Zibeline n°16 mars 2009
Zibeline n°16 mars 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de mars 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... culture et éducation en lutte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 THÉÂTRE JEU DE PAUME 3BISF Consciences criminelles Au Jeu de Paume les deux dernières pièces mettaient en scène un pédophile et un assassin. Pour deux moments forts Couteau de nuit Trois minutes de vie. Juste avant l’ouverture d’un procès pour homicide. Trois minutes de pensée simplement, où chacun se raconte, tout se dénoue, où l’essentiel semble sur le point d’être avoué. Non comme on confesse un crime, mais comme on plonge dans la vérité. Couteau de nuit nous mène jusqu’aux portes de l’aveu, de la salle d’audience, du procès. Mais aussi jusqu’aux portes de la conscience de chacun, jusqu’au moment où les âmes se déboutonnent, pour dire la douleur, le pardon, le désir, la culpabilité qui ronge les parents de l’assassin, le désir de mort qui hante le frère de la victime. Car il est question d’un meurtre, perpétré la nuit, dans une rue sombre après une rixe, lors d’une nuit de fête triste et d’ivresses faciles. La pièce de Nadia Xerri-L est magnifiquement écrite : rigoureuse dans ses choix énonciatifs -une succession de monologues adressés au public, ou à un personnage-, elle construit une progression dramatique époustouflante de lisibilité, et de suspense. Son écriture scénique est tout aussi remarquable -elle a mis en scène son texte elle-même. Le décor mat, noir, symétrique, ne laisse voir que l’essentiel, les personnages qui sont là et se battent avec leurs douleurs. Quant aux comédiens, ce sont eux qui portent toute la chair de cette histoire noire, où seule la douleur peut servir de rédemption. Car tous sont coupables, d’avoir mal aimé, abandonné, assassiné, désiré avec trop de force, ou trop d’obscénité. Sans renvoyer dos à dos assassin et victime l’écriture laisse une chance à chacun de renouer avec son humanité, simplement en explorant sa conscience. Ils sont bouleversants, durant deux heures qui passent aussi vite que les 3 minutes diégétiques. Blackbird Blackbird est d’une écriture plus facile, moins virtuose, plus réaliste et convenue. Il n’en reste pas moins que le duo formé par Léa Drucker et Maurice Bénichou offre un moment de théâtre d’une grande intensité émotionnelle. Parce que les deux comédiens sont étonnamment justes -retenus, puis éclatants de colère, d’amour non dit ou de douleur-, et parce que la pièce amène à un endroit imprévu, franchement dérangeant pour la morale commune et les règles sociales. Car, on le comprend vite, il ne s’agit pas Claudia Stavisky Christian Ganet e d’une affaire de pédophilie mais d’une histoire d’amour entre une adolescente entreprenante et un homme débordé par cette passion qui l’anime. Elle l’a poursuivi, allumé comme une Lolita en mal d’amour parental, et le poursuit encore alors qu’il purgé sa peine, l’a effacée de sa vie, a vieilli, s’est rangé, et cherche sans cesse à la repousser comme il aurait dû le faire 15 ans plus tôt, quand elle avait 12 ans… L’histoire d’amour racontée est belle, émouvante, et sonne vrai, parce que tout ce qui y apparaît comme sale, pervers, répréhensible, vient du regard des autres. Reste que la pièce semble justifier, prudemment, en cas d’amour et de consentement mutuel, les relations sexuelles avec une mineure amoureuse. C’est troublant, comme La Drôlesse de Doillon, ou le Lemon Incest de Gainsbourg… AGNÈS FRESCHEL Couteau de Nuit a été joué au Jeu de Paume du 29 au 31 janv, et Blackbird du 10 au 14 fév À venir au jeu de Paume Les Trois jours de la queue du dragon, un spectacle jeune