qu’est-ce que le masculin, qu’est-ce que le féminin ? Paradise apporte une réponse en forme de clin d’œil : tous deux peuvent porter des shorts de foot et des talons hauts ! L’essentiel est de s’aimer et de s’étreindre (très beaux arrêts sur images de la passion amoureuse). Et lorsqu’arrive le happy end, qu’importe si la mariée est vêtue de noir et si le marié porte la jupe blanche qui tourne ? Un joli spectacle tonique et malicieux, que les acteurs aiment visiblement jouer/danser, et auquel on pardonne certaines maladresses : à vouloir explorer tous les sens et tous les registres, on perd un peu en qualité du geste et en netteté du propos. Qui trop embrasse… FRED ROBERT Paradise a été présenté par la Cie La Innombrable le 30 janv à La Minoterie Christophe Haleb Agnes Mellon Ouvrir les portes La formation professionnelle DANCE va venir occuper le grand studio du BNM et donner libre cours à sa fantaisie créative… Les jeunes danseurs européens recrutés par le programme Dance, et formés dans quatre centres chorégraphiques par Frédéric Flamand, Angelin Preljocaj, Wayne McGregor et William Forsythe (et quelques autres encore…), sont recrutés autant pour leurs qualités techniques de danseurs que pour leur imaginaire chorégraphique et créatif. La formation qu’ils reçoivent s’appuie sur l’enseignement de la danse et de son histoire, mais aussi sur l’esthétique et les techniques scénographiques contemporaines. Avec l’idée que les danseurs d’aujourd’hui ne sont pas des instruments, mais des créateurs. Depuis quatre ans les promos de Dance ont surpris, enchanté ou déçu. Mais il faut voir leur travail, quoi qu’il en soit… tant que dureront ces formations indispensables qui misent sur l’art de demain, mais que des politiques à courte vue ne cessent d’envoyer à la casse… A.F. Ouverture 12 Carte Blanche aux danseurs de D.A.N.C.E les 27 et 28 fev Ballet National de Marseille 04 91 327 327 www.ballet-de-marseille.com L’apologie du vide Devant un parterre de noctambules, « une nouvelle bohême chic et populaire » dixit Christophe Haleb, La Zouze s’empare d’un territoire insolite, le Palais de la Bourse, déserté dans la nuit silencieuse. Dès l’ascension de l’escalier monumental, on pressent le pire. Car il ne suffit pas de se travestir, de se jucher sur des talons compensés, d’afficher des tenues excentriques, de porter des perruques peroxydées pour faire sens. Encore moins de dialoguer en anglais, en italien et en français pour faire cosmopolite. Evelyne house of Shame n’est pas une performance déjantée, encore moins un ovni : il n’y a là ni matière à penser, ni matière à rêver, juste un défilé de mode branché qui aurait pour figures tutélaires Vivienne Westwood et John Galliano. Sauf que ceux-là ont le talent de transformer la haute couture en spectacle… C’est donc dans le temple du commerce que la party arrosée de coupes de champagne s’est prolongée, hôtes (dont certains avaient joué le jeu du dress code) et artistes déambulant sous les lambris comme des enfants bravant l’interdit. Ils chantent, se déguisent encore et encore dans une débauche de guêpières et de bas résille (quelle irrévérence !), grimpent sur les tables de marbre (quel scandale !), débitent des monologues débiles (quel parjure !) et… ça dit quoi au juste ? Rien, du vide, du néant, de la poudre aux yeux pour ceux qui ont oublié la boîte de nuit berlinoise de Cabaret et son Maître de cérémonie, extravagant et pathétique dans sa tentative de faire oublier les menaces du Troisième Reich, ou le film Portier de nuit hanté par la mémoire du fascisme, scandale érotique et moral. Ici, ni idéologie ni transgression, pas même de fêtes galantes. On le savait, le pire était déjà au bas de l’escalier. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Evelyne house of Shame, un salon artistique d’un genre nouveau a été présenté les 13 et 14 février par Le Merlan-Scène nationale à Marseille.
