Zibeline n°15 février 2009
Zibeline n°15 février 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de février 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : l'art visuel en crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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50 ARTS VISUELS SEXTANT ET PLUS GALERIE LAMBERT Petite discussion entre amis La jeune génération d’artistes marseillais n’en fait qu’à sa tête ! Pour preuve Mauvaises résolutions, une exposition qui confronte leurs singularités et détermine leurs diverses inscriptions dans le monde D’emblée, pour inaugurer l’année 2009, Sextant et plus donne un titre espiègle à sa première exposition, Mauvaises résolutions, comme « une manière d’être à rebours de ce que l’on pouvait attendre d’un anniversaire ». La situation précaire de l’association l’obligeant à être mordante selon Véronique Collard- Bovy. Alors, quel est l’enjeu posé par ce groupe de treize artistes réunis par la cellule de recherche curatoriale de Sextant et plus ? « L’affirmation, la prise de position et la défense de leur territoire. » Pour Stéphanie Moisdon, il s’agissait d’inviter les artistes à « travailler indépendamment ou dans des procédures variables de collaborations, à produire des espaces dynamiques, à élargir, déporter, amplifier ou rétrécir les dimensions physiques et temporelles des œuvres. » Aussi, dans ce temps de latence qui leur a Le projet s’inspire du Grand Tour que se devaient d’effectuer les intellectuels du XVII e siècle en Italie. Cette culture romaine, classique plus généralement, irrigue depuis toujours les choix d’Yvon Lambert. Les œuvres présentées dans ce second volet en gardent trace de manière variable ou explicite. Les collages de Brice Marden/le été donné pour concevoir des pièces inédites, ces treize artistes ont appréhendé la question de la promiscuité, avec bonheur ou tension, afin de trouver le juste dialogue. Tous bénéficiant d’un soutien structurant par le biais des résidences en atelier, et d’une expertise professionnelle. Il ne restait plus alors qu’à donner de la visibilité à leur travail en organisant Mauvaises résolutions, temps de partage entre des artistes qui exposent dans les mêmes circuits professionnels. « Même si ce n’est pas une exposition générationnelle », se défend Véronique Collard-Bovy, encore moins une exposition qui les réunirait sous un drapeau thématique commun… Bref à chacun son enjeu personnel, qui ouvre à une discussion sans tabous et sans préconçu sur les œuvres. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Cités d’étapes Une sélection de l’impressionnante collection d’Yvon Lambert, après sa présentation au printemps 2008 à la Villa Médicis à Rome, revient à Avignon. Avec un discret hommage à Messiaen en sus Quattrocento, Miquel Barcelò/Virgile, Cy Twombly/la mythologie, Serrano/Dante se succèdent avec des pièces moins évidemment liées à l’argument. Les Iles Flottantes de Douglas Gordon (don de l’artiste suite à son exposition de l’été), les vidéos portraits Je t’Aime de Courrèges, l’installation brumeuse (sfumato) Villa médicis, atelier del bosco, oeuvre de Sol Lewitt et Laurence Weiner Mauvaises résolutions Damien Berthier, Fouad Bouchoucha, Rémi Bragard, Colin Champsaur, Claire Dantzer, Gilles Desplanques, Mr Moo, Luce Moreau, Clara Perreaut, Nicolas Pincemin, Stéphane Protic, Karine Rougier et Cathy Weyders de Lévèque… Reste que ce parcours très riche bénéficie comme bien souvent à l’Hôtel de Caumont d’une mise en espace recherchée favorable aux œuvres. Ainsi la présentation, ponctuée en cinq étapes par groupes de cinq portraits en gros plan d’Isabelle Huppert photographiée par Roni Horn, jalonne le parcours comme des allers-retours brouillant insensiblement notre perception temporelle de la visite ; le salon rouge consacré aux grands formats de Nan Goldin est puissant et impressionnant. Par contre, dans la grande salle du premier étage, le trop grand nombre d’œuvres et l’hétérogénéité des médiums (et l’absence de sièges) n’incitent pas à la délectation posée de chacune d’elles. Finalement on perçoit la difficulté à valoriser une si importante collection : le visiteur a du mal à percevoir ce retour de Rome, à moins de suivre la visite commentée ou s’accompagner du catalogue fort bien documenté sur les inclinations romaines du collectionneur, ses intentions (faire la « démonstration que la rupture Clara Perreaut, les Voleurs, 2009 technique mixte Jusqu’au 7 février, La Friche Belle de Mai, Marseille 04 95 04 95 94 supposée entre l’art contemporain et les arts du passé doit être nuancée »), les références de ces œuvres nourries de la culture transalpine. Hors sujet car sans rapport avec l’exposition principale, le petit bout d’hommage à Olivier Messiaen clôt notre retour, avec, entre autres, une installation bien trop littérale (l’amour porté par le compositeur aux oiseaux représenté par des silhouettes noires suspendues façon Calder) de Carlos Amorales. Sachant la sensibilité religieuse du compositeur et son admiration pour Saint-François d’Assise… les petites boites à sons de Pierre-Marie Agin sont apparues plus opportunes, qui méritaient un espace de meilleur recueillement. CLAUDE LORIN Retour de Rome jusqu’au 31 mai Le Réveil des oiseaux jusqu’au 01 mars Collection Lambert en Avignon (84) 04 90 16 56 20 www.collectionlambert.com