public écrit, mis en scène et en notes par Jacques Rebotier, cisailleur musical des mots, oulipien amateur, comme il se doit (les professionnels sont proscrits). Un exposé sonore qui rappelle à chacun que la langue se parle, sonne, et que les bruits ont des sens. Cinq ? Les 19 et 20 fev. La chance de ma vie est un kaléidoscope de textes contemporains, de Melquiot à Rémi De Vos. De ceux que les jeunes acteurs choisissent pour passer une audition… celle, primordiale, qui peut leur donner leur premier rôle… Valérie Grail met en abyme le jeu d’acteurs en le transformant un enjeu primordial… du 10 au 14 mars. Théâtre du Jeu de Paume 0 820 000 422 www.lestheatres.net Nadia Xerri-L Elie Jorand Métissons ensemble « Le métissage est une proposition, être noir est une position politique » … Claudia Shapira, chorégraphe brésilienne, pose en d’autres termes la question posée autrefois par les écrivains de la négritude, et ceux qui refusèrent ensuite ce terme. Eva Doumbia, Française et Ivoirienne, travaille donc avec ses danseurs de hip hop brésiliens, pour faire toucher du doigt le métissage. Que peut-on en dire d’ailleurs aujourd’hui, alors que chacun se réjouit que le président américain soit noir, même s’il est tout autant blanc… Le travail commun des deux femmes, le métissage de leurs arts et de leurs compagnies, sera présenté au 3bisf : une première étape d’un travail soutenu également par les Bernardines et le Merlan. A.F. Je t’écris… le métissage ne s’arrête-t-il pas où commence l’oubli (du voyage) Eva Doumbia et Claudia Shapira 3bis F (Aix) le 27 fev à 15h et 19h 04 42 16 17 75 www.3bisf.org
La chambre d'Isabella Eveline Vanassche Poncifs de la jouissance « We just go on ». La Chambre d’Isabella commence et finit par ces mots, repris en ritournelle, énoncé d’un principe de vie auquel il faudrait céder, sans s’arrêter à la douleur ou à la faute… En 2005, quand fut créé le spectacle au Festival d’Avignon, au Théâtre de la Ville, au Festival de Marseille, qu’il fut récompensé par de nombreux prix internationaux… il était presque impossible de dire, d’écrire, à quel point son esprit nous paraissait malsain. Non parce qu’il prône la jouissance et la liberté, et se centre sur un personnage de femme forte, mais parce qu’au passage il outrepasse quelques nécessaires garde-fou… Premier poncif : le noir au gros pénis, bon reproducteur, dont on admire la puissance et la faculté d’éjaculer en public. Et qui s’appelle Vendredi, en plus, le bon sauvage. Second poncif : Arthur qui viole la femme qu’il désire, abandonne l’enfant né de cette union, et auquel on reproche ne pas avoir su continuer à vivre (we just go on) avec la conscience de sa faute. D’avoir menti, pas d’avoir violé. Troisième : toujours à propos du désir. Isabella, 70 ans, offre un gâteau d’anniversaire à son petit fils qui en a 16 et en profite pour le dépuceler, jouir de lui, Tu l’as connue Louba ? … C’est à coups de petites phrases comme ça, questionnements minuscules et invitations à tendre l’oreille, que le grand jeune homme sympathique avec sa guitare électrique flambant rouge bien au milieu du halo, nous balade doucement une petite heure durant, dans les marges de l’Histoire ou ses résidus des années 80... Ni Pérec ni Perret, David Lescot se souvient de ses colonies de vacances et nous livre avec beaucoup de tact ces moments rien qu’à lui et pas qu’à Faut dire que sa colo c’était la CCE, la Commission (voir Comité) Centrale (vous y êtes !) de L’Enfance (nous y sommes...) créée à la Libération pour accueillir les enfants de disparus juifs et communistes, active jusqu’en 1985. Ah ! l’heureux temps de l’après-guerre où l’on croyait à gorge déployée à la Paix