Zibeline n°15 février 2009
Zibeline n°15 février 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de février 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : l'art visuel en crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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64 LIVRES PHILOSOPHIE Histoire et actualité de l’anarchisme Même si l’on n’y croit pas, à tout le moins on peut se dire que l’anarchisme est une formidable école d’espérance de rationalité, de lucidité ; d’humanisme, en fait Normand Baillargeon L'ORDRE MOINS LE POUVOIR Histoire & actualité de l'anarchisme Vous avez dit Capital ? Marx revient et cela fait pourtant longtemps qu’on en parle : des Spectres de Marx de Derrida au Sourire du spectre de Bensaïd. Mais aujourd’hui, avec la crise, le renouveau conceptuel transperce la pratique Renoncer à nommer cette crise comme une crise du capitalisme permet d’éviter Marx, ses analyses du système, et toute remise en cause. Cependant le public, minoritaire il est vrai, ne s’y trompe pas tout à fait : les ventes du Capital croissent jusqu’à 50%. Mais avez vous déjà ouvert le Capital ? C’est du lourd ! Qui pourrait alors se hasarder à abréger clairement le Capital, notamment le fameux livre 1 ? Ne serait-ce pas trahir les intentions de l’auteur, ses patientes et progressives analyses du système, au travers de la mise en place de concepts qui vont marquer notre histoire ? L’idéal serait d’avoir en plus l’approbation de l’auteur… de la science fiction ? Et bien non, c’est fait ! Figurez-vous qu’il vient d’être réédité ce fameux abrégé, avec les félicitations même de Marx ! « Des deux abrégés que j’avais déjà lus, le vôtre atteint le but principal, celui d’impressionner le public auquel les C’est toujours le premier piège à lever quand on parle de l’anarchie ou du communisme : ce sont des utopies. Le mérite de ce petit livre fort abordable, sans aucune obscurité, ce qui n’est pas le moindre de ses mérites, est de nous rappeler que l’anarchie est avant tout une théorie de l’émancipation ; et à moins de se dire que l’on aime ses chaînes ou que l’on ne veut pas les voir, qui peut dire qu’il n’a pas envie d’être libre ? Voir l’anarchie comme un non-sens (un non-lieu, une utopie donc) tient moins à son caractère irréalisable qu’au désir de vivre dans ses illusions, et penser que l’on est libre ; ce qui est plus confortable et épargne de lutter pour se libérer. Car l’auteur le rappelle d’emblée, et il faut toujours le dire, « an-archie » n’est pas l’absence d’ordre ou d’organisation mais l’absence de pouvoir. Cette théorie est synthétisée poétiquement par deux artistes, Ferré rappelant que l’anarchie c’est l’ordre moins le pouvoir, et Brassens disant qu’il était tellement anarchiste qu’il traversait dans les clous ! Histoire Mais par delà son caractère indispensable pour l’esprit, qui invite à comprendre le mode de coercition inhérent à toute société où il y a un pouvoir, ce livre résumés sont destinés. Et voilà la grande supériorité de votre travail. Du reste je suis de votre avis qu’il ne faut pas surcharger l’esprit des gens qu’on se propose d’éduquer. » Mais la lettre date du 29 juillet 1879 ! La grande supériorité, quant à la forme, de cette édition de 2008 tient d’abord à son format et à son prix sympathique de 10 euros. Quant au fond, rien ne nous est épargné des patientes élaborations de la valeur d’échange et d’usage, de la plus value absolue et relative, et des rapports de force inhérents au système capitaliste entre l’acheteur de la force de travail, le capitaliste, et son vendeur, le prolétaire. Mais la valeur inestimable de ce petit livre est son style : « je demande donc une journée de travail de longueur normale, et je la demande sans faire appel à ton cœur, car dans les affaires d’argent le sentiment n’a pas de place. Tu peux être un bourgeois modèle, peut être membre de la société protectrice des animaux, et par-dessus le marché en odeur de sainteté : mais la chose que tu représentes vis à vis de moi n’a point de cœur qui batte dans sa poitrine. » Moraliser vous avez dit ? Assez de comédie. Lire, penser… lutter ? R.V. Abrégé du capital de KarlMarx Carlo Cafiero Le chien rouge, 10 euros nous rappelle l’utilité pratique et l’efficience historique de l’anarchie, notamment dans le syndicalisme où ses militants étaient en pointe de tous les combats ; c’est à une répression brutale et une condamnation ubuesque de ses membres lors d’une manifestation à Chicago le premier mai 1886 que l’on doit la fête du travail. Le lecteur pourra aisément avoir une limpide synthèse des conflits épiques au sein de la première internationale, des implications anarchistes lors de la Commune de Paris, de la Révolution de 1917, de la guerre d’Espagne, etc… Pour revenir à la théorie, il n’en est guère en fait de plus indispensables qui selon les mots de Chomsky permettent d’identifier les structures coercitives et les mettre à l’épreuve de leur légitimité ; en ce sens l’anarchie est dans le droit fil des théories du contrat social, de Grotius à Rousseau, qui permettent aux sociétés d’un peu moins marcher sur la tête, ou de se rappeler ce que l’euphémisme -ou oxymoron ça dépend ! - « société vraiment humaine » veut dire. REGIS VLACHOS L’ordre moins le pouvoir Normand Baillargeon Agone, 10 euros
