Zibeline n°15 février 2009
Zibeline n°15 février 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de février 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : l'art visuel en crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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58 LIVRES ESSAI Deux contemporains « Les lieux parlent, mais leurs occupants se taisent ». Ainsi, Patrick Boucheron les imagine, Machiavel et Léonard de Vinci, tous deux témoins, observateurs et acteurs de leur temps. Contemporains par les dates, les cours fréquentées, les personnages abordés, les situations vécues, mais aucun témoignage, aucun écrit, aucune allusion de l’un ou de l’autre pour évoquer leur possible rencontre. C’est ce vide, cette histoire en creux, ces traces laissées, ces influences sensibles qu’évoque l’auteur, en historien soucieux de l’exactitude des faits. Jamais il ne se livre à l’exercice du romancier qui recrée, imagine des conversations, des regards, mais à une narration croisée des destins des deux hommes. Se tisse ainsi une trame sur laquelle s’élaborent des approches semblables de l’histoire, un même « rêve de Renaissance ». L’un, sans relâche, dessine le monde, constructions de digues, de villes, cartes animées d’une indéniable « vibration esthétique », l’autre, l’écrit, le juge, en retire des enseignements, tente d’influer sur la politique de son époque, d’inventer de nouveaux moyens de gouverner. Contemporains ils le furent surtout par leur même conception de la « qualité des temps ». Chacun est en perpétuelle tension, animé par une conscience aiguë des enjeux, des cadences, des rythmes profonds de l’histoire, à l’encontre de la devise de Laurent de Médicis, « le temps revient ». Les deux hommes se croisent, certainement, mais, « nous voici une fois de plus devant le secret de La chambre des époux, obligés de lire des mots envolés sur des lèvres absentes ». Florence, César Borgia, les rois de France, les batailles, les guerres, les luttes de pouvoir, ils les partagent, cherchant sans cesse de nouveaux points de vue, de nouvelles perspectives. Il s’agit aussi du projet de l’auteur de ce remarquable ouvrage, à la frontière du roman et de l’ouvrage historique érudit (magnifique grille chronologique de l’appendice !), émergence d’un nouveau genre, qui, s’il ne cède pas aux sirènes du romanesque, nous livre de sensibles et pertinentes analyses dans une prose vibrant d’intelligence. Maryvonne Colombani Chronique d’une grève oubliée Étrange coïncidence de la littérature : à l’heure de la crise des subprimes aux États-Unis et des sans abris en France, l’ouvrage de Paco Ignacio Taibo II, Je paie pas le loyer, je fais la grève !, entre en résonance avec le réel. D’autant que la première version date de 1983 et que l’auteur a ressenti en 2006 la nécessité de « reconstruire » son texte ! Pourtant les faits qu’il rapporte datent de 1922 au Mexique : des locataires de Mexico et Vera Cruz se mettent en grève pour protester contre l’état insalubre des appartements et le prix abusif des loyers… Avec ce petit opuscule de 78 pages, Paco IgnacioTaibo II renoue avec son travail d’historien du mouvement ouvrier pour relater un épisode de l’Histoire mexicaine tombé dans l’oubli. Faire acte de mémoire et réparer l’injustice, telle est son ambition. Cela donne un ouvrage âpre, très documenté (pas moins de 74 notes, des extraits du journal El Democrata, les résultats d’une enquête réalisée dans trois casas de vecindad de Mexico et des données statistiques) où l’on suit pas à pas, avec toute la rigueur chronologique et analytique de l’historien, la naissance du Parti Communiste Le nouveau monde En Chine tout peut aller très vite. Les mutations architecturales ayant poussé comme des champignons à l’occasion des Jeux Olympiques de 2008 en sont l’illustration. Mais pas seulement. L’achèvement de chantiers prestigieux, tel l’Opéra de Pékin ou encore l’échéance de l’Exposition Universelle de 2010 à Shanghai, mettent en jeu les grandes agences internationales tout en dévoilant une nouvelle génération d’architectes chinois. Sachant allier la tradition millénaire et le modernisme occidental, ces édificateurs de la nouvelle Chine sont à l’honneur dans Mexicain en novembre 1919 jusqu’à la mort du syndicat des locataires en 1923. Alliance avec les anarcho-syndicalistes pour encadrer la montée des masses ouvrières, ruptures et conflits, accélération vertigineuse de la dynamique de la lutte des locataires, succession intensive de manifestations, de rassemblements, de meetings avant que la grève n’éclate et ne s’étende au pays. Et c’est toute une nation qui s’embrase avant de perdre la mémoire. Pas besoin d’être un expert de l’histoire mexicaine pour comprendre la complexité des mouvements sociaux, politiques et syndicalistes qui secouèrent le pays, et pour constater que le monde reste sourd à l’expérience de l’Histoire : le 5 juillet 1922, Jesús Martínez, un jeune cheminot de 16 ans, était abattu par la police dans les rues de Santa María la Redonda alors qu’il manifestait contre les propriétaires… Aujourd’hui Paco Ignacio Taibo II n’a plus qu’à espérer qu’une chape de silence ne s’abatte pas sur le peuple Grec. MARIE GODFRIN GUIDICELLI le très bel ouvrage de Christian Dubrau édité aux éditions Parenthèses. Sinotecture nouvelle architecture en Chine dresse un panorama complet, en français et en anglais, entre constructions achevées et projets en cours, à travers 500 illustrations en couleurs ! Les projets les plus fous côtoient les plus classiques, les travaux de 40 agences témoignant de l’incroyable diversité des styles architecturaux qui composent le territoire chinois. FRED ISOLETTA Patrick Boucheron Léonard et Machiavel yerdler paco ignacio taibo i r Je paie pas le lo je lais grè L atin SINOTECTURE Léonard et Machiavel Patrick Boucheron Ed Verdier, 12 euros Je paie pas le loyer, je fais la grève ! Paco Ignacio Taibo II trad Jacques Aubergy Ed. L’atinoir collection’atineur, Marseille, 6 euros Sinotecture Nouvelle architecture en Chine Christian Dubrau Ed. Parenthèses, 42 euros