éternelle ! Chansons, chansons… Sans nostalgie, sans ironie, en demiteinte et avec une fragilité mesurée, David Lescot nous distille son chabada des centres de vacances ; du bout des lèvres il chantonne des hymnes plombants avec grâce et désinvolture (L’étoile claire de Staline montre la voie ou Buvons au grand Maurice), cherche le mot juste, hésite parfois légèrement, dialogue avec lui-même et maîtrise le naturel attendu d’un aède du tout venant ; de jolis moments où la poésie pointe son nez (ah ! la litanie cantonale des sites d’implantation... pas Péguy non plus, mais pas loin... et l’aimable méditation sur le pouvoir énergétique des mots en o –Tornado, Dynamo- prisés par les régimes de l’Est !), d’autres moins inspirés mais toujours irrigués par les petits ruisseaux de l’expérience collective et de l’éveil individuel. En fait, on aurait bien aimé connaître Louba nous aussi ! MARIE-JO DHÔ La Commission Centrale de l’Enfance a été donné au Théâtre Vitez le 11 février À venir au Théâtre Vitez Après Renaud-Marie Leblanc qui a mis en scène les étudiants dans la Surprise de l’amour de Marivaux, Nanouk Broche reprend la flamme et monte avec eux une pièce de Martin Crimp. Personne ne voit la vidéo est l’histoire d’une sondée qui devient sondeuse et adopte, comme malgré elle, les principes manipulateurs et inquisiteurs des VITEZ (AIX) GTP et en faire son amant régulier. Quatrième : Alexandre le bel aventurier se retrouve à Hiroshima juste après la bombe et, perdu, éclate la tête d’une blessée qui a peur de sa chevelure blonde. Liberté ? Outrepasser les censures sexuelles, lorsqu’elles sont fondés sur des préjugés, est évidemment une bonne chose. Mais prôner l’inceste avec son petit-fils mineur et vierge, trimballer des poncifs sur les Noirs et excuser le viol sous prétexte d’un désir trop grand n’est pas un signe de liberté, mais d’absence de surmoi structurant. Tout comme le fait de tuer pour supporter l’horreur de la guerre… L’affirmation du désir comme unique principe de vie (we just go on) est un des pires avatars d’une philosophie qui confond la liberté avec la satisfaction immédiate. Illusion que tout élève de terminale sait lever, et que tout parent conséquent combat. L’affirmation de la nécessité des interdits n’est pas réactionnaire, et nul n’a le droit de placer son enquêteurs, inconscients de leurs présupposés et sadiques cependant… du 3 au 7 mars. Les ATP continuent de s’associer à la programmation du Vitez en proposant Main dans la main, une pièce de Sofia Fredén (voir p 9). les 17 et 18 mars. Théâtre Vitez Fac de lettres, Aix 04 42 59 94 37 http://theatre-vitez.com d MUSIQUE DU MONDE I KLEZME MAR 17 20H30 DENIS CUNIOT BENOIT GIFFARD ALEXANDRE GIFFAR I THÉÂTRE propre désir au-dessus du bien commun. Pourquoi alors le succès de La Chambre d’Isabella ? Formellement, quelque chose de nouveau et d’assez abouti s’affirma là, en 2005. Dans le croisement des genres : même si ni la musique, ni la danse, ni la vidéo, ni la scénographie ne sont extraordinaires, leur concomitance, dans un spectacle de théâtre où le texte aussi importe, arrivait pour la première fois sur de grandes scènes et de grands festivals. Viviane de Muynck aussi, la comédienne, possède indéniablement un talent peu commun. Et puis la Chambre d’Isabella bousculait les règles, donnait des idées, des pistes, ouvrait grand des portes formelles jusque là simplement entrouvertes. Vertus d’un spectacle qui a fait date mais qui aujourd’hui, à peine 5 ans après, fait sacrément daté… AGNÈS FRESCHEL La Chambre d’Isabella de Jan Lauwers a été joué au GTP les 13 et 14 fév La commission centrale X-D.R 19



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