65 Est-ce une guerre ? À l’heure ou les bombes pleuvent sur la population de Gaza, un livre sorti il y a trois ans nous foudroie de lumière. C’est un roman, d’un style éblouissant, d’une poésie sublime qui raconte le pan de vie d’un docteur israélien plongé chez ces inconnus des Israéliens : les Palestiniens Le livre « Le matin, à l’heure où la nuit retrousse ses ourlets sur les premiers attouchements du jour, je suis debout. J’ai dormi comme un enfant. Je le vois dans ce patio chauffé à blanc. Ce n’est pas l’Abdel que j’ai connu drôle et généreux ; c’est quelqu’un d’autre, quelqu’un de tragique, mû par une ambition de loup qui ne porte jamais plus loin que le prochain repas, la prochaine proie, la prochaine tuerie au-delà de laquelle c’est le néant blanc, vierge, où tout reste en suspens et à supposer. Il porte dans son regard la pénombre des chambres mortuaires. C’est évident, Abdel ne relève plus de ce qui est vivant. Il s’est choisi le statut qui adhère le mieux à son profil ; le statut de martyr. » On voudrait ne pas vous en dire plus de ce livre ; ou simplement, lisez-le si ce n’est déjà fait, il se suffit. Vous en toucher même deux mots révélerait l’intrigue qui se joue dès les premières pages ; ne posez pas les yeux sur la quatrième de couverture non plus où elle est bêtement décrite. Disons seulement que le voyage cruel et métaphysique de ce médecin chez les Palestiniens relève d’un prodige de puissance dramaturgique, et révèle ce que peut éprouver un Israélien bourgeois et modéré qui découvrirait la réalité de l’existence de ses voisins arabes. Fin du compte rendu ! Les concepts Mais on ne peut en rester là, car il n’est souvent de plus vivant hommage aux concepts philosophiques ou géopolitiques que ceux de la littérature. Parce que le réel des images et de la narration peut tordre les subtilités dialectiques, et poser les détails concrets qui déjoueraient toute théorie. Qu’est-ce qu’une guerre ? Deux pays qui s’affrontent, un qui se défend, des populations terrorisées ? La plongée au cœur de Tel Aviv, de quartiers chics de Jérusalem nous montre des populations aisées hors du temps, ignorantes des réalités guerrières, de ce qui se passe à Gaza ou en Cisjordanie. C’est le cas du médecin de Khadara. Les Israéliens ne connaissent pas les Palestiniens, la propagande d’État comme dans tous les pays développés fait son office, répétant : nous sommes attaqués par les Palestiniens. Qu’est-ce qu’une frontière ? Le Mur n’est certes pas pour les Israéliens une délimitation de frontières, il est perçu comme un rempart sécuritaire ayant contribué à faire baisser le nombre d’attentats. Or ce mur assume des fonctions de contrôle moins visibles, moins médiatiques, inscrits dans des formes de territorialité post-moderne : contrôle des populations et de leur cheminement, avec plus de 700 check point en Cisjordanie. Et puis une guerre c’est : qui a commencé ? Sur ce conflit on en finirait pas : tirs de roquette du Hamas, occupation israélienne ? Quand commencer ? On part de 1948 ? Mais la réalité et l’horreur ne supportent pas ces généralités sans fin. Posons donc un terme court dans ce voyage à rebours : l’accord de cessez le feu négocié le 19 juin 2008 nommé tahdi’a (« calme ») entre Israël et le Hamas. Entre juin et novembre 2008, il y a eu 15 tirs de mortier et 11 roquettes tirés sur le territoire israélien ne faisant aucun mort suivant les sources mêmes de l’armée israélienne. L’incursion de cette dernière dans Gaza, le 4 novembre 2008, en pleine occupation médiatique sur les élections étasuniennes fit plusieurs morts et des ravages supplémentaires. Par ailleurs, suivant les mêmes sources, l’attaque contre Gaza de décembre était prévue depuis 6 mois. Belligérants Qu’est-ce qu’une guerre alors ? On présente sur les plateaux d’une même balance les Israéliens et les Palestiniens, comme s’il s’agissait d’un conflit entre nations plus ou moins égales. Si on sait ce qu’est Israël, un pays riche et souverain, sait-on ce que sont les Palestiniens ? Des individus vivant dans un espace où ils ne contrôlent par leur eau, pas leur électricité, pas leur espace aérien et maritime, ni leur passeport, leurs déplacements, leur nourriture, creusant des tunnels comme des animaux pour se nourrir à l’extérieur ; que peuvent faire des individus en cage affamés et humiliés ? S’en remettre à une organisation qui tire des roquettes à l’aveugle par exemple ? Jaurès écrivait : « Il n’est plus nécessaire de rechercher dans la complication des évènements, dans la rouerie de la diplomatie, dans les intrigues et les mystères des gouvernements, quel est le gouvernement qui attaque, quel est le gouvernement qui est attaqué. L’agresseur, l’ennemi de la civilisation, ce sera le gouvernement qui refusera l’arbitrage et qui, en refusant l’arbitrage acculera les hommes à des conflits sanglants. » L’arbitrage a dit depuis Oslo de lever l’embargo ; aujourd’hui le gouvernement israëlien refuse tout arbitrage et assassine civils et enfants. REGIS VLACHOS L’attentat Yasmina Khadra Pocket, 9 euros



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