ABD GASTON DEFERRE LA COMPAGNIE Lorsqu’on arrive en ville Associé à l’exposition Plossu qui vient de se clore à la galerie du 13 d’Aix (Je vous salue ethnies voir Zib 12), Marseille en autobus constitue une commande plus ancienne qui n’a pas perdu de sa pertinence subjective Comment découvrir une grande ville lorsqu’on vient de poser son premier regard ? Arrivé à Marseille dans le cours de l’année 1991, Bernard Plossu avait choisi le transport le plus commun : le bus. Seule différence avec les usagers quotidiens : son Nikkormat au coin de l’œil. Ensuite il lui suffisait de se laisser porter pour capter à travers les grandes vitres « …les odeurs, les bruits, les images, les langues, tous les sens à vif ! ». Dans l’anonymat du véhicule, le photographe ne prend pas des images selon l’acceptation commune de l’acte photographique, mais saisit à distance les fugacités de circonstance, comme en témoignent flous de bougé, cadrages à l’orthogonalité malmenée, premier plan inopportun, profondeur de champ approximative, reflets parasites, sujets imprécis ou expositions incongrues... Plossu ne tente pas d’arrêter les choses mais semble plutôt les accompagner, intuitivement. Le choix du noir et blanc contribue à cette dé-documentarisation. Car tenter de voir à travers ces vitres-là n’est pas pour y voir plus clair -celles des bus ne sont pas toujours très translucides. Il s’agit d’empathie Sans la mer ? Les escales de Geoffroy Mathieu à Beyrouth, Marseille, Alger, Valence ou Tripoli n’ont rien à voir avec le déplacement : dans Dos à la mer, promenade en méditerranée urbaine, l’artiste témoigne de ses expériences physiques du paysage à travers la photographie, l’objet et le livre 120 photographies qui tournent en boucle durant 14 minutes, cela pourraitsembleruneéternité ! Justement non : le projet de Geoffroy Mathieu, Dos à la mer, promenade en méditerranée urbaine, défie tous les pièges du diaporama grâce notamment à un montage sonore très évocateur du hors champ et gage d’unité. Exemptes de légende, les images offrent le temps de pose nécessaire pour regarder avec acuité les paysages urbains, ces « zones de poésie anarchiques » comme il les nomme. D’aucunspeuventyvoirl’échecviolent de l’aménagement urbain, lorsque l’artiste se réjouit de la victoire de l’homme à se trouver des espaces de vie… Geoffroy Mathieu restitue avec le grain de la cité, sans fioritures, posture qui lui convient particulièrement. Les clichés de Plossu jouent l’extérieur avec l’intériorité, transparence et opacité, réalité et poétique, déploiement narratif et singularité de l’instant. Dommage que les cadres de bois brut desservent leur présentation. Diffusé parallèlement à l’exposition, le film d’Hedi Tahar, caméra à l’épaule portée par l’esprit Nouvelle Vague, accompagne en treize minutes le voyage du photographe. Le film en couleurs alterne avec les clichés noir et blanc, pendant qu’en voix off et douce, Plossu commente son périple, explique sa démarche, ses difficultés et ses bonheurs comme un voisin de trajet. Avec des mots tellement simples. CLAUDE LORIN Marseille en autobus photos de Bernard Plossu et un film d’Hedi Tahar jusqu’au 28 février ABD Gaston Deferre 04 91 08 61 00 www.biblio13.fr ainsi l’âme des quartiers de l’entredeux, ni centres-villes historiques, ni banlieues éloignées, mais « des quartiers où la majorité de la ville habite. » Pour construire sa carte géographique personnelle, il marche de manière intuitive, emprunte les lignes de métro jusqu’à leur terminus pour mieux se perdre à pied au retour, et recréer son propre itinéraire. Ce qu’il intercepte de la ville, notre œil n’y prêterait pas une seconde d’attention : pluie d’antennes paraboliques sur les toits, chantiers abandonnés, palissades et devantures baissées… Avec le parti pris formel d’évoquer le littoral méditerranéen sans jamais photographier la mer ! Une posture née de son ressenti d’habitant de Marseille : « je ressens une forte dichotomie entre un discours euroméditerranéen et la réalité de la difficulté d’accéder à Valence, 2007 Geoffroy Mathieu ARTS VISUELS Marseille en autobus, photographie de Bernard Plossu 51 la mer, j’ai plutôt l’impression de fermeture que d’ouverture. » Dès lors, il tourne son regard vers l’intérieur, « vers là où se dirigent les hommes et les marchandises qui y débarquent. » Cela lui prendra près de trois ans, le temps nécessaire à la maturation de sa réflexion. Pour vider un peu les photographies de leur substance documentaire (« je veux garder la poétique des villes »), cet ancien diplômé de l’École nationale supérieure de photographie d’Arles a invité Lina Jabbour à représenter sa perception du pourtour méditerranéen. Son intérêt pour la liberté du trait qu’elle développe est hautement récompensé : les dessins muraux de Lina Jabbour ouvrent l’horizon quand ses photographies cassent la ligne de flottaison et, dans ce jeu entre le positif et le négatif du dessin en noir et blanc, l’œil se perd, se repère, et se re-perd. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Dos à la mer, promenade en méditerranée urbaine Geoffroy Mathieu jusqu’au 7 février La Compagnie 04 91 90 04 26



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