And the living is easy ? Good Morning mister GershwinL. Philippe - CCN Creteil Cie M-H Rotha etPriska Dos Les chorégraphes Montalvo et Hervieu ne font pas dans l’hommage : quand ils plongent dans le baroque c’est pour le psychédéliser, et quand ils choisissent Gerschwin ils le transforment en bulles de plaisir. Pas de révérence au style, et rien de suranné : se plonger dans ce faux jazz, ce jazz d’opérette, de comédie musicale, aboutit forcément à le relire pour en faire autre chose. Opération à laquelle se sont d’ailleurs adonnés tous les musiciens de jazz, transformant la musique écrite en standard mobiles, ductiles, que chacun sifflote ou chantonne. Le spectacle de Montalvo-Hervieu est sirupeux, enlevé, alangui, puis devient tendre comme cette musi-que américaine, et noir et rocailleux enfin, comme Porgy and Bess… A.F. Good Morning mister Gershwin Cie Montalvo Hervieu.CCN de Créteil Grand Théâtre de Provence du 18 au 21 fev www.grandtheatre.fr Trois fois sinon rien Kele sait ce qu’il dit quand il parle de danse, et de ses esthétiques ; Kele sait ce qu’il exprime quand il écrit le mouvement, chorégraphie, invente des historiettes, des espaces ; mais Kele ne sait plus trop ce qu’il fait quand il danse, et son duo avec Caroline Blanc n’était pas synchrone… du moins à la première. Viiiiite mérite un autre interprète, qui puisse caler à la perfection, dans l’ampleur et la vitesse, les mouvements Alea Agnes Mellon 0 0 qui devraient être parfaitement concordants : rien n’est plus difficile pour des danseurs que l’unisson, surtout quand ça ne cesse d’accélérer, de changer de rythme, de dynamique et de direction… C’est le pari de la pièce, qui demande une virtuosité particulière. Mais les deux autres pièces proposées rattrapaient largement les manques de la première, qui ne péchait d’ailleurs que par l’interprétation, et non la conception. Tatoo est un beau morceau de propos sur la danse classique. Kele y jette un regard amusé, à la fois fasciné et repoussé par les carcans imposés à ces corps. Ceux du Ballet National, parfaits dans cette pièce ironique… Aléa, dansée par les fidèles de Kele, est une autre petite merveille : rapide, fondée sur un naturel du mouvement, de la course à la rencontre presque fortuite des corps. Tous semblent s’amuser à des combinatoires abstraites et se poursuivent, fuguent, s’imitent, au son des nappes de Zanessi : on entend mieux que dans les autres pièces l’architecture de sa musique, qui ici se donne aussi à voir. AGNÈS FRESCHEL Délaissant l’écriture abstraite centrée sur le mouvement et la lumière, Éric Oberdorff crée Un autre rêve américain, une pièce où les textes et les musiques ont obsédé les danseurs tout autant que lui-même. Plus narratif que sa précédente création Libre, Un autre rêve américain est pétri de références à Jim Harrison, Thomas Savage, Jack Kerouac ou Allan Ginsberg et hanté par les voix de Patti Smith, Billie Holiday, Tom Waits… Sans jamais tomber dans l’illustration, Oberdorff réussit le tour de force de raconter « un état d’être en état d’urgence », celui des laissés-pourcompte du rêve américain, sans que les textes n’entravent le déplacement des corps. En tension permanente, les cinq danseurs parviennent à trouver la sincérité et la simplicité dans la justesse de leurs mouvements : un simple effleurement suffit à évoquer l’égarement ou la violence d’un duo d’amour vache. Et toujours sur des musiques qui conduisent les scènes jusqu’à leur paroxysme. Toute la pièce est baignée d’une lumière cinématographique, avec On achève bien les chevaux en toile de fond, portée par des héros romanesques aussi fragiles et désespérés que ceux de Russel Banks. Pour donner corps à cette tragédie humaine et dire la désillusion, Oberdorff découpe l’espace en deux, l’un narratif, l’autre chorégraphique, introduisant ainsi une double temporalité : il y a ce qui s’écrit à travers des situations, des voix et des rythmes ; il y a ce qui se danse à travers des portés sensuels et des solos inventifs. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI D Un autre rêve américain a été créé les 12 et 13 février au Pavillon Noir, Aix (13). À venir au Pavillon Noir Outre la reprise d’Ulysse par les petits danseurs de Josette Baïz (voir page 28), le Pavillon Noir accueillera d’autres apprentis danseurs… plus mûrs ceuxlà, puisqu’ils s’agit de ceux de DANCE. Après leurs Cartes Blanches au BNM (voir ci contre) ils mettront leurs pas dans la chorégraphie précise d’Angelin Preljocaj. À nos héros est une pièce virtuose, rapide, angulaire, bourrée de difficultés techniques, et magnifique de recoins sombres où parfois un espoir individuel s’éclaire. DANCE avait l’an dernier interprété la pièce à la perfection (voir Zib’6)… À nos héros Angelin Preljocaj du 13 au 15 mars 0811 020 111 www.preljocaj.org 27 Poussières d’Amérique Malou/Maya Morelli, Gildas Diquero



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