Un sport plus haut Samedi 6 décembre, Salle d’Escalade de Saint-Marcel, tout ce que la Région compte de grimpeurs, varappeurs et autres rochassiers est réuni pour la signature du livre de Bernard Vaucher (Barney pour les initiés), Les fous du Verdon, qui paraît aux Editions Guérin. Près de deux cents personnes parmi lesquelles des noms légendaires de l’escalade sont réunies pour un hommage à un roman d’amour et de mémoire, à une passion qui brûle les âmes. Un beau livre pour ceux qui ont vécu dans l’incandescence et la vanité des conquêtes de l’inutile indispensable. Un hymne à l’amitié, l’amour, l’intensité, la peur, la sensualité de l’au-delà du soimême. Trois-cent quatre-vingts pages de papier glacé de chaleur humaine, plus de 400 photos issues des archives personnelles de fidèles de la religion verticale, depuis des évêques jusqu’à de simples pratiquants de la foi païenne en la minéralité et l’effort. Couverture toilée rouge sang, une photo en noir et blanc, une enfant, un lutin dansant dans les airs à plus de 200 mètres de hauteur en solo intégral, LynnHill, championne d’escalade photographiée par Bernard Gorgeon ; le ton est donné. Une légende de presque cinquante ans d’histoire d’un sport plus haut que l’ordinaire s’illustre, dans un Verdon aux gorges extraordinaires. La légende flirte par endroit avec l’histoire politique et sociale, la liaison est heureuse parce que discrète et sensuelle. Ceux qui ont connu ces voies de vie savoureront ce livre, ceux qui n’ont pas eu ce bonheur y comprendront ce qui conduit certains à y brûler leurs ailes d’Icare ou à y repousser l’éternité de Sisyphe. Un travail de mémoire, d’intelligence, d’amitié, de tendresse et de sensualité. YVES BERCHADSKY 6 Les Tou du Verdun Les fous du Verdon Bernard Vaucher Editions Guérin, Chamonix, 55 euros 59 Lieu de cult(ure) L’acronyme GTP fait désormais partie du vocabulaire culturel du coin ! C’est dire si le Grand Théâtre de Provence a réussi son implantation dans le paysage artistique aixois. Inaugurée pour le festival d’Art Lyrique 2007, la grande salle de spectacle conçue par l’architecte italien Vittorio Gregotti est une véritable montagne culturelle, au propre comme au figuré, conçue comme un écho à la Sainte Victoire, et édifié sur une parcelle peu évidente (pente, angle, chemin de fer…). Enclavé au cœur du nouveau quartier Sextius-Mirabeau et voisin de la Cité du Livre et du Pavillon Noir, le GTP connaît un immense succès qui le rend incontournable. Le très bel ouvrage édité chez Skira Flammarion avec le concours de la Communauté du Pays d’Aix inscrit sur le papier la mémoire d’une œuvre : un chantier remarquablement retranscrit, depuis les fouilles paléontologiques jusqu’au choix plutôt rare de graver dans la pierre les noms de tous les acteurs de l’oeuvre, tous corps de métiers associés. La Gregotti Associati retrace à travers cette publication la genèse d’un édifice réussi et reconnu, agrémenté d’un DVD de 34 mns. FRÉDÉRIC ISOLETTA Grand Théâtre de Provence Gregotti Associati Ed Skira Flammarion, 150 p, 1DVD, 49 euros Tranquille, la ville ? Coïncidence heureuse : au moment où sort sur les écrans Nino, le premier film de Jean-Louis Milesi, le co-scénariste de Robert Guédiguian, paraît dans la collection Overlittérature, le scénario de La Ville est tranquille, leur sixième travail commun. Le projet de cette collection étant de « parler de la ville dans tous ses états », le lecteur se rendra vite compte que ce scénario y a vraiment sa place ; la lecture fait revivre à ceux qui ont vu le film les images terribles de cette fin de siècle marquée par la fin des utopies, toutes les mauvaises choses qui « grouillent, des choses dangereuses, effrayantes, qui pourraient à tout instant mettre le feu à la ville » : dépendance à la drogue, chômage, violence, une mère, « qui pédale, qui n’a jamais fini de pédaler, qui pédale à vide » et qui tue sa propre fille par amour… Et pour ceux qui ne connaissent Guédiguian que par le conte Marius et Jeannette, c’est l’occasion de lire un texte âpre, dur, qui reflète notre société, enrichi par les conversations qu’André Not (Chroniques d’un gardien de phares), a eues avec les membres de la tribu du cinéaste, interprètes du film : Ariane Ascaride (dont le frère, Gilles, co-dirige la collection), Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan. ANNIE GAVA LA VILLE EST TRANQUILLE La ville est tranquille Robert Guediguian et Jean-Louis Milesi Ed. L’Ecailler, coll Overlittérature, Marseille, 8 euros



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