Zibeline n°15 février 2009
Zibeline n°15 février 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de février 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : l'art visuel en crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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70 HISTOIRE L’IMMIGRATION L’immigration, une Les débats de la dernière campagne présidentielle sur l’immigration résonnent encore dans l’espace public, à l’heure de la promotion ministérielle de Brice Hortefeux, qui se targue d’avoir renvoyé chez eux près de 30 000 immigrés clandestins… Les problématiques et les discours sur le sujet semblent insensibles à l’érosion du temps. Depuis le XIX e siècle, l’immigration est devenue un discours dont les ressorts tiennent surtout de la politique intérieure : dire qui est étranger, c’est déterminer qui est Français. Pourtant, notre France n’existerait pas sans l’immigration. Il n’est que de tourner les pages du roman national pour s’en convaincre. Sans remonter au berceau africain qui fait des hommes, hors de ce continent, des immigrés… on peut affirmer que ce qui un jour allait devenir la France a cumulé les arrivées et les apports civilisationnels. Après l’invasion celtique (les Gaulois du II e millénaire avant J.-C.), l’arrivée des Grecs féconde les rives de la Méditerranée. Les Romains, eux, créèrent un monde de villes et imposèrent une incontestable unité : la civilisation gallo-romaine. La suite fut plus mouvementée : Germains des royaumes barbares, Vikings installés en Normandie, Magyars en Alsace se succédèrent au Moyen-Age. Sans parler des Suisses et des Allemands installés dans l’Est avec la Guerre de 30 ans. Le fait majeur de cette phase migratoire est la fusion progressive de ces populations et leur enracinement sous le joug de l’État monarchique chrétien : nos grandes régions s’y sont individualisées. Mais l’unité française reste, au XIXe, une vision des élites. Le peuple, largement paysan, accède peu à l’écrit et à la langue française : ni Michelet, ni Gambetta ne considèrent les Français comme un tout ! Le siècle de l’industrie fait de la ville un nouveau creuset pour les populations venues des campagnes. À cette migration intérieure s’en adjoint une autre, extérieure, indispensable pour compenser la faiblesse démographique. De 1872 à 1927, les immigrés ont fourni la moitié de l’accroissement de la population, et cet apport se maintiendra par la suite. Plus, l’immigration équilibre le refus des communautés paysannes de rejoindre massivement les usines. Les étrangers deviennent donc indispensables pour une production industrielle qui explose à partir du Second Empire. Pendant longtemps, ces migrants ne furent que des voisins (Belges, Italiens) désireux de s’employer près de chez eux. 1880 marque un tournant lorsque l’État devient acteur Il s’attache d’abord à définir des travailleurs nationaux et à les protéger de la concurrence des étrangers. Il ferme les frontières. Il légifère sur les conditions de travail (en fait, il maintient les immigrants dans des conditions d’emploi très précaires, 3,o ô E o r= Rencontres littéraires radiophoniques en public La Caravelle 34 quai du Port 13002 Marseille — 17 h 30 entrée libre jeudi 12 février. : oses, poésie et ru ? Jean-Pierre Levaray & Efix jeudi 26 février Et si on reparlait de,littérz : Français Bégaudeau w jeudi 5 mars nouveaux grands. espaces Jean-Marie Blas de Roblès & Charlie Galibért Libraire a Marseille Renseignements : 04 96 12 43 42 Bruno Boudjelal, Gurbet, Turcs d'ici, 1994 c Musee national et des cultures de l'immigration, CNHI ce qui permet au patronat de trouver une main d’œuvre à bas prix). Puis, par la loi de 1889, il fixe les règles de la naturalisation pour empêcher que les étrangers échappent au service militaire -un avantage déterminant aux yeux d’un employeur. On peut désormais définir l’étranger et l’immigré tout en définissant ce qu’est l’identité française. Dans ces années, le recrutement s’élargit et les effectifs s’accroissent. L’État, après 1920, passe des contrats de recrutement avec les populations d’Europe centrale (les Polonais notamment), de l’Europe du Sud ou encore du Moyen-Orient. En 1931, il y a 3 millions d’étrangers soit près de 7% de la population. La politique de l’immigration vient de naître ! Ces immigrés se sont peu à peu fondus, par naturalisation, dans la population française. Mais l’histoire postérieure n’est pas différente, même si les ingrédients ont changé : entre exploitation et souffrance, l’immigration a permis la réussite économique, culturelle ou technique. L’idée d’une « population souche », originelle, est à remiser définitivement ! Car nous sommes tous des juifs allemands. L’immigration à Marseille Marseille est un cas particulier dans l’histoire de l’immigration française La cité phocéenne est un port, un lieu de passage, une frontière tournée vers la Méditerranée. Les vagues migratoires s’y sont succédé et le terme n’est pas échu : comment pourrait-il en être autrement ? À la fin du XVIII e siècle la ville rassemble 100 000 habitants. C’est peu, mais il faut tenir compte de l’épidémie de peste qui la ravagea en 1720 (50 000 morts). La cité attire, pour l’heure, les populations alentours : Provence, Piémont et Ligurie italiens. Avec la croissance des années 1840, avec le développement de la ville vers le Nord et l’extension du port, les migrants participent à l’essor économique : Suisses, Allemands, Britanniques, Grecs, Syro- Libanais, Maltais répondent à l’appel. Si certains sont entrepreneurs, la plupart travaillent comme ouvriers à bon marché et, lorsqu’ils s’organisent pour se défendre, on fait appel à d’autres
71 histoire de France contingents pour maintenir la renta-bilité la pression sur les salaires ! En 1851 la ville compte 200 000 habitants dont 10% d’étrangers. La minorité la plus importe provient d’Italie : 16 000 à cette date. En 1911, la progression a été forte : ils atteignent les 100 000 et regroupent 20% de la population (compte non tenu des naturalisés). Marseille est donc une ville italienne ! Venus de toute la péninsule, et notamment du sud napolitain, ils logent dans le quartier du port, au Panier, ou vers l’Estaque et Saint-Antoine. Pourtant, avec la déclaration de guerre de 1915, beaucoup sont repartis. Dans le même temps arrivent des réfugiés de l’Est, des prisonniers, utilisés pour la main-d’œuvre, et des travailleurs coloniaux (Indochine ou Algérie). La ruche bourdonne toujours. Terre d’asile La fin des hostilités provoque une nouvelle vague migratoire. En 1926, ils sont 132 000 étrangers pour 635 000 habitants, et les chiffres ne feront qu’augmenter. Si la part des Italiens décroît, ils restent largement les plus nombreux (89 000). Il faut dire que d’autres communautés ont emboîté le pas. Les Espagnols sont 20 000 en 1921 mais leur nombre fluctue beaucoup. Car Marseille accentue ses fonctions de refuge et de place de transit. Les Arméniens, victimes du génocide perpétré par les Turcs, débarquent. Ils ne sont pas les seules victimes de persécutions : Russes blancs, Grecs, Syro-Chaldéens arrivent à leur tour. Beaucoup ne feront que passer, mais un bon nombre s’installe. Il faut compter aussi avec les Corses dont l’arrivée vers la France métropolitaine est massive. Et de nouveau, la guerre. Les populations repartent (8,4% du total en 1946). Après le conflit, l’économie qui redémarre ne tarde pas à renouer les liens de la migration. Espagnols et Portugais, Kabyle, Italiens de Tunisie débarquent. Mais le drame colonial s’est noué : avec la guerre d’Algérie, c’est une population française qui migre. Et Marseille explose ! La population atteint les 890 000 habitants (1968) et la ville se recouvre de logements pour accueillir cette marée humaine. Au regard de la population française renforcée des naturalisations et des rapatriés, la population étrangère oscille de 7 à 10% en 1990, ce qui est très en deçà de la situation du début XX e siècle. La modification essentielle tient dans le changement de dominante : Marseille devient plus maghrébine qu’Italienne ! Avec le développement de la mondialisation, les tendances se modifient encore : l’Asie fournit désormais ces effectifs. Mais dans tous les cas, depuis toujours, c’est sa capacité d’accueil et d’intégration qui fait de Marseille un cas à part dans le panorama migratoire français. R.D. Images de l’immigré Dans sa dernière livraison, la revue Agone nous propose un tour d’horizon sur la question de l’immigration. Le numéro, dense, porte son attention sur des moments particuliers de l’histoire migratoire Dans leur éditorial, Choukri Haed et Sylvain Laurens veillent à fixer les bornes du discours sur l’immigration : le sujet est polémique et les chercheurs qui travaillent sur ces champs ne sont pas toujours suffisamment vigilants pour s’en extirper. Ils insistent sur le rôle des acteurs migrants -ces mêmes personnes qui ne doivent pas disparaître derrière des débats ou des comptagesautant que sur les ressorts de cette histoire. Gérard Noiriel ausculte la naissance du « problème » migratoire. Rompant avec les traditions antérieures, la III e République crée peu à peu le sujet. Il montre comment le ralliement des notables au nouveau régime, par le biais du nationalisme, place l’immigré au centre du jeu national. L’étranger, exploité, maltraité, devient le concurrent, le profiteur, le rebut qui déferle sur le sol de la patrie. Il permet la construction d’un nouveau consensus social et la nationalisation de la société tout entière. Benoît Labriou démonte une autre pièce : la politique migratoire française. Tracer, mesurer sont des préalables indispensables pour l’État contrôleur. C’est l’heure du contrat qui canalise la venue des migrants et qui fixe les conditions de leur présence. Avec Victor Pereira on entrevoit les intérêts « de classe » derrière la migration portugaise. Choukri Hmednous raconte la grande grève des foyers Sonacotra. Temps fort et décisif pour une immigration qui se prend en charge et s’introduit dans le débat politique tout en façonnant sa propre identité. Avec les Maliens à l’Elysée, on distingue clairement, dans la représentation de l’étranger installé en France, ce qui apparaît convenable, possible, de ce qui ne l’est pas. La construction de l’image passe bien par les médias comme le montre Jérôme Berthaud. Elle rêve une finalité d’intégration au travers de la naturalisation méritée (Sarah Mazouz). RENE DIAZ L’invention de l’immigration Revue Agone, n°40, 2008, 20 euros Istituto Italiano di Cultura 6,rue Paurial 13005 MARSEILLE COURS de LANGUE et de CULTURE ITALIENNES Les nouveautés de la deuxième session Du 9 février au 20 juin 2009 3 Nouveaux COURS DEBUTANTS - 30 heures Cours d'histoire de Part : Territoires, réseaux et nouvelles formes de l'art contemporain italien —i Mercredi de 17h00 à 19h00 -A partir du I 1 mars Stage intensif d'hiver i 23 février - 6 mars 2009 Cours d'entrée au collège —i Mercredi 14h00 - 15h30 -A partir du l I mars RENSEIGNEMENTS : 04 91 48 51 94 - www.iicmarsiglia.esteri